Calibre AF 8 jours 1957 à 1965

calibre 4 AF (1)Calibre 4AF à 11 pierres calibre 5AF (2).JPGCalibre 5 AF à 7 pierres                                                                                                                                                                                                                                                       Le calibre AF est un calibre mécanique , mono-barillet  , ne nécessitant donc qu’une clef unique de remontage , d’une autonomie de 8 jours , petit module , diamètre 49,5 mm épaisseur 12,5 mm : il est uniquement destiné à la gamme Jaz de Luxe  ; Les premières versions , dite 1AF et 4AF à 11 pierres , dotent les RECTIC , CLAVIC , BINICTAMBRIC , PINCIC , TARVICHOMIC , DIRIC . La deuxième version , dite 5AF à 7 pierres , équipe les NUDIC ,  ZONIC ,   NUDIC , et non-répertorié 1962 . calibre 5AF (3)Les calibres AF ne sont pas datés en creux sur la platine du mouvement , comme les calibres J par exemple , toutefois la date de production est porté au tampon encreur sur le cache poussières : en l’espèce 10 62 pour octobre 1962 .

En outre les dos étaient d’abord gravés creux puis c’est un simple transfert qui donne les indications calibre AF détailscalibre AF liste

Les carottes sont cuites de Robert Verney 1956

Un jeune prodige en musique est kidnappé par le valet de chambre de ses parents.

Ce jeune virtuose, interprété par Jean-Pierre Bonnefous, aspire à une vie plus simple avec la jeunesse du quartier. Il arrive à s’échapper avec la complicité de la cuisinière, interprétée par Jackie Sardou.
les carottes sont cuites
Au dessus de la porte de la cuisine, une MURIC ou une CLOISIC , deux horloges murales qui se partagent le même boîtier , seuls les aiguilles et les calibres les différencient , détails indistinguables sur ces images . Toutefois le tournage du film ayant eu lieu du 13 décembre 1955 au 4 février 1956 , nous sommes certains qu’il s’agit d’une MURIC encore disponible à la vente jusqu’en milieu d’année 1956 où la CLOISIC la remplace .

Calibre AG 1AG /2AG/ 3AG/4 AG de 1956 à 1963

calibre AG image Jazette 37 juillet 1956 page 2.jpgCalibre AG , mouvement mécanique à clef amovible , d’une autonomie de 8 jours . Il succède à partir de 1956 au calibre G qui avait doté les premières horloges murales de la marque depuis 1936 . Il est le dernier calibre mécanique à équiper des horloges murales jusqu’en 1963 . Dans le catalogue Jaz 1963/64 , il n’y a plus que des pendules murales à transistor .cloisic-cadran-agCalibre AG les deux derniers chiffres sont ceux de l’année de production : ici 1957 . 2 ag bombic-calibre-2agLa variante 1AG , calibre AG de base , dote les horloges murales en plastique ou faïence :  CLOISIC , PAISSIC , TEVIC , JOURIC , ONDIC , MUDIC , VETIC , SOGIC , ROSTIC , STRATIC .                                                                                                         La variante 2AG est destiné aux horloges en tôle : VUSIC , BOMBIC , LAMIC , MISSIC , CAMPIC .                                                                                                                            La variante 3AG se remonte par l’arrière : PENDIC , TRINIC .                                            La variante 4AG à plaque porte mouvement retournée : HUITIC , MONIC , SMOLICNOBLIC .paissic- étanchéitéA et B fixations du calibre sur le boîtier de l’horloge : la particularité du calibre G qui le précéde , était l’absence totale de vis de fixation dans le cadran grâce à un système exclusif de maintien par un œillet autour de l’orifice d’entrée de la clé . La concurrence affichait  au moins deux , trois voire quatre têtes de vis pour le moins voyantes et disgracieuses sur ses cadrans . En cela le calibre AG présente un recul esthétique .        C les horloges murales étant pour la plupart destinées aux cuisines , il convenait de protéger les mouvements des poussières , vapeurs et graisses qui pouvaient entrer par l’orifice du remontage ; Pour obstruer le trou , une rondelle cache poussière – que l’on aperçoit ici –  montée sur ressort s’enfonce lorsque l’on y introduit la clef .                       D ce 8 stylisé dans un cercle rappelle l’autonomie de 8 jours .

Autre technique astucieuse pour assurer l’étanchéité : la patte de fixation pivote pour donner l’accès à la raquette d’avance/recul , elle en assure donc la fermeture .calibre AG texte Jazette 37 juillet 1956 page 2calibre AG suite Jazette 37 juillet 1956 page 3illustrations noir et blanc et textes imprimés , extraits de la Jazette n°37 de Juillet 1956 .Le Guide Jaz fournitures calibre 1AGLe Guide Jaz fournitures calibre 2AG 3AGpages extraites LE GUIDE JAZ fournitures pour réveils et pendulettes circa 1953 à 1958

Contacteur Jaz 1951 à 1968

contacteur seulLe contacteur Jaz ( ici sans son câble électrique) , est basé sur le même procédé que la clef de limitation de sonnerie Jaz dans son principe général puisqu’il s’agit de dispositifs qui remplacent la clef de remontage de la sonnerie . Comme celle ci , une extension métallique peut , lorsqu’elle est déployée , abréger le temps de sonnerie habituel ; voyez l’article et son animation : la clef de limitation de sonnerie .contacteur Jaz dosLe contacteur se fixait derrière le bouton du réveil et se vissait à la place de la clef de sonnerie . Pour des raisons d’encombrements ou d’écart trop important entre le bouton et la clef , le contacteur ne pouvait pas s’adapter sur les GENIC , DEGIC , SECTIC , SULTIC , MUSIC et CAMIC .

Dispositif de limitation de sonnerie : fermé à gauche et ouvert à droite .contacteur et filLe contacteur avait donc deux fonctions : allumer un dispositif électrique types radio ou lampe , plus une limitation , optionnelle , de sonnerie .

pub contacteurPublicité in Reader’s Digest de 1951 : l’intérêt était double pour la marque au jaseur boréal puisque , si le prix du contacteur était bas ( environ le tiers du réveil le moins cher de la gamme Jaz ) , en revanche il ne se vendait que chez les horlogers affiliés Jaz et en aucun cas chez les électriciens où l’on trouvait des réveils d’autres marques à cette époque . Une fois chez l’horloger , il était trop tard pour réaliser que le dispositif ne s’adaptait qu’à des réveils Jaz , une double vente se faisait alors probablement pour ceux qui ne disposaient pas déjà d’un Jaz adapté . contacteur pub sommeil.jpgJaz réunit dans cette publicité l’ensemble de ses dispositifs de sonnerie augmentée , diminuée ou améliorée dont le contacteur et la clef de limitation de sonnerie.Contacteur Jaz noticemode d’emploi joint à chaque contacteur

Constamment proposé à la vente de 1951 à 1968 , il a fait l’objet de présentations très variées dans les catalogues réservés aux horlogers tandis que le contacteur lui même ne changeait pas . Le rupteur , identique en apparence , était basé sur le même principe sauf qu’il coupait l’alimentation en courant au lieu d’allumer . De fait il devait s’en vendre beaucoup moins car l’usage est beaucoup plus restreint et logiquement réservé au coucher plutôt qu’au réveil ; par exemple éteindre une lampe ou une radio à heure determinée alors que l’on s’est endormi mais dès lors le Jaz n’est plus disponible pour se réveiller . Cela explique que les contacteurs sont proposés par plaque de cinq aux horlogers tandis que le rupteur est vendu à l’unité .

Le contacteur équipait bien sûr les LAMPIC et LUPIC , lampes/ réveils distribuées par Jaz .

Stand Jaz au Salon de l’Automobile 1957/58 clignotant

salon de l'auto 1957 1958 stand entierStand CPC ou Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François au Salon de l’Automobile 1957/58 , au centre le panneau et le présentoir Jaz . Salon de l’automobile du 3 au 13 Octobre 1957 à Paris , au Grand Palais , 1°étage , salle V .salon de l'autoAu Grand Palais , les automobiles occupaient le rez de chaussée , les équipementiers étaient relégués au 1° étage sur les galeries qui centuraient le bâtiment .salon de l'auto 1957 1958 stand Jaz détailPrésentoir et panneau Jaz ( agrandissement )                                                                                                                                                                                                       En 1956 Jaz avait créé un clignotant électromécanique qui dotait les premières DS 19 . Voyez notre article Minuterie clignotant DS 19 en 1956 . Vous y trouverez la première version du petit prospectus ci dessous , distribué au Salon de l’Automobile précédent dont l’emplacement pour le distributeur reste libre . Pour le Salon 1957/58 ce petit prospectus est repris , en omettant de changer la date , mais cette fois le distributeur s’affiche : la CPC ou  Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François qui commercialisait d’autres équipements automobiles comme des chaînes , prises de courants pour remorques , câbles électriques , etc . salon de l'auto 1957 1958 prospectus (1)Petit prospectus Jaz , verso , format 20 x 13 cm

salon de l'auto 1957 1958 prospectus (2)Petit prospectus Jaz , recto avec la mention du distributeur CPCsalon de l'auto 1957 1958 Jaz0001 (1)La CPC occupait la salle V – en fait une partie de la coursive numérotée V ; elle offrait à ses visiteurs un ensemble de prospectus , contenus dans un chemise aux quatres pages illustrées . Page 1 , format 21 x 27 cmsalon de l'auto 1957 1958 couverture 2page 2salon de l'auto 1957 1958 couverture 3page 3salon de l'auto 1957 1958 couverture 4page 4

Publicité des produits distribués par la CPC qui se trouvaient dans ce dossier , tous au format A4

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Seydou Keïta 1921+2001 célèbre photographe malien

Seydou-Keïta-Senza-titolo-1956-1957-Courtesy-CAAC-–-The-Pigozzi-Collectionphoto d’un jeune malien par Seydou Keïta , accoudé sur un poste TSF Ducretet-Thomson , lui même surmonté d’un OBLIC , tous deux en bakélite ; circa 1956/1957 .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      On lira , plus après , que les accessoires visibles étaient généralement fournis par le photographe , comme ce poste TSF qui permet à ce jeune dandy d’avoir une contenance presque naturelle et lui évite un inenvisageable bougé puisqu’on sait , que pour des raisons économiques , Keïta n’effectuait qu’une seule pose par sujet ! Cet OBLIC n’apparaîssant qu’une fois dans son oeuvre , à notre connaissance , on peut imaginer qu’il a été apporté par le modèle .

                     Alexandre Dumas , Gustave Doré , Courbet et Charles Garnier                                                                                                                                                                         Dès lors , comment ne pas effectuer le rapprochement avec les chaises – fumeuses  , voyeuses ou ponteuses – employées par les premiers photographes , comme Nadar , pour donner une contenance avantageuse à leurs sujets et surtout les empêcher de bouger à une période où les temps de poses pouvaient atteindre douze longues secondes Elles avaient également un autre usage , qui nous échappent complètement aujourd’hui , puisqu’elles étaient à l’époque d’indéniables marqueurs sociaux : avoir une fumeuse supposait que l’on disposait d’un fumoir , pièce dédiée qui ne se trouvait que dans les appartements bourgeois . Il en est de même pour une ponteuse qui servait à ponter/miser à une table de jeux . Le poste TSF de notre photographe malien , le réveil Jaz qui le surmonte étrangement et la montre bracelet bien en évidence sont autant de signes extérieurs de richesse et de civilisation qui ne devraient pas plus susciter l’ironie que les chaises à poser de nos grands hommes du XIX° siècle .

Seydou Keïta (vers 1921 à Bamako + Paris 2001) est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photographes de la deuxième moitié du XXe siècle. La valorisation de
ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l’inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès. Il prend sa retraite en 1977, après avoir été le photographe officiel d’un Mali devenu indépendant.
Son œuvre constitue un témoignage exceptionnel sur la société malienne de son époque.                                                                                                                                                                     Exposition_Photographie_Seidou_Keita_32Du 31 mars au 11 juillet 2016 , au Grand Palais à Paris , il fait l’objet d’une exposition rétrospective organisée par la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais avec l’aimable participation de la CAAC , Contemporary African Art Collection

Réalisés sur commande, les portraits de Seydou Keïta jouissent d’une grande
réputation dans l’Afrique de l’Ouest. La clientèle est nombreuse, à la fois attirée
par la qualité des photographies mais aussi par le sens esthétique de l’artiste.
On pose alors seul , en couple , en famille , en groupe ou entre amis . Seydou Keïta travaille principalement à lumière naturelle , dans sa cour.
SK1309004Cadrés en buste de trois-quart ou en pied , assis ou allongés , les modèles sont presque toujours positionnés par le photographe , qui cherche à donner d’eux la plus belle image. Il utilise plusieurs fonds à motifs et joue avec le graphisme des tissus portés par les femmes . Sa maîtrise de la lumière et du cadrage ramène à l’essentiel : une grâce, une élégance naturelle transparaît de ces images sans artifice. Cette simplicité est renforcée par l’utilisation du noir et blanc. Mais il faut surtout y voir une raison économique: dans les années 1950 et 1960, il est difficile de trouver des pellicules couleur au Mali .                . seydou keîta hommesA Bamako, métropole très animée, nombreux sont les jeunes hommes citadins, travaillant dans les bureaux, à vouloir se faire photographier avec des «vêtements élégants, à la mode» .Pour répondre à leur demande, Seydou Keïta possède dans son studio des «costumes européens », avec cravate , nœud-papillon , chapeau et  béret .

Le photographe met également à la disposition de ses modèles des accessoires: montres, stylos, gourmettes, poste de radio, téléphone, scooter… [Si bien que l’on retrouve plusieurs fois le poste TSF au diapason , caractéristique de la marque Ducretet -Thomson en l’occurrence un D736 de 1946 , ndlr ] Certains clients apportent leurs propres accessoires et plusieurs tenues différentes. L’œuvre de Keïta est le reflet d’une société malienne qui aspire à une certaine modernité, influencée par l’Occident,
tout en affichant son identité tandis que celle-ci évolue vers l’Indépendance (extrait du catalogue de l’Exposition ) andre-magnin-seydou-keita-et-jean-pigozzi_André Magnin , Seydou Keïta et Jean Pigozzi                                                                L’incroyable fonds photographique de Seydou Keïta, constitué de plus de 10.000 négatifs, a été découvert par André Magnin en 1992, lors de ses recherches menées pour compléter la plus grande collection d’art contemporain africain au monde celle de Jean Pigozzi entrepreneur et jet-setteur , milliardaire excentrique , mécène , héritier de la firme automobile Simca et « inventeur » du selfie .

selfies de Pigozzi avec Mel Brooks , Rod Stewart , Jerry Hall et Mick Jagger

Pierre Marly 45 ans au service de Jaz

 

Pierre Marly , né à Paris le 25 mai 1921. Il entre en 1936 , à 15 ans comme apprenti à la CIMH , Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère  première raison sociale de Jaz , à Puteaux et obtint son certificat d’horloger en 1941 . Requisitionné en 1942 par le STO , Service du Travail Obligatoire , il est enrôlé dans une usine d’optique allemande dont il est libéré par l’armée russe en 1945 .

De retour en France il est réintégré à la CIMH devenue officiellement Jaz S.A. mais comme chef d’équipe . La direction parisienne lui demande, le 1er janvier 1962 , de rejoindre l’usine Jaz de Wintzenheim acquise en 1954 . Il s’installe dans cette petite ville près de Colmar où il fait souche . Devenu chef d’atelier, il prend sa retraite en 1981 après 45 ans au service de Jaz .

Pierre Marly a consacré ses loisirs à l’athlétisme à un haut niveau et c’est bien logiquement que l’ancien horloger a été chronométreur national lors de grandes compétitions sportives .

 

 

M. Henry KOPFLER usine de Wintzenheim de 1952 à 1980

 

Grâce à l’historien Guy FRANK , nous avons eu l’honneur de rencontrer Monsieur Henry KOPFLER , le 24 Août 2017 , dans sa grande et belle maison des faubourgs de Wintzenheim au pied du château du Hohlandsbourg . Il nous a cordialement ouvert les portes de son foyer , de ses albums photos et de son infaillible mémoire . Notre correspondant local et collectionneur de Jaz , Monsieur Mariano Macor , le rencontre depuis régulièrement pour recueillir son témoignage capital pour l’histoire de Jaz .                                                                                                                                                    dna article kopfler Le hasard a voulu que DNA , les Dernières Nouvelles d’Alsace , consacre une pleine page à l’usine alsacienne de Jaz , trois jours avant notre entrevue ; Texte de l’article :            Henri Klopfer, 83 ans, après sa formation au collège technique a été embauché en 1952 à l’usine de la SAP à Colmar : « J’ai débuté comme simple ouvrier fraiseur à l’usine rue de la Houblonnière, puis comme régleur sur machine, jusqu’à mon départ en 1955 pour l’armée ; démobilisé fin 1957, je suis retourné chez Jaz, où ils m’ont intégré au service développement des nouveaux produits, d’abord comme dessinateur, puis j’ai assumé la charge de rapatrier certaines productions d’une autre usine ; suite à des formations internes et des cours du soir au conservatoire des arts et métiers, j’ai réussi à gravir les échelons jusqu’au diplôme d’ingénieur ; je suis parti en 1981, quand le déclin de l’usine était inéluctable ».
Petite anecdote, en mars 1976, Henri Klopfer avait fait visiter l’usine à M. Maigrat, collaborateur de Lionel Stoleru, nouveau secrétaire d’État, chargé des problèmes des travailleurs manuels. Il était accompagné de Jean-Pierre Raffarin, attaché parlementaire.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  Nous vous recommandons la lecture du témoignage de M. André Voirin qui complètera admirablement celui de Monsieur KOPFLER .                                                                                                                                                                                                                 Nous avons fait le choix de rédiger et illustrer d’images les trois heures d’enregistrements avec M. KOPFLER pour les rendre plus lisibles mais de conserver les passages de sa biographique personnelle , même si Jaz n’y est pas directement mêlé , puisqu’une grande partie de sa vie , 27 ans , a été consacré à cette marque :                                                                                                                                                                                                    je suis entré chez Jaz le 22 janvier 1952 …. c’est ainsi que Monsieur Kopfler commence son récit alors que nous arrivons chez lui à l’improviste et qu’il ne s’appuye sur aucunes notes écrites . Ce détail nous donne immédiatement une idée de la qualité et de la précision du témoignage qu’il va nous fournir et que nous vous livrons , hélas sans son accent alsacien si typique .                                                                                                                                                                          Né en 1934 , fils d’un petit viticulteur sans argent ( …) à .. petit village . diplômé de ….18 ans

 

Un ami de mes parents , Fernand Maurer , ancien chauffeur du Maréchal de Lattre de Tassigny qui reçoit des obséques nationales en cette année 1952 , était l’homme de confiance de M.ROBLIN le dirigeant de CARAT … une entreprise d’horlogerie suisse                                            ( article en construction , à suivre bientôt )