Contacteur Jaz 1951 à 1968

contacteur seulLe contacteur Jaz ( ici sans son câble électrique) , est basé sur le même procédé que la clef de limitation de sonnerie Jaz dans son principe général puisqu’il s’agit de dispositifs qui remplacent la clef de remontage de la sonnerie . Comme celle ci , une extension métallique peut , lorsqu’elle est déployée , abréger le temps de sonnerie habituel ; voyez l’article et son animation : la clef de limitation de sonnerie .contacteur Jaz dosLe contacteur se fixait derrière le bouton du réveil et se vissait à la place de la clef de sonnerie . Pour des raisons d’encombrements ou d’écart trop important entre le bouton et la clef , le contacteur ne pouvait pas s’adapter sur les GENIC , DEGIC , SECTIC , SULTIC , MUSIC et CAMIC .

Dispositif de limitation de sonnerie : fermé à gauche et ouvert à droite .contacteur et filLe contacteur avait donc deux fonctions : allumer un dispositif électrique types radio ou lampe , plus une limitation , optionnelle , de sonnerie .

pub contacteurPublicité in Reader’s Digest de 1951 : l’intérêt était double pour la marque au jaseur boréal puisque , si le prix du contacteur était bas ( environ le tiers du réveil le moins cher de la gamme Jaz ) , en revanche il ne se vendait que chez les horlogers affiliés Jaz et en aucun cas chez les électriciens où l’on trouvait des réveils d’autres marques à cette époque . Une fois chez l’horloger , il était trop tard pour réaliser que le dispositif ne s’adaptait qu’à des réveils Jaz , une double vente se faisait alors probablement pour ceux qui ne disposaient pas déjà d’un Jaz adapté . contacteur pub sommeil.jpgJaz réunit dans cette publicité l’ensemble de ses dispositifs de sonnerie augmentée , diminuée ou améliorée dont le contacteur et la clef de limitation de sonnerie.Contacteur Jaz noticemode d’emploi joint à chaque contacteur

Constamment proposé à la vente de 1951 à 1968 , il a fait l’objet de présentations très variées dans les catalogues réservés aux horlogers tandis que le contacteur lui même ne changeait pas . Le rupteur , identique en apparence , était basé sur le même principe sauf qu’il coupait l’alimentation en courant au lieu d’allumer . De fait il devait s’en vendre beaucoup moins car l’usage est beaucoup plus restreint et logiquement réservé au coucher plutôt qu’au réveil ; par exemple éteindre une lampe ou une radio à heure determinée alors que l’on s’est endormi mais dès lors le Jaz n’est plus disponible pour se réveiller . Cela explique que les contacteurs sont proposés par plaque de cinq aux horlogers tandis que le rupteur est vendu à l’unité .

Le contacteur équipait bien sûr les LAMPIC et LUPIC , lampes/ réveils distribuées par Jaz .

Stand Jaz au Salon de l’Automobile 1957/58 clignotant

salon de l'auto 1957 1958 stand entierStand CPC ou Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François au Salon de l’Automobile 1957/58 , au centre le panneau et le présentoir Jaz . Salon de l’automobile du 3 au 13 Octobre 1957 à Paris , au Grand Palais , 1°étage , salle V .salon de l'autoAu Grand Palais , les automobiles occupaient le rez de chaussée , les équipementiers étaient relégués au 1° étage sur les galeries qui centuraient le bâtiment .salon de l'auto 1957 1958 stand Jaz détailPrésentoir et panneau Jaz ( agrandissement )                                                                                                                                                                                                       En 1956 Jaz avait créé un clignotant électromécanique qui dotait les premières DS 19 . Voyez notre article Minuterie clignotant DS 19 en 1956 . Vous y trouverez la première version du petit prospectus ci dessous , distribué au Salon de l’Automobile précédent dont l’emplacement pour le distributeur reste libre . Pour le Salon 1957/58 ce petit prospectus est repris , en omettant de changer la date , mais cette fois le distributeur s’affiche : la CPC ou  Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François qui commercialisait d’autres équipements automobiles comme des chaînes , prises de courants pour remorques , câbles électriques , etc . salon de l'auto 1957 1958 prospectus (1)Petit prospectus Jaz , verso , format 20 x 13 cm

salon de l'auto 1957 1958 prospectus (2)Petit prospectus Jaz , recto avec la mention du distributeur CPCsalon de l'auto 1957 1958 Jaz0001 (1)La CPC occupait la salle V – en fait une partie de la coursive numérotée V ; elle offrait à ses visiteurs un ensemble de prospectus , contenus dans un chemise aux quatres pages illustrées . Page 1 , format 21 x 27 cmsalon de l'auto 1957 1958 couverture 2page 2salon de l'auto 1957 1958 couverture 3page 3salon de l'auto 1957 1958 couverture 4page 4

Publicité des produits distribués par la CPC qui se trouvaient dans ce dossier , tous au format A4

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Pierre Marly 45 ans au service de Jaz

 

Pierre Marly , né à Paris le 25 mai 1921. Il entre en 1936 , à 15 ans comme apprenti à la CIMH , Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère  première raison sociale de Jaz , à Puteaux et obtint son certificat d’horloger en 1941 . Requisitionné en 1942 par le STO , Service du Travail Obligatoire , il est enrôlé dans une usine d’optique allemande dont il est libéré par l’armée russe en 1945 .

De retour en France il est réintégré à la CIMH devenue officiellement Jaz S.A. mais comme chef d’équipe . La direction parisienne lui demande, le 1er janvier 1962 , de rejoindre l’usine Jaz de Wintzenheim acquise en 1954 . Il s’installe dans cette petite ville près de Colmar où il fait souche . Devenu chef d’atelier, il prend sa retraite en 1981 après 45 ans au service de Jaz .

Pierre Marly a consacré ses loisirs à l’athlétisme à un haut niveau et c’est bien logiquement que l’ancien horloger a été chronométreur national lors de grandes compétitions sportives .

 

 

M. Henry KOPFLER usine de Wintzenheim de 1952 à 1980

 

Grâce à l’historien Guy FRANK , nous avons eu l’honneur de rencontrer Monsieur Henry KOPFLER , le 24 Août 2017 , dans sa grande et belle maison des faubourgs de Wintzenheim au pied du château du Hohlandsbourg . Il nous a cordialement ouvert les portes de son foyer , de ses albums photos et de son infaillible mémoire .                                                                                                                                                      dna article kopfler Le hasard a voulu que DNA , les Dernières Nouvelles d’Alsace , consacre une pleine page à l’usine alsacienne de Jaz , trois jours avant notre entrevue ; Texte de l’article :            Henri Klopfer, 83 ans, après sa formation au collège technique a été embauché en 1952 à l’usine de la SAP à Colmar : « J’ai débuté comme simple ouvrier fraiseur à l’usine rue de la Houblonnière, puis comme régleur sur machine, jusqu’à mon départ en 1955 pour l’armée ; démobilisé fin 1957, je suis retourné chez Jaz, où ils m’ont intégré au service développement des nouveaux produits, d’abord comme dessinateur, puis j’ai assumé la charge de rapatrier certaines productions d’une autre usine ; suite à des formations internes et des cours du soir au conservatoire des arts et métiers, j’ai réussi à gravir les échelons jusqu’au diplôme d’ingénieur ; je suis parti en 1981, quand le déclin de l’usine était inéluctable ».
Petite anecdote, en mars 1976, Henri Klopfer avait fait visiter l’usine à M. Maigrat, collaborateur de Lionel Stoleru, nouveau secrétaire d’État, chargé des problèmes des travailleurs manuels. Il était accompagné de Jean-Pierre Raffarin, attaché parlementaire.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Nous vous recommandons la lecture du témoignage de M. André Voirin qui complètera admirablement celui de Monsieur KOPFLER .                                                                                                                                                                                                                 Nous avons fait le choix de rédiger et illustrer d’images les trois heures d’enregistrements avec M. KOPFLER pour les rendre plus lisibles mais de conserver les passages de sa biographique personnelle même si Jaz n’y est pas directement mêlé puisqu’une grande partie de sa vie , 27 ans , a été consacré à cette marque :                                                                                                                                                                                                    je suis entré chez Jaz le 22 janvier 1952 …. c’est ainsi que Monsieur Kopfler commence son récit alors que nous arrivons chez lui à l’improviste et qu’il ne s’appuye sur aucunes notes écrites . Ce détail nous donne immédiatement une idée de la qualité et de la précision du témoignage qu’il va nous fournir et que nous vous livrons , hélas sans son accent alsacien si typique .                                                                                                                                                                          Né en 1934 , fils d’un petit viticulteur sans argent ( …) à .. petit village . diplômé de ….18 ans

 

Un ami de mes parents , Fernand Maurer , ancien chauffeur du Maréchal de Lattre de Tassigny qui reçoit des obséques nationales en cette année 1952 , était l’homme de confiance de M.ROBLIN le dirigeant de CARAT … une entreprise d’horlogerie suisse                                            ( article en construction , à suivre bientôt )

Les vignes du seigneur de Jean Boyer 1958

Comédie , remarquablement interprétrée par Fernandel , Pierre Dux et Simone Valère ,  dont l’intrigue est la volonté un peu ridicule d’accession des uns à la bourgeoisie et des autres à la noblesse d’après l’œuvre éponyme de Robert de Flers et Francis de Croisset . Belle ironie de la part des auteurs lorsque l’on sait que Francis de Croisset , issu d’une famille juive allemande , était né Edgard Franz Wiener . Son ami le journaliste Maurice de Waleffe (1874-1946) témoigne que , dès son arrivée à Paris , en 1897, il projetait , pour mieux s’intégrer à la société parisienne , de demander sa naturalisation , de changer de nom et de se faire baptiser . En fait , par son changement de nom , il parvient même à une noblesse d’apparence alors que son comparse dans l’écriture de cette pièce est né Marie Joseph Louis Camille Robert de La Motte Ango de Flers , marquis de La Motte-Lézeau , comte de Flers dit « marquis de Flers » . Alliance de la carpe et du lapin pour une comédie à succès maintes fois reprise au cinéma et au théatre

les vignes du seigneur3les vignes du seigneur2les vignes du seigneur

Les différentes scènes nous emmènent autour du bureau du Comte interprété par Pierre DUX , sur lequel trône cette incroyable pendulette Longchamp , en forme d’étrier , fabriquée par Jaz . Consultez notre article consacré à la collaboration entre Jaz et Longchamp .

 

Calibre R et dérivés 1952 à 1960

Le calibre R est un mouvement électrique sur secteur , en 110 ou 220 volts , apparu commercialement en 1952 , équipant essentiellement des pendules murales et une pendulette à poser , la SECTIC . Son apparition induit la création de la gamme Jaz Electric .

doc calibre R (11)doc calibre R (1)

Le calibre R fait ses débuts commerciaux avec les pendules murales VIRIC et CHAMPIC en 1952 puis la RUMIC et la pendulette SECTIC en 1953.

1954: RAMPIC, SOLIC, SPHERIC et ZODIC

1956: DIFFIC

1957: MARPIC

1958: LIMIC

1959: apparition du calibre AL à pile qui va « ringardiser » les calibres sur secteur

1960: TRALIC et ROMBIC alors qu’apparaissent les premiers calibres à transistors.

Le calibre R est abandonné en 1962.

 

Lancement d’un calibre 2R ( si l’indication du voltage a disparu du capot extérieur , vous le retrouverez inscrit à la peinture rouge sur le moteur lui même : 220 volts en l’espèce)Jazette_1959_Decembre page 1 extraitUne de la Jazette de Décembre 1959 ( extrait)                                                                    Conçu en fait en 1932 , le calibre R est donc le premier mécanisme électrique commercialisé par JAZ , seulement vingt ans plus tard , qui n’est pas pionnier en la matière . En 1840 l’horloger écossais Alexander Bain réalise la première horloge électrique . L’énergie est fournie par une pile qui alimente un électro-aimant lequel fait osciller un pendule. Il imagine également qu’une horloge centrale pourrait envoyer des signaux électriques pour synchroniser de nombreuses autres horloges. Cette idée sera mise en application par Louis Breguet en 1856 qui installe à Lyon un système pouvant faire fonctionner 76 cadrans logés dans les lanternes de l’éclairage public reliés entre eux par un réseau de fils électriques . L’horloge mère, alimentée par une pile électrique, est connectée à un régulateur qui envoie un courant inversé à chaque minute dans le conducteur pour assurer à tous les cadrans d’afficher la même heure . Cela reste bien anecdotique jusqu’à l’extension des réseaux électriques au début du XX° siècle avec , toutefois , ce problème récurrent et rédhibitoire de régulation incertaine . Les premières horloges électriques pratiques sont réalisés en 1918 par Henry Ellis Warren  un inventeur américain sous la marque Warren Telechron Clocks . Elles fonctionnent avec un moteur synchrone asservi à la fréquence stabilisée du réseau électrique  alternatif . Il était parvenu à convaincre les fournisseurs américains d’électricité d’offrir la distribution d’un courant correctement régulé comme un service supplémentaire après que la faible , mais constante,  consommation des horloges soit devenue quantifiable électriquement et donc financièrement .

Le faible investissement requis pour assurer une grande stabilité était largement compensé par la consommation supplémentaire engendrée par la multiplication des horloges : il fallait y penser et cela permet à Telechron puis General Electric d’envahir le marché américain d’avant guerre avec des pendules et horloges sur secteur . catalogue 1935 1936catalogue vedette 1935 1936Catalogue VEDETTE 1935-1936 page 14 et 15                                                                                                                                                                                                                De ce côté de l’atlantique , personne n’a cherché à convaincre L’Union d’Electricité  , L’Energie Industrielle ou l’un des nombreux autres précurseurs d’EDF  qui est créé en 1946 ( dans la Jazette de Décembre 1959 , citée plus haut  Jaz commet un petit anachronisme )

En revanche VEDETTE avait trouvé un solution ingénieuse en électrifiant des mouvements mécaniques : un petit moteur électrique remontait le ressort d’un mouvement classique , résolvant ainsi plusieurs problèmes inhérents aux mouvements électriques . Effectivement , en général , les horlogers étaient plutôt rétifs envers cette technologie qu’ils ne connaissaient pas , la consommation devenait réellement négligeable et la régularité du courant n’avait plus d’importance , toutefois cette solution astucieuse restera sans lendemain .( voir notre article sur la saga Vedette )

Avant guerre en Europe , les horloges électriques sont le domaine , sans conteste , de Léon HATO connu par la licence ATO . ( consultez notre grand article sur ATO)  Elles étaient pour la plupart alimentées par pile , esquivant le souci de la régularité du courant , mais toujours noblement habillées , parfois même par Lalique , elles n’étaient pas à la portée de tout le monde . En 1958 , Jaz lance son propre mouvement électrique à pile avec le calibre AL à remontage électro-aimanté à bascule et balancier circulaire . Celui- ci présente l’inconvénient d’être bruyant : consultez notre grand article sur le calibre AL . Toutefois c’est l’obtention de l’exclusivité de la licence ATO pour la France , la même année 1958 qui va permettre à Jaz de devenir le leader européen de l’horlogerie électrique par une diffusion à la portée de toutes les bourses avec 245 Jaz dotés de calibres sous licence ATO de 1959 à 1977 

doc calibre R (2)doc calibre R (3)

Calibre G 1934 à 1959

calibre GCalibre G ou 1G : Mouvement mécanique à clef amovible , format 6 x 8 cm. Mouvement d’une autonomie de 8 jours sans fonction réveil , platines pleines ( non-ajourées) , hauteur sur platines : 23,5 mm , pont de barillet , arrêtage à croix de Malte , pignons à fuseaux , porte échappement Roskof indépendant à 3 pierres , balancier à pivots , spiral auto-compensateurs ( 14.400 oscillations /heure)  .                                                                                                                                                                                                                 Quatre variantes existantes :                                                                                                  Calibre G ou 1G : il dote 12 horloges murales  SARRIC , BOISIC , SOFIC , BERTIC , SEVRIC , SORIC , VISIC , MASSIC , TERRIC , MASSIC , FROMIC  , PRINTIC et une horloge à poser POSIC                                                                                                                                                                                                                        Calibre 3G identique à 1G mais avec voyant indicateur d’armage et remontage démultiplié ,  pour emboîtage moulé qui équipe trois murales  APPLIC 1934  ,  APPLIC 1945 , QUADRIC et trois horloges à poser CADIC  , FANTIC , HOTIC                                                                                                                                                                           Calibre 4G identique à 3G mais pour emboîtage métallique pour deux murales en métal  LENTIC , VISIC                                                                                                                                                                                                                                                Calibre 5G identique à 1G mais avec porte -échappements à 6 pierres ( à partir du 1° mars 1951 c’est lui qui est monté dans les horloges murales Jaz soit 21 au total ) VISIC après 1951 , NEPTIC , PRINTIC après 1951 ,  SPIRIC  , BRETIC , FORMIC ,  RHONIC ,  MURIC , Nafra-Don pub , GRANIC Le Progrès Pub ,  Cognac Pub , ZODIC , CUIDIC , MITRIC ,  CAMPIC ,  LUMIC ,  LIVIC , REXIC , DELFIC LIGNIC  . Ce calibre ne possède plus le témoin de charge des 3G et 4G .cadran cadiccadran de CADIC                                                                                                        Particularité des calibres 3G et 4G  : la petite fenêtre de témoin de réserve de charge ou voyant indicateur d’armage au milieu du 2 de XII heures : lorsque le triangle est rouge il faut remonter le mécanisme . Le 8 au dessus de l’axe central rappelle l’autonomie de 8 jours du calibre G qui n’a pas de fonction réveil .lentic calibre GLes calibres G ne sont pas toujours datés mais lorsque c’est le cas , ce sont les deux derniers chiffres qui indiquent la date , en l’occurrence 37 pour 1937 .

Jaz médaille d’or à l’Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles 1958

TECHNICA n°157 Août 1959 unePresqu’un an après la clôture de L’Exposition Universelle de Bruxelles 1958 , JAZ s’offrait encore la Une du mensuel TECHNICA pour rappeler que la marque au jaseur boréal avait obtenu la médaille d’Or à cette occasion . Cette revue était l’organe officiel , bilingue français /flamand , du comité National Belge de la Bijouterie , Horlogerie , Joaillerie ,Orfèvrerie , etc .atomium bruxellesDevenu le symbole de Bruxelles , l’Atomium est le vestige mondialement connu de l’Exposition Universelle de 1958 et Internationale de Bruxelles qui se tient du 17 avril au 19 octobre 1958 sur le plateau du Heysel et attire près de 42 millions de visiteurs. Initialement prévue pour l’année 1955 et reportée en raison de la Guerre de Corée et des tensions internationales , l’exposition est inaugurée , à l’issue de trois ans de travaux . Elle bouleverse totalement Bruxelles dont les boulevards sont transformés en autoroutes urbaines .

Si en 1937 , les pavillons nazi et soviétique – qui inspirèrent sans doute esthétiquement le FONIC – se toisaient orgueilleusement à l’Exposition Universelle de Paris , en 1958 à Bruxelles – guerre froide oblige –  se sont évidemment les pavillons américain et soviétique qui se jaugent . Celui des USA fait la taille du Colisée et celui de l’URSS présente , dans ses 150 mètres de long , les modèles des spoutniks , des machines-outils , des modèles ultra-modernes de voitures de tourisme , un bateau rapide à ailes sous-marines , une inévitable statue de Lénine …0ea0be34b63811b8e8f4c3e5affbcb7d--pavilion-expo…des modèles d’avions commerciaux , notamment le U-104 et le TU-114 connus dans le monde entier , le modèle du « Lénine» premier brise-glace atomique du monde , un synchrophasotron de 10 milliards d’électronvolts , une turbo-foreuse et une électro-foreuse en fonctionnement sur le terrain devant le pavillon . Néanmoins la Belgique a réservé à la France le régime de la nation la plus favorisée.
pav frL’audacieux pavillon français de l’architecte Guillaume GILLET prix de Rome 1946 pav_francais_pilier_central_D’un hectare de surface il reposait sur un seul pilier                                                                                                                                                                                                           Notre pays a pu disposer dans l’Exposition d’une superficie de 25 000 mètres carrés équivalente à celles des Etats-Unis d’Amérique et de l’URSS . Le thème général de l’Exposition était Bilan pour un Monde plus Humain , nous convenait évidemment fort bien . Si les Expositions Universelles ne sont pas des foires commerciales et que rien ne s’y vend , elles ne sont pas exemptes de publicité loin de là . pavillon le corbusierL’extraordinaire pavillon Philips par Le Corbusier en est une superbe démonstration mais on trouvait également d’immenses pavillons pour Eternit , Hachette , IBM , Kodak , les chocolats belges Côte d’Or ou Jacques et …pavillon coca cola…déjà l’incontournable Coca-Cola . Ds totem 1958Le pavillon français vantait les records de la SNCF , la beauté de la DS , l’expansion d’Air France et tous les fleurons de l’industrie et du commerce français étaient représentés comme Jaz , évidemment .

Médaille de bronze Exposition Universelle 1958 par Rau

Au cours des huit mois de l’Exposition , ce sont au total 57 jurys qui distribueront 3 961 prix , dont 1 003 à des exposants belges , selon des règles très précises et strictes Feudor JAZ n’était pas la seule marque à se valoriser par sa Médaille d’Or à Bruxelles ; FEUDOR ajoutait même un petit atomium pour rappel .TECHNICA n°160 Novembre 1959 page 614En novembre 1959 en pleine page 614 de cette même revue , JAZ s’offre un rappel pour les professionnels belges . TECHNICA n°157 Août 1959 page 416…et les montres HERMA , à la page 416 , célèbrent leur propre médaille d’or .                      Prenez le temps de voir ce film en couleurs pour vous plonger dans l’ambiance de l’Expo et admirer la pavillon français à la fin des 9 minutes .

Jean CHESNOT artiste

enveloppe-premier-jour-chesnotJean CHESNOT  peintre et dessinateur de l’Ecole Française,  né à Dinard . Essentiellement connu comme dessinateur de timbres postes et d’enveloppes Premier Jour , il reçoit en 1977 le Grand Prix de l’Art Philatélique  pour le dessin de son timbre « L’abbaye de Fontenay ». Mais son œuvre picturale cotée va bien au delà des commandes alimentaires pour des publicités et des timbres . chesnot dessin d'audienceIl est également connu pour ses dessins d’audience . nu par Jean ChesnotHuile sur toile par Jean CHESNOT circa 1970                                                                                                                                                                                                                En 2012 , La Comédie Française acquiert six aquarelles de Jean CHESNOT représentant les coulisses de la Comédie-Française . Pour Jaz , il réalise de nombreux dessins publicitaires : Jaune PERNOD ;  l’heure en plein air  ; etc …fevric bardic tarvic julic tournic pub.jpgpublicité Paris Match 31 x 23,5 cm bardic calbric julic pub par chesnotpublicité estivale ; Paris Match 1958 , 35 x 14 cm bardic par chesnotversion condensée de la précédente uniquement axée sur le BARDIC

platic vetic tevic paissic rosticPublicité presse , 27 x 13 cm , publiée dans Bonnes Soirées , magazine hebdomadaire féminin belge francophone , probablement dans son édition française puisque les prix sont en francs français .ridic diric par chesnot.jpgpublicité presse 18,5 x 13 cm ; Reader’s Digest  1959tournic bornic julic par chesnotlassic bornic futic pub chesnot

Format 35 x 14 cm . Un même dessin pouvait être réemployé plusieurs fois . duplic pubDans cet article nous avons reproduit principalement les publicités portant sa signature mais il existe , à la même période , bien d’autres dessins qui sont d’évidence de sa main sans porter son nom .