La chair à vif par Gilles Rosset roman de 1971

La chair à vifOn notera d’abord que le mot Jaz est employé comme une antonomase : c’est à dire en lieu et place du mot réveil , sans lui être même associé . Consultez notre article Jaz et les antonomases . Il était évident pour l’auteur qu’il serait compris : Jaz était à l’époque synonyme de réveil . La sonnerie puissante est qualifiée de « carillon affreux » et il rappelle qu’il ne fallait pas omettre de remonter son réveil mécanique : il s’agissait d’un rituel qui se faisait en général juste avant le coucher assis au bord du lit . Indirectement , c’est le Jaz qui donne son titre à l’ouvrage puisque ce réveil violent provoqué , trop tôt , par la sonnerie déchirante est ressentie comme lorsqu’un sparadrap arrache la peau et expose la chair à vif .

Gilles Rosset , né à  Paris en 1927 , mais Normand d’origine , et mort à Valognes, dans la Manche en  2014 est un écrivain français réputé qui publie son premier roman, « Les rois fainéants », aux Éditions Plon en 1956. Le dernier, « Dans l’intérêt des familles » est paru aux Éditions de Fallois en 1992.

Il a passé son enfance à Madrid, en Espagne et a souffert du bilinguisme franco espagnol. Il a quitté l’Espagne au début de la guerre civile.

La chair à vif dosPetit clin d’oeil supplémentaire en quatrième de couverture : l’auteur  » jazze la langue »,  effectivement son style est alerte et allant. Enfin son héros Alex porte une Oméga au poignet . De nos jours, ce roman post soixante-huitard , mettant en scène les ébats d’un quarantenaire et une adolescente de seize ans, ne passerait sûrement pas les fourches Caudines de la bien-pensance puritaine actuelle : à tort ou à raison , à vous de juger sans oublier que c’est un roman .

Notice Jaz Electric 1961

notice 1 Electric balancier moteurnotice 2Ce geste est très important puisqu’il amorce le lancement du balancier moteur .                  De nombreux propriétaires d’horloges se contentent d’inclure une pile neuve sans effectuer cette rotation , si bien qu’elles ne démarrent pas . Ils en concluent donc à tort qu’elles sont en panne . Bien qu’une pendule murale soit reproduite , ce geste salvateur est tout aussi valable pour des horloges à poser dotées du calibre il accompagnait d’ailleurs une PALTIC . Cette notice est donc utilisable pour toutes les Jaz dotées de balancier moteur à savoir les calibres AN , AX et BN , mais aussi les 88 Jaz dotées du calibre TM , TR et TJ , s’étalant donc de 1961 à 1980 .notice 3notice 4

Max et les ferrailleurs Claude Sautet 1971

Max , interprété par Michel Piccoli , est un ancien juge d’instruction reconverti en inspecteur de police . Son obsession étant de prendre les voleurs en flagrant délit  , il s’infiltre discrètement à proximité d’un groupe de ferrailleurs , préparant un hold-up, en se rapprochant de Lily prostituée et petite amie du chef de la bande , jouée par Romy Schneider .

max et les f (1)max et les f (3)Peu avant le braquage , c’est l’effervescence dans le bureau de Max , où l’on aperçoit  d’abord en reflet puis de face , une MENSIC . On aurait pu d’abord penser à une CALIC , mais le modèle n’était pas encore sorti lorsque le film a été tourné en Août et Octobre 1970 , contrairement à sa sœur aînée et quasi jumelle : la MENSIC au catalogue depuis 1969 .

 

Calibre FD dit à Diapason 1971 à 1976

DIAPASON : Pièce à deux branches vibrant à une fréquence suffisamment stable employée comme résonateur dans les instruments de mesure du temps dits «à diapason».

Principe de fonctionnement : le diapason, alimenté par la pile, vibre à une fréquence de 360 hertz, stabilisée électroniquement par un champ électromagnétique produit par deux bobines , qui fait un léger bourdonnement  caractéristique. diapasonBien avant l’arrivée des montres à quartz dont la précision supplanta l’horlogerie mécanique , la marque américaine BULOVA travailla dans les années 1950 sur une technologie qui permettrait d’augmenter l’autonomie et la précision d’une montre , les deux points faibles des montres mécaniques de l’époque .

1971-72 page 15 Catalogue 1971/1972 page 17 : on constate la fierté de Jaz à présenter son usine -laboratoire où son propre mouvement à diapason , le calibre FD , a été conçu .

Jaz 1971-72 (2) Il est présenté comme l’aboutissement de la technologie de Jaz . Il s’agira pourtant d’un échec commercial et industriel puisque Jaz a doté seulement quatre de ses productions de ce mouvement .

GECIC horloge murale en 1974 , DIAPIC  une autre murale de 1971 à 1974 , BALIC une pendule à poser de 1972 à 1974  , ANGLIC horloge à poser de 1972 à 1976 . Quatre Jaz peu diffusées et qui d’occasion sont bien rarement fonctionnelles . Le numéro de brevet n°1 113 392 du mouvement à diapason de Jaz est mentionné sur les mouvements . Il nous faut développer la genèse du diapason horloger pour comprendre pourquoi Jaz opte pour cette technologie et les raisons de son échec relatif .

breguet tour eiffel détailLa toute première horloge mécanique utilisant un diapason a été fabriquée en 1856 par Louis Clément Breguet  . La même année , il conçoit le premier réseau public d’horloges électriques pour le centre de Lyon . Son nom est en lettres de 70 cm parmi les 72 savants de la Tour Eiffel .

breguet-lqh-tourbillonIl était le petit-fils du célèbre et génial horloger , Abraham Breguet , inventeur du tourbillon entre autres . Voir notre article sur l’histoire des implantations géographiques de Jaz et l’horlogerie occidentale  ( à venir prochainement ) .

lip Electronic On pourrait considérer que l’histoire de l’Accutron commence en 1952 , lorsque Elgin l’américain ou le français Lip présentent leur première montre électrique , la plus grande révolution technologique depuis 150 ans dans l’univers de l’horlogerie . Mais la Lip , dite Electronic , présentée en 1952 ne sera commercialisée qu’en Décembre 1958 .

Elvis HamiltonSi bien qu’elle est précédée par Hamilton qui commercialise , le 3 Janvier 1957,  la première montre électrique : la Ventura . Elle sera portée par Elvis Presley et …

Men in Black…les Men in Black , dont les horloges murales sont des JAZ .

Par montre électrique, il faut entendre une montre mécanique dont le mouvement fonctionne grâce à l’énergie d’une pile bouton de 1,35v . Si ce mode d’alimentation permet une avancée spectaculaire en termes d’autonomie, il n’apporte en revanche aucun progrès en matière de précision par rapport à une montre mécanique classique .

Joseph Bulova ( 1851 +1936 ), immigrant tchèque , ouvre sa propre bijouterie , en 1875 , à Manhattan . Son « rêve américain » se réalise puisque son commerce prospère vite .

Bulova Clock En 1912, il ouvre sa première usine à Bienne en Suisse, destinée entièrement à la production de montres et ajoute à son catalogue des horloges murales sur secteur portant sa signature . Il ne choisit ni Neuchâtel , ni la Chaux de Fonds , ni Locle en raison de la forte hostilité de ces villes horlogères envers la production industrielle de masse ,  opposée à leur tradition artisanale.Omega-Bienne-factory-in-1950Les frères Brandt , pionniers de la production à l’américaine , avaient précédemment été contraints de s’installer à Bienne qui présentait d’ailleurs d’autres avantages , pour leur manufacture Oméga . Lorsque l’un des leurs Louis-Gustave Brandt co-fonde Jaz , il opte évidemment pour le même type de production taylorisée .

page-16-17Bulova , qui opte pour le même modèle de production , s’installe logiquement en voisin . En 1926 , il diffuse à la radio une publicité entendue par des millions d’américains , « At the tone, it’s eight o’clock , Bulova Watch Time », « au bip sonore , il est huit heures «  c’est le premier top sonore radiophonique . En 1928 , il présente en première mondiale une radio qui s’allume automatiquement à l’heure souhaitée , c’est le premier radio-réveil sur secteur . Ses innovations techniques et artistiques le distinguent très vite des autres horlogers et sa notoriété commence à s’accroître .

Dans les années 70 , Bulova fera appel à Jaz pour équiper ses horloges murales .

Max_HetzelBulova confie la riposte à Max Hetzel , un ingénieur bâlois recruté douze plus tôt par sa manufacture suisse , qui pense qu’en ajoutant un transistor au mouvement , il sera possible de créer une montre plus précise .

                                              HETZEL et un Diapason d’horlogerie

Pour accroître encore la précision , il a l’idée de remplacer le balancier par un diapason , une petite pièce métallique constituée de deux branches parallèles , soudées en forme de U et prolongées par une tige . Le diapason est placé entre deux transistors . La dénomination ACCUTRON  s’interprète ainsi : « ACCUracy through ElecTRONic »  soit la « précision grâce à l’électronique ».

Dans cette vidéo , on entend le fameux bourdonnement amplifié , car le diapason vibre à 360 Hz , une fréquence étalonnée supérieure à celle d’un balancier classique .               Une précision inégalée par un calibre mécanique de deux secondes par jour ou d’une minute par mois . Du jamais vu ! Il divise chaque seconde en centaines de parts égales . Le brevet est enregistré en 1953 ,  le prototype est opérationnel en 1954 .Bradley & accutron L’Accutron est présentée officiellement le 10 octobre 1960 par le nouveau président de Bulova , l’ancien général Omar N. Bradley , l’un des principaux chefs de l’armée américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale et en Corée , le dernier des généraux cinq étoiles américains .paris_brule_t_il_is_paris_burning_1966_3 Son rôle central dans Paris brûle-t-il est interprété par Glenn Ford . Bradley est le seul homme dans l’Histoire à avoir eu 1,3 millions d’hommes sous son seul commandement .accutronACCUTRON SPACEVIEW : vous noterez le talon d’aiguille en forme de diapason .

Lors de la présentation au public en 1960 , les revendeurs reçurent pour leurs vitrines une montre d’exposition appelé Spaceview = vu de l’espace . Elle ne  disposait pas de cadran mais d’un verre transparent pour que l’on puisse admirer tout le mécanisme dont le fameux diapason . Succès énorme qui induira que de nombreux cadrans de Bulova furent retirés pour laisser apparaître le fameux calibre 214  .

accutron backPour surprendre le futur client de la montre Accutron , Bulova éliminera le remontoir qui est d’habitude sur le côté droit de la montre . Il s’agissait de marquer les esprits en faisant passer le message comme quoi la montre qui fonctionne avec une pile électrique est si précise qu’elle n’a ni besoin de remontoir , ni besoin d’être remise à l’heure . En fait un ingénieux système de mise à l’heure sera développé et installé au dos de la montre , juste à côté de l’emplacement de la pile .

Système sans doute « emprunté « à Lip qui avait déjà commercialisé sa toute première montre électrique R27 avec ce type système de mise à l’heure au verso , dès 1958 .

 

Grâce à cette technologie révolutionnaire , Bulova espère collaborer avec la NASA sur l’ambitieux programme spatial américain en fournissant des instruments Accutron , fort de l’influence du Général Bradley . A l’époque , la NASA ne savait pas comment un mouvement mécanique allait fonctionner dans des conditions de faible gravité . Mais c’est sans compter les tests « massacrants » que l’agence spatiale fait subir en 1964 à toute une série d’horloges candidates : pressions et températures extrêmes , vibrations , chocs , humidité . Et de toutes les montres « torturées », la seule à ne pas s’être arrêtée fut l’Omega Speedmaster et son mouvement mécanique Lemania conçu en 1948 . C’est l’humiliation pour Bradley et Bulova dont le mouvement à diapason Accutron révolutionne pourtant le monde de l’horlogerie.

Bulova Atomic clockBradley  se lance alors dans un lobbying offensif . Il en appelle au Sénat pour que le « Buy American Act », imposant à tout achat gouvernemental d’être américain à 60% minimum , soit appliqué au marché des montres des astronautes et de l’instrumentation des fusées et vaisseaux spatiaux . La parade d’Omega est immédiate . Les boîtiers et les lunettes Speedmaster de la série Nasa seront fabriqués aux Etats-Unis et les mouvements seront assemblés en Suisse . Le Buy American Act est donc respecté .

apollo11 50anniversaryOmega Speedmaster Apollo XI modèle commémoratif 50° anniversaire

L’Omega Speedmaster est donc la montre-bracelet choisie pour partir dans l’espace , les Bulova Accutron sont tout de même les horloges de bord de 46 missions spatiales , dont le programme Apollo . Si bien qu’une Accutron de bord est toujours présente sur la Lune dans le véhicule lunaire abandonné dans la Mer de la Tranquillité par l’équipe d’Apollo XI en 1969 .

Neil Armstrong sera le premier homme à marcher sur la Lune , mais pas le premier à porter une montre sur la Lune. Il avait été contraint de laisser son Oméga Speedmaster à bord du module lunaire , car l’horloge électronique embarquée était tombée en panne lors de l’alunissage et c’était une Bulova …                                                                                                                                                                                            gordon-cooper-faith-7-bulova-accutron-astronaut Toutefois , en 1963 , l’astronaute Gordon Cooper , victime d’un incident électrique à bord de sa capsule pendant la mission Projet Faith 7 , autour de la Terre , est sauvé par son Accutron « Astronaut » personnelle qui lui sert au chronométrage du ré-allumage des moteurs pour revenir sur Terre . GagarinePour l’anecdote , Youri Gagarine lors du premier vol spatial , en 1961,  portait une Sturmanskie , qui deviendra Poljot  ce qui en russe signifie Vol / Flight , que l’on voit nettement sur son bras gauche . Montre à remontage mécanique , dotée d’un calibre 26 par Lip , fournisseur des russes . La cœur de la première montre de l’espace est donc bien français.               Accutron railroad approvedEn 1962 , l’Accutron devient la première montre certifiée pour le personnel des chemins de fer américains . Sa précision permet aux trains de respecter les horaires et surtout d’éviter les collisions qui se produisaient à cause des retards . Ce seront 75 compagnies ferroviaires dans le monde entier qui adopteront également la technologie Accutron.

bulova-lyndon-johnsonEn 1964 , le président américain Johnson fait de l’Accutron le cadeau d’Etat officiel, offert aux personnalités du monde entier , quand  De Gaulle offrait des horloges Cartier. Les horloges Accutron équipent l’avion présidentiel Air Force One ainsi que les aéronefs et navires de l’armée américaine.

Elvis , décidément jamais en retard d’une innovation , et Paul Newman , parmi tant d’autres célébrités , portent une Accuran Astronaut ou Spaceview.

Omega-mega.jpg1973 est l’année où un responsable du service marketing d’Omega a une épiphanie en remarquant , avec une extraordinaire sagacité pour un cadre supérieur gavé de Francs Suisses , que le nom de la marque contient le mot «Méga» , perspicacité qui avait déjà manqué à tous ses prédécesseurs depuis la création de l’enseigne en 1903 par les fils Brandt , famille des co-fondateurs de Jaz . La Foire de Bâle verra donc le lancement à la fois de la «Megasonic» et de la «Megaquartz» parce que lorsqu’on a une bonne idée , il faut l’exploiter à fond … à la Chaux de Fonds . Le MegaSonic 720Hz est un mouvement spécifique à Omega et avait à l’époque la trotteuse la plus fluide de tous les temps . Elle a été aussi conçue par Max Hetzel ,  mais elle fonctionne de manière très différente : un micro-moteur qui , pour faire simple , est un disque de rubis de 1,2 mm parsemé d’aimants lequel est secoué entre deux ressorts de rubis dans une boîte étanche remplie d’huile par le diapason . Cela fait tourner le disque quatre fois par seconde. Ce disque n’est pas directement connecté au train d’engrenages ou à n’importe quelle partie de la montre , mais utilise plutôt un engrenage magnétique pour transmettre son mouvement .  Voyez la vidéo de ce mouvement . C’est une façon merveilleusement folle de construire un mouvement horloger et c’est la revanche ébouriffante de la famille Brandt qui débauche le créateur de L’Accutron , lequel n’a plus qu’à changer de rue pour aller au bureau à Bienne , afin de contourner ses propres brevets pour Oméga .

Il faut tout de même s’interroger sur le lancement simultané de ces deux montres , la Megasonic étant une impasse glorieusement innovante et la Megaquartz étant la première vague d’une révolution horlogère . Sans doute la signature d’une très grande marque qui innove , tout azimut , quitte à se tromper .

Mais l’âge d’or de Bulova a rapidement pris fin avec l’avènement des montres à quartz . Les montres à quartz étaient encore plus précises par rapport à la technologie des diapasons et moins chères : elles vont avoir raison de la technologie à diapason . Toutefois pendant les deux décennies où la méthode du diapason a été utilisée , ces montres étaient les plus précises sur terre et dans l’espace . En 1977 , la production de l’Accutron à diapason est arrêtée , après plus de cinq millions de pièces vendues . Cette date marque également la fin de l’âge d’or de l’histoire de Bulova . La révolution du quartz et l’abandon du calibre à diapason a de sérieuses retombées sociales à Bienne et à Neuchâtel . Le conflit et les grèves engagées alors auront raison des activités de Bulova en Suisse .

Il était nécessaire de décrire l’histoire technologique et commercial du diapason en horlogerie pour comprendre dans quel contexte Jaz produit le sien en 1972 . D’évidence c’est aussi tard qu’Oméga , donc trop tard puisque le quartz pointe déjà son nez et qu’en outre il faut développer des brevets spécifiques dans un domaine que Jaz ignore .

En outre les prix des quatre diapasons , en haut , sont plus élevés que des pièces comparables de la gamme Jaz de la même année , ci-dessous .

Jaz Actualites n°53 1965 page 1 Jaz Actualités n°53 1965 page 1 : court extrait d’un page entière consacrée par Paul Nicolas aux réticences des horlogers affiliés envers l’horlogerie électrique , qui en 1965 se limitait pourtant aux transistors . C’est là , sans doute , un des principaux freins à la technologie du diapason qui faisait peur à beaucoup d’horlogers , lesquels n’y étaient pas formés . N’oublions pas que les horlogers étaient prescripteurs envers leur clientèle de particuliers .  Il suffisait que l’horloger n’en n’intègre pas dans son stock ou ne les montre pas sur catalogue . Les notices d’entretien et de réglages , ci-après ne sont effectivement pas vraiment destinées à rassurer au vue de leur complexité  . Ci-dessous ces documents appartenant à la collection de Mariano Macor . Il s’agit probablement du bon à tirer du chapitre XXIV , consacré au Calibre FD . calibre diapason001calibre diapason002calibre diapason003calibre diapason004calibre diapason005calibre diapason006calibre diapason007calibre diapason008calibre diapason009

Le petit cache blanc qui dissimule le bouton de changement d’heure et celui de lancement du mouvement , porte le numéro de brevet n°1 113 932 du mouvement à diapason .

L’amour c’est gai , l’amour c’est triste de Jean Daniel-Pollet 1971

Au fond d’une impasse du Faubourg-Saint-Antoine, Léon (Claude Melki) partage deux pièces avec sa sœur Marie (Bernadette Lafont). Dans l’une il reçoit ses clients: il est tailleur. Dans l’autre Marie reçoit les siens : elle est voyante extralucide. Léon se sent pleinement heureux jusqu’au jour où il apprend ce que Marie lui cachait par affection : elle se prostitue et Maxime  son prétendu fiancé , interprété par Jean Pierre Marielle , est son souteneur. Ce jour-là Léon découvre aussi l’amour sous les traits d’Arlette , jeune provinciale jouée par Chantal Goya , recueillie par Marie.

l'amour c'est gai l'amour c'est triste

Peu entreprenant, Léon passe ses nuits seul, allongé sur la table de coupe , accompagné de son GONIC.

Le souffle au cœur de Louis Malle 1971

Dijon 1954. Une famille bourgeoise parmi d’autres. Le père est gynécologue et particulièrement absorbé par son travail. La mère est gaie et légère, leurs trois fils sans histoires. Laurent le plus jeune est particulièrement intelligent et souffre de son statut d’adolescent. Atteint d’un souffle au cœur il part en cure avec sa mère. Un tendre marivaudage s’instaure entre eux qui aboutira à l’inceste.

le souffle au coeurAu chevet de l’adolescent, un CUBIC N°308.

Réveil hors catalogue export Swiss Made

Swiss MadePetit réveil sur socle , mouvement mécanique , autonomie 8 jours , Swiss Made , chiffres romains , arrêt de sonnerie au sommet , aiguilles et points lumineux ; Nous détenons peu d’informations sur ce réveil , hormis cette photo , vendu en Grande Bretagne en 2016 dans une vente aux enchères  . L’emploi du calibre CH s’impose et permet de le situer entre 1968 et 1973 ;

Calibre PA 1967 à 1998

Ce calibre mécanique , très simple , né de la collaboration entre Jaz et Peter Uhren , était fabriqué en Allemagne et dotera 53 sortes de gros réveils Jaz et de nombreux Japy de 1967 à 1992 soit 32 ans et donc des millions de calibres produits  : un record !

Il en existe plusieurs variantes: 2 PA  à Rouages Delrin , 3 PA  à répétition de sonnerie (ex: FURIC) , 33 PA Crescendo ( ex: TROISIC) et 4 PA silencieux (tic-tac discret ou gamme Discreto; ex: NAUFIC) .

Il remplace le calibre U qui dotait les gros réveils de 1955 à 1967 .Jaz PA nylonsJaz Pa eJaz Pa dJaz Pa cJaz Pa bJaz Pa 1Jaz Pa 3Jaz Pa Peter UhrenLa mention GMBH est l’équivalent français de SARL ; GmbH est exactement l’acronyme de Gesellschaft mit beschränkter HaftungJaz PaJaz PA nylons aPour les dernières éditions , des rouages en Delrin remplaçaient les habituels rouages en laiton.massic évolution (3)on aperçoit sous la flèche un rouage blanc en plastique massic évolution (2)modernisation du marteau de sonnerie  

Version PA 024 pour le DIGIC à rouleau

Calibre 800CH dit calibre CH 1968 à 1973

calibre 800 CHMouvement mécanique , d’une autonomie de 8 jours , Swiss Made , échappement à ancre 7 jewels ou 7 rubis , ressorts en barillets , deux clefs de remontage . La nomenclature 800 CH de ce calibre est aisément décryptable : 800 pour son autonomie de 8 jours et CH qui correspond à Confœderatio Helvetica , nom de la Confédération Hélvétique en latin , popularisé par les plaques d’immatriculations suisses . export-calibre CH dateles calibres 800CH sont toujours datés en creux sur la platine                                                                                                                                                                                         Le calibre 800 CH fera sa première apparition officielle au catalogue 1971/72 dotant seulement cinq réveils : les BANIC , BRILIC , BRONZIC BULIC et le réveil de voyage BERNIC . Son existence officielle est brève puisqu’en 1974 , tous les réveils 8 jours sont supprimés des catalogues français , les modèles électroniques ayant pris leur place . Il était apparu plus tôt à l’export qu’en France comme en attestent ces deux réveils destinés à l’export en 1968 et 1970 .

André VOIRIN directeur de l’usine Jaz de Wintzenheim

voirin3                                1 VOIRIN 2 SATO de Tokyo-Clock 3 CARPANO                                                                                                                                                                              Cet article est un extrait choisi de celui paru en Juin 2000 sur le site WINTZENHEIM-JAZ http://wintzenheim.jaz.free.fr/ de l’historien de la ville de Wintzenheim Guy Frank que nous remercions , encore une fois pour son aide déterminante et son précieux travail de mémoire . Pour consulter l’article dans son intégralité suivez ce lien.                                                                                                                                                                                   Monsieur André VOIRIN a été d’abord chef de production en 1963 , puis Directeur adjoint en 1973 de Monsieur CARPANO qu’il remplace en tant que Directeur de l’usine Jaz de Wintzenheim                                                                                                                                                               Mon parcours professionnel

Il est évident qu’en ce qui concerne mon curriculum vitae, il est tout à fait classique. J’ai passé mon certificat d’études parce qu’à l’époque il y en avait un, ensuite un brevet élémentaire parce que ça se passait aussi comme ça, le premier BAC moderne, le deuxième BAC mathélem. […]  j’ai fait Maths Sup et Maths Spé, c’est-à-dire la préparation aux Grandes Écoles. J’ai intégré une école qui s’appelait l’IDN à l’époque (Industrielle du Nord) qui est devenue depuis l’École Centrale de Lille. [… ]

Ma première entreprise, ça a été la Royale Asturienne des Mines qui m’a envoyé au Maroc dans une mine de plomb argentifère. […]

[..] j’ai quitté cette mine de plomb et je suis rentré en France.

A l’époque, on trouvait facilement du travail. J’ai simplement pris les annonces qui étaient dans les journaux et j’ai atterri à la Colgate Palmolive qui était à Courbevoie. Mon titre officiel était « Finishing Supervisor ». […]

Entre temps, comme je voulais changer de situation, j’ai fait l’Ecole des Chefs d’Entreprises, où il y avait pratiquement des conférences et des cours du soir presque tous les jours. Et j’ai réussi cette école avec un beau succès. Ce qui m’a permis de prétendre à ce moment là à autre chose qu’un poste purement technique, et j’ai trouvé une annonce qui demandait un adjoint de directeur d’usine pour gérer la production. Je me suis présenté. Il s’agissait effectivement de l’usine S.A.P. à Wintzenheim. voirin1l’atelier de montage en pleine activité , environ 300 personnes.                                                                                                                                                                                            Je vous dis tout de suite que pendant 20 ans, j’ai travaillé chez JAZ, d’abord comme responsable de production, puis comme directeur-adjoint, et enfin comme directeur.

voirin2L’écroulement de l’horlogerie vers les années 1980 a conduit à des diversifications pour occuper le personnel, telles que fabrication de fourreaux de fusils de guerre, fabrication d’ordinateurs de la marque TANDY. J’ai été très impliqué dans ces nouvelles activités, ainsi d’ailleurs que Henry Klopfer de Wintzenheim ( à l’extrême droite sur la photo) . A l’âge de 55 ans, persuadé du naufrage final, j’ai pris ma pré-retraite.

L’informatisation

En arrivant chez JAZ, au siège social, il m’est apparu très vite que l’usine de Wintzenheim était dans le collimateur : non-respect des programmes, mauvaise sortie des nouveaux modèles, etc… En arrivant à l’usine, il m’apparut également très vite que c’était l’ordonnancement qui était visé. En fait, la gestion de la production était désastreuse. Les ateliers n’obéissaient pas aux impératifs de quantités et de délais. Par exemple, le décolletage faisait des quantités largement supérieures aux besoins exprimés, quitte à forcer la serrure du magasin matières pour ce faire, et ceci afin d’augmenter la prime de l’atelier. Le résultat était que les magasins avaient trop de pièces inutiles, et pas assez de matières pour faire les pièces nécessaires. Apparemment, quand je suis arrivé, cela ne semblait choquer personne.

Avant toute chose, j’ai donc passé du temps dans les services du siège social, et bien sûr, j’y ai trouvé de graves lacunes. Il y avait à Wintzenheim un bouc émissaire, et c’était bien pratique. Tout ceci ayant été explicité, a eu pour conséquence de calmer le jeu. Cependant, il est apparu que la réaction de l’ordonnancement devait être plus rapide et plus précise. J’ai donc proposé à la direction de Paris l’informatisation de l’usine en utilisant le matériel du siège social. Je fus fermement soutenu par le directeur financier, alors que les services techniques trouvaient l’idée farfelue. J’ai d’ailleurs eu, pendant un certain temps, le surnom de « Monsieur l’Ordinateur ».

Quoi qu’il en soit, après plusieurs années, car il a fallu créer les logiciels alors que maintenant il suffit de les acheter, l’usine était opérationnelle, et la gestion de la production était d’un niveau comparable à ce que l’on trouve aujourd’hui avec des logiciels standards, c’est-à-dire très en avance pour l’époque. M. Mosbach d’Ingersheim est responsable, en grande partie, de la qualité de cette évolution.

Un modèle par semaine

Il faut bien préciser que la création d’un nouveau modèle par semaine était avant tout une nécessité commerciale, afin de forcer la main à l’horloger, car le représentant avait toujours du nouveau à présenter, ce qui facilitait l’entrée en matière. Il se trouve également que cela permettait de rester à peu près dans l’axe de l’inflation, alors que l’horlogerie était dans la liste des produits à prix bloqués. Il faut noter cependant que nous avons eu quelques modèles dont le succès ne s’est pas démenti pendant de nombreuses années, et bien sûr nos services commerciaux faisaient auprès du Contrôle des Prix les démarches nécessaires pour obtenir un assouplissement.

Quand l’usine de Nanterre a été démantelée, le service création de nouveaux modèles est venu également à la SAP de Wintzenheim, et était tenu par deux jeunes gens qui avaient d’ailleurs un très bon talent de peintres, puisque j’ai acheté à l’un un tableau qui figure toujours dans mon salon.

André VOIRIN, Juin 2000