Robert Bousquet l’Horloger de Roubaix

Cet article est basé sur les travaux des Ateliers Mémoire de Roubaix et la plupart des documents sont issus des archives de Madame Edyth Bousquet , fille de cet horloger-bijoutier hors normes  : nous les en remercions . Ces ateliers sont remarquables par leur qualités documentaires et pionniers par l’intérêt qu’ils portent aux commerces , les grands oubliés des monographies communales . Nous essayons pour notre part de contribuer à cette branche de l’Histoire avec notre rubrique des horlogers affiliés à Jaz . On y verra aussi un exemple remarquable et détaillé de l’évolution d’un commerce de détail en horlogerie- bijouterie , des origines jusqu’au delà de sa fermeture , comme il y en a tant eu en France au XX° siècle . Enfin , vous le verrez en fin d’article , il nous permet d’éclairer toute une page d’une Jazette de 1946 .

Robert Bousquet voit le jour à Paris en 1909 . Devenu apprenti en horlogerie bijouterie , après ses études il épouse Ludivine Nys , elle même  secrétaire sténo dactylo dans un restaurant parisien , en 1930.

Bousquet première boutique Son épouse étant originaire de la rue du Collège à Roubaix , il décide d’ouvrir sa propre bijouterie horlogerie en Février 1932 , au 42 rue de la Vigne , dans un petit commerce qui était auparavant un petit magasin de meubles. Le couple Bousquet – Nys choisit son enseigne  en raison de la toponymie de leur rue : Au Carillon de la Vigne .bousquet café et voitureIls ont le sens de la communication et offrent le café à tous les visiteurs , en n’omettant pas de bien l’afficher en façade de la boutique . Ils vont jusqu’à fixer un carillon factice géant sur la galerie de sa voiture . foire de Lille 1946En 1946 , sur leur stand à la Foire Commerciale Internationale de Lille , le couple Bousquet pose  sous une rangée de murales électriques , derrière un long carillon en bois . Ils organiseront leur propre Salon du Bijou à Roubaix , cette même année , comme Jaz s’en fera l’écho dans la Jazette n°10 .

Grâce à notre importante banque de données sur l’horlogerie française de gros , réveils et pendules , nous avons réussi à identifier les grande garnitures à droite de leur stand .mequinionNous les attribuons par analogie de style , que confirme des aiguilles et index identiques , à des créations du célèbre artiste Art Déco Roger Mequinion , nouvelle valeur montante des salles des ventes , en revanche l’horloger- fabricant  reste encore inconnu .Foire Lille 1946

Le savoir faire professionnel de Robert est reconnu de sa clientèle. Les affaires fonctionnent de façon très satisfaisante, si bien que son jeune frère Henri est appelé en renfort ; il vient l’aider au SAV horlogerie dans la boutique et emménage dans une maison voisine.

Edyth , la fille de Ludivine et de Robert naît en 1952 .bousquet boutiqueD’évidence sa petite boutique n’est plus adaptée à son activité sans cesse croissante . Le café de l’Univers , célèbre à Roubaix , qui se libère sur la Grande Place est une opportunité qu’il ne laisse pas échapper et qu’il investit en 1953 .

SONY DSCLe magasin est installé au rez de chaussée ; au 1° étage sont aménagés bureaux et archives comptables ; au 2° étage se trouve l’atelier d’horlogerie , heureusement desservi par un monte charge .

Le couple conserve son appartement rue de la Vigne , le temps d’aménager le 1° étage du bâtiment de la Grand Place . Ludivine et Robert n’y emménageront que bien plus tard , en 1957 .vitrines BousquetD’une surface de vente de 95 m2 , la vaste boutique lui permet d’étendre sa gamme d’orfèvrerie , de joaillerie , de cadeaux et d’y joindre les trophées sportifs . Il développe également ses sélections en proposant des montres de marques prestigieuses , comme Lip , Tissot , Seiko , Breitling , Omega , ainsi que des réveils et horloges Jaz .SONY DSCDépositaire exclusif des produits Jaeger-LeCoultre , il présente un choix énorme avec 1000 montres exposées dans ses quinze vitrines ! Robert Bousquet reçoit la croix de chevalier de l’Ordre du Mérite Commercial en 1954 .RB BRLe titre de Bijoutier de Roubaix pourrait paraître prétentieux , en fait cela permet juste un petit ambigramme à symétrie axiale ou effet miroir , accentué par une couronne , entre les propres initiales de Robert Bousquet et celles de Bijoutier de Roubaix . bousquet voiture On voit son véhicule stationné devant son magasin et en vignette . Mais il reste modeste dans ses choix puisqu’il choisit une Henry J. par Kaiser qui est une des rares américaines bon marché .club du commerce Il crée le « Club du Haut Commerce de Roubaix » qui regroupe les principaux commerçants du centre ville et en devient le président.exactitude bousquetImaginatif , Robert Bousquet créé le concours de l’exactitude , à la fin des années 50 soit 40 ans avant celui de Vedette . Ce concours, réservé aux écoliers de Roubaix, consiste en une rédaction de textes sur l’exactitude . Très populaire auprès des roubaisiens , il est reconduit d’année en année , de 1956 à 1963 . Il distribue lui même des bulletins de participation aux élèves enthousiastes et décore une de ses vitrines aux couleurs de LIP , de son  concours et des ses cadeaux comme  l’hélicoptère de la Sabena au dessus de l’Atomium du  prospectus de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles où Jaz sera récompensé de la médaille d’Or ..sabena bousquetLes lots sont nombreux : une montre en or , un livret de Caisse d’Epargne de 10.000 anciens francs , un voyage pour visiter l’usine Lip à Besançon et y rencontrer M. Fred Lip en personne , un déplacement en hélicoptère de la compagnie Sabena à l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 et de nombreux autres cadeaux de valeur pour les gagnants suivants.bousquet 1 Bousquet est vice président de la chambre de commerce de Roubaix et membre agréé du Haut Commerce de France; il fait partie de l’Elite des horlogers bijoutiers de France , une création de Paul Nicolas , par ailleurs directeur de Jaz .bousquet sportif En haut : Monsieur Bousquet avec d’autres dirigeants de club sportifs: il était lui même président du lutteur club de Roubaix. En bas : Robert Bousquet à gauche avec des lutteurs sur fond d’horloges murales dans sa boutiqueSONY DSC Robert Bousquet avait une qualité rare dans son métier : l’humour , si bien qu’il n’hésite pas un seul instant , lorsque le journal régional , Nord Eclair , lui propose de rédiger un article « Poisson d’Avril » pour les lecteurs du quotidien en avril 1965 .

Le scénario est celui-ci : un bus effectue des manœuvres en marche arrière pour éviter un chantier de travaux mais le moteur s’emballe ; le bus recule très brutalement et vient fracasser la vitrine de la bijouterie , par chance à un endroit qui permet tout de même de bien voir la boutique et ses publicités  .SONY DSCLe 1er Avril 1966 , nouveau scénario : quelques mois avant la coupe du monde de football , qui a lieu à Londres cette année là , le trophée Jules-Rimet est dérobé lors d’une exposition à Westminster . Scotland Yard retrouve le précieux objet convoité et décide de l’exposer à la bijouterie R. Bousquet sous haute surveillance policière britannique . La base de l’histoire est vraie mettant toute l’Angleterre est en émoi et Scotland Yard chargé de l’affaire. La chute de l’histoire est plus  rocambolesque que le poisson d’Avril de Bousquet : Le 20 mars 1966 , un petit chien nommé Pickles  retrouve le précieux objet lors de sa balade nocturne dans un cottage de South Norwood , quartier au sud-est de Londres.

Le petit bâtard noir et blanc est fêté comme un héros et son propriétaire , David Corbett , se voit offrir un billet pour la finale et un an de croquettes ; à droite devant la tombe de Pickles , de nos jours .  Voyez cet article du Parisien : l’histoire finit mal pour le chien et la Coupe et ses 3,8 kg d’or , encore volée en 1983 au Brésil , puis jamais retrouvée.

En 1967, toujours dynamique et en avance sur son temps , il prolonge l’ouverture de son magasin en nocturne jusqu’à 21h30 le mercredi , comme la plupart des commerçants du centre ville .René BousquetRobert est un homme de communication . Lors du salon des arts ménagers , à la foire de Lille, il présente son stand à la célèbre Jacqueline Joubert , speakerine de l’ORTF et mère de Antoine de Caunes . Sur la photo de droite , il fait admirer un de ses bijoux à la chanteuse Jacqueline Boyer , fille des chanteurs Jacques Pills et Lucienne Boyer  , qui  remporte le Concours Eurovision de la chanson pour la France,  avec la chanson Tom Pillibi en 1960 . SONY DSCDocuments archives municipales de Roubaix

En 1971, Robert Bousquet tombe malade , est hospitalisé à la clinique St Jean de Roubaix et part ensuite en convalescence dans le sud de la France . A la fin des années 70 , Max Revel est nommé président du conseil d’administration de la S.A. Bousquet , qui en 1981 dépose une demande de permis de construire pour la transformation du magasin.bousquet 1981Les façades vont être rénovées avec des huisseries neuves et des rideaux de fer anti effraction . On notera l’emploi de matériaux luxueux comme la pierre de la carrière de Corton en Côte d’Or , une miroiterie fumée bronze , des peintures laquées noires et des vitrines en acajou verni . Le résultat est magnifique mais a coûté 210.000 francs . Est ce dû à cet investissement de rénovation trop important ou au début d’une situation économique locale difficile ? Toujours est il que le magasin cesse son activité au début des années 90 . la griffe d'orLa Griffe d’Or reprend le magasin au milieu des années 90 , altérant l’aspect chic du magasin mais il vrai qu’ il s’agit d’une simple boutique de cadeaux , petits bijoux , montres bas de gamme et listes de mariage . Le succès n’est pas au rendez-vous et le commerce ferme , très peu de temps après son ouverture. karitéEn revanche l’enseigne «  Karité » institut de beauté spécialisé en centre de minceur , d’esthétique, de bien-être, de relaxation , qui a repris les lieux en 1998 est toujours en activité de nos jours .Jazette n°10 Avril 1946 page 4Jazette n°10 Avril 1946 page 4

Ce long préambule nous permet d’éclairer cette dernière page de la Jazette d’Avril 1946 . Nous savons dorénavant qui est cet horloger haut en couleurs qu’est Robert Bousquet , signataire de cette lettre à Paul Nicolas ; La silhouette est donc celle de Yvonne Dys , comédienne, qui aura également une petite carrière télévisuelle et cinématographique , dont on comprend mieux la présence quand on se rend compte qu’elle porte le nom de jeune fille de Madame Bousquet et l’on voit déjà apparaître le frère en gardien de nuit . Ce petit Salon du Bijou à Roubaix , en 1946 , n’a pas marqué les mémoires , pas même  l’histoire locale puisque les Ateliers de Mémoire n’en parlent pas . Mais il montre le dynamisme de ce commerçant hors normes qui réussit à faire venir Victor Provo , maire de Roubaix de 1942 à 1977 et futur Sénateur du Nord . Dès son retour de camp de prisonniers en 1940 , il  rejoint la Fédération socialiste clandestine du Nord . La Résistance, à laquelle il a immédiatement adhéré,  lui demande d’accepter le poste de Maire dont il fait un foyer actif de la clandestinité . Reconduit à ce poste par les instances de la Résistance à son poste de maire en 1945 , il se présentait donc le lendemain de l’inauguration du salon pour la première fois devant les électeurs : preuve que rien ne résistait à ce Bousquet , même pas les grands résistants .

 

Guy Demachy illustrateur et Jaz 1956

Sa signature a beau être illisible sur ses publicités  et ses toiles , le style et la réputation du peintre et illustrateur Guy Demachy ne le contraignait pas , dans les années 50 , à plus de compréhensibilité pour être identifié .

Tout un chacun le connaissait et le reconnaissait , lui qui a loué ses talents aux grands couturiers comme Dior , à Badoit , à Coca Cola et à Jaz … bien involontairement , et étrangement par le truchement d’une dessin pour Héléna Rubinstein ,  pour la marque au jaseur boréal .helena-rubinstein 21 x 297 cmCatalogue du XXVI° Gala de l’Union des Artistes , 1956 , 30 pages ; Format 21 x 29,7 cm .  Elégante publicité signée Guy Demachy  ; il s’agit d’une page publicitaire exclusive pour ce programme à l’occasion de la nuit du samedi 3 au 4 mars 1956 au Cirque d’Hiver Bouglione avec  le concours de Maurice Escande , Jean Cocteau , Roger Bourdin , Serge Lifar , Pierre Magnier , etc …                                                                                                                                      modes & travaux Juin 1956L’illustration de deux publicités est identique d’évidence . Toutefois nous n’allons pas vous faire jouer au jeu des sept erreurs : le collier a disparu , tout comme la fameuse signature illisible . Pour cause puisqu’il s’agit d’un plagiat mis au jour -sans doute- par une lectrice de Modes et travaux où cette publicité Jaz  parue , mais si chic et si parisienne qu’elle se rendait aussi au très sélect Gala des Artistes  .pub copiéeNous avons appris cette petite escroquerie par « Ceux qui ne s’en font pas » , amusante rubrique récurrente de la revue VENDRE dirigée par Paul NICOLAS , par ailleurs Vice Président de Jaz . Cette allusion à un court métrage musical de Germaine DULAC sur une chanson de Fréhel , et sans doute aussi la ritournelle de Maurice CHEVALIER  » dans la vie faut pas s’en faire » , avait pour but de dénoncer les plagiats grossiers et évidents en publicité . Preuve de son impartialité , c’est Jaz qui est épinglé en Novembre 1956 pour un évident plagiat de cette publicité d’Héléna RUBINSTEIN , reprise pour illustrer une annonce pour les SOMMIC et PHARIC . En fait Jaz n’y est pour rien , ne pouvant soupçonner son agence et leur dessinateur d’une copie aussi grossière , lequel avait gommé le collier et la signature du Maître pensant naïvement cacher son méfait .modes et travaux Juin 1956 uneCouverture / Une du Numéro 666 de Modes et Travaux de Juin 1956 qui contenait cette publicité frauduleuse . Fondé en 1919 , cette revue reste , aujourd’hui encore , le premier magazine mensuel féminin français en diffusion . Sans toutefois atteindre les sommets stratosphériques des années 70 , avec deux millions d’exemplaires . Difficile d’imaginer que son lectorat était alors celui de la parisienne chic mais femme au foyer et , depuis 1951 , qui avait comme loisir de coudre des parures pour la fameuse poupée Françoise puis Michel grâce à la page que le magasine consacrait aux travaux d’aiguilles . Idée pourtant lumineuse puisqu’elle permettra d’attirer aussi les jeunes filles des abonnées ,  afin de les imiter dans une de leurs tâches domestiques , la plus ludique certes , mais tout de même … quel gouffre générationnel avec notre XXI° siècle .

Calibre AF 8 jours 1957 à 1965

calibre 4 AF (1)Calibre 4 AF à 11 pierres calibre 5AF (2).JPGCalibre 5 AF à 7 pierres                                                                                                                                                                                                                                                       Le calibre AF est un calibre mécanique , mono-barillet  , ne nécessitant donc qu’une clef unique de remontage , d’une autonomie de 8 jours , petit module , diamètre 49,5 mm épaisseur 12,5 mm : il est uniquement destiné à la gamme Jaz de Luxe  ; Les premières versions , dite 1AF et 4AF à 11 pierres , dotent les RECTIC , CLAVIC , BINICTAMBRIC , PINCIC , TARVICHOMIC , DIRIC . La deuxième version , dite 5AF à 7 pierres, équipe les NUDIC ,  ZONIC ,   NUDIC , et non-répertorié 1962 . calibre 5AF (3)Les calibres AF ne sont pas datés en creux sur la platine du mouvement , comme les calibres J par exemple , toutefois la date de production est porté au tampon encreur sur le cache poussières : en l’espèce 10 62 pour octobre 1962 .

En outre les dos étaient d’abord gravés creux puis c’est un simple transfert qui donne les indications calibre AF détailscalibre AF liste

Les carottes sont cuites de Robert Verney 1956

Un jeune prodige en musique est kidnappé par le valet de chambre de ses parents.

Ce jeune virtuose, interprété par Jean-Pierre Bonnefous, aspire à une vie plus simple avec la jeunesse du quartier. Il arrive à s’échapper avec la complicité de la cuisinière, interprétée par Jackie Sardou.
les carottes sont cuites
Au dessus de la porte de la cuisine, une MURIC ou une CLOISIC , deux horloges murales qui se partagent le même boîtier , seuls les aiguilles et les calibres les différencient , détails indistinguables sur ces images . Toutefois le tournage du film ayant eu lieu du 13 décembre 1955 au 4 février 1956 , nous sommes certains qu’il s’agit d’une MURIC encore disponible à la vente jusqu’en milieu d’année 1956 où la CLOISIC la remplace .

Calibre AG 1AG /2AG/ 3AG/4 AG de 1956 à 1963

calibre AG image Jazette 37 juillet 1956 page 2.jpgCalibre AG , mouvement mécanique à clef amovible , d’une autonomie de 8 jours . Il succède à partir de 1956 au calibre G qui avait doté les premières horloges murales de la marque depuis 1936 . Il est le dernier calibre mécanique à équiper des horloges murales jusqu’en 1963 . Dans le catalogue Jaz 1963/64 , il n’y a plus que des pendules murales à transistor .cloisic-cadran-agCalibre AG les deux derniers chiffres sont ceux de l’année de production : ici 1957 . 2 ag bombic-calibre-2agLa variante 1AG , calibre AG de base , dote les horloges murales en plastique ou faïence :  CLOISIC , PAISSIC , TEVIC , JOURIC , ONDIC , MUDIC , VETIC , SOGIC , ROSTIC , STRATIC .                                                                                                         La variante 2AG est destiné aux horloges en tôle : VUSIC , BOMBIC , LAMIC , MISSIC , CAMPIC .                                                                                                                            La variante 3AG se remonte par l’arrière : PENDIC , TRINIC .                                            La variante 4AG à plaque porte mouvement retournée : HUITIC , MONIC , SMOLICNOBLIC .paissic- étanchéitéA et B fixations du calibre sur le boîtier de l’horloge : la particularité du calibre G qui le précéde , était l’absence totale de vis de fixation dans le cadran grâce à un système exclusif de maintien par un œillet autour de l’orifice d’entrée de la clé . La concurrence affichait  au moins deux , trois voire quatre têtes de vis pour le moins voyantes et disgracieuses sur ses cadrans . En cela le calibre AG présente un recul esthétique .        C les horloges murales étant pour la plupart destinées aux cuisines , il convenait de protéger les mouvements des poussières , vapeurs et graisses qui pouvaient entrer par l’orifice du remontage ; Pour obstruer le trou , une rondelle cache poussière – que l’on aperçoit ici –  montée sur ressort s’enfonce lorsque l’on y introduit la clef .                       D ce 8 stylisé dans un cercle rappelle l’autonomie de 8 jours .

Autre technique astucieuse pour assurer l’étanchéité : la patte de fixation pivote pour donner l’accès à la raquette d’avance/recul , elle en assure donc la fermeture .calibre AG texte Jazette 37 juillet 1956 page 2calibre AG suite Jazette 37 juillet 1956 page 3illustrations noir et blanc et textes imprimés , extraits de la Jazette n°37 de Juillet 1956 .Le Guide Jaz fournitures calibre 1AGLe Guide Jaz fournitures calibre 2AG 3AGpages extraites LE GUIDE JAZ fournitures pour réveils et pendulettes circa 1953 à 1958

Contacteur Jaz 1951 à 1968

contacteur seulLe contacteur Jaz ( ici sans son câble électrique) , est basé sur le même procédé que la clef de limitation de sonnerie Jaz dans son principe général puisqu’il s’agit de dispositifs qui remplacent la clef de remontage de la sonnerie . Comme celle ci , une extension métallique peut , lorsqu’elle est déployée , abréger le temps de sonnerie habituel ; voyez l’article et son animation : la clef de limitation de sonnerie .contacteur Jaz dosLe contacteur se fixait derrière le bouton du réveil et se vissait à la place de la clef de sonnerie . Pour des raisons d’encombrements ou d’écart trop important entre le bouton et la clef , le contacteur ne pouvait pas s’adapter sur les GENIC , DEGIC , SECTIC , SULTIC , MUSIC et CAMIC .

Dispositif de limitation de sonnerie : fermé à gauche et ouvert à droite .contacteur et filLe contacteur avait donc deux fonctions : allumer un dispositif électrique types radio ou lampe , plus une limitation , optionnelle , de sonnerie .

pub contacteurPublicité in Reader’s Digest de 1951 : l’intérêt était double pour la marque au jaseur boréal puisque , si le prix du contacteur était bas ( environ le tiers du réveil le moins cher de la gamme Jaz ) , en revanche il ne se vendait que chez les horlogers affiliés Jaz et en aucun cas chez les électriciens où l’on trouvait des réveils d’autres marques à cette époque . Une fois chez l’horloger , il était trop tard pour réaliser que le dispositif ne s’adaptait qu’à des réveils Jaz , une double vente se faisait alors probablement pour ceux qui ne disposaient pas déjà d’un Jaz adapté . contacteur pub sommeil.jpgJaz réunit dans cette publicité l’ensemble de ses dispositifs de sonnerie augmentée , diminuée ou améliorée dont le contacteur et la clef de limitation de sonnerie.Contacteur Jaz noticemode d’emploi joint à chaque contacteur

Constamment proposé à la vente de 1951 à 1968 , il a fait l’objet de présentations très variées dans les catalogues réservés aux horlogers tandis que le contacteur lui même ne changeait pas . Le rupteur , identique en apparence , était basé sur le même principe sauf qu’il coupait l’alimentation en courant au lieu d’allumer . De fait il devait s’en vendre beaucoup moins car l’usage est beaucoup plus restreint et logiquement réservé au coucher plutôt qu’au réveil ; par exemple éteindre une lampe ou une radio à heure determinée alors que l’on s’est endormi mais dès lors le Jaz n’est plus disponible pour se réveiller . Cela explique que les contacteurs sont proposés par plaque de cinq aux horlogers tandis que le rupteur est vendu à l’unité .

Le contacteur équipait bien sûr les LAMPIC et LUPIC , lampes/ réveils distribuées par Jaz .

Stand Jaz au Salon de l’Automobile 1957/58 clignotant

salon de l'auto 1957 1958 stand entierStand CPC ou Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François au Salon de l’Automobile 1957/58 , au centre le panneau et le présentoir Jaz . Salon de l’automobile du 3 au 13 Octobre 1957 à Paris , au Grand Palais , 1°étage , salle V .salon de l'autoAu Grand Palais , les automobiles occupaient le rez de chaussée , les équipementiers étaient relégués au 1° étage sur les galeries qui centuraient le bâtiment .salon de l'auto 1957 1958 stand Jaz détailPrésentoir et panneau Jaz ( agrandissement )                                                                                                                                                                                                       En 1956 Jaz avait créé un clignotant électromécanique qui dotait les premières DS 19 . Voyez notre article Minuterie clignotant DS 19 en 1956 . Vous y trouverez la première version du petit prospectus ci dessous , distribué au Salon de l’Automobile précédent dont l’emplacement pour le distributeur reste libre . Pour le Salon 1957/58 ce petit prospectus est repris , en omettant de changer la date , mais cette fois le distributeur s’affiche : la CPC ou  Compagnie Parisienne des Cables et Appareils Electriques Pierre François qui commercialisait d’autres équipements automobiles comme des chaînes , prises de courants pour remorques , câbles électriques , etc . salon de l'auto 1957 1958 prospectus (1)Petit prospectus Jaz , verso , format 20 x 13 cm

salon de l'auto 1957 1958 prospectus (2)Petit prospectus Jaz , recto avec la mention du distributeur CPCsalon de l'auto 1957 1958 Jaz0001 (1)La CPC occupait la salle V – en fait une partie de la coursive numérotée V ; elle offrait à ses visiteurs un ensemble de prospectus , contenus dans un chemise aux quatres pages illustrées . Page 1 , format 21 x 27 cmsalon de l'auto 1957 1958 couverture 2page 2salon de l'auto 1957 1958 couverture 3page 3salon de l'auto 1957 1958 couverture 4page 4

Publicité des produits distribués par la CPC qui se trouvaient dans ce dossier , tous au format A4

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Seydou Keïta 1921+2001 célèbre photographe malien

Seydou-Keïta-Senza-titolo-1956-1957-Courtesy-CAAC-–-The-Pigozzi-Collectionphoto d’un jeune malien par Seydou Keïta , accoudé sur un poste TSF Ducretet-Thomson , lui même surmonté d’un OBLIC , tous deux en bakélite ; circa 1956/1957 .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      On lira , plus après , que les accessoires visibles étaient généralement fournis par le photographe , comme ce poste TSF qui permet à ce jeune dandy d’avoir une contenance presque naturelle et lui évite un inenvisageable bougé puisqu’on sait , que pour des raisons économiques , Keïta n’effectuait qu’une seule pose par sujet ! Cet OBLIC n’apparaîssant qu’une fois dans son oeuvre , à notre connaissance , on peut imaginer qu’il a été apporté par le modèle .

                     Alexandre Dumas , Gustave Doré , Courbet et Charles Garnier                                                                                                                                                                         Dès lors , comment ne pas effectuer le rapprochement avec les chaises – fumeuses  , voyeuses ou ponteuses – employées par les premiers photographes , comme Nadar , pour donner une contenance avantageuse à leurs sujets et surtout les empêcher de bouger à une période où les temps de poses pouvaient atteindre douze longues secondes Elles avaient également un autre usage , qui nous échappent complètement aujourd’hui , puisqu’elles étaient à l’époque d’indéniables marqueurs sociaux : avoir une fumeuse supposait que l’on disposait d’un fumoir , pièce dédiée qui ne se trouvait que dans les appartements bourgeois . Il en est de même pour une ponteuse qui servait à ponter/miser à une table de jeux . Le poste TSF de notre photographe malien , le réveil Jaz qui le surmonte étrangement et la montre bracelet bien en évidence sont autant de signes extérieurs de richesse et de civilisation qui ne devraient pas plus susciter l’ironie que les chaises à poser de nos grands hommes du XIX° siècle .

Seydou Keïta (vers 1921 à Bamako + Paris 2001) est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photographes de la deuxième moitié du XXe siècle. La valorisation de
ses sujets, la maîtrise du cadrage et de la lumière, la modernité et l’inventivité de ses mises en scène lui ont valu un immense succès. Il prend sa retraite en 1977, après avoir été le photographe officiel d’un Mali devenu indépendant.
Son œuvre constitue un témoignage exceptionnel sur la société malienne de son époque.                                                                                                                                                                     Exposition_Photographie_Seidou_Keita_32Du 31 mars au 11 juillet 2016 , au Grand Palais à Paris , il fait l’objet d’une exposition rétrospective organisée par la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais avec l’aimable participation de la CAAC , Contemporary African Art Collection

Réalisés sur commande, les portraits de Seydou Keïta jouissent d’une grande
réputation dans l’Afrique de l’Ouest. La clientèle est nombreuse, à la fois attirée
par la qualité des photographies mais aussi par le sens esthétique de l’artiste.
On pose alors seul , en couple , en famille , en groupe ou entre amis . Seydou Keïta travaille principalement à lumière naturelle , dans sa cour.
SK1309004Cadrés en buste de trois-quart ou en pied , assis ou allongés , les modèles sont presque toujours positionnés par le photographe , qui cherche à donner d’eux la plus belle image. Il utilise plusieurs fonds à motifs et joue avec le graphisme des tissus portés par les femmes . Sa maîtrise de la lumière et du cadrage ramène à l’essentiel : une grâce, une élégance naturelle transparaît de ces images sans artifice. Cette simplicité est renforcée par l’utilisation du noir et blanc. Mais il faut surtout y voir une raison économique: dans les années 1950 et 1960, il est difficile de trouver des pellicules couleur au Mali .                . seydou keîta hommesA Bamako, métropole très animée, nombreux sont les jeunes hommes citadins, travaillant dans les bureaux, à vouloir se faire photographier avec des «vêtements élégants, à la mode» .Pour répondre à leur demande, Seydou Keïta possède dans son studio des «costumes européens », avec cravate , nœud-papillon , chapeau et  béret .

Le photographe met également à la disposition de ses modèles des accessoires: montres, stylos, gourmettes, poste de radio, téléphone, scooter… [Si bien que l’on retrouve plusieurs fois le poste TSF au diapason , caractéristique de la marque Ducretet -Thomson en l’occurrence un D736 de 1946 , ndlr ] Certains clients apportent leurs propres accessoires et plusieurs tenues différentes. L’œuvre de Keïta est le reflet d’une société malienne qui aspire à une certaine modernité, influencée par l’Occident,
tout en affichant son identité tandis que celle-ci évolue vers l’Indépendance (extrait du catalogue de l’Exposition ) andre-magnin-seydou-keita-et-jean-pigozzi_André Magnin , Seydou Keïta et Jean Pigozzi                                                                L’incroyable fonds photographique de Seydou Keïta, constitué de plus de 10.000 négatifs, a été découvert par André Magnin en 1992, lors de ses recherches menées pour compléter la plus grande collection d’art contemporain africain au monde celle de Jean Pigozzi entrepreneur et jet-setteur , milliardaire excentrique , mécène , héritier de la firme automobile Simca et « inventeur » du selfie .

selfies de Pigozzi avec Mel Brooks , Rod Stewart , Jerry Hall et Mick Jagger