Réveil mortel 1956

1956 lavoroSi ce bel enfant arbore fièrement un réveil, c’est que celui-ci, involontairement, lui a sauvé la vie! Paradoxalement, en ne sonnant pas… Si bien que ce matin du 8 Août 1956, le petit Jean Rochet n’est pas allé travailler à la mine où une épouvantable catastrophe  l’attendait. La petite photo en haut de page, avec deux mineurs portant un cercueil rappelle une tragédie que vous auriez identifié immédiatement, rien qu’en lisant le titre même s’il est en italien, à condition d’être belge.

Effectivement, Marcinelle, le nom de cette ville du Hainaut, raisonne encore terriblement dans les mémoires en Belgique, mais en Italie aussi. Elle fut le théâtre du dramatique accident du bois du Cazier, où 262 mineurs ont perdu la vie. La majorité d’entre eux, 136 mineurs, était des ressortissants italiens ce qui explique la couverture de la catastrophe autant par la presse italienne que par les journaux belges. Le pire est qu’il ne s’agit pas de la fatalité d’un coup de grisou, mais d’un incendie en raison d’une manque de sécurité.

lavoro-26-agosti-1956_3950-768x988 Trois rescapés seulement seront retrouvés, sous un chariot renversé. Le dernier corps ne sera remonté que plus d’un an plus tard, en décembre 1957.réveil belge Le réveil n’est pas un Jaz, même s’il ressemble, assez logiquement, aux productions de l’époque de notre marque préféré. Toutefois, ni ses pieds, ni surtout cette aiguille si particulière des heures ( cette dernière est assez typiquement allemande )n’ont jamais été utilisé chez Jaz, les trotteuses à VI heures guère plus. Doit-on en conclure que si ce galibot avait eu un Jaz, il serait mort enseveli?  le-soir-illustrc3a9Si Jean ROCHET pose avec sa mère seulement, et que celle-ci est en noir, c’est que son père Robert est au nombre des victimes: sur cette photo ce n’est pas un survivant que nous voyons, mais un orphelin et une veuve. Dignes… diront les journaux! Qu’est ce que cela veut dire dignes, en ces circonstances infernales? Et bien qu’ils ont gentiment posés pour la photo, attirés comme des papillons de nuit par une mise en lumière éphémère, que la pureté de ce visage angélique a été exploité pour rendre la chose vendable, exploitable, racontable aux voyeuristes de la misère et que surtout, surtout, ils n’ont pas hurlé une douleur trop dérangeante, tout anesthésiés qu’ils sont, la veuve et l’orphelin, par ce petit miracle de survivance. La concurrence des images, des sons, des témoignages est alors internationale. Jamais la presse écrite, ni la presse illustrée n’a vendu autant de journaux, jamais le cinéma belge n’a réuni autant de spectateurs devant les actualités de Belgavox en avant-programme.                                                                                                                                                                                                                                                                jean mineurNous aurions pu, comme à l’ordinaire, jouer avec les mots, faire la publicité de ce petit Jean, mineur qui dans le fond n’est pas mort, de la houille qui se fait douleur, de sa bonne mine, etc. Nous nous en sommes pas senti le cœur. Le Jean MINEUR, publicitaire est bien né dans le Nord minier de la France, à Valenciennes, mais il meurt, octogénaire et millionnaire, dans une belle villa des hauteurs du quartier Californie de Cannes.

Nous aurions pu approfondir les recherches, selon nos habitudes, pour connaître le devenir du petit miraculé. Mais nous nous doutions que, par déterminisme social, ce n’était pas celui de Jean Mineur, le publicitaire, et nous avions trop peur de connaître la tragédie ordinaire de ceux qui perdent leur vie à la gagner, la mort lente et douloureuse qui attendait les mineurs quand ils avaient la chance de vieillir, ravagés par  la silicose et la pneumoconiose du houilleur.

Dans les années 30,  une étude sur 105 mineurs démontre que neuf films radiologiques sont normaux, puisque 91% des mineurs ont les poumons entachés, et pourtant la silicose n’ouvrira droit à réparation comme maladie professionnelle en Belgique qu’à partir de janvier 1964.

Ce drame avait donné au monde un visage à l’immigration italienne, les yeux clairs de Jean Rochet, et son sourire mystérieux à la Mona Lisa, contrastent avec l’horreur de la condition des jeunes travailleurs dont il devient le représentant emblématique.Sveglia2 Comme si ce petit miracle de sa survivance miraculeuse effaçait un peu l’horreur de ce carnage. Mais regardez mieux, ce n’est même pas un adolescent: c’est un petit enfant qui partait en enfer tous les matins, épargné de cette aube d’épouvante par le truchement d’un mauvais réveil. Ce n’est ni Dickens, ni Mark Twain ou le Germinal de Zola… même pas! C’est la deuxième moitié du XX° siècle européen, où des enfants vont au charbon, littéralement.PHOTONEWS_10029868-005 Comment oublier que la catastrophe fait 417 autres orphelins de père, dont 224 Italiens ?

Les « accords charbon » sont un protocole d’accord italo-belge  scellé en 1946. Juste après guerre, la Belgique cherche à relancer son économie, ravagée par la guerre. Le charbon est à l’époque la seule source d’énergie immédiatement disponible pour soutenir les efforts de reconstruction. Mais les Belges ne veulent plus descendre dans les mines. Ils sont d’abord remplacés par des prisonniers de guerre allemands, qui doivent bientôt être relâchés, sous la pression des américains qui veulent reconstruire l’Allemagne face à la menace communiste. Cet accord prévoit l’envoi initial de 50 000 travailleurs italiens dans les mines belges. En échange, l’Italie a droit à 200 kg de charbon par mineur et par jour, qu’elle paiera au prix plein.

enfants-mineurs-amc3a9ricainsLes termes du contrat sont stricts : il faut notamment être âgé de 35 ans maximum, avoir passé des tests médicaux, s’engager dans la mine pour cinq ans au moins. Mais les italiens n’ont pas de mines de charbons sur la péninsule et les migrants n’ont aucune idée de la dureté du métier. En outre, les filons de charbon en Wallonie sont étroits et plats, il faut y ramper. Les italiens souffrent du froid, de la barrière du flamand, du racisme ambiant, du rigorisme catholique locale, de la solitude puisque les épouses ne peuvent les rejoindre que lorsqu’ils disposent d’un logement stable. Pourtant la Belgique promet aux mineurs des avantages sociaux et un logement « convenable », qui prendra pour beaucoup la forme de baraquements,  lesquels voyaient leurs loyers augmenter en cas d’absentéisme, si bien qu’un ouvrier malade voit son loyer doubler.

Après la catastrophe, « les accords-charbon » sont révoqués et l’arrêt du flux de main d’œuvre italienne dans les mines ouvre la voie à d’autres accords bilatéraux avec l’Espagne, la Grèce puis le Maroc et la Turquie, qui modifient sensiblement les courants migratoires et donc l’histoire sociale du pays.victimes

MONUMENTS COMMEMORATIFS à MARCINELLE

Il est des lieux, qui semblent maudits. Mais est ce vraiment un hasard si cette commune a été la résidence de Marc Dutroux, où il a commis ses pires crimes? La maison de l’horreur sera rasé en 2021 et l’emplacement transformé en square mémoriel qui viendra s’ajouter aux multiples monuments et mémoriaux érigés à Marcinelle en mémoire de cette tragédie.

A ce jour le charbon s’avère être la source d’énergie la plus meurtrière, tout au moins directement. Si notre petit Jean Rochet a persisté dans la carrière, ou plutôt la mine, son réveil ne lui a peut être sauvé la vie que très provisoirement…

LISTE DES VICTIMES DU 8 AOÛT 1956

ACKX Jozef, Heist-op-den-Berg (Province d’Anvers) – Belge
AERTS Ferdinand, Betekom (Province du Brabant flamand)  – Belge
ALLARD François, Taintignies (Province de Hainaut) – Belge
AMMAZZALORSO, Raffaele, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
ANNO Maurice, Mater (Province de Flandre orientale) – Belge
ANTONINI Sisto, Monteciccardo (Marches, Province de Pesaro et Urbino)- Italien
BAIO Carmelo, Montaperto (Sicile, Province d’Agrigente) – Italien
BASSO Pietro, Fiume Veneto (Frioul-Vénétie Julienne, Province de Pordenone) – Italien
BATTOCOLO Rodolfo, Ancône (Marches, Province d’Ancône) – Italien
BAUMANS Jozef, Betekom (Province du Brabant flamand) – Belge
BELAMRI Amar, Bordj-Bou-Arréridj – Algérien
BENZONI Assunto, Cerete (Lombardie, Province de Bergame) – Italien
BERNARD Napoléon, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
BIANCONI Giovanni, Novafeltria (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
BIDLOT Louis, Bruxelles –   Belge
BIEDONSKI Henrik, Varsovie  – Polonais
BIENIA Aloïs, Markdorf – Allemand
BOHEN Eugène, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
BOHEN Pierre, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
BONTEMPI Giuseppe, Bienno (Lombardie, Province de Brescia)  – Italien
BOURGUIGNON Désiré, Mont-sur-Marchienne (Province de Hainaut) – Belge
BRICMONT Willy, Nalinnes (Province de Hainaut) – Belge
BRUNO Pompeo, Racale (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
BUGLIANI Otello, Massa-Carrare (Toscane, Province de Massa-Carrare)  – Italien
BUIATTI Mario, Udine (Frioul-Vénétie Julienne, Province d’Udine) – Italien
CAES Jozef, Begijnendijk (Province du Brabant flamand) – Belge
CAILLARD Alphonse, Orléans – Français
CAILLARD Marceau, Marcinelle (Province de Hainaut) – Français
CAMBYLIS Demetre, Astros – Grec
CAMPISI Sebastiano, Augusta (Sicile, Province de Syracuse) – Italien
CANZANO Orlando, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
CAPOCCIA Salvatore, Salice (Pouilles, Province de Lecce)  Italien
CASANOVA Guerrino, Montebelluna (Vénétie, Province de Trévise)  -Italien
CASCIATO Felice, Sant’Angelo del Pesco (Molise, Province d’Isernia) – Italien
CASTELLANI Ruggero, Ronchis (Frioul-Vénétie Julienne, Province d’Udine) – Italien
CECCOMANCINI Rocco, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
CHMIELA Jozef, Lodz – Polonais
CICORA Francesco, San Giuliano di Puglia (Molise, Province de Campobasso) – Italien
CIPIDO Frans, Keerbergen (Province du Brabant flamand) – Belge
CIRONE Attilio, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
CIRONE Edmondo, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
CLAISE Ernest, Charleroi (Province de Hainaut) – Belge
CLISSEN Charles, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
COLANGELO Attilio, Castelvecchio Subequo (Abruzzes, Province de l’Aquila) – Italien
COLINET Marcel, Cul-des-Sarts (Province de Namur) – Belge
COMMEINE Paul, Gilly (Province de Hainaut) – Belge
CORSO Giuseppe, Montorio (Vénétie, Province de Vérone) – Italien
CORVAGLIA Roberto, Racale (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
COUTURE Paul, Monceau-Imbrechies (Province de Hainaut) – Belge
CUCINELLI Salvatore, Gagliano del Capo (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
D’APOTE Giovanni, Letino (Campanie, Province de Caserte) – Italien
D’ASTOLFO Donato, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DAMIANI Angelo, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DANISI Antonio, Reggio de Calabre (Calabre, Province de Reggio de Calabre) – Italien
DASSOGNO Attilio, Berbenno (Lombardie, Province de Bergame) – Italien
DAUBRESSE Joseph, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
DE LUCCA Pancrazio, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DE SANTIS Lorenzo, Flaibano (Frioul-Vénétie Julienne, Province d’Udine) – Italien
DE WINTER René, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
DEBLEZER Georges, Marchienne-au-Pont (Province de Hainaut) – Belge
DEGOGNIES Gilbert, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
DEL GUASTA Enrico, Cascina (Toscane, Province de Pise) – Italien
DEL ROSSO Paolo, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DELLA VECCHIA Dino, Sedico (Vénétie, Province de Belluno) – Italien
DELLI PASSERI Evandro, Elice (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DELPORTE Fortuné, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
DE VRIES Frans, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
DEZZI Nicola, Macerata (Marches, Province de Macerata) – Italien
DI BERARDINO Cesare, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI BIASE Benito, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI BIASE Donato, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI BIASE Nicola, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI CECCO Bartolomeo, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI DONATO Eligio, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
DI DONATO Santino, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI DONATO Valente, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
DI PIETRANTONIO Antonio, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI PIETRANTONIO Emidio, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI PIETRO Giovanni, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI POMPONIO Antonio, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) -Italien
DI POMPONIO Nicola, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
DI QUILIO Dante, Alanno (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI ROCCO Alfredo, Rosciano (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DI ROCCO Rocco, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
DIONIGI Edo, Colbordolo (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
DOCLOT Fernand, Mellet (Province de Hainaut) – Belge
DUBOIS Léopold, Ham-sur-Heure (Province de Hainaut) – Belge
DURY Gérard, Ostende (Province de Flandre occidentale) – Belge
FELDHAUSEN Marcel, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
FELDHAUSEN Roger, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
FERRANTE Camillo, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
FERRANTE Orlando, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
FERRANTE Pasquale, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
FIDANZA Giulio, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
FILIPPI Romano, Fiesole (Toscane, Province de Florence) – Italien
FOUPOPOULOS Lyberis, Paros – Grec
FRANS August, Betekom (Province du Brabant flamand – Belge
GABRIELLI Antonio, Casteldelci (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
GALAND Albert, Beauwelz (Province de Hainaut) – Belge
GALLINUCCI Terzo, Mercato Saraceno (Émilie-Romagne, Province de Forli-Cesena) – Italien
GAWRONSKI Stephan,  Irzadze – Polonais
GERARD Albert, Thy-le-Baudhuin (Province de Namur) – Belge
GETI Giuseppe, Prignano sulla Secchia (Émilie-Romagne, Province de Modène) – Italien
GHERARDINI Lino, (Émilie-Romagne, Province de Modène) – Italien
GODART Raymond, Châtelet (Province de Hainaut) – Belge
GONET Anatole, Gosselies (Province de Hainaut) – Belge
GONET Michel, Charleroi (Province de Hainaut) – Belge
GONET Willy, Gosselies (Province de Hainaut) – Belge
GORIS Albert, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
GORIS Aloïs, Keerbergen (Province du Brabant flamand) – Belge
GORIS Frans, Gilly (Province de Hainaut) – Belge
GRANATA Francesco, Ferrazzano (Molise, Province de Campobasso) – Italien
GRANATA Michele, Ferrazzano (Molise, Province de Campobasso) – Italien
GRUSS Willy, Glogau – Allemand
HATZIGEORGIOU Constantin, Kefalos-Kos – Grec
HANNECART Gérard, Momignies (Province de Hainaut) – Belge
HANNECART Joseph, Salles (Province de Hainaut) – Belge
HANNECART Michel, Beauwelz (Province de Hainaut) – Belge
HANNECART Roland, Beauwelz (Province de Hainaut) – Belge
HATZIGIORGIS Emmanuele, Kefalos-Kos – Grec
HEIRMAN Achille, Gilly (Province de Hainaut) – Belge
HELLER Reinhold, Aussig – Allemand
HENDRICKX Léopold, Uccle (Bruxelles) – Belge
HOFLINGER Sandor, Felsőgalla – Hongrois
HRABOWSZKY Istvan, Sarkad – Hongrois
IEZZI Camillo, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara – Italien
IEZZI Donato, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara – Italien
IEZZI Orlando, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara – Italien
IEZZI Rocco, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara – Italien
IEZZI Vincenzo, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara – Italien
INDORATO Gaetano, Sommatino (Sicile, Province de Caltanissetta) – Italien
IWANOW Martin, à Baranovitchy – Russe
JANSSENS Louis (Ferdinand), Rillaar (Province du Brabant flamand) – Belge
KADDOUR Ali, Fort National – Algérien
KATSINIS Nicolas, Varnava, Grec
KESKA Felix, Truina – Polonais
KOLLER Joseph, Freyming (France) – Allemand
LABBE Guy, Gerpinnes (Province de Hainaut) – Belge
LACCHETTA Antonio, Farindola (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
LACKLAN Urbain, Farciennes (Province de Hainaut) – Belge
LARIZZA Vito, Laterza (Pouilles, Province de Tarente – Italien
LEFEVRE Philibert, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
LEJEUNE Elie, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
LEONARDELLI Primo, Viarago (Trentin-Haut-Adige, Province de Trente) – Italien
LHOIR Raymond, Charleroi (Province de Hainaut) – Belge
LIEKENS Marcel, Keerbergen (Province de Brabant) – Belge
LOUDECHE Fernand, Dampremy (Province de Hainaut) – Belge
LOUDECHE Georges, Dampremy (Province de Hainaut) – Belge
LUCIANI Domenico, Casoli (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
LUYTEN Joannes, Herselt (Province d’Anvers) – Belge
MAMI Saïd, Fraten – Algérien
MARCHAL Arthur, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
MARIQUE Marcel, Froidchapelle (Province de Hainaut) – Belge
MARTIGNANO Santo, Tuglie (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
MARTINELLI Francesco, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
MARTINELLI Modesto, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
MAZZIERI Adolfo, Pavullo (Émilie-Romagne, Province de Modène) – Italien
MERENDA Cosimo, Tuglie (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
MINICHILLI Gabriele, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
MOLARI Antonio, Sant’Agata Feltria (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
MOLITERNO Michele,  Ferrazzano (Molise, Province de Campobasso) – Italien
MONARD Gustave, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
MUELLER Hans, Liebenau – Allemand
NARDACCHIONE Pasquale, San Giuliano (Pouilles, Province de Campobasso) – Italien
NIVAL Robert, Beauwelz (Province de Hainaut) – Belge
NUBILE Leonino, Turrivalignani (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
OOSTENS Félix, Tremelo (Province du Brabant flamand) – Belge
OP DE BEECK Louis, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
PAGNOZZI Annibale, Sant’Angelo a Cupolo (Campanie, Province de Bénévent) – Italien
PALAZZI Alvaro, Monteciccardo (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
PALAZZO Francesco, Salice Salentino (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
PALAZZONE Giuseppe, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
PALLANTE Esmeraldo, Castel del Monte (Abruzzes, Province de l’Aquila) – Italien
PALMIERI Liberato, Busso (Molise, Province de Campobasso) – Italien
PAPA Pasquale, Reggio de Calabre (Calabre, Province  de Calabre) – Italien
PARDON Jan-Baptist, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
PEGORER Ferrucio, Azzano Decimo (Frioul-Vénétie Julienne, Province de Pordenone) – Italien
PELLEGRIMS Oscar, Billy-Montigny (France) – Belge
PELGRIMS Theodoor, Tremelo (Province du Brabant flamand) – Belge
PERDICCHIA Cesario, Melissano (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
PERES Janos, Veszto – Hongrois
PETACCIA Giuseppe, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
PETACCIA Ottavio, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara)  – Italien
PETRONIO Secondo, Castel del Monte (Abruzzes, Province de l’Aquila) – Italien
PICCIN Mario, Codogne (Vénétie, Province de Trévise) – Italien
PICCOLO Ciro Natale, Povoletto (Frioul-Vénétie Julienne, Province d’Udine) – Italien
PIELQUIN Maurice, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
PIERANI Giulio, Petriano (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
PILUSO Salvatore, Caltagirone (Sicile, Province de Catane) – Italien
PINTO Giuseppe, Mola (Pouilles, Province de Bari) – Italien
POHL Rudolf, Bitkow – Polonais
POLESE Giuseppe, Cimadolmo (Vénétie, Province de Trévise) – IItalien
POLOGRUTO Pietro, Petrizzi (Calabre, Province de Catanzaro) – Italien
RANIERI Sante, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
REALE Calogero, Mantaperto (Sicile, Province d’Agrigente) – Italien
RIGA Vincenzo, Ovindoli (Abruzzes, Province de l’Aquila) – Italien
RIGHETTI Giuseppe, Pesaro (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
ROCCHI Donato, Isola del Gran Sasso d’Italia (Abruzzes, Province de Teramo) – Italien
ROCHET Robert, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
ROCK Henri, Montignies-sur-Sambre (Province de Hainaut) – Belge
ROMASCO Eduardo, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
ROSSCHAERT Henri, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
RUGGIERI Osmano, Martina Franca (Pouilles, Province de Tarente) – Italien
RULLI Camillo, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
RULLI Rocco, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
RUPERTO Cosimo, Alezio (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
SACCO Antonio, Cervinara (Campanie, Province d’Avellino) – Italien
SALOMONE Nicola, Sant’Eusanio del Sangro (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
SAMOY Alphonse, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
SAMOY René, Couillet (Province de Hainaut) – Belge
SANTANTONIO Donato,  Racale (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
SANTANTONIO Natale,  Brindisi (Pouilles, Province de Brindisi) – Italien
SCOHIER Raymond, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
SCORTECHINI Davilio, Cingoli (Marches, Province de Macerata) – Italien
SEMPELS Michel, Nijlen (Province d’Anvers) – Belge
SEMPLECINO Giuseppe, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
SERRONE Carmelo, Serrano (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
SICARI Vincenzo, Rosarno (Calabre, Province de Reggio de Calabre) – Italien
SPICA Ernesto, Martina Franca (Pouilles, Province de Tarente) – Italien
STANISLAWSZYN Wladyslaw, Chrechorov – Polonais
STIFANI Pasquale, Taurisano (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
STROOM Jan, Ushuaïa (Argentine) – Hollandais
SWINGHEDAW André, Versailles (France) – Belge
TALAMELLI Filippo, Fano (Marches, Province de Pesaro et Urbino) – Italien
TAMBURRANA Abramo, Millem (Allemagne) – Italien
TANGHE Charles, Zande (Province de Flandre occidentale) – Belge
TENRET Robert, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
TIEBORTS Renaat, Wuustwezel (Province d’Anvers) – Belge
TILMANT Alfred, Charleroi (Province de Hainaut) – Belge
TOPPI Pantaleone, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
TOPPI Sante, Lettomanoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
TORFS Léonard, Schriek (Province du Brabant flamand) – Belge
TRAVAGLINI Gabriele, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien
TSIAZIS Panayote, Argos – Grec
USOWICZ Sergiusz, Misie – Polonais
VAN CRAEN Georges, Schriek (Province du Brabant flamand) – Belge
VAN DE VOORDE René, Luingne (Province de Hainaut) – Belge
VAN DER AUWERMEULEN Frans, Baal (Province du Brabant flamand) – Belge
VAN EYKEN Florent, Pironchamps (Province de Hainaut) – Belge
VAN HAMME Roger, Biesmes (Province de Namur) – Belge
VAN HIEL Joannes, Hamme (Province du Brabant flamand) – Belge
VAN HOOF Albert, Betekom (Province du Brabant flamand) – Belge
VANDENBROECK Armand, Keerbergen (Province du Brabant flamand) – Belge
VANDERMEERS Robert, Clabecq (Province du Brabant flamand) – Belge
VAN WOINSEL Joseph, Farciennes (Province de Hainaut) – Belge
VAUSORT Gaston, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
VENNERI Vito, Racale (Pouille, Province de Lecce) – Italien
VENTURA Salvatore, Tuglie (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
VERVOORT Frans, Itegem (Province du Brabant flamand) – Belge
VERVOORT Louis Itegem (Province du Brabant flamand) – Belge
VITA Rocco, Racale (Pouilles, Province de Lecce) – Italien
VITALI Roberto, Gaggio Montano (Émilie-Romagne, Province de Bologne) – Italien
WALDRON George, Droitwich (Angleterre) – Britannique
WASIK Gregory, Kaminica – Polonais
WAUTERS Jan-Baptist, Keerbergen (Province du Brabant flamand) – Belge
WOUTERS Lodewijk, Betekom (Province du Brabant flamand) – Belge
WAUTHELET Gustave, Châtelineau (Province de Hainaut) – Belge
WILMART Germain, Marcinelle (Province de Hainaut) – Belge
WOLOSCHYN Ivan, Hradenytsi – Ukrainien
ZANELLI Armando, Palazzolo dello Stella (Frioul-Vénétie Julienne, Province d’Udine) – Italien
ZAZZARA Federico, Manoppello (Abruzzes, Province de Pescara) – Italien
ZINNI Mario, Roccascalegna (Abruzzes, Province de Chieti) – Italien

Réveil / porte photo sur base de JAZ METRIC

ivoire éléphant (3)Ensemble réveil et porte photo en métal , ivoire , ébène , noyer et verre , actuellement en vente sur un site professionnel de vente en ligne . Longueur 33 cm et hauteur 16 cm . Le réveil Jaz est un modèle METRIC, disponible à la vente de 1953 à 1957 .metricLe METRIC  par Jaz , le cadran bleu-nuit apparaît comme noir s’il n’est pas bien éclairé .ivoire éléphant (5)La présentation par le professionnel est la suivante , et n’est évidemment pas rédigée par hasard , à savoir :  Pendulette et porte photo de bureau d’époque Art Déco vers 1930, en ivoire, ivoire sculpté , ébène et noyer.

Nous avons déjà dénoncé , dans un article précédent sur l’Art Déco , l’utilisation abusive de ce terme ART DÉCO , employé autant à des fins mercantiles que par ignorance .

En l’occurrence pour cet ensemble , l’attribution à l’Art Déco qui est un style , mais surtout une période,  permet d’en autoriser la vente par dérogation au commerce de l’ivoire en rapport à la législation internationale et nationale . Dès lors, l’identification et la datation du Jaz de cet ensemble revêt une importance certaine puisqu’elle détermine la possibilité pour un professionnel de le vendre, légalement ou pas.ivoire éléphant (6)La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction , en anglais Convention on International Trade of Endangered Species , dit CITES , plus communément appelée Convention de Washington , est un accord intergouvernemental , signé le à Washington dont finalement la date d’application sera le 1° juillet 1975 : deux ans qui ont permis une hécatombe préventive , tout à fait légale . Pour ne pas discuter politique , nous n’entrerons pas dans le détail des nombreux décrets ou arrêtés  postérieurs , relatifs au commerce de l’ivoire  mais à leurs conséquences théoriques et pratiques , lesquels ne se recouvrent pas forcément , hélas .ivoire éléphant (7)Ces arrêtés ne modifient pas le régime de la détention à titre privé d’ivoire et de corne, « dont la détention reste libre ». En gros : pas de défense d’avoir une défense! De fait , cela pose un problème , de la taille d’un éléphant : un particulier peut donc posséder une défense d’éléphantidés ou corne de rhinocérotidés sans aucun document officiel , tant qu’il ne cherche pas à la vendre ou la transporter . Par chance , ce droit est largement ignoré et mal compris même par certains médias , comme le prouve cet article du Figaro. Tant mieux si cela dissuade beaucoup de monde d’en garder chez soi , même suite à une succession . Et encore , ni la vente , ni leur transport ne sont  interdits  si vous prouvez leur ancienneté , par les moyens les plus larges autorisés , dont voici quelques exemples:

– Permis de chasser – Accusé de recouvrement d’une taxe d’abattage
– Certificat d’origine des défenses
– Déclaration du spécimen en douanes ou autre document douanier
– Liste de colisage lors du déménagement , si les défenses y sont mentionnées
– Acte de cession ou facture d’achat des défenses
– Photographie montrant le spécimen en France et dont l’époque peut être datée
– Inventaire de succession mentionnant les défenses
– Contrat de travail justifiant d’un séjour ou d’une affectation en Afrique
– Bulletin de salaire justifiant d’un séjour en Afrique , etc.

La France étant un ex-puissance coloniale , des dizaines de milliers de français peuvent prétendre à ce type de vente , tout à fait légalement .ivoire éléphant (1)

Pour les objets en ivoire vendus par les professionnels , il est assez connu qu’ils ne peuvent vendre ceux qui sont postérieurs au 1° Juillet 1975 . En 2016 , un interdiction quasi totale du commerce de l’ivoire en France a provoqué une levée de boucliers chez les professionnels qui utilisent encore cette matière : restaurateurs , etc . Ils ont obtenus des concessions importantes qui s’appliquent à notre Jaz hybride .

A : Sont INTERDITS à la vente , les objets fabriqués après le 1°juillet 1975 composés en tout ou partie d’ivoire ou de corne .

B : Sont AUTORISÉS à la vente en France, les objets fabriqués après le 2 mars 1947 et avant le 1° juillet 1975 , composés en tout ou partie d’ivoire ou de corne, lorsque la masse d’ivoire ou de corne présente dans l’objet est inférieure à 200 grammes ou 20% de l’objet .

C Sont INTERDITS à la vente , les objets fabriqués après le 2 mars 1947 et avant le 1° juillet 1975 , composés en tout ou partie d’ivoire ou de corne, lorsque la masse d’ivoire ou de corne présente dans l’objet est supérieure à 200 grammes ou plus de 20% de l’objet SAUF s’ils sont munis de document CITES prouvant l’ancienneté de l’objet .

Comment le prouver ? Le carbone 14 pourrait être la reine des preuves. Pour information, sachez que le premier prix pour dater un objet au carbone 14  par scintillation liquide est de 425 € HT sous un délai de trois mois , 530 € sous 1,5 mois avec une variabilité de quelques dizaines d’années ! Pour être plus précis , reste la datation au carbone 14 par spectrométrie de masse par accélérateur pour la modique somme de 765€ sachant que le Jaz enchâssé dans cet ensemble est vendu … 430 € ! Bonne affaire , surtout si la réponse est négative et sans oublier qu’il faut prélever un fragment d’importance . Heureusement tout autre moyen d’expertise est reconnu , à ce titre notre site horloger Jazlebontemps qui date les horloges , réveils et mouvements , pourrait s’avérer utile .

ivoire éléphant (4)

Vous suivez toujours ? accrochez vous , ce n’est pas fini ! L’ objet vendu doit être aussi « travaillé » , c’est-à-dire qu’il doit avoir été largement sculpté ou gravé sur au moins 90% de sa surface . En cas contraire , il sera considéré comme de l’ivoire brut et ne pourra être vendu . Qu’en est il de cet objet ? Plus de 200 gr , plus de 20% ? Considérez vous que les surfaces lisses sont travaillées ? Un véritable terrible casse-tête pour les commissaires-priseurs qui doivent désormais soupeser , calculer , dater et identifier avec soin l’origine de l’ivoire utilisé dans un objet d’art ou de collection pour s’assurer qu’ils puissent le proposer au feu des enchères , une fois le certificat obtenu , ou l’inclure dans l’inventaire réalisé au profit d’héritiers. Au-delà de la simple vigilance imposée par le commerce de tout objet composé en tout ou partie d’un élément de faune ou de flore protégé , le commissaire-priseur se doit donc d’être tour à tour zoologiste ( est-ce de l’éléphant , et si oui de quelle zone géographique ? ) mathématicien ( quel poids ? Quelle proportion?) et même parfois devin ( avant ou après le 1er mars 1947? ) .

 

D’autant que les marteaux de commissaires priseurs étaient , par tradition , quasiment toujours en ivoire .

Brigitte Malcron

Vous aviez bien entendu compris qu’il s’agit de Brigitte Bardot et de Malcron , un plastique dur …

On comprend mieux que les sites de ventes , comme eBay,  aient totalement interdit l’ivoire à la vente  ; au point que la simple évocation de la couleur ivoire , pour n’importe quel objet , vous vaudra un rappel comminatoire du site de vente avec suppression de votre annonce, voire une suspension du compte : mieux vaut parler de couleur beige ou crème , serait ce pour une automobile dont on sait qu’il en existe des milliers en ivoire massif .ivoire éléphant (2)Nous vous avons déjà conseillé pour d’autres Jaz  , non répertoriés sur Jazlebontemps , d’observer l’objet de dos et d’apprécier le niveau de finition au verso de l’objet . Pour celui- ci , deux choses sautent aux yeux : la profondeur d’encastrement rend très difficile le remontage du mouvement ; ensuite il n’est pas d’usage de mettre un réveil sur un objet décoratif de cette importance , la fonction réveil n’ayant guère de sens dans un salon . Un mouvement de pendulette , n’ayant que la fonction de donner l’heure est largement suffisant et de préférence celui ci aura une autonomie de huit jours . Pour ce Jaz de fortune , il faudra déplacer l’ensemble tous les jours et se tordre les doigts afin de le remonter. ivoire éléphant (4)Finalement le meilleur moyen sera donc la datation grâce au METRIC . En supposant que le réveil Jaz soit d’origine , celui-ci date de 1953 à 1957 . D’ailleurs le style du décor correspond tout à fait à cette période de la fin des années 50 et plutôt à la fin du style moderniste qu’à de l’Art Déco . Cet ensemble est donc STRICTEMENT interdit à la vente, en raison de la date et de la proportion d’ivoire en pourcentage , sans dérogation possible et sans regrets eu égard au résultat affligeant avec ce petit éléphant , à gauche et bien gauche -par un navrant double zeugma – destiné à rappeler que la plaque est en ivoire et signé le crime . Esthétiquement , l’effet aurait été plus élégant sans cette verrue pachydermique et eut été plus écologique et éthique , en employant du pollopas ou de la galalithe , à base de lait .

Fallait-il vraiment massacrer un éléphant pour cet objet ? La réponse vous appartient . Ces autres horloges sont proposées sur le même site , dont vous vous doutez qu’elles sont tout autant qualifiées de style Art Déco par leurs vendeurs , sans l’ombre d’une preuve .507075-main-5d875906b34e5507075-alb-5d875945435beIl en est de même pour cette pendule dont le mécanisme a disparu , peut être , fort à propos , s’il était d’évidence trop récent .

Nous avons omis à dessein , d’évoquer une des matières du pseudo-Jaz :  l’ébène . Pour trouver un West African Ebony , il faut se rendre au Gabon , le dernier endroit où l’on peut trouver , de manière légale , de l’ébène complètement noir . Il sera alors nécessaire d’abattre et laisser de côté vingt arbres d’ébène qui présentent d’autres couleurs sombres mais pas totalement noires . Ces arbres sont laissés de côté , pour morts , et ne sont pas utilisés car ils ne correspondent pas à  »l’image ridicule » que certaines personnes se font de l’ébène et n’ont donc aucune valeur marchande … cela vous donne une idée des ravages causés pour obtenir un peu d’ébène  .

Robert Bousquet l’Horloger de Roubaix

Cet article est basé sur les travaux des Ateliers Mémoire de Roubaix et la plupart des documents sont issus des archives de Madame Edyth Bousquet , fille de cet horloger-bijoutier hors normes  : nous les en remercions . Ces ateliers sont remarquables par leur qualités documentaires et pionniers par l’intérêt qu’ils portent aux commerces , les grands oubliés des monographies communales . Nous essayons pour notre part de contribuer à cette branche de l’Histoire avec notre rubrique des horlogers affiliés à Jaz . On y verra aussi un exemple remarquable et détaillé de l’évolution d’un commerce de détail en horlogerie- bijouterie , des origines jusqu’au delà de sa fermeture , comme il y en a tant eu en France au XX° siècle . Enfin , vous le verrez en fin d’article , il nous permet d’éclairer toute une page d’une Jazette de 1946 .

Robert Bousquet voit le jour à Paris en 1909 . Devenu apprenti en horlogerie bijouterie , après ses études il épouse Ludivine Nys , elle même  secrétaire sténo dactylo dans un restaurant parisien , en 1930.

Bousquet première boutique Son épouse étant originaire de la rue du Collège à Roubaix , il décide d’ouvrir sa propre bijouterie horlogerie en Février 1932 , au 42 rue de la Vigne , dans un petit commerce qui était auparavant un petit magasin de meubles. Le couple Bousquet – Nys choisit son enseigne  en raison de la toponymie de leur rue : Au Carillon de la Vigne .bousquet café et voitureIls ont le sens de la communication et offrent le café à tous les visiteurs , en n’omettant pas de bien l’afficher en façade de la boutique . Ils vont jusqu’à fixer un carillon factice géant sur la galerie de sa voiture . foire de Lille 1946En 1946 , sur leur stand à la Foire Commerciale Internationale de Lille , le couple Bousquet pose  sous une rangée de murales électriques , derrière un long carillon en bois . Ils organiseront leur propre Salon du Bijou à Roubaix , cette même année , comme Jaz s’en fera l’écho dans la Jazette n°10 .

Grâce à notre importante banque de données sur l’horlogerie française de gros , réveils et pendules , nous avons réussi à identifier les grande garnitures à droite de leur stand .mequinionNous les attribuons par analogie de style , que confirme des aiguilles et index identiques , à des créations du célèbre artiste Art Déco Roger Mequinion , nouvelle valeur montante des salles des ventes , en revanche l’horloger- fabricant  reste encore inconnu .Foire Lille 1946

Le savoir faire professionnel de Robert est reconnu de sa clientèle. Les affaires fonctionnent de façon très satisfaisante, si bien que son jeune frère Henri est appelé en renfort ; il vient l’aider au SAV horlogerie dans la boutique et emménage dans une maison voisine.

Edyth , la fille de Ludivine et de Robert naît en 1952 .bousquet boutiqueD’évidence sa petite boutique n’est plus adaptée à son activité sans cesse croissante . Le café de l’Univers , célèbre à Roubaix , qui se libère sur la Grande Place est une opportunité qu’il ne laisse pas échapper et qu’il investit en 1953 .

SONY DSCLe magasin est installé au rez de chaussée ; au 1° étage sont aménagés bureaux et archives comptables ; au 2° étage se trouve l’atelier d’horlogerie , heureusement desservi par un monte charge .

Le couple conserve son appartement rue de la Vigne , le temps d’aménager le 1° étage du bâtiment de la Grand Place . Ludivine et Robert n’y emménageront que bien plus tard , en 1957 .vitrines BousquetD’une surface de vente de 95 m2 , la vaste boutique lui permet d’étendre sa gamme d’orfèvrerie , de joaillerie , de cadeaux et d’y joindre les trophées sportifs . Il développe également ses sélections en proposant des montres de marques prestigieuses , comme Lip , Tissot , Seiko , Breitling , Omega , ainsi que des réveils et horloges Jaz .SONY DSCDépositaire exclusif des produits Jaeger-LeCoultre , il présente un choix énorme avec 1000 montres exposées dans ses quinze vitrines ! Robert Bousquet reçoit la croix de chevalier de l’Ordre du Mérite Commercial en 1954 .RB BRLe titre de Bijoutier de Roubaix pourrait paraître prétentieux , en fait cela permet juste un petit ambigramme à symétrie axiale ou effet miroir , accentué par une couronne , entre les propres initiales de Robert Bousquet et celles de Bijoutier de Roubaix . bousquet voiture On voit son véhicule stationné devant son magasin et en vignette . Mais il reste modeste dans ses choix puisqu’il choisit une Henry J. par Kaiser qui est une des rares américaines bon marché .club du commerce Il crée le « Club du Haut Commerce de Roubaix » qui regroupe les principaux commerçants du centre ville et en devient le président.exactitude bousquetImaginatif , Robert Bousquet créé le concours de l’exactitude , à la fin des années 50 soit 40 ans avant celui de Vedette . Ce concours, réservé aux écoliers de Roubaix, consiste en une rédaction de textes sur l’exactitude . Très populaire auprès des roubaisiens , il est reconduit d’année en année , de 1956 à 1963 . Il distribue lui même des bulletins de participation aux élèves enthousiastes et décore une de ses vitrines aux couleurs de LIP , de son  concours et des ses cadeaux comme  l’hélicoptère de la Sabena au dessus de l’Atomium du  prospectus de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles où Jaz sera récompensé de la médaille d’Or ..sabena bousquetLes lots sont nombreux : une montre en or , un livret de Caisse d’Epargne de 10.000 anciens francs , un voyage pour visiter l’usine Lip à Besançon et y rencontrer M. Fred Lip en personne , un déplacement en hélicoptère de la compagnie Sabena à l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 et de nombreux autres cadeaux de valeur pour les gagnants suivants.bousquet 1 Bousquet est vice président de la chambre de commerce de Roubaix et membre agréé du Haut Commerce de France; il fait partie de l’Elite des horlogers bijoutiers de France , une création de Paul Nicolas , par ailleurs directeur de Jaz .bousquet sportif En haut : Monsieur Bousquet avec d’autres dirigeants de club sportifs: il était lui même président du lutteur club de Roubaix. En bas : Robert Bousquet à gauche avec des lutteurs sur fond d’horloges murales dans sa boutiqueSONY DSC Robert Bousquet avait une qualité rare dans son métier : l’humour , si bien qu’il n’hésite pas un seul instant , lorsque le journal régional , Nord Eclair , lui propose de rédiger un article « Poisson d’Avril » pour les lecteurs du quotidien en avril 1965 .

Le scénario est celui-ci : un bus effectue des manœuvres en marche arrière pour éviter un chantier de travaux mais le moteur s’emballe ; le bus recule très brutalement et vient fracasser la vitrine de la bijouterie , par chance à un endroit qui permet tout de même de bien voir la boutique et ses publicités  .SONY DSCLe 1er Avril 1966 , nouveau scénario : quelques mois avant la coupe du monde de football , qui a lieu à Londres cette année là , le trophée Jules-Rimet est dérobé lors d’une exposition à Westminster . Scotland Yard retrouve le précieux objet convoité et décide de l’exposer à la bijouterie R. Bousquet sous haute surveillance policière britannique . La base de l’histoire est vraie mettant toute l’Angleterre est en émoi et Scotland Yard chargé de l’affaire. La chute de l’histoire est plus  rocambolesque que le poisson d’Avril de Bousquet : Le 20 mars 1966 , un petit chien nommé Pickles  retrouve le précieux objet lors de sa balade nocturne dans un cottage de South Norwood , quartier au sud-est de Londres.

Le petit bâtard noir et blanc est fêté comme un héros et son propriétaire , David Corbett , se voit offrir un billet pour la finale et un an de croquettes ; à droite devant la tombe de Pickles , de nos jours .  Voyez cet article du Parisien : l’histoire finit mal pour le chien et la Coupe et ses 3,8 kg d’or , encore volée en 1983 au Brésil , puis jamais retrouvée.

En 1967, toujours dynamique et en avance sur son temps , il prolonge l’ouverture de son magasin en nocturne jusqu’à 21h30 le mercredi , comme la plupart des commerçants du centre ville .René BousquetRobert est un homme de communication . Lors du salon des arts ménagers , à la foire de Lille, il présente son stand à la célèbre Jacqueline Joubert , speakerine de l’ORTF et mère de Antoine de Caunes . Sur la photo de droite , il fait admirer un de ses bijoux à la chanteuse Jacqueline Boyer , fille des chanteurs Jacques Pills et Lucienne Boyer  , qui  remporte le Concours Eurovision de la chanson pour la France,  avec la chanson Tom Pillibi en 1960 . SONY DSCDocuments archives municipales de Roubaix

En 1971, Robert Bousquet tombe malade , est hospitalisé à la clinique St Jean de Roubaix et part ensuite en convalescence dans le sud de la France . A la fin des années 70 , Max Revel est nommé président du conseil d’administration de la S.A. Bousquet , qui en 1981 dépose une demande de permis de construire pour la transformation du magasin.bousquet 1981Les façades vont être rénovées avec des huisseries neuves et des rideaux de fer anti effraction . On notera l’emploi de matériaux luxueux comme la pierre de la carrière de Corton en Côte d’Or , une miroiterie fumée bronze , des peintures laquées noires et des vitrines en acajou verni . Le résultat est magnifique mais a coûté 210.000 francs . Est ce dû à cet investissement de rénovation trop important ou au début d’une situation économique locale difficile ? Toujours est il que le magasin cesse son activité au début des années 90 . la griffe d'orLa Griffe d’Or reprend le magasin au milieu des années 90 , altérant l’aspect chic du magasin mais il vrai qu’ il s’agit d’une simple boutique de cadeaux , petits bijoux , montres bas de gamme et listes de mariage . Le succès n’est pas au rendez-vous et le commerce ferme , très peu de temps après son ouverture. karitéEn revanche l’enseigne «  Karité » institut de beauté spécialisé en centre de minceur , d’esthétique, de bien-être, de relaxation , qui a repris les lieux en 1998 est toujours en activité de nos jours .Jazette n°10 Avril 1946 page 4Jazette n°10 Avril 1946 page 4

Ce long préambule nous permet d’éclairer cette dernière page de la Jazette d’Avril 1946 . Nous savons dorénavant qui est cet horloger haut en couleurs qu’est Robert Bousquet , signataire de cette lettre à Paul Nicolas ; La silhouette est donc celle de Yvonne Dys , comédienne, qui aura également une petite carrière télévisuelle et cinématographique , dont on comprend mieux la présence quand on se rend compte qu’elle porte le nom de jeune fille de Madame Bousquet et l’on voit déjà apparaître le frère en gardien de nuit . Ce petit Salon du Bijou à Roubaix , en 1946 , n’a pas marqué les mémoires , pas même  l’histoire locale puisque les Ateliers de Mémoire n’en parlent pas . Mais il montre le dynamisme de ce commerçant hors normes qui réussit à faire venir Victor Provo , maire de Roubaix de 1942 à 1977 et futur Sénateur du Nord . Dès son retour de camp de prisonniers en 1940 , il  rejoint la Fédération socialiste clandestine du Nord . La Résistance, à laquelle il a immédiatement adhéré,  lui demande d’accepter le poste de Maire dont il fait un foyer actif de la clandestinité . Reconduit à ce poste par les instances de la Résistance à son poste de maire en 1945 , il se présentait donc le lendemain de l’inauguration du salon pour la première fois devant les électeurs : preuve que rien ne résistait à ce Bousquet , même pas les grands résistants .

 

Usine de Puteaux 1919 à 1964

Carte_France_geo_dep2Les implantations géographiques de Jaz sont de deux ordres : les sites de productions et les bureaux d’administration . Les lieux de productions comprennent : l’usine de Puteaux , l’usine SAP de Colmar , l’usine-laboratoire de Nanterre , l’usine de Wintzenheim , la petite usine d’Annecy , le site des montres à Villers le Lac pour la France . Pour l’étranger : l’usine indienne SIFCO Jaz/Favre-Leuba , l’usine brésilienne IBREL de Manaus et l’usine Jaz espagnole .

VENDRE n°5 Mars 1924 ours page 312Texte de Ivan Benel , co-fondateur de Jaz , dans Vendre Mars 1924                                                                                                                                                                     Fondée en 1919 , Jaz ne commencera à produire qu’en 1921 , le temps de recevoir les rapports des employés envoyés aux Usa pour étudier les méthodes industrielles américaines , de  concevoir les premiers calibres mécaniques et de construire son usine à Puteaux . Elle est située avenue Saint Germain , ensuite nommée Route nationale n°13 , puis au moment des travaux devenue avenue du Président Wilson , s’agissant de Woodrow WILSON , président américain , d’abord neutre et isolationniste , qui engage les USA dans le conflit mondial en 1917 , fonde la Société des Nations et obtient le Prix Nobel de la Paix , cette même année 1919 ; Avenue Wilson qui prendra le nom du Général de Gaulle après la seconde guerre mondiale .Jaz versus Allemagne N’oublions pas que la CIMH , raison sociale de Jaz , est née du traumatisme de la Grande Guerre , de son impact économique et humain , de la volonté de proposer un réveil qui écrase l’offre allemande en France et à l’international : JAZ a vraiment failli s’appeler OZARM , qu’il faut bien entendre comme le revanchard début de la Marseillaise : Aux Armes !

avenue du pdt wilson L’usine Jaz est juste à droite , hors champ . Encadré en rouge: le monument de la Défense de Paris ; Devant la statue , le tramway et la station où descendaient les ouvriers pour se rendre au travail , pour ceux qui venait des communes limitrophes de la couronne desservies par le tram électrique sur rail dont on voit un caténaire sur son pylône .

Les ouvriers qui venaient de Paris ou de l’Est Parisien prenaient le métro puis le bus ..ligne38_28a..ou le tramway , lignes 47/43 ou 85 depuis le métro Neuilly  . Ils bénéficiaient d’un tarif spécial coupon retour ouvrier à certains horaires . Puteaux  est une petite commune de 319 hectares – soit moins que le  VIII° arrondissement de Paris – avec une forte déclivité , l’altitude variant de 29 à 78 mètres . Jaz était implanté dans le Haut-Puteaux comme beaucoup d’usines , tandis qu’un autre groupe , encore plus important  d’industries longeaient les quais de Seine .Jaz entrée des ateliers Il existait également cette autre entrée pour les ouvrières , depuis le bas de Puteaux . L’usine , non- visible puisque non encore bâtie , se trouvera tout en haut à droite . La rue des Pincevins , longue de 523 mètres , est élargie et viabilisée en 1896 puis renommée Edouard Vaillant , le 3 juin 1925 . Elle ne fait plus de nos jours que 323 mètres de long .rue des Pincevins 1928L’oblitération est de 1928 mais la carte est bien antérieure , c’est précisément sur ce plateau , en haut de la rue des Pincevins , à gauche , que sera construite l’usine Jaz .prospectus-1923-page-21catalogue 1934-35 page 0 Jaz Tarif 1936 0L’usine est tout d’abord officiellement sise au 73 avenue du Président Wilson puis au 7 ( pas en raison d’un déménagement mais d’un changement de numérotation ) . En 1936 , en raison de ses agrandissements , elle est domiciliée au 46 rue Edouard Vaillant , la petite rue perpendiculaire descendante qui longeait l’usine , précédemment rue des Pincevins . pincevins (2)L’usine est donc édifiée sur la parcelle dite La Demi-Lune , avec entrée donnant d’abord  sur la rue des Pincevins .prospectus-1923-page ruesAinsi s’explique un changement d’adresse qui intriguait les collectionneurs : l’usine n’a pas bougé , c’est la domiciliation qui varie à angle droit !                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Consultez notre article relatif aux autres usines horlogères ( article à venir ) 


Prospectus 1923 page 2Prospectus 1923 page 21 . Ce document , comprenant des informations techniques , est destiné aux professionnels de l’horlogerie , revendeurs , etc . Une page est consacrée à l’usine de Puteaux construite en 1919/1921 . Derrière un bâtiment rectangulaire de trois étages , fortement vitrée , on comptabilise la toiture en dents de scie de six sheds prospectus-1923-page-7Dans ce même fascicule , on trouve quatre vues de l’intérieur de l’usine Jaz de Puteaux prospectus-1923-page-41Comme la majorité des usines d’avant l’électrification , les machines étaient animés par des courroies : l’usine Jaz n’échappait pas à la règle de la transmission de l’énergie par ces bruyantes sangles et poulies , qui nécessitait des employés uniquement dédiés à leur entretien , réglages et réparations .prospectus-1923-page-51On notera la séparation des tâches dans les différents ateliers entre ouvriers et ouvrières
prospectus-1923-page-61Chez Jaz , les ouvrières , que nous voyons en blouses à leurs postes , ont été formées en interne à des tâches peu spécialisées et mal payées , comme en témoignent les différents mouvement sociaux qui secoueront la manufactures et dont nous nous ferons l’écho dans un prochain article . Ces vues , des grands ateliers Jaz à Puteaux , marquent une étape capitale dans l’histoire de l’industrialisation de l’horlogerie , puisque précédemment la fabrication de pièces fonctionnait traditionnellement selon le procédé dit de l’établissage : des artisans spécialisés travaillent à domicile et fournissent chacun un élément très spécifique . Les pièces sont ensuite collectées et assemblées par un « établisseur » , selon le principe de la production proto -industrielle , dont Frédéric Japy  est le promoteur . Pour chaque poste de travail , Japy conçoit une machine-outil adaptée et capable d’opérer une production en série . Ainsi , il augmente à faible coût les cadences de production , tout en réduisant la main d’œuvre nécessaire . usine JapyPour Japy , l’un des pionniers du paternalisme moderne , l’étape suivante consiste à regrouper ses ouvriers autour de sa fabrique pour minimiser les coûts de transfert . maisons JapyAprès avoir développé un système de division du travail pour son usine d’ébauches de montres , Japy décide en effet d’installer ses ouvriers au plus près de leur lieu de travail . Il fait construire une aile de logements attenante à l’usine et des pavillons . Les ouvriers mangent le soir à la table du patron . Pour Jaz , rien de tout cela , qui puise dans le bassin ouvrier de l’ouest parisien sa main d’œuvre , plus ou moins qualifiée .verso 1 & 2Extrait d’un petit prospectus de 1924 – que l’on trouvait plié dans les boîtes de Jaz donc destiné aux particuliers . Les différences avec l’image précédente sont minimes .           Les éléments qui amène l’implantation de cette usine à Puteaux sont multiples : un emplacement libre , suffisamment important et pouvant être agrandi puisqu’il le sera  , dans un tissu urbain peu dense mais proche de logements ouvriers , desservis par des transports en communs pour le personnel ou le train pour les fournitures , proche de Paris où se trouve les bureaux de la Direction et du Service Commercial .maison-carton-versoJaz avait distribué un petit triptyque en forme de maison , à destination du public , carton espagnol 2en Espagne même communication sur la nouvelle usine de Puteaux usine Jaz et DéfenseLa statue de Barrias est un excellent point de repère pour se situer à travers les années et les bouleversements urbains incessants sur Puteaux et Courbevoie . 10 millionLouis-Gustave Brandt , co-fondateur de Jaz , décroche décroche le dix millionième Jaz , en Juillet 1943 , à l’usine de Puteaux . On  le reconnait aisément à sa stature imposante derrière la chaîne de production , Paul Nicolas , qui aura à gérer pendant la guerre les pénuries d’électricité , de chauffage , de matières premières et les restrictions de l’occupant ( Extrait Jazette 1943 ) . Voir notre article , à venir , Jaz pendant la Guerre .puteaux-place-de-la-defenseUltime cohabitation entre la statue de Barrias et le CNIT , inauguré en 1958 par le Général De Gaulle .

Elle représente la Défense de Paris en 1870/71 . Plusieurs fois déplacée en fonction des chantiers de la Défense , s’est pourtant elle qui donne son nom au quartier d’affaires , le quatrième au monde en attractivité .usine jaz à PuteauxVue aérienne de Puteaux à gauche et Courbevoie à droite ; encadré l’usine Jaz ; en bas le Pont de Neuilly donne sur une large avenue qui n’existe plus , remplacée par le tunnel de la Défense en sous sol , coiffé par l’esplanade qui aboutît de nos jours à l’Arche de la Défense , implantée au delà du carrefour de la Défense .usine jaz à Puteaux détail Détail de la photo précédente ; l’usine se voit de profil usine Jaz et CNIT expliqué Changement d’angle : les sheds très blancs sont au premier plan le bâtiment à étages derrière . Le CNIT est en construction , l’usine Jaz entame ses derniers jours .usine Jaz et CNIT grossissementagrandissement : les sheds sont au premier plan .cnit_1956 ciel1956 , vu du ciel au bout de la pointe de la flèche l’usine Jaz , à l’angle des rues Edouard Vaillant et de l’Avenue du Président Wilson 1953 page 0Catalogue 1953 couverture . En bas l’usine historique de Puteaux considérablement agrandie depuis les vues de 1921/1924 . En haut l’usine à Colmar de la Société Alsacienne de Précision , plus connue sous son acronyme SAP , qui produisait des petits réveils estampillés CARAT. Société et usine reprise par Jaz en 1951 .usines jaz catalogues 1954 page 0Catalogue 1954                                                                                                                         Les catalogues étaient destinés aux revendeurs , toutefois ceux -ci  les montraient à leurs clients pour passer commande d’un Jaz qui n’était pas en stock chez l’horloger . Les particuliers pouvaient donc apercevoir brièvement cette page , où l’on voit en haut l’usine historique de Puteaux . Juste en dessous l’ancienne et massive usine SAP de Colmar qui fabriquait les réveils Carat à calibre AB devenus COLMIC , ALSIC et SAPIC  . En bas une vue depuis les champs de l’usine du Haut-Rhin en banlieue de Colmar . En 1954 , année de publication de cette photo , pour faire face au développement constant de son activité, Jaz s’implante à Wintzenheim sur un terrain de 40.000 m2 dont 20.000 m2 couverts avec de longs sheds , hérités de la soierie qui avait construit les bâtiments en 1920 .  Etrangement Jaz n’a jamais montré la moindre image de sa petite usine d’Annecy , avenue des Romains .1955 page 0Catalogue 1955 : les trois sites de production de Jaz sont indifférenciés sur cette page 1955 pub galbic et dimic1955 :exception dans la communication de Jaz , cette page montrant la presse de 1o00 tonnes dans a presse grand public . 1962-63 page 1Catalogue 1962 /1963 page 1                                                                                               La presse de 100 tonnes se trouvait à Puteaux au rez de chaussée , en raison de son poids et des vibrations qu’elle engendrait , même si les 100 tonnes citées ne sont pas son poids mais sa puissance d’emboutissage. On remarquera -plus haut- qu’en 1955 , la même presse était censée avoir une puissance de 160 tonnes . Paul NicolasPaul Nicolas à l’usine -mère de Puteaux  entre les bancs de test des Fanic et Talic                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Hormis l’énergie et la matière première , Jaz contrôlait , de haut en bas , les divers stades de sa  production : c’est l’intégration verticale ; pas tout à fait totale , puisque Jaz n’était pas propriétaire de ses points de ventes , assurés par des horlogers concessionnaires non exclusifs , qui pouvaient vendre également des Vedette , des Oméga , des Bayard , etc . Mais Jaz n’a pas négligé l’intégration horizontale en absorbant ses concurrents , comme Carat , Japy et SMI à Marseille  .  1964-65 3Catalogue 1964/1965 page 3voie de l'horlogerieCertes l’usine Jaz de Puteaux a totalement disparu et le quartier est tellement bouleversé que les rues elles mêmes qui l’entouraient ont été supprimées . Néanmoins si vous observez attentivement cette vue satellitaire , vous verrez un entrelacs de chemins , tous nommés voie de l’horlogerie à son emplacement en son hommage et sa mémoire . voie de l'horlogerie                                                                                                                                                                             L’INDUSTRIE À PUTEAUX au XX° SIÈCLE                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             L’objet de ce petit panorama des industries à Puteaux est d’analyser le contexte de l’implantation de Jaz dans cette commune et d’en cerner les raisons sociales et logistiques .Puteaux carte                                                                                                                                                                                                                                                                                                La ville de Puteaux , commune de l’Ouest parisien , est riche d’un long et prestigieux passé industriel , en particulier dans les domaines de l’automobile avec De Dion-Bouton , mais aussi Unic Saurer et Daimler-Benz , de l’aéronautique Zodiac Aerospace , de l’armement avec les Ateliers de Puteaux  , des encres d’imprimerie Charles Lorilleux , des parfums Coty , etc .quai-national-les-cheminc3a9esLe nombre de cheminées donne une petite idée de la densité de l’industrialisation en bords de Seineputeaux-vue-generale-dirigeable Une vue générale dévoile une autre forêt de cheminées ; à noter la silhouette de la Tour Eiffel et les deux minarets du palais du Trocadéro de Davioud . En revanche pour le dirigeable , il s’agit un photo-montage fréquent vers 1910 ; on peut trouver la même carte postale , plus tôt , sans ce ballon , puis plus tard avec un avion .pub zodiacEt pourtant , il y avait bien des dirigeables à Puteaux , fabriqués par Zodiac , de l’autre côté de la place de la Défense , face à l’usine Jaz . Zodiac en teteL’adresse de Zodiac était tout d’abord 15 route du Havre , devenue 15 avenue de la Division Leclerc après guerre ; comme l’avenue de l’usine Jaz qui a changé de nom après chaque guerre . Expropriée pour être remplacée par le CNIT , l’adresse du transfert est mentionnée au tampon sur ce papier à en-tête , à savoir Courbevoie , une des communes limitrophes de Puteaux . Jaz fait un choix très différent en se relocalisant en Alsace dans deux usines près de Colmar . Voir notre article sur Jaz et les antonomases .

Sur ce plan apparaît la portion  triangulaire de l’usine Zodiac en jaune où le CNIT sera construit expliquant la forme très particulière de cet audacieux geste architectural .

usine-de-dion-bouton à PuteauxDe Dion-Bouton . En 1900 , cette marque est le plus grand constructeur automobile au monde , à l’origine de l’essor planétaire de cette industrie , fournisseur de moteurs pour 200 marques . Une première usine est implantée Quai national , devenu depuis Quai De Dion -Bouton , au bord de la Seine avant de construire une deuxième usine près de Jaz au Rond Point de la Défense pour un total de 4.500 ouvriers . Le nom De Dion est inscrit sur la Tour Eiffel parmi les 72 grands savants français .                                                                                                                                        puteaux-hauts-de-seine-ch-lorilleux-et-cie-usine-de-puteaux-vue-aerienneL’industriel Charles LORILLEUX (1827+1893) , fabricant d’encres d’imprimerie , a été maire de Puteaux . Comme Jaz plus tard il bâtira un deuxième site sur Nanterre puis 29 dépôts et agences, et 41 usines et succursales en France et à l’étranger.coty puteauxL’usine de parfums COTY , anciennement Le Jouet Français , dit l’Atelier des mutilés en raison des poilus réinsérés par la facture de jouets et automates  , en 1915 ,  et destinée à concurrencer les jouets allemands , comme Jaz dont les fondateurs avaient clairement formulé leur volonté de battre les horlogers d’outre-rhin  .                                               François COTY  ( 1874+1934) en inventant la parfumerie moderne , devient un des premières fortunes mondiales , au prix d’une condition ouvrière épouvantable dans ses usines de Suresnes et de Puteaux . Avant de mourir lessivé par la crise de 1929 , son mode de vie fastueux et un ruineux divorce .arsenal04 L’Arsenal national de Puteaux était désigné par les initiales APX , la plupart des armes et munitions de la première guerre mondiale y ont été fabriquées ou conçus par 6.000 ouvriers . En Angleterre c’est l’industrie alimentaire qui est pionnière dans la rationalisation des chaînes de production , pas du tout en France où ce secteur est très en retard . C’est l’industrie de l’armement qui va mener l’offensive en France , à la Manufacture Saint Etienne et dans les arsenaux nationaux . Faisant apparaître un corollaire souvent oublié dans ce processus : l’interchangeabilité et la standardisation des pièces détachées : cela paraît évident mais c’est nouveau . puteaux-sortie-des-ateliers-de-la-lampe-osram Le point commun , à toutes ces industries , est la production à la chaîne provoquant lentement une consommation de masses et non y  répondant , comme de récentes études l’ont démontré . Ce n’est pas la demande qui a provoqué la Taylorisation . En produisant des Ford A et Ford T en masse , la Fordisation ne répond pas à une demande pressante des américains moyens mais au contraire leur propose un produit , jusqu’alors tellement hors de portée , qu’ils n’en rêvaient même pas . Comme John Ford , Jaz applique le travail à la chaîne dès ses débuts , fort de l’expérience de son cofondateur Louis-Gustave Brandt , de la famille qui installe la première usine de production de masse pour des montres à Bienne en Suisse . Ivan Benel , l’autre cofondateur de Jaz , explique avoir envoyé des employés s’inspirer des méthodes américaines sur place à travers les USA .recto 6 & 7 Si Jaz imite Ford dans sa méthode de production et sa cible commerciale . Il y a une grosse différence sur l’attente de son offre , puisque l’horloger répond d’abord à une demande réelle des classes laborieuses qui ont vraiment besoin d’un réveil ponctuel pour aller au travail . Aussi pendant les cinq premières années sont proposés des réveils basiques et multitâches que l’on retrouve au bureau , à la cuisine , au salon , etc . La fiabilité des réveils produits fait le bonheur des acheteurs , pas celui du fabricant qui sature rapidement le marché . Il convient alors de provoquer une demande moins nécessaire en créant la mode dans l’horlogerie comme dans l’habillement  , l’ameublement par des offres de pendules et pendulettes décoratives pour chaque pièce de la maison , chaque style et toutes les classes sociales .machine à vapeur Dinin PuteauxJaz pouvait s’auto-alimenter en énergie comme les usines de batteries et de véhicules électriques DININ de Puteaux et leur machine à vapeur : c’était donc une usine électrique à vapeur .

 L’usine Ouest- Lumière en 1901

ouest lumière                     L’usine Ouest-Lumière en 1920                                                                                   Les usines pouvaient , aussi bien , se fournir auprès de l’usine d’électricité Ouest Lumière de la rue Volta , qui donnait sur le Quai national près de l’Usine Dion Bouton . Cette différence est à l’origine des définitions que les industriels  attribuaient eux mêmes à leurs établissements et qui nous semble incongrues de nos jours : usine à vapeur ou usine électrique , par contraste avec les anciennes usines hydrauliques des pipiers , des horlogers ou lunetiers toutes alimentées par La Bienne qui traverse Morez puis Saint Claude , par exemples .Voir notre article sur les usines Odo à Morez . Avant la nationalisation du secteur électrique par le Général de Gaulle en 1946 , ce ne sont pas moins de 1450 entreprises françaises privées qui coexistent pour assurer la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz aux industriels d’abord et aux particuliers , ensuite . Des usines fabricants de l’électricité fournissaient localement les usines qui n’étaient pas autonomes au niveau énergétique . 1917-cafes-torrifies-narcisse-rihal-torrifacteur-rue-de-paris-perles-javanaises-usine-a-puteauxLes cafés et Tapiocas Rihal avait donc une usine à vapeur à Puteaux  puteaux inodation 1910La fameuse inondation qui a frappé Paris en 1910 a touché tous les riverains de la Seine quai-national-puteaux-1910En s’installant sur les hauteurs de Puteaux , Jaz échappait aux inondations …Puteaux rail et péniches…mais ne profitait pas directement du transport commercial fluvial par péniches qui apportaient , entre autres , la houille aux usines électriques ou à vapeur qui , au final ou plutôt à la source, étaient toutes des usines à charbon . Sur cette carte postale : une grue de transbordement et la cheminée de l’Usine Électrique l’Ouest Lumière à l’horizon .usine-de-puteaux-fabrication-des-savons-mous-et-durs-des-huiles-de-pieds-de-boeuf-gelatineLe porteur de cette action était déjà contraint d’assumer l’activité de fabrication des savons mous et durs , des huiles de pieds de bœuf et autres denrées glamours comme la gélatine , on peut comprendre que l’imprimeur n’est pas voulu l’accabler d’avantage en optant pour Usine de Puteaux plutôt que de choisir le difficile à entendre : Usine Putéolienne .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       LES CONFLITS SOCIAUX chez JAZ ( article en préparation )

Guy Demachy illustrateur et Jaz 1956

Sa signature a beau être illisible sur ses publicités  et ses toiles , le style et la réputation du peintre et illustrateur Guy Demachy ne le contraignait pas , dans les années 50 , à plus de compréhensibilité pour être identifié .

Tout un chacun le connaissait et le reconnaissait , lui qui a loué ses talents aux grands couturiers comme Dior , à Badoit , à Coca Cola et à Jaz … bien involontairement , et étrangement par le truchement d’une dessin pour Héléna Rubinstein ,  pour la marque au jaseur boréal .helena-rubinstein 21 x 297 cmCatalogue du XXVI° Gala de l’Union des Artistes , 1956 , 30 pages ; Format 21 x 29,7 cm .  Elégante publicité signée Guy Demachy  ; il s’agit d’une page publicitaire exclusive pour ce programme à l’occasion de la nuit du samedi 3 au 4 mars 1956 au Cirque d’Hiver Bouglione avec  le concours de Maurice Escande , Jean Cocteau , Roger Bourdin , Serge Lifar , Pierre Magnier , etc …                                                                                                                                      modes & travaux Juin 1956L’illustration de deux publicités est identique d’évidence . Toutefois nous n’allons pas vous faire jouer au jeu des sept erreurs : le collier a disparu , tout comme la fameuse signature illisible . Pour cause puisqu’il s’agit d’un plagiat mis au jour -sans doute- par une lectrice de Modes et travaux où cette publicité Jaz  parue , mais si chic et si parisienne qu’elle se rendait aussi au très sélect Gala des Artistes  .pub copiéeNous avons appris cette petite escroquerie par « Ceux qui ne s’en font pas » , amusante rubrique récurrente de la revue VENDRE dirigée par Paul NICOLAS , par ailleurs Vice Président de Jaz . Cette allusion à un court métrage musical de Germaine DULAC sur une chanson de Fréhel , et sans doute aussi la ritournelle de Maurice CHEVALIER  » dans la vie faut pas s’en faire » , avait pour but de dénoncer les plagiats grossiers et évidents en publicité . Preuve de son impartialité , c’est Jaz qui est épinglé en Novembre 1956 pour un évident plagiat de cette publicité d’Héléna RUBINSTEIN , reprise pour illustrer une annonce pour les SOMMIC et PHARIC . En fait Jaz n’y est pour rien , ne pouvant soupçonner son agence et leur dessinateur d’une copie aussi grossière , lequel avait gommé le collier et la signature du Maître pensant naïvement cacher son méfait .modes et travaux Juin 1956 uneCouverture / Une du Numéro 666 de Modes et Travaux de Juin 1956 qui contenait cette publicité frauduleuse . Fondé en 1919 , cette revue reste , aujourd’hui encore , le premier magazine mensuel féminin français en diffusion . Sans toutefois atteindre les sommets stratosphériques des années 70 , avec deux millions d’exemplaires . Difficile d’imaginer que son lectorat était alors celui de la parisienne chic mais femme au foyer et , depuis 1951 , qui avait comme loisir de coudre des parures pour la fameuse poupée Françoise puis Michel grâce à la page que le magasine consacrait aux travaux d’aiguilles . Idée pourtant lumineuse puisqu’elle permettra d’attirer aussi les jeunes filles des abonnées ,  afin de les imiter dans une de leurs tâches domestiques , la plus ludique certes , mais tout de même … quel gouffre générationnel avec notre XXI° siècle .

Calibre AF 8 jours 1957 à 1965

calibre 4 AF (1)Calibre 4 AF à 11 pierres calibre 5AF (2).JPGCalibre 5 AF à 7 pierres                                                                                                                                                                                                                                                       Le calibre AF est un calibre mécanique , mono-barillet  , ne nécessitant donc qu’une clef unique de remontage , d’une autonomie de 8 jours , petit module , diamètre 49,5 mm épaisseur 12,5 mm : il est uniquement destiné à la gamme Jaz de Luxe  ; Les premières versions , dite 1AF et 4AF à 11 pierres , dotent les RECTIC , CLAVIC , BINICTAMBRIC , PINCIC , TARVICHOMIC , DIRIC . La deuxième version , dite 5AF à 7 pierres, équipe les NUDIC ,  ZONIC ,   NUDIC , et non-répertorié 1962 . calibre 5AF (3)Les calibres AF ne sont pas datés en creux sur la platine du mouvement , comme les calibres J par exemple , toutefois la date de production est porté au tampon encreur sur le cache poussières : en l’espèce 10 62 pour octobre 1962 .

En outre les dos étaient d’abord gravés creux puis c’est un simple transfert qui donne les indications calibre AF détailscalibre AF liste

Les carottes sont cuites de Robert Verney 1956

Un jeune prodige en musique est kidnappé par le valet de chambre de ses parents.

Ce jeune virtuose, interprété par Jean-Pierre Bonnefous, aspire à une vie plus simple avec la jeunesse du quartier. Il arrive à s’échapper avec la complicité de la cuisinière, interprétée par Jackie Sardou.
les carottes sont cuites
Au dessus de la porte de la cuisine, une MURIC ou une CLOISIC , deux horloges murales qui se partagent le même boîtier , seuls les aiguilles et les calibres les différencient , détails indistinguables sur ces images . Toutefois le tournage du film ayant eu lieu du 13 décembre 1955 au 4 février 1956 , nous sommes certains qu’il s’agit d’une MURIC encore disponible à la vente jusqu’en milieu d’année 1956 où la CLOISIC la remplace .

32.000 mètres record d’altitude par Jaz en 1956

record altitude Jazette 38 Juin 1957 page 4.jpgExtrait de la Jazette n°38 de Juin 1957. Aujourd’hui le laboratoire de l’Institut Polytechnique de Paris (IPP) à Palaiseau, évoqué dans l’article porte son nom.

 

Le Professeur Louis LEPRINCE-RINGUET, 1901+2000, qui réalise cette expérience avec un mécanisme Jaz, était plus qu’un célèbre physicien, il était une personnalité française majeure des années d’après-guerre et à vrai dire un homme absolument complet: physicien nucléaire, découvreur du méson K, membre de l’Académie Française, professeur au Collège de France, historien des sciences, essayiste à succès, peintre reconnu, tennisman de haut niveau, animateur d’une émission de télévision de vulgarisation scientifique de 1967 à 1969, directeur des Jeunesses Musicales de France. On cherche le domaine où il n’a pas excellé. Fumeur de pipe, il attribuait sa longévité exceptionnelle de 99 ans, à la consommation régulière de pommes. En traversant le siècle, il a embrassé toute l’épopée de la physique nucléaire et travaillé avec les grands précurseurs: Marie Curie, Paul Langevin, Louis et Maurice de Broglie.

 

Quelques ouvrages extraits de sa longue bibliographie comprenant autant d’ouvrages savants que de livres ou de collections de vulgarisation scientifique.ballon sondeDans ce graphique la courbe importante pour nous est celle des températures qui n’est pas linéaire contrairement à ce que l’on imagine d’ordinaire. Pour atteindre la hauteur record de 32 kms, aux deux tiers de la stratosphère, où elle remonte vers le zéro, elle passe par la tropopause et des zones à moins 50° Celsius, températures incompatibles avec le bon fonctionnement des mécanismes horlogers et photographiques, auxquelles le mécanisme Jaz a résisté.

 

Records concernent la profondeur ou l’altitude. Les années 50 voient le retour à la normale pour les recherches scientifiques, libérés des commandes militaires et les records s’accumulent. Le 16 février 1954, le Bathyscaphe conçu le professeur suisse Auguste Piccard (1884+1962) à droite sur la photo avec son casque en osier, modèle de Tryphon Tournesol, bat dans l’Atlantique le record de profondeur avec 4 050 m. Le 6 juin 1955 l’hélicoptère Alouette II bat le record du monde d’altitude en dépassant 8.209 mètres, il faut attendre 1972 pour que le même pilote atteigne 12.442 mètres avec un SA 315 Lama.aiguille-midi-4 Toujours lors de cette année 1955: un peu plus de deux mois plus tard, le 24 juin 1955 est inauguré le deuxième tronçon du téléphérique de l’Aiguille du Midi, le plus haut du monde à 3.777 mètres.BB_9004_PlaketteLa SNCF n’est pas en reste avec ses locomotives électriques qui battent CC 7121 avait atteint le record de 243 km/h sur le tronçon Dijon et Beaune. L’année suivante c’est presque 90 km de plus, avec 331 km/h au prix de la déformation des rails sur plusieurs centaines de mètres et la fonte des pantographes. Il faudra attendre 1981 et le TGV pour un nouveau record à 380 km/h.

 

Un tout petit moins glorieux, le , Lionel Durel bat, entre autres, le record de l’heure sur un Scoutex, cyclomoteur français fabriqué à Rouen, parcourant plus de 91 km. On ne se moquera pas outre mesure de l’aérodynamisme impressionnant de l’ensemble pilote et monture, mais au même moment le Néo-Zélandais Wright dépassait les 300 km/h sur une moto.

Tarifs réveils et pendules Jaz 1950 à 1959

Cet important ensemble de tarifs et de bons de commandes, allant de 1950 à 1959, permettra aux collectionneurs exigeants de connaître références et prix des Jaz . Les prix sont des éléments de datation utiles et très précis puisque ceux-ci varient d’une année sur l’autre , parfois d’un trimestre ou semestre sur l’autre . Enfin les comparaisons de prix peuvent très instructives entre Jaz ou avec d’autres marques d’horlogerie ;

1950 bon de commande du tarif FA 50
1950 bon de commande du tarif FC 50
1950 bon de commande tarif FA 50
1951 bon de commande Fa 51 avril 1951
1951 bon de commande tarif FA 51 mai 1951
1951 bon de commande tarif FC 51 avril 1952
1951 bon de commande tarif FC 51 avril 1952 page m
1951 bon de commande tarif FC 51 Novembre 1951 page 2
1952 bon de commande du tarif FA 1952 page J
1952 bon de commande du tarif FA 1952 page K
1953 bon de commande du tarif FA 1953 page C
1953 bon de commande du tarif FB 53
1953 bon de commande du tarif FC 53 Août 1953
1953 bon de commande du tarif FC 53 novembre 1953 page j
1953 bon de commande tarif FB 53
1954 bon de commande du tarif FA 54 avril 1954 jpg
1954 bon de commande du tarif FA 54 février 1955
1954 bon de commande du tarif FA 54 février 1955 jpg
1954 bon de commande du tarif FA 54 février 1955 page J
1954 bon de commande du tarif FA 54 octobre 1954 page J (2)
1954 bon de commande du tarif FA 54 octobre 1954
1955 bon de commande du tarif FA 55 juin 1955
1955 bon de commande du tarif FC 55
1955 bon de commande Tarif FB 55 novembre 1955 page a
1955 bon de commande Tarif FB 55 octobre 1955
1955 bon de commande Tarif FB 55 octobre 1955 page J
1955 bon de commande Tarif FB 55mars 1956 page a
1955 bon de commande Tarif FB 55mars 1956
1956 bon de commande tarif FA 56 page 1
1956 bon de commande Tarif FA 56 page 2
1956 bon de commande tarif FA 56 page a
1956 bon de commande tarif FA 56 page c
1956 bon de commande tarif FA 56 page v
1956 bon de commande tarif FA56 page d
1957 bon de commande Janvier 1957 page 1
1957 bon de commande Janvier 1957 page 2
1957 bon de commande tarif FA 57 juillet 1957 page 1
1957 bon de commande tarif FA 57 juillet 1957 page 2
1957 bon de commande tarif FA 57 Mai 1957 page 1
1957 bon de commande tarif FA 57 Mai 1957 page c
1957 bon de commande tarif FA Mars 1957 page t
1957 bon de commande tarif FB 57 janvier 1958 page 1
1957 bon de commande tarif FB 57 janvier 1958 page 2
1957 tarif FB 57
1958 bon de commande avril 1958 page 1
1958 bon de commande avril 1958 page 2
1958 bon de commande Janvier 1958 page 1
1958 bon de commande Janvier 1958 page 2
1958 bon de commande tarif FC 58 Janvier 1959 page 1
1958 bon de commande tarif FC 58 Janvier 1959 page 2
1958 bon de commande tarif FC 58 Juin 1958 jpg
1958 bon de commande tarif FC 58 Juin 1958 page 1
1958 bon de commande tarif FC 58 octobre 1958
1958 tarif FA page 1
1958 tarif FA page 2
1958 tarif FB 57 février 58
1958 tarif FB 57 janvier 58
1958 tarif FB 57 mars 58
1959 bon de commande du tarif FA 59 Janvier 1959 page 1
1959 bon de commande du tarif FA 59 Janvier 1959 page 2
1959 bon de commande du tarif FA 59 Janvier 1959 page 3
1959 bon de commande du tarif FA 59 Mai 1959 page 1
1959 bon de commande du tarif FA 59 Mai 1959 page 2
1959 bon de commande du tarif FA 59 page 1 juillet 1959
1959 bon de commande du tarif FA 59 page 2 juillet 1959
1959 bon de commande du tarif FB 59 page 2 juillet 1959
1959 tarif FA page 1
1959 tarif FA page 2

Calibre AG 1AG /2AG/ 3AG/4 AG de 1956 à 1963

calibre AG image Jazette 37 juillet 1956 page 2.jpgCalibre AG , mouvement mécanique à clef amovible , d’une autonomie de 8 jours . Il succède à partir de 1956 au calibre G qui avait doté les premières horloges murales de la marque depuis 1936 . Il est le dernier calibre mécanique à équiper des horloges murales jusqu’en 1963 . Dans le catalogue Jaz 1963/64 , il n’y a plus que des pendules murales à transistor .cloisic-cadran-agCalibre AG les deux derniers chiffres sont ceux de l’année de production : ici 1957 . 2 ag bombic-calibre-2agLa variante 1AG , calibre AG de base , dote les horloges murales en plastique ou faïence :  CLOISIC , PAISSIC , TEVIC , JOURIC , ONDIC , MUDIC , VETIC , SOGIC , ROSTIC , STRATIC .                                                                                                         La variante 2AG est destiné aux horloges en tôle : VUSIC , BOMBIC , LAMIC , MISSIC , CAMPIC .                                                                                                                            La variante 3AG se remonte par l’arrière : PENDIC , TRINIC .                                            La variante 4AG à plaque porte mouvement retournée : HUITIC , MONIC , SMOLICNOBLIC .paissic- étanchéitéA et B fixations du calibre sur le boîtier de l’horloge : la particularité du calibre G qui le précéde , était l’absence totale de vis de fixation dans le cadran grâce à un système exclusif de maintien par un œillet autour de l’orifice d’entrée de la clé . La concurrence affichait  au moins deux , trois voire quatre têtes de vis pour le moins voyantes et disgracieuses sur ses cadrans . En cela le calibre AG présente un recul esthétique .        C les horloges murales étant pour la plupart destinées aux cuisines , il convenait de protéger les mouvements des poussières , vapeurs et graisses qui pouvaient entrer par l’orifice du remontage ; Pour obstruer le trou , une rondelle cache poussière – que l’on aperçoit ici –  montée sur ressort s’enfonce lorsque l’on y introduit la clef .                       D ce 8 stylisé dans un cercle rappelle l’autonomie de 8 jours .

Autre technique astucieuse pour assurer l’étanchéité : la patte de fixation pivote pour donner l’accès à la raquette d’avance/recul , elle en assure donc la fermeture .calibre AG texte Jazette 37 juillet 1956 page 2calibre AG suite Jazette 37 juillet 1956 page 3illustrations noir et blanc et textes imprimés , extraits de la Jazette n°37 de Juillet 1956 .Le Guide Jaz fournitures calibre 1AGLe Guide Jaz fournitures calibre 2AG 3AGpages extraites LE GUIDE JAZ fournitures pour réveils et pendulettes circa 1953 à 1958