SARDA Besançon collaboration avec JAZ

En presque cent ans d’existence ,  JAZ a multiplié les collaborations de tous ordres avec la reprise de CARAT et de la SAP Société Alsacienne de Précision puis l’absorption de JAPY , les accords avec Favre Leuba , la SMI Société Méridionale d’Industrie , Peter Uhren , Lorentz La Vedette , LIP , ACCTIM clocks , BULOVA Finhor du groupe Anguenot Frères puis Cupillard Rieme pour les montres , jusqu’à Seiko ou Matra et enfin Yema , Lotus et Pulsar.                                                                                                                                                                                                                                                 Toutefois l’accord conclu avec les établissements SARDA , spécialisés dans la vente par correspondance , est d’un type inédit , et qui plus est , très limité dans le temps et dans son ampleur : confier à cette marque la distribution de quelques Jaz .Sarda catalogue.jpg page 8.jpgEffectivement à la page 8 d’un catalogue de cette marque , on trouve trois Jaz en vente dont les noms sont omis mais se voient dotés de références propres à SARDA : 48-81 pour le PERPIC   , 48-82 pour le FLEURIC et 48-83 pour le CUIRIC . Ces deux derniers étant des Tirages LimitésSarda catalogue.jpg page 1Comme la plupart des catalogues SARDA , il n’est pas daté ; toutefois la conclusion de sa page 2 fait nettement allusion aux affres économiques de l’immédiat après guerre et les dates d’apparition des Jaz présentés permettent de le dater vers 1947 /1948 . Ce sont , sans doute , dans les difficultés qui suivent l’occupation qu’il faut chercher les raisons de cette coopération qui ne connaîtra pas d’équivalent . Jaz a toujours affirmé auprès de ces horlogers affiliés qu’ils étaient leurs seuls vecteurs de vente , rejetant coopératives , grands magasins et vente directe aux clients . Cette offre , somme toute limitée , les revendeurs Jaz n’ont pu l’ignorer mais la consultation des tarifs nous éclaire sur son acceptabilité potentielle : SARDA vendait les Jaz plus chers qu’en boutique . Soit 3.500 Fr pour le PERPIC contre 3.450 Fr en magasin , 8.750 Fr pour le FLEURIC soit 250Fr de plus que chez l’horloger du coin et encore 200 Fr en supplément pour un CUIRIC vendu 9.700 Fr sur catalogue . ( voir la fin de l’article du CUIRIC pour l’étude de l’évolution de son prix de 1946 à 1951 ) sarda catalogue EmpicDans ce petit catalogue de seulement 15 pages , plus tardif – probablement de 1950/52 -c’est un seul Jaz qui est proposé .sarda empicAu milieu de la page 5 , sous la référence H.36 , c’est une EMPIC cette fois qui est disponible , dans sa version à chiffres arabes . granic sarda Pour autant , il ne faut pas voir des Jaz à toutes les pages , même si cette pendule en tôle émaillée , référencée H04 dans ce même catalogue 1950/52 , présente une forte analogie avec la GRANIC , seule horloge en tôle émaillée de la marque au jaseur boréal …

 

…et pour cause puisque le boîtier est absolument identique : mêmes renflements , strictement le même format et quasiment les mêmes chiffres . La raison est simple : pour un seul modèle d’horloge en tôle émaillée , Jaz n’a pas créé une onéreuse  ligne de production spécifique avec four d’émaillage entre 750 et 860 ° . En revanche Jaz s’est fourni à quelques années d’écart auprès du même fabricant que SARDA . Avec toutefois la notable différence que Jaz avait doté sa GRANIC du calibre 5G , qui présente -comme tous les calibres G – l’avantage de se fixer au boîtier uniquement par l’axe central et l’orifice de remontage , contrairement à la version de SARDA dont le calibre nécessite , pour se maintenir , deux vis supplémentaires bien visibles à 3h et 9h .

                                                                                                                                                                 PETIT HISTORIQUE de la marque SARDA Besançon                                                                                                                                         sarda quai veil picardsarda-quai-veil-picardEn 1893 , à Besançon , Hyacinthe SARDA fabricant d’horlogerie comme il y en a tant à l’époque dans la capitale horlogère franc comtoise , installe sa boutique à l’angle du 33 Quai Vieil -Picard et de la rue Marulaz .

 

Catalogues SARDA 1926 / 1932 et 1934                                                                                                                                                                                                                       Lauréat des concours 1913 /1914 /1919 de l’Observatoire National et Chronométrique de Besançon , SARDA se lance rapidement dans la vente par correspondance de montres , réveils , pendules , orfèvrerie , bijouterie comme TRIBAUDEAU autre maison bisontine fondée en 1876 .

Sarda boulevard Carnotsarda-juillet-58Le succès est au rendez-vous , obligeant les établissements SARDA à déménager à un angle du boulevard Carnot dans des locaux beaucoup plus vastes , où la vente au détail est assurée .sarda (3)Les raisons du succès sont à chercher dans la qualité des produits vendus avec des montres à complications , des chronomètres …

 

 

…mais aussi dans l’importance du marketing avec la diffusion de milliers de cartes postales publicitaires permettant d’obtenir les catalogues qui offraient un choix de 500 à 600 montres , soit qualité et quantité . Pour l’orfèvrerie , l’accent était mis sur le suivi des collections sur plusieurs années , permettant à des familles modestes d’acquérir petit à petit une ménagère de couverts , sans recourir au crédit .

 

Pas de jaseur boréal , comme JAZ , pour le logo de SARDA …

 

…mais l’aigle et les colonnes des armoiries de Besançon ( à gauche ) , aigle héraldique qui a l’avantage de ressembler fortement à celui des Savoie que l’on retrouve sur les blasons et les pièces sardes sans doute chers à SARDA et à ses origines .

 

Dans les années 60 , SARDA devient progressivement DIFOR avant de disparaître en 1979 suite à l’accord conclu avec MATY , le dernier bisontin de la vente par catalogue apparu en 1951 , devenu le poids lourd de ce marché avec de nos jours deux millions de clients , 7000 commandes par jour , deux tonnes d’or utilisées chaque année , 650 employés , 17 points de vente et le titre incontestable de leader européen de la vente de bijoux par correspondance , les montres et réveils n’étant dorénavant qu’un faible pourcentage du chiffre d’affaires .

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Calibre G 1934 à 1959

calibre GCalibre G ou 1G : Mouvement mécanique à clef amovible , format 6 x 8 cm. Mouvement d’une autonomie de 8 jours sans fonction réveil , platines pleines ( non-ajourées) , hauteur sur platines : 23,5 mm , pont de barillet , arrêtage à croix de Malte , pignons à fuseaux , porte échappement Roskof indépendant à 3 pierres , balancier à pivots , spiral auto-compensateurs ( 14.400 oscillations /heure)  .                                                                                                                                                                                                                 Quatre variantes existantes :                                                                                                  Calibre G ou 1G : il dote 12 horloges murales  SARRIC , BOISIC , SOFIC , BERTIC , SEVRIC , SORIC , VISIC , MASSIC , TERRIC , MASSIC , FROMIC  , PRINTIC et une horloge à poser POSIC                                                                                                                                                                                                                        Calibre 3G identique à 1G mais avec voyant indicateur d’armage et remontage démultiplié ,  pour emboîtage moulé qui équipe trois murales  APPLIC 1934  ,  APPLIC 1945 , QUADRIC et trois horloges à poser CADIC  , FANTIC , HOTIC                                                                                                                                                                           Calibre 4G identique à 3G mais pour emboîtage métallique pour deux murales en métal  LENTIC , VISIC                                                                                                                                                                                                                                                Calibre 5G identique à 1G mais avec porte -échappements à 6 pierres ( à partir du 1° mars 1951 c’est lui qui est monté dans les horloges murales Jaz soit 21 au total ) VISIC après 1951 , NEPTIC , PRINTIC après 1951 ,  SPIRIC  , BRETIC , FORMIC ,  RHONIC ,  MURIC , Nafra-Don pub , GRANIC Le Progrès Pub ,  Cognac Pub , ZODIC , CUIDIC , MITRIC ,  CAMPIC ,  LUMIC ,  LIVIC , REXIC , DELFIC LIGNIC  . Ce calibre ne possède plus le témoin de charge des 3G et 4G .cadran cadiccadran de CADIC                                                                                                        Particularité des calibres 3G et 4G  : la petite fenêtre de témoin de réserve de charge ou voyant indicateur d’armage au milieu du 2 de XII heures : lorsque le triangle est rouge il faut remonter le mécanisme . Le 8 au dessus de l’axe central rappelle l’autonomie de 8 jours du calibre G qui n’a pas de fonction réveil .lentic calibre GLes calibres G ne sont pas toujours datés mais lorsque c’est le cas , ce sont les deux derniers chiffres qui indiquent la date , en l’occurrence 37 pour 1937 .

La gamme des PENDULITES 1931 à 1952

pendulites Jazextrait catalogue 1942 page 5                                                                                                                                                                                                                                              Le terme PENDULITE est un néologisme , créé par Jaz  avant guerre , pour distinguer ses réveils aux boîtiers en bakélite , ou comprenant au moins un socle dans cette matière , de ses gros réveils ronds , dit classiques . Deux réveils en zamak , les CARRIC et PENTIC les rejoindront . Cette gamme comporte  31 réveils et apparaît aux catalogues de 1931 à 1952 ; ils étaient dotés pour la plupart de calibres D ou calibres H : BERRIC cal.1D , CAMIC  cal.20D , CARRIC   cal.3D puis 1D , CROISIC cal.11D , DEGIC cal.1D , FACIC  cal.H , FONIC ,  cal.1D , GALLIC cal.1D , GENIC cal.H , GILIC  cal.1D , GOTIC  cal.1D , LOGIC cal.H , LORRIC cal.1D puis 3D , MUSIC cal.20D ,  NOVIC cal.3D puis 1D ,  OBLIC cal.H , PENTIC cal.H , PERSIC cal.D , ROMIC  cal.1D , SYLVIC cal.H , TOURIC cal.1D , VOLTIC cal.3D .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Avant guerre les références des Jaz ne comportent que trois chiffres , à partir de 1942 elles comportent cinq chiffres qui se décomposent ainsi : les trois premiers chiffres correspondent au modèle , les deux derniers à sa finition ( cadran nickelé , couleur , etc ) ; Le dernier chiffre s’il est est pair ou zéro , indique un modèle  non lumineux ; impair il désigne un modèle  lumineux .  Le premier chiffre indique la catégorie de l’article :  1 pour les Gros Réveils 3 et 4 pour les Stylites 30 heures ;  5 pour les Stylites à l’autonomie de 8 jours ; 6 pour les horloges murales ; 7 pour les modèles de  de Luxe ( Jaz de Luxe et Tirage Limité )30 heures et 8 pour les modèles de Luxe 8 jours . Le chiffre 2 est donc attribué aux PENDULITES .pendulites tableauParallèlement aux PENDULITES , Jaz invente le terme de STYLITES pour désigner ses petits réveils « de style ».

 PANORAMA  des PENDULITES , cliquez sur l’image pour accéder à l’article correspondant

         

         

         

         

         

         

      

 Le dernier Pendulite produit  , le CROISIC , était défini en 1951 comme un PENDULITE  mais devient un Gros Jaz en 1953 ,                                                        sans que celui ci ne subisse le moindre changement ; pour la simple raison qu’il était inutile de maintenir                                                                                                           une catégorie pour un seul réveil .

 

Paul NICOLAS 1901 +1970 Vice Président de Jaz S.A

Jazette 1970 Décembre page 04 Paul NicolasCe résumé de la biographie de Paul NICOLAS fait comprendre que , s’il n’appartient pas du tout au monde de l’horlogerie , c’est un grand communiquant et un immense publicitaire qui va diriger Jaz pendant 30 ans à la fois industriel , éditeur , journaliste , professeur et économiste . Sa revue VENDRE traita du marketing avant que le mot ne fût inventé , il est un pionnier de la recherche appliquée aux progrès de la publicité . En consultant la liste des 33 publicitaires célèbres , on constate vite qu’il est , avec Decaux , le seul à être passer de la théorie à la réalité , de la publicité à l’industrie .                                                                                                                                                                                                                                                    **************************CHRONOLOGIE BIOGRAPHIQUE ***************************                                                                                                                                                               1913/1918 En tant que boursier , il fait de brillantes études secondaires au collège de Château-Gontier et autres établissements , au gré des affectations de son père gendarme . Se destinant à l’enseignement du grec et du latin , il prépare une licence de lettres . Si bientôt la publicité l’arrache à la Sorbonne , il n’en garde pas moins une plume remarquable                                                                                                                           1926  il fait ses débuts dans la publicité à l’agence ELVINGER comme Pal SARKOZY quelques années plus tard . damour pub 19361927 voit son entrée à l’agence DAMOUR comme chef de publicitévendre-nc2b05-mars-1924-ours 1929 Etienne et Léon DAMOUR lui confient la rédaction en chef de la revue VENDRE  1930  il fonde avec Edmond JEANDET , directeur des biscuits BRUN , la DCF , association amicale des Directeurs Commerciaux de France .                                                                                                    vendre-nc2b0143-octobre-1935-ours1931 à la mort d’Etienne DAMOUR , il devient administrateur de la SAPC , société éditrice de VENDRE                                                                                                                        1932 création du brevet professionnel publicitaire ; à l’école technique de publicité , la direction des travaux est confiée à Paul NICOLAS .

1933 Parution du premier Marché Français                                                                      1936 Paul NICOLAS est nommé Conseiller du Commerce Extérieur de la France . Depuis le début du 20ème siècle, les CCEF sont des industriels , négociants , etc , qui mettent bénévolement leur expérience au service de la présence économique française dans le monde                                                                                                                                                1939 il entre chez Jaz comme directeur des ventes ; il exerce alors de nombreuses fonctions d’administrateur notamment au Bureau Français pour l’étude de la distribution près la Chambre de Commerce Internationale ; à la Chambre Syndicale de commerce International ; à la Confédération des Travailleurs intellectuels , à l’Office de Contrôle des annonces ( premier organisme d’auto régulation de la publicité) , à l’Office de Justification des Tirages (association professionnelle française dont le rôle est de certifier la diffusion, la distribution et le dénombrement des journaux et de tout autre support de publicité ) , au Syndicat de la Presse , à l’Institut d’Etudes de l’Opinion Publique actuel IFOP , premier institut de sondages français                                                                                                1940 pudiquement Brandt  lui donne la Direction Commerciale de Jaz « par intérim », ne sachant ou ne voulant entériner le départ forcé de BENEL . Mais quelques mois plus tard , la situation ne s’améliorant pas pour les juifs – par un horrible et tragique euphémisme – il est confirmé à ce poste                                                                                                           Jazette Juin 1942 une1942 il envoie une lettre portant sa fameuse signature et la première Jazette , organe de communication interne , aux horlogers affiliés  Jaz .Elle sera  présenté plus tard comme une publication clandestine ce qui est un peu exagéré pour avoir échappé au contrôle du COIACL . Si les journalistes et diffuseurs des quelques journaux clandestins arrivant à être publiés et distribués sous le manteau risquaient leur vie , il fallait tout de même que le propos soit polémique ce qui n’était pas le cas des messages de Paul NICOLAS .                                                                                                                                  signature paul nicolas1945 il est nommé président de la revue VENDRE où il paraphe éditoriaux et articles de cette même signature .etmar1947 Paul NICOLAS est nommé président d’ETMAR et devient Directeur Général de Jaz RESEAU-OMEGA-1939Le réseau professionnel de la famille Brandt en 1939                                                                                                                                                                  1948 après le décès de Louis-Gustave BRANDT il est nommé administrateur de la Maison Brandt Frères ( Montres Oméga , Tissot , caméras Beaulieu , etc )                                                                                   pub_omega_171949 il devient président du Conseil d’administration de Brandt Frères                          1950 il effectue un séjour de 35 jours aux USA pour étudier les méthodes de ventes et de production dans le cadre de la mission DISTRIBUTION du Plan Marshall elite1955 il fonde l’ELITE institut national d’études commerciales et professionnelles des Horlogers Bijoutiers JoailliersActualités n°1 1955 une1955 Mars  premier numéro de Jaz Actualités qui remplace la Jazette des Horlogers , organe de communication interne . Paul Nicolas signe de petits éditoriaux et fait la liste des nombreuses campagnes de publicité de Jaz , indiquant les journaux , leurs tirages , les passages à la Radio ou à la télévision                                                                         1959 il crée la société Le mouvement de Paris dont il assure la présidence                    1961 il est élu membre de l’Académie des Sciences Commerciales qu’il présidera jusqu’en 1964                                                                                                                 1964  il fonde l’Institut Proscop                                                                                                                                               1970 il meurt à Paris le 27 Novembre.                                                                                                                                                                                         ************                  PAUL NICOLAS EN PHOTOS ET CITATIONS                 ********

fondateurs et dirigeants_previewCette photo historique a été prise en 1947 , quelques jours avant la mort de Louis-Gustave BRANDT l’un des fondateurs de Jaz . Paul NICOLAS se distingue immédiatement par cette taille imposante qui est mise en avant dans tous les témoignages que nous avons recueillis le concernant . On notera que la photo a été prise par un des plus grands photographes français Willy RONIS , peut être en tant que membre de l‘agence Rapho . A la fois juif et militant communiste , RONIS n’aurait pas accepté de travailler pour Jaz quelques mois après la Libération si cette entreprise avait eu un comportement suspect pendant l’occupation ( nous y reviendrons bientôt dans le dossier en cours de rédaction Jaz pendant la guerre) . C’est pourtant probablement l’ordonnance allemande plaçant sous séquestre les entreprises et biens appartenant aux Juifs absents ou arrêtés, dite ordonnance d’Aryanisation du 18 octobre 1940 , qui amène BRANDT à nommer Paul NICOLAS à la place d’Ivan BENEL , cofondateur de Jaz de confession israélite parti se réfugier en zone libre . Par chance , BENEL échappera à l’occupant et décédera en 1970 , la même année que Paul NICOLAS , mais sans avoir repris sa place au sein de la CIMH . Jazette 1970 Décembre page 02_previewPaul NICOLAS n’est ni un des fondateurs de Jaz , ni un horloger ayant apporté des brevets innovants , ni un des actionnaires de la marque , et pourtant , il est sans aucun doute une des figures marquantes de la marque au jaseur boréal . C’est lui qui fait ajouter cet oiseau  au logo de la marque pendant la guerre pour calmer les velléités anti américaines des allemands qui trouvaient que décidément Jaz sentait trop la Nouvelle Orléans et le Jazz .Jazette 1970 Décembre page 03 Paul NicolasCes extraits mettent en avant ses principaux combats

Ne distribuer les Jaz que chez des horlogers affiliés opposant des refus de vente aux centrales d’achats , grands magasins , coopératives , etc                                                                                                                                                                  Discount 1Combats contre plusieurs gouvernements pour le maintien de la vente à prix imposés par le fabricant , cinq  procès perdus , une jurisprudence portant son nom l’arrêt NICOLAS  pour que partout en France Métropolitaine , les réveils et pendules soient vendus au même prix .                                                                                                                                                                      La valorisation du métier d’horloger qu’il incitait à réparer et entretenir lui même les mouvements d’horlogerie , à se former aux nouveaux mouvements électriques .                                                                                                                                                                                       10 millionOn le reconnait aisément à sa stature imposante derrière la chaine de production pour fêter le dix millionième Jaz en 1943 ; Mais il aura aussi à gérer pendant la guerre les pénuries d’électricité , de chauffage , de matières premières , les restrictions de l’occupant ; l’expropriation de l’usine de Nanterre ; la crise de Suez et sa pénurie en laiton ; l’absorption de CARAT et de son usine de Colmar ; l’acquisition de JAPY ; l’installation à Wintzenheim ;  dans les années 60 les mouvements sociaux , l’extension de la TVA au commerce de détail , la concurrence  des bureaux de tabac dans la vente d’horlogerie courante ,  l’ouverture au Marché Commun avec un des premiers joint-venture de la nouvelle Europe signé avec l’allemand Peter Uhren Paul NicolasEn bon publicitaire , Paul NICOLAS accepte de se mettre en scène pour Burroughs sans omettre de vanter les succès de Jaz .Paul Nicolas profilPaul NICOLAS , à droite , est encore plus imposant de profil que son mètre 85 de face ! Marcel Bleustein - Blanchet et Paul Nicolas 19661966 Marcel BLEUSTEIN -BLANCHET ( 1) le plus célèbre publicitaire français , fondateur de Publicis , aujourd’hui  troisième groupe mondial de publicité , et père de Madame  Elisabeth BADINTER . En (2) à droite Paul NICOLAS Paul Nicolas à WintzenheimPaul NICOLAS faisant un discours dans la cour de l’Usine de Wintzenheim , courtoisie de Monsieur Henry KOPFLER jean gramain hommage à Paul NicolasEn Janvier 1972 paraît le dernier numéro de VENDRE ruiné par l’apparition des photocopieuses , un abonné copiant sa revue pour beaucoup d’autres lecteurs et cruel ironie par l’absence de publicité . Il est l’occasion d’un ultime hommage à Paul NICOLAS par ses collaborateurs et amis ; nous avons choisis son éloge funèbre ci-dessus et surtout ce témoignage de Jean GRAMAIN parce qu’il fut lui -même chef de publicité chez Jaz  .Henry de Farcy SJCet éloge funèbre prononcé aux obsèques de Paul NICOLAS à l’Eglise Saint Pierre de Montrouge , Pais XIV°,  vaut surtout par la qualité de son auteur Henri de Farcy de La Villedubois , Jésuite et économiste agricole de renom , président d’honneur de l’Académie des Sciences Commerciales que Paul NICOLAS dirigea jusqu’en 1964 .

 

 

 

Horlogerie Bijouterie AUBRUN à Chauvigny 1920 à 2000

Nous devons l’essentiel de cet article à Max AUBRUN  ex-conservateur des musées de Chauvigny et co-auteur du remarquable ouvrage de 460 pages : CHAUVIGNY 1851- 1970 120 ans de photographies . Nul n’était mieux placé que lui pour retracer l’histoire de la bijouterie AUBRUN fondée par son grand père Maxime AUBRUN , par ailleurs maire de cette petite ville de la vallée de la Vienne et successeur de Henri BOZIER l’horloger bijoutier de la rue du Marché . Son fils Pierre AUBRUN reprendra le flambeau qui le transmettra à son tour à son propre enfant Max AUBRUN qui – par chance pour tous –  a fait œuvre d’historien pour sa ville et sa famille : qu’il en soit remercié !Chauvigny 0 Chauvigny 1Chauvigny page 298Chauvigny 2

Chauvigny page 300.jpgL’identification des pendules , aux styles les plus caractéristiques , apparaissant dans cette vitrine permet de dater cette photo un peu au delà de l’estimation de l’auteur puisqu’elles sont toutes extraites du catalogue 1964/65 .

 

Chauvigny page 407 600ppLes réveils , à cloche surmontés d’un anneau , qui sont bradés ne sont pas des Jaz , en revanche le réveil géant est bien un Jaz de vitrine , du même  modèle que celui du Raja de Nanpara ; à n’en pas douter il n’est pas bradé mais fait la promotion des Jaz que les AUBRUN  distribuait dès avant -guerre .Chauvigny page 406 600ppMax sera , plus tard , le troisième AUBRUN  à la tête de l’horlogerie bijouterie  jusqu’à sa fermeture .Chauvigny Foire 600ppil n’est pas bien difficile d’identifier une LUMIC à son néon annulaire allumésachets AUBRUN 1938Trois sachets de réparations au nom de Maxime AUBRUN , modèle 1938 , format 11 x 7,5cm

Publicité de vitrine en carton circa 1943/50

pub Jaz cartonPetite pancarte publicitaire de vitrine par René RAVO en carton . Hauteur 18 cm . Dans ses documents internes , Jaz les nommait  pancartes argumentées ou voyants .pub presentoir carton dosVoyez nos cavaliers et présentoirs ,  autres objets publicitaires de vitrine .

horloge de maison de poupée circa 1946 à 1953

sofic poupee faceHorloge de maison de poupée , plastique jaune teinté dans la masse , chiffres peints , aiguilles tournantes sur rivet central . 7,4 cm x 5,6 cm .

Le moulage étant creux , le poids est de 10gr . Son édition n’a pu se faire sans l’accord de Jaz toutefois nous ne disposons actuellement d’aucune documentation relative à ce jouet

sofic 1947Le modèle qui a vaguement inspiré cette horloge de poupée est d’évidence la SOFIC .La présence du logo à queue basse indique donc qu’il s’agit de la version après guerre de cette horloge en céramique qui a été disponible à la vente de 1946 à 1953 .

Calibre 4 J 1947 à 1954

calibre 4 JExtrait Jazette 6° année n°13 Février 1947.                                                                                                                                                                    Comme l’indique cet article technique et promotionnel destiné aux horlogers affiliés que Jaz informait par cette petite revue trimestrielle de communication interne qui s’appelait Jazette , ce calibre 4J , avec porte échappement entièrement empierré avec 11 pierres contre 3 seulement pour le calibre J des Stylites , était destiné à doter les Tirages Limités . Dans la Jazette suivante il est précisé : lorsque Jaz a lancé les « Tirages Limités »il a voulu créer des modèles qui s’imposent à la fois par la haute précision du mouvement et par le grande luxe du boîtier [..]mouvement 4J [..] qui est monté sur tous les Jaz à Tirage Limité . En fait il n’équipera pas tous les Tirages Limités puisque la plupart d’entre eux étaient des pendulettes , sans fonction réveil , qui étaient donc équipés du calibre K . Ce sont donc seulement les quatre réveils de la gamme des Tirages Limités qui seront dotés de ce calibre 4 J d’une autonomie de 30 heures à savoir les  ERGIC , FLEURIC , PENCHIC et CUIRIC .

Calibre K 1936 à 1961

calibre k premiere version

Le calibre K est un mouvement mécanique , à 11 pierres d’une autonomie de 8 jours , sans fonction réveil , qui a équipé les pendulettes de la gamme Jaz de Luxe , des Tirages limités et autres modèles de prestige de Jaz jusqu’en 1961 . Il a été créé en 1936 . Il s’agit pourtant de la dernière année de fabrication de cette première version à échappement Roskopf et ressort libre qui n’équipera donc que  l’AMPLIC .

Dès 1937 il est modifié avec un porte échappement à ancre et son ressort en barillet .

schéma calibre k 2eme version.jpg

Il sera remplacé en 1961 par le calibre AF doté de la fonction réveil.

Comme la plupart des calibres , il se décline en plusieurs versions:

Calibre K: AMPLIC

Calibres K , 8K et 9K: PAIRIC, DATIC, PARLIC

Calibre KL: FAUNIC ,  FONCIC

Calibre 13K: DONRIC