Robert Bousquet l’Horloger de Roubaix

Cet article est basé sur les travaux des Ateliers Mémoire de Roubaix et la plupart des documents sont issus des archives de Madame Edyth Bousquet , fille de cet horloger-bijoutier hors normes  : nous les en remercions . Ces ateliers sont remarquables par leur qualités documentaires et pionniers par l’intérêt qu’ils portent aux commerces , les grands oubliés des monographies communales . Nous essayons pour notre part de contribuer à cette branche de l’Histoire avec notre rubrique des horlogers affiliés à Jaz . On y verra aussi un exemple remarquable et détaillé de l’évolution d’un commerce de détail en horlogerie- bijouterie , des origines jusqu’au delà de sa fermeture , comme il y en a tant eu en France au XX° siècle . Enfin , vous le verrez en fin d’article , il nous permet d’éclairer toute une page d’une Jazette de 1946 .

Robert Bousquet voit le jour à Paris en 1909 . Devenu apprenti en horlogerie bijouterie , après ses études il épouse Ludivine Nys , elle même  secrétaire sténo dactylo dans un restaurant parisien , en 1930.

Bousquet première boutique Son épouse étant originaire de la rue du Collège à Roubaix , il décide d’ouvrir sa propre bijouterie horlogerie en Février 1932 , au 42 rue de la Vigne , dans un petit commerce qui était auparavant un petit magasin de meubles. Le couple Bousquet – Nys choisit son enseigne  en raison de la toponymie de leur rue : Au Carillon de la Vigne .bousquet café et voitureIls ont le sens de la communication et offrent le café à tous les visiteurs , en n’omettant pas de bien l’afficher en façade de la boutique . Ils vont jusqu’à fixer un carillon factice géant sur la galerie de sa voiture . foire de Lille 1946En 1946 , sur leur stand à la Foire Commerciale Internationale de Lille , le couple Bousquet pose  sous une rangée de murales électriques , derrière un long carillon en bois . Ils organiseront leur propre Salon du Bijou à Roubaix , cette même année , comme Jaz s’en fera l’écho dans la Jazette n°10 .

Grâce à notre importante banque de données sur l’horlogerie française de gros , réveils et pendules , nous avons réussi à identifier les grande garnitures à droite de leur stand .mequinionNous les attribuons par analogie de style , que confirme des aiguilles et index identiques , à des créations du célèbre artiste Art Déco Roger Mequinion , nouvelle valeur montante des salles des ventes , en revanche l’horloger- fabricant  reste encore inconnu .Foire Lille 1946

Le savoir faire professionnel de Robert est reconnu de sa clientèle. Les affaires fonctionnent de façon très satisfaisante, si bien que son jeune frère Henri est appelé en renfort ; il vient l’aider au SAV horlogerie dans la boutique et emménage dans une maison voisine.

Edyth , la fille de Ludivine et de Robert naît en 1952 .bousquet boutiqueD’évidence sa petite boutique n’est plus adaptée à son activité sans cesse croissante . Le café de l’Univers , célèbre à Roubaix , qui se libère sur la Grande Place est une opportunité qu’il ne laisse pas échapper et qu’il investit en 1953 .

SONY DSCLe magasin est installé au rez de chaussée ; au 1° étage sont aménagés bureaux et archives comptables ; au 2° étage se trouve l’atelier d’horlogerie , heureusement desservi par un monte charge .

Le couple conserve son appartement rue de la Vigne , le temps d’aménager le 1° étage du bâtiment de la Grand Place . Ludivine et Robert n’y emménageront que bien plus tard , en 1957 .vitrines BousquetD’une surface de vente de 95 m2 , la vaste boutique lui permet d’étendre sa gamme d’orfèvrerie , de joaillerie , de cadeaux et d’y joindre les trophées sportifs . Il développe également ses sélections en proposant des montres de marques prestigieuses , comme Lip , Tissot , Seiko , Breitling , Omega , ainsi que des réveils et horloges Jaz .SONY DSCDépositaire exclusif des produits Jaeger-LeCoultre , il présente un choix énorme avec 1000 montres exposées dans ses quinze vitrines ! Robert Bousquet reçoit la croix de chevalier de l’Ordre du Mérite Commercial en 1954 .RB BRLe titre de Bijoutier de Roubaix pourrait paraître prétentieux , en fait cela permet juste un petit ambigramme à symétrie axiale ou effet miroir , accentué par une couronne , entre les propres initiales de Robert Bousquet et celles de Bijoutier de Roubaix . bousquet voiture On voit son véhicule stationné devant son magasin et en vignette . Mais il reste modeste dans ses choix puisqu’il choisit une Henry J. par Kaiser qui est une des rares américaines bon marché .club du commerce Il crée le « Club du Haut Commerce de Roubaix » qui regroupe les principaux commerçants du centre ville et en devient le président.exactitude bousquetImaginatif , Robert Bousquet créé le concours de l’exactitude , à la fin des années 50 soit 40 ans avant celui de Vedette . Ce concours, réservé aux écoliers de Roubaix, consiste en une rédaction de textes sur l’exactitude . Très populaire auprès des roubaisiens , il est reconduit d’année en année , de 1956 à 1963 . Il distribue lui même des bulletins de participation aux élèves enthousiastes et décore une de ses vitrines aux couleurs de LIP , de son  concours et des ses cadeaux comme  l’hélicoptère de la Sabena au dessus de l’Atomium du  prospectus de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles où Jaz sera récompensé de la médaille d’Or ..sabena bousquetLes lots sont nombreux : une montre en or , un livret de Caisse d’Epargne de 10.000 anciens francs , un voyage pour visiter l’usine Lip à Besançon et y rencontrer M. Fred Lip en personne , un déplacement en hélicoptère de la compagnie Sabena à l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 et de nombreux autres cadeaux de valeur pour les gagnants suivants.bousquet 1 Bousquet est vice président de la chambre de commerce de Roubaix et membre agréé du Haut Commerce de France; il fait partie de l’Elite des horlogers bijoutiers de France , une création de Paul Nicolas , par ailleurs directeur de Jaz .bousquet sportif En haut : Monsieur Bousquet avec d’autres dirigeants de club sportifs: il était lui même président du lutteur club de Roubaix. En bas : Robert Bousquet à gauche avec des lutteurs sur fond d’horloges murales dans sa boutiqueSONY DSC Robert Bousquet avait une qualité rare dans son métier : l’humour , si bien qu’il n’hésite pas un seul instant , lorsque le journal régional , Nord Eclair , lui propose de rédiger un article « Poisson d’Avril » pour les lecteurs du quotidien en avril 1965 .

Le scénario est celui-ci : un bus effectue des manœuvres en marche arrière pour éviter un chantier de travaux mais le moteur s’emballe ; le bus recule très brutalement et vient fracasser la vitrine de la bijouterie , par chance à un endroit qui permet tout de même de bien voir la boutique et ses publicités  .SONY DSCLe 1er Avril 1966 , nouveau scénario : quelques mois avant la coupe du monde de football , qui a lieu à Londres cette année là , le trophée Jules-Rimet est dérobé lors d’une exposition à Westminster . Scotland Yard retrouve le précieux objet convoité et décide de l’exposer à la bijouterie R. Bousquet sous haute surveillance policière britannique . La base de l’histoire est vraie mettant toute l’Angleterre est en émoi et Scotland Yard chargé de l’affaire. La chute de l’histoire est plus  rocambolesque que le poisson d’Avril de Bousquet : Le 20 mars 1966 , un petit chien nommé Pickles  retrouve le précieux objet lors de sa balade nocturne dans un cottage de South Norwood , quartier au sud-est de Londres.

Le petit bâtard noir et blanc est fêté comme un héros et son propriétaire , David Corbett , se voit offrir un billet pour la finale et un an de croquettes ; à droite devant la tombe de Pickles , de nos jours .  Voyez cet article du Parisien : l’histoire finit mal pour le chien et la Coupe et ses 3,8 kg d’or , encore volée en 1983 au Brésil , puis jamais retrouvée.

En 1967, toujours dynamique et en avance sur son temps , il prolonge l’ouverture de son magasin en nocturne jusqu’à 21h30 le mercredi , comme la plupart des commerçants du centre ville .René BousquetRobert est un homme de communication . Lors du salon des arts ménagers , à la foire de Lille, il présente son stand à la célèbre Jacqueline Joubert , speakerine de l’ORTF et mère de Antoine de Caunes . Sur la photo de droite , il fait admirer un de ses bijoux à la chanteuse Jacqueline Boyer , fille des chanteurs Jacques Pills et Lucienne Boyer  , qui  remporte le Concours Eurovision de la chanson pour la France,  avec la chanson Tom Pillibi en 1960 . SONY DSCDocuments archives municipales de Roubaix

En 1971, Robert Bousquet tombe malade , est hospitalisé à la clinique St Jean de Roubaix et part ensuite en convalescence dans le sud de la France . A la fin des années 70 , Max Revel est nommé président du conseil d’administration de la S.A. Bousquet , qui en 1981 dépose une demande de permis de construire pour la transformation du magasin.bousquet 1981Les façades vont être rénovées avec des huisseries neuves et des rideaux de fer anti effraction . On notera l’emploi de matériaux luxueux comme la pierre de la carrière de Corton en Côte d’Or , une miroiterie fumée bronze , des peintures laquées noires et des vitrines en acajou verni . Le résultat est magnifique mais a coûté 210.000 francs . Est ce dû à cet investissement de rénovation trop important ou au début d’une situation économique locale difficile ? Toujours est il que le magasin cesse son activité au début des années 90 . la griffe d'orLa Griffe d’Or reprend le magasin au milieu des années 90 , altérant l’aspect chic du magasin mais il vrai qu’ il s’agit d’une simple boutique de cadeaux , petits bijoux , montres bas de gamme et listes de mariage . Le succès n’est pas au rendez-vous et le commerce ferme , très peu de temps après son ouverture. karitéEn revanche l’enseigne «  Karité » institut de beauté spécialisé en centre de minceur , d’esthétique, de bien-être, de relaxation , qui a repris les lieux en 1998 est toujours en activité de nos jours .Jazette n°10 Avril 1946 page 4Jazette n°10 Avril 1946 page 4

Ce long préambule nous permet d’éclairer cette dernière page de la Jazette d’Avril 1946 . Nous savons dorénavant qui est cet horloger haut en couleurs qu’est Robert Bousquet , signataire de cette lettre à Paul Nicolas ; La silhouette est donc celle de Yvonne Dys , comédienne, qui aura également une petite carrière télévisuelle et cinématographique , dont on comprend mieux la présence quand on se rend compte qu’elle porte le nom de jeune fille de Madame Bousquet et l’on voit déjà apparaître le frère en gardien de nuit . Ce petit Salon du Bijou à Roubaix , en 1946 , n’a pas marqué les mémoires , pas même  l’histoire locale puisque les Ateliers de Mémoire n’en parlent pas . Mais il montre le dynamisme de ce commerçant hors normes qui réussit à faire venir Victor Provo , maire de Roubaix de 1942 à 1977 et futur Sénateur du Nord . Dès son retour de camp de prisonniers en 1940 , il  rejoint la Fédération socialiste clandestine du Nord . La Résistance, à laquelle il a immédiatement adhéré,  lui demande d’accepter le poste de Maire dont il fait un foyer actif de la clandestinité . Reconduit à ce poste par les instances de la Résistance à son poste de maire en 1945 , il se présentait donc le lendemain de l’inauguration du salon pour la première fois devant les électeurs : preuve que rien ne résistait à ce Bousquet , même pas les grands résistants .

 

Willy Ronis 1910+2009 photographe

Willy RONIS , né en 1910 à Paris et disparu en 2009 , à presque cent ans , est l’un des représentants les plus importants de la photographie humaniste française . Il définit lui même l’école humaniste comme « le regard du photographe qui aime l’être humain »1952Petit horloger rue d’Aligre, 1952 .                                                                                                Quel meilleur exemple de son oeuvre que cette fenêtre ouverte sur le remuant marché d’Aligre qui contraste avec la calme concentration de l’horloger ;  à la frontière des deux mondes un CLASSIC tourné vers la rue : pour être vendu ou donner l’heure ? Parmi les images les plus connues de Willy Ronis, beaucoup relèvent de ce regard porté sur le quotidien pour élaborer des micro-récits à partir de personnages et de situations ayant pour cadre la rue . Willy Ronis  nous livre son propre commentaire sur ce chef d’oeuvre : Au cours de mon reportage sur le marché d’Aligre dans le XII° arrondissement , j’avais remarqué cette petite horlogerie ; Elle était située sur la partie de la rue d’Aligre comprise entre le marché d’Aligre et la rue de Charenton ( la plupart des boutiques de ce tronçon ont aujourd’hui disparu) ; Le jeune artisan m’avait aimablement permis d’opérer depuis sa boutique ce qui donnait un arrière plan intéressant sur les éventaires du marché et les ménagères du quartier .l'horloger de la rue Dauphine par Brassaï 1932-1933La comparaison avec la photo de l’horloger de la rue Dauphine , en 1932/1933 ,  par Brassaï nous semble pertinente . Elle est extraite du célèbre Paris de Nuit , ouvrage réalisé avec Paul Morand , l’un des livres de photographies les mieux réalisés et les plus influents dans l’histoire de la Photographie ; il nous livre une vision plus intimiste,  tout en clair obscur , de l’échoppe d’un horloger sous le regard d’un enfant .Willy RONIS- PETIT APPARTEMENT PARISIEN EN 1949Petit appartement parisien 1949 par Willy Ronis . Ce réveil Jaz , encore un CLASSIC , suspendu en guise d’horloge murale n’est pas une exception dans les milieux modestes ; S’il est vrai que ses images souscrivent, dans une certaine mesure, à une vision optimiste de la condition humaine , Ronis n’en édulcore cependant pas l’injustice sociale et s’intéresse aux classes les plus démunies , nous livrant des images rares de ce milieu .

Sur ces deux photos d’un café , en 1948 par Willy Ronis , on voit encore un réveil sur une étagère  , haut placé en guise d’ horloge , comme chez les particuliers  .

 

recto 6 & 7Jaz était conscient de s’adresser d’abord aux couches les plus laborieuses de la société ; on retrouve donc , dans ce petit fascicule de 1924 , des réveils Jaz employés dans ce type d’usage et de situation .

Ces photos , prises en 1956 et 1957 par des photographes moins imminents , démontrent qu’il était effectivement courant , dans les foyers populaires , de poser ou suspendre les réveils Jean-Philippe_CharbonnierPhoto de Jean -Philippe CHARBONNIER Jazette déc 1947 page 3Cette photo historique de l’équipe dirigeante de Jaz  , qui précède de quelques jours la mort de Louis-Gustave BRANDT l’un de ses fondateurs , a été prise en 1947 par Willy RONIS , le crédit lui en est porté à droite , peut être en tant que membre de l‘agence Rapho  . A la fois juif et militant communiste , RONIS n’aurait pas accepté de travailler pour Jaz quelques mois après la Libération si cette entreprise avait eu un comportement suspect pendant l’occupation ( nous y reviendrons bientôt dans le dossier en cours de rédaction Jaz pendant la guerre)

Interview de Ronis en 1994 où l’on mesure ses engagements et le contexte de cette photo  : J’ai aussi fait pas mal de photographie industrielle… C’est un genre qui présente des contraintes mais j’ai réussi à imposer une certaine vision dans mes reportages : ne pas montrer seulement les installations mais aussi les gens au travail . […]                                                                                                                                                                                                                                                                        grève Jazette déc 1947 page 4                                       Jazette n°16 Décembre 1947                                                                                                                                                                                                       Fin 47, j’ai commencé à faire des sujets sociaux pour Life. A cette époque, il y avait de très nombreuses grèves et ils savaient que je voulais entrer dans des lieux où leurs photographes, avec leur accent américain, auraient été foutus dehors.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Vous avez quitté Rapho à la suite d’un conflit politique ?
Non, pas du tout. Simplement je ne voulais pas que mes photos apparaissent dans certaines publications. Et je ne pouvais pas exiger de Rapho qu’ils tiennent compte de cela. Etant donné que mes photos étaient dans les archives de l’agence, si telle publication sortait un de mes clichés, c’était difficile d’attendre de Rapho qu’ils disent : « Ah non ! Ronis ne veut pas travailler avec vous ». Il y avait par exemple une publication avec laquelle Rapho travaillait beaucoup, c’était France-Etats-Unis, un journal issu du plan Marshall, et c’était totalement exclu pour moi de travailler chez eux. Je vous donne là l’exemple le plus caricatural…

Aujourd’hui l’œuvre de Willy Ronis est exposée dans le monde entier et ses images figurent dans les collections des plus grands musées.

Autoportraits

willy-ronis-photographe-humaniste-1-800x535 Les amoureux de la Bastille 1957                                                                                                  Willy Ronis à légué son œuvre photographique à la France , soit 90 000 clichés .

Publicités presse anglaise 1924 à 1950

Publicités parues dans la presse anglaise présentées sous forme de classement chronologique de 1924 à 1950 avec une parenthèse de dix ans , allant de 1939 à 1949 , correspondant à la période de la guerre où Jaz ne pouvait évidemment pas importer en Grande Bretagne .                                                                                                                                                                                                                                                                  Elles émanent quasiment toutes d’horlogers détaillants , nous n’en avons trouvé dans cette période que trois qui auraient été publiées par la firme Jaz elle même puisqu’aucun horloger n’y est mentionné . Une constante , à beaucoup de ces publicités , est un petit chef d’orchestre juché sur un réveil qui dirige , de trois quarts , un orchestre imaginaire avec un réveil Jaz accroché à la ceinture . Ce sujet n’apparaît dans aucune publicité française . Comme cet étrange personnage n’est pas explicité dans les publications , il ne peut justifier sa présence que par une autre légitimité qu’il tire probablement des publicités au cinéma diffusés sur les écrans anglais . Effectivement  Jaz doit son succès en France à des petits films d’animation , grâce au talent de Lortac .                                                                                                                                                                                                     Pour certaines enseignes remarquables , nous avons édité des articles spécifiques auxquels vous avez accès en cliquant sur les liens . Consultez notre article sur les réveils humains anglais ou knockers .

 

1924 Oct 22 The Courier pour Reich             1925 Nov 25 Yorkshire Evening Post

1925 dec 4 Yorshire Evening Post 1925  le 4 Décembre The Yorkshire Evening Post . Pas de mention d’horlogers détaillants , il s’agit donc d’une publicité de Gordon & Gotch l’agence de publicité en charge de Jaz en Grande Bretagne . Le texte est encore didactique car les réveils sont encore de nouveaux produits pour beaucoup : si vous actionnez l’alarme, elle doit sonner . Touchez le bouton elle s’arrêtera immédiatement . Comme en France la diffusion est assuré par les horlogers joailliers :  chez les bijoutiers de détail de premier plan .1925 janv 24 West Sussex County Times      1925 Janvier West Sussex County Times pour le joaillier TRELFER 9 East Str HORSHAM , fondée en 1881 cette maison existe encore en 2019 ; Cet étrange fer à cheval , assez peu esthétique est propre à Trefler qui ne l’utilisera qu’une fois . La garantie apportée par le vendeur est de trois ans ! En France Jaz n’était pas aussi généreux .1925 janv 26 the falkirk herald1929 Janv 26 The Falkirk Herald pour Morrison , Vicar Street à Falkirk qui n’assure que 12 mois de garantie 1925 sep 26 West Sussex County Times                            1925 sept 26 West Sussex County Times pour Trelfer 9 East Street 1926 29 février Bedfordshire Times                    Bedforshire Times , du 29 Février 1926 , publicité par John BULL Co ;1926 fev 5 Yorshire Evening Post pleine page                         1926 Fev 5 Yorshire Evening Post , publication de la marque                          1926 fev 12 Yorshire Evening Post pleine page         1926 Février 12  The Yorkshire Evening Post , publication par Jaz directement 1926 fev 27 the falkir herald          1926 Fev 27 The Falkir Herald page 10 pour Morrison 26 Vicar Street Falkirk 1926 oct 9 The Falkirk Herald detail            1926  samedi 9 Octobre The Falkirk Herald pour Wm. Morrison à Falkirk 1927 fev 3 The Berwick Advertiser            1927 Fév. 3    The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream 1927 fev 17 The Berwick Advertiser                 1927 Fév. 17    The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream
1927 janv 15 west sussex county times  1927 Janv.25 West Sussex County Times  pour Trelfer 9 East Street à Morsham . Garantie de deux ans .1927 janv 20 the Berwick Advertiser                1927 Janv.20 The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream 1928 nov 6 The mid sussex Times                             1928  nov. 6      The Mid Sussex Times  pour BUTCHER 1929 janv The Falkirk Herald detail                          1929 Janv. The Falkirk Herald  pour WM Morrison
1929 nov 19 The mid sussex Times                     1929 Nov .19 The Mid Sussex Times pour Butcher à Haywards Heath 1929 oct 3 West Sussex County Times            1929 oct. 3 West Sussex County Times pour B.H Trelfer , 9 East Street 1929 oct 04 Bedforshire Times                    Bedforshire Times , du 4 octobre 1929 par John Bull Co .1931 mars 6 the Devon and Exeter Gazette                           1931 The Devon & Exeter Gazette 20 Mars par l’horloger LISLES                        1931 mars 13 western times                            1931 Western Times 13 Mars par l’horloger LISLES1931 mars 20 the Devon and Exeter Gazette                    1931 The Devon & Exeter Gazette 6 Mars par l’horloger LISLES1931                       en  1931 un groom remplace le mini chef d’orchestre pour BUTCHER1932 fev 6 The mid sussex Times                               1932  Fév. 6 The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1932 janv 5 The mid sussex Times une                                          1932  Janv. 5 The Mid Sussex Times pour BUTCHER
1932 janv 5 The mid sussex Times                          1932  Janvier       The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1932 oct 18 mid Sussex Times                                                1932 Oct 18 The Mid-Sussex Times pour BUTCHER1932 oct 20 The mid sussex Times1932 Oct .201935 Mars 28 The Forfach dispatch   The Mid -Sussex Times pour Butcher                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        1935 Mars 28 the Forfach Dispatch                                                            ? pourquoi Jaz  parce qu’ils sont 1936 oct 27 The mid sussex Times                         1936 Oct 27 The Mid-Sussex Times pour Butcher 1936 sept 2 Glouceister Echo   1936 Sept 2 The Glouceister Echo pour DIMRA avec deux MODIC , silencieux et standard , et un REPLIC  .1938 oct 11 Brechin Advertiser detail                                1938 Oct. 11 pour Brechin Advertiser  pour James Duncan 1939 avril 11Brechin Advertiser                  1939 avril 11 in The Brechin Advertiser pour James Duncan 1939 fev 24 the western gazette dormeuse   1939 Fev. 24 The Western Gazette pour Sime & Son à Yeovil et Gillingham . Exit les chefs d’orchestre et les grooms , au profit d’une version moderne de la dormeuse , précédemment  très employée dans les publicités Jaz .1949 sept 27 Dundee evening Telegraph                    1949 Sept. 27 The dundee Evening pour LATTO 1950 jan 23 Gloucestershire Echo   1950 Janv. 23 The Gloucestershire Echo pour WAITES 349 High Street à Cheltenham

 

Jaz à l’Exposition du CNAM en 1949

 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale , si l’occupant a honteusement spolié les œuvres appartenant aux juifs , les collections publiques ont été à peu près préservées grâce à la prévention des conservateurs résistants tels que Jacques Jaujard , ou la célèbre Rose Valland , qui les ont expédiées en Province , contre les injonctions de Vichy .

A l’issue de la guerre , les collections des musées parisiens regagnent la capitale . Elles commencèrent à revenir après l’armistice. Dès juillet 1945 furent présentées, dans une exposition temporaire, une sélection d’œuvres prestigieuses du Louvre , et une exposition intitulée L’Activité des musées pendant la guerre, constituée de panneaux documentaires illustrés de photographies. Laure Albin Guillot Le Louvre pendant la guerre 1939Un de ces panneaux reprenait le thème du musée privé de ses collections, sous le titre « Le Louvre désert » : « Les cadres béants, les socles solitaires restent les seuls vestiges de ce qui fut le plus grand musée du monde », pouvait-on lire. Le musée du Louvre rouvrit ensuite par étapes : le département des Antiquités orientales fut inauguré le 27 juin 1947 en présence du président de la République. La Grande Galerie , qui avait été rénovée et dont la muséographie avait été revue, rouvrit au public le 7 octobre 1947. canam portailLe CNAM , Conservatoire des Arts et Métiers , est à la fois un grand établissement parisien d’enseignement supérieur reconnu pour la formation des ingénieurs …

…et un musée des Arts et métiers qui recèlent des pièces historiques , comme l’avion d’Ader , sur sept thèmes dont les transports , l’énergie , la mécanique , etc , mais surtout les instruments scientifiques et l’horlogerie , évidemment ,  qui avaient été , elles aussi , dissimulées dans différentes villes et châteaux de province .

Après le Louvre , le CNAM , organise une exposition inaugurale de ses collections restaurées en 1949 , dont la section JB est consacrée à l’horlogerie .                                La devise du CNAM Docet Omnes Ubique , fondé par l’abbé Henri Grégoire en 1794 ,  qui signifie il enseigne à tous et partout est abrégée et transcrite autour du médaillon sur la couverture du catalogue . 1949 CNAM page 59Jaz participe en présentant la pièce numéro 431 . La direction de la marque au jaseur n’a certainement pas apprécié que , ni le nom commercial de son entreprise , ni sa raison sociale ne soient correctement orthographiés puisqu’on lit JAZZ au lieu de JAZ et Cie Industrielle de Mécanique au lieu de Cie Industrielle de Mécanique Horlogère ou CIMH .

En guise de lot de consolation , le mécanisme silencieux de Jaz cotoyait lors de cette exposition de prestigieuses pièces comme le n°434 , une Atmos de 1949 , ou le n°433 cette Jaeger Lecoultre Carte du Ciel .

Mais aussi le gong chinois de Cartier , n°440 à gauche , et à droite le numéro 438 , la fameuse pendulette Cartier en Cristal de Roche de 1913 , consultez l’article que nous lui consacrons sur notre nouveau site collaboratif Cartier, actuellement en construction  .   1949 CNAM page 61949 CNAM page 71949 CNAM page 81949 CNAM sommaire

Les Jaz géants de vitrine

Giants JazLes deux types de réveils géants de vitrine des années 50 que Jaz confiait en prêt aux horlogers comme objets publicitaires .

Pour les horlogers , utiliser des réveils colossaux comme publicités n’est qu’une déclinaison de l’emploi , depuis le XIX° siècle , d’horloges géantes comme enseignes . Lesquelles prenaient fréquemment la forme d’une montre à gousset , beaucoup plus rarement d’une horloge de cuisine comme ci-dessus à Nantes dans les années 60.Jaz GiantsLa malle-cabine Vuitton donne la proportion de ces pièces impressionnantes de 56 cm de haut chacun pour un diamètre de 46 cm .

jazic géant

Celui-ci est une reproduction assez fidèle du  Jazic 193-20  ; Effectivement sur le Jazic original , la trotteuse rouge centrale est derrière les deux autres aiguilles , le reste est semblable . Si le Jazic est animé par un mouvement mécanique , celui de démonstration est évidemment animé par un mouvement électrique sur secteur . Au dos , une étiquette « Proprieté de C.I.M.H, 64 bis, Rue de Boetie PARIS, n° 29 » rappelle que , par exemple en cas de saisie suite à une faillite du magasin , ces objets restent la propriété de la C.I.M.H. , acronyme de la Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère , raison sociale d’origine de Jaz  que l’on retrouve d’ailleurs inscrite au bas du cadran de ce réveil géant comme sur les Jazic vendus au public jusqu’au changement de 1951 en Jaz Société Anonyme . Grand Jaz de vitrineFort aimablement , un de nos correspondants nous a confié les photos de ce bel et énorme exemplaire qui reprend également la silhouette des JAZIC  mais ne correspond à aucun modèle existant malgré son cadran à chiffres romains proche de celui d’un FRANCIC . On notera qu’il n’ y a d’ailleurs pas d’aiguille de réveil .Jaz de vitrine 2vue de dos étiquettePlaque de propriété affichant la nouvelle raison sociale de Jaz , anciennement C.I.M.H. Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère devenue JAZ S.A en 1951 . De nos jours cet usage de prêt d’objets d’étalage continue particulièrement pour les grands factices de parfums qui sont théoriquement interdits à la vente , restants la propriété de la marque.Stand JAZ Hamelin AngersCette rarissime photo originale du stand de la Maison Hamelin à la foire d’Angers en 1935 , nous offre un panorama quasi complet des Jaz en vente cette année là et surtout nous montre les deux ancêtres de nos « Jazic » de vitrine : un énorme FONIC en bakélite dont il s’agit de la seule représentation connue à ce jour ; tandis que sous la flèche rouge , on reconnaît un REPLIC , grand format , dont nous possédons un exemplaire offert au Raja de Nanpara en 1935 .géant chauvigny-page-407REPLIC géant un jour de braderie en 1931 devant l’horlogerie AUBRUN à Chauvigny jaz géant en indeCet autre REPLIC , détenu par un collectionneur indien , montre une faiblesse des pieds ,  en rapport au presque dix kilos de ce géant , que nous avons constaté aussi avec nos exemplaires .Black_Forest_FreiburgCette vitrine du Deutsches Uhrenmuseum à Furtwangen im Schwarzwald ( en Forêt Noire) …réveil géant BLANGY…et cet énorme réveil entre les mains de ce jeune ouvrier de la manufacture Blangy , prouvent que les réveils géants ne sont pas l’exclusivité de Jaz .

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Pierre Marly 45 ans au service de Jaz

 

Pierre Marly , né à Paris le 25 mai 1921. Il entre en 1936 , à 15 ans comme apprenti à la CIMH , Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère  première raison sociale de Jaz , à Puteaux et obtint son certificat d’horloger en 1941 . Requisitionné en 1942 par le STO , Service du Travail Obligatoire , il est enrôlé dans une usine d’optique allemande dont il est libéré par l’armée russe en 1945 .

De retour en France il est réintégré à la CIMH devenue officiellement Jaz S.A. mais comme chef d’équipe . La direction parisienne lui demande, le 1er janvier 1962 , de rejoindre l’usine Jaz de Wintzenheim acquise en 1954 . Il s’installe dans cette petite ville près de Colmar où il fait souche . Devenu chef d’atelier, il prend sa retraite en 1981 après 45 ans au service de Jaz .

Pierre Marly a consacré ses loisirs à l’athlétisme à un haut niveau et c’est bien logiquement que l’ancien horloger a été chronométreur national lors de grandes compétitions sportives .

 

 

La Vedette et Jaz accord de collaboration 1949

Les collaborations de Jaz avec les autres entreprises d’horlogerie sont nombreuses avec les absorptions de la SAP Société Alsacienne de Précision puis de JAPY et les accords de collaboration avec FAVRE LEUBA , la SMI Société Méridionale d’Industrie , PETER Uhren , LORENTZ  , EUROPA LIP , SARDAACCTIM clocks , BULOVASEIKO et  MATRA .                         Vedette et JazDans cette lettre , adressée par Paul NICOLAS aux horlogers affiliés Jaz , les limites de la collaboration avec LA VEDETTE sont assez vaguement définies sauf pour la future polyvalence des réprésentants .Toutefois il n’est pas certain que cette coopération ait connu une grande pérennité puisqu’aucun avis de passage en notre possession ne fait allusion à cette double casquette . Beaucoup plus tard , de 1975 à 1978 , les voyageurs Jaz se mettront également au service de Greiner ElectronicVedette catalogue 1937Si ce catalogue de 1935/36 propose quelques réveils et montres , ce sont les carillons de Vedette – sa spécialité – qui ont atteint une notoriété nationale voire internationale . À la fin des années 1960 , au faîte de son existence , la « fabrique d’horlogerie La Vedette » employait environ 750 personnes . Jaz n’ayant commercialisé que peu de carillons et très tardivement , à partir de 1974 seulement , La Vedette n’était pas réellement un concurrent et leurs plaques émaillées respectives cohabitaient fréquemment à la devanture des horlogers . Très tôt Vedette confie son image au plus célèbre illustrateur de son temps Cappiello qui invente ces cloches tricolores en guise de logo , ce n’est qu’en 1941/42 que Jaz adopte un logo aussi visuellement identifiable avec le jaseur boréal créé par René Ravo.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             CONSULTEZ NOTRE SITE VEDETTE ( en construction )

Paul DENTEL fonde une fabrique d’horlogerie avenue des Vosges à Strasbourg en 1920 , soit quasiment en même temps que Ivan BENEL à Paris portait Jaz sur les fonds baptismaux . Un incendie ayant ravagé ses ateliers strasbourgeois , DENTEL fait l’acquisition de l’une des anciennes casernes allemandes de la rue Saint-Nicolas à Saverne et y installe sa manufacture . La mention pendules électriques est étonnante sur une plaque émaillée de 1935 quand on connaît les difficultés de Jaz à mettre au point une horloge électrique avant 1952 ( voir notre grand article consacré au calibre R ) . vedette remontage électrique.jpgà savoir qu’il s’agit d’un petit abus de langage puisque leurs mouvements ne sont pas électriques mais mécaniques à remontage électrique : astucieux contournement de l’irrégularité des réseaux électriques d’avant guerre que les mouvements électriques ne pouvaient supporter .usine Vedette hagerDifficile de nier l’origine militaro germanique du bâtiment de l’ancienne usine La Vedette usine La vedette 31 rue la vedetteAujourd’hui occupé par Hager , son adresse est 31 rue de La Vedette , voie ouverte perpendiculairement dans la rue Saint Nicolas qui s’est naturellement vue baptisée du nom de son célèbre occupant .                                                                                                                                                                                                                                             La région n’ayant aucune tradition horlogère , DENTEL fait venir des ouvriers spécialisés de Suisse et de la proche Forêt-Noire . La Vedette qui bénéficie d’une expansion rapide est l’exemple type d’une usine à intégration verticale puisque , en partant des matières premières brutes telles que laiton , cuivre , acier ou bois , elle élabore un produit fini . Concrètement , toutes les pièces nécessaires à la fabrication d’une pendule , des mécanismes aux boîtiers en bois des carillons , sont confectionnés sur place . Ainsi au milieu des années 1930 , l’atelier occupe jusqu’à 140 menuisiers .

vedette stand.jpgStand La Vedette à la Foire de Lille en 1932 .                                                                                                                                                                                                                        Comme Jaz , La Vedette s’expose lors des grandes foires de Paris , Lyon , Marseille . A contrario , Jaz s’appuye essentiellement sur le cinéma pour sa publicité quand Vedette diffuse ses campagnes de publicité sur les radios nationales .camionnette vedette.jpgDes camionnettes publicitaires parcourant la France entière affichent sur leurs flancs le slogan « Carillon Vedette , la joyeuse voix des cloches dans votre foyer ».

Vedette faisait déjà vibrer la corde patriotique avec ses cloches tricolores mais ne rechigne pas à jouer les marchand du Temple en remplaçant l’anglican Westminster par un bien catholique carillon de Lourdes , comme Bayard qui avait produit des réveils animés Lisieux et Lourdes et contrairement à Jaz qui ne mangera jamais de ce pain , fusse-t -il bénit … La guerre arrête la progression de l’entreprise qui reprend vite après 1945. Les bâtiments publics doivent être équipés d’horloges et les ménages achètent horloges et réveils .

La production se diversifie avec la création en 1957 de la marque FLASH connue pour ses interrupteurs horaires électriques : à droite le Vedette 6000 qui pilotait les sonneries de débuts et fin de cours dans les établissements scolaires des années 60 .

Le groupe AGFA GEVAERT acquiert une partie du capital de la société en 1960 .

En 1968 Vedette présente en première mondiale une pendule électrique à volets à lecture directe ( à gauche) mais son modèle commercialisé (à droite) sera finalement équipé d’un mouvement japonais Jeco alors qu’au même moment Jaz diffusait les VIBRIC et les CHIFFRIC étaient dotés de calibres AN made in France .                                                                                                                                                                                                       Le groupe horloger DIEHL de Nuremberg contrôle La Vedette à partir de 1974 . A la fin du XX° siècle , concurrence japonaise oblige , informatique , électronique et injection plastique bouleversent les modes de production menant lentement Jaz et Vedette vers leurs crépuscules : nées ensemble les deux compagnies disparaissent en même temps . Nouveaux profonds changements en 1998 puisque Diehl se sépare de « La Vedette » et vend le département FLASH à Hager Electro dont le siège se situe à Obernai .

Le  premier logo de Vedette et le dernier qui représente un sablier stylisé et le V de Vedette ( à noter qu’il n’y a aucun rapport avec la marque d’électroménager Vedette du groupe Brandt , popularisé par la célèbre Mère Denis )

Calibre G 1934 à 1959

calibre GCalibre G ou 1G : Mouvement mécanique à clef amovible , format 6 x 8 cm. Mouvement d’une autonomie de 8 jours sans fonction réveil , platines pleines ( non-ajourées) , hauteur sur platines : 23,5 mm , pont de barillet , arrêtage à croix de Malte , pignons à fuseaux , porte échappement Roskof indépendant à trois pierres , balancier à pivots , spiral auto-compensateurs ( 14.400 oscillations /heure)  .                                                                                                                                                                                                                                         Quatre variantes existantes :                                                                                                Calibre G ou 1G : il dote douze horloges murales  SARRIC , BOISIC , SOFIC , BERTIC , SEVRIC , SORIC , VISIC , MASSIC , TERRIC , MASSIC , FROMIC  , PRINTIC et une horloge à poser POSIC                                                                                                                                                                                                                        Calibre 3G identique à 1G mais avec voyant indicateur d’armage et remontage démultiplié ,  pour emboîtage moulé qui équipe trois murales  APPLIC 1934  ,  APPLIC 1945 , QUADRIC et trois horloges à poser CADIC  , FANTIC , HOTIC                                                                                                                                                                           Calibre 4G identique à 3G mais pour emboîtage métallique pour deux murales en métal  LENTIC , VISIC                                                                                                                                                                                                                                                Calibre 5G identique à 1G mais avec porte -échappements à 6 pierres ( à partir du 1° mars 1951 c’est lui qui est monté dans les horloges murales Jaz soit 21 au total ) VISIC après 1951 , NEPTIC , PRINTIC après 1951 ,  SPIRIC  , BRETIC , FORMIC ,  RHONIC ,  MURIC , Nafra-Don pub , GRANIC Le Progrès Pub ,  Cognac Pub , ZODIC , CUISIC , MITRIC ,  CAMPIC ,  LUMIC ,  LIVIC , REXIC , DELFIC LIGNIC  . Ce calibre ne possède plus le témoin de charge des 3G et 4G .cadran cadiccadran de CADIC                                                                                                        Particularité des calibres 3G et 4G  : la petite fenêtre de témoin de réserve de charge ou voyant indicateur d’armage au milieu du 2 de XII heures : lorsque le triangle est rouge il faut remonter le mécanisme . Le 8 au dessus de l’axe central rappelle l’autonomie de 8 jours du calibre G qui n’a pas de fonction réveil .lentic calibre GLes calibres G ne sont pas toujours datés mais lorsque c’est le cas , ce sont les deux derniers chiffres qui indiquent la date , en l’occurrence 37 pour 1937 .horloge-ceramiqueLa particularité des horloges en céramique Jaz , dotées du calibre G , est l’absence totale de vis de fixation dans le cadran grâce à un système exclusif de maintien par un œillet autour de l’orifice d’entrée de la clé . La concurrence affichait  au moins deux , trois voire quatre têtes de vis pour le moins voyantes et disgracieuses sur ses cadrans .                                                                                                                                                                             Le calibre AG , qui succède à partir de 1956 au calibre G , ne présente plus cet avantage et nécessite deux vis de fixation en facade .Le Guide Jaz fournitures calibre 1GLe Guide Jaz fournitures calibre 3G 4G 5Gpages extraites LE GUIDE JAZ fournitures pour réveils et pendulettes circa 1953 à 1958