Les réveils humains ou knockers concurrents des Jaz

Il est important de garder à l’esprit qu’au XIXe siècle et au début du XX° siècle , il n’y avait toujours pas de réveille-matin , ou du moins n’étaient ils  pas très courants , dans la plupart des maisons de la classe ouvrière.                                                                                                                                                                                                                                                                          Ce n’est qu’au moment où l’industrialisation est apparue , que la plupart des citoyens sont allés travailler comme salariés d’un patron , qui les obligeait à respecter un calendrier d’entrée et de sortie , et que la nécessité d’un réveil ponctuel s’est fait sentir.

Ainsi en se basant sur l’exemple des armées , où un soldat assurait le réveil de ses camarades à l’aide d’un tambour ou d’un clairon ,  a commencé à émerger dans l’ Angleterre et l’Irlande du XIX° siècle , la figure de «l’alarme humaine» .almanach Vermot 1939.jpgCet entrefilet , dans l’Almanach Vermot de 1939 ,prouve que les réveilleurs ont également existé en France , même s’il s’agit essentiellement d’un phénomène britannique .

alarmArmés de perches en bambous pour atteindre les fenêtres à l’étage , ces Knockers allaient de maison en maison pour réveiller ces travailleurs qui devaient se lever pour aller à leur travail.

knocker-up (5)ils se devaient d’attendre de voir le dormeur à la fenêtre

knocker-up (13)Le poste d ‘«alarme humaine» était exercé par des retraités, des policiers qui en tiraient un petit salaire supplémentaire ou des femmes au foyer qui n’avaient pas obtenu de travail dans l’usine locale . Si certains étaient à leur compte , des usines ont fait le choix d’engager ces réveilleurs pour s’assurer de la ponctualité de ses salariés .

Parmi les dizaines de cas singuliers qui ont parcouru les rues britanniques de grand matin , on peut citer Mary Smith et sa manière particulière d’éveiller ses concitoyens : en utilisant un petit tube en forme de sarbacane avec lequel elle tire, d’un coup , des pois secs qui frappent les fenêtres et dont le bruit réveille ceux qui y vivent. molly moore        Mrs Molly Moore , une autre célèbre Knocker-Upperknocker_up-postcard1au même titre que les crieurs de rue , cireurs , livreurs de lait et ramoneurs , le knocker-up appartient à l’imaginaire populaire britannique .    knocker womanAu Royaume-Uni, la profession d’alarme humaine a officiellement disparu au milieu du XXe siècle, lorsque les prix des réveils ont commencé  être accessibles pour une somme modique et que tous les ménages ont été équipés de réveils mécaniques .knocker-up (12)L’emploi du marteau , même gainé de cuir comme ci-dessus , posait deux problèmes : il réveillait aussi ceux qui voulaient dormir mais surtout ceux qui n’avaient pas payé .

Les perches en bambou permettaient de cibler la fenêtre visée et pas les voisins

Toutefois on signale encore des knockers dans les années 70 . Spécifiques aux îles britanniques , Jaz n’a pas eu ce type de concurrent sur le continent .                                                                                                                                                                                                            Voir sur You tube :                                                                                           https://www.youtube.com/watch?v=ngegztks61Y&t=77s       https://www.youtube.com/watch?v=TZGNf6zIO-8bugle_recycle_en_reveilCet hybride vous amuse ? c’est le but mais il aurait pû être le symbole de Jaz qui a failli se nommer OZARM – aux armes – ou CLERSON , voyez notre article sur l’origine du nom Jaz

Michel Ayoub commence son tapage à deux heures du matin en faisant résonner son tambourin dans les ruelles pavées d’Acre pour réveiller les musulmans qui observent le ramadan.

Michel Ayoub est messaharati. Il perpétue à Acre, dans le nord d’Israël, la tradition qui consiste pendant le mois sacré de jeûne à réveiller les musulmans pour une collation avant le lever du soleil. Mais il  n’est pas un «messaharati» comme les autres: il est catholique.

Tous les jours, bien avant l’aube, cet Arabe israélien de 39 ans, carreleur et plâtrier de profession, entame sa tournée dans la Vieille ville d’Acre, joyau patrimonial sur la Méditerranée.

Revêtu d’une tenue traditionnelle levantine, Michel Ayoub rompt de sa voix ample et du battement de son tambourin le silence des venelles séculaires, décorées des lumières du ramadan. Sur son passage, les fenêtres s’allument les unes après les autres.

«O, vous qui dormez, il existe un Dieu éternel», chante-t-il. Keffieh jeté sur les épaules, saroual beige tenu à la taille par une large ceinture brodée, gilet damascène et turban noir et blanc sur la tête, il improvise des appels pour «un réveil en douceur».

Des habitants somnolents passent la tête par la croisée pour le saluer et lui signaler qu’ils ont bien entendu l’appel et vont préparer le «souhour», le repas d’avant l’aube pendant le ramadan. Durant les 29 ou 30 jours que dure le jeûne, les musulmans ne peuvent ni manger ni boire du lever au coucher du soleil.

La tradition du «messaharati», toujours largement observée dans le monde musulman, avait disparu à Acre et c’est Michel qui, il y a 13 ans, a eu l’idée de faire vibrer de nouveau le tambourin dans la Vieille ville. C’était sa façon à lui d’entretenir l’héritage transmis par son grand-père.

– ‘Une même famille’ –

Ce fervent catholique écoutait, dit-il, «la lecture du Coran tous les vendredis» au moment de la grande prière musulmane. La coexistence, le respect et la connaissance des autres religions, «on a grandi avec», poursuit-il.

Acre est légataire de siècles d’histoire. Habitée sans discontinuer depuis l’époque phénicienne, elle fut au Moyen Âge le principal port du royaume croisé de Jérusalem, puis une importante citadelle ottomane. La Vieille ville fortifiée, avec ses remparts, ses mosquées, ses bains, est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.

La population d’environ 50.000 âmes comprend des juifs, des musulmans, des chrétiens et des bahaïs. Près du tiers des habitants sont Arabes, dans leur majorité musulmans.

Michel Ayoub affirme «ne faire que son devoir en aidant nos frères musulmans qui s’infligent la faim et soif» pendant le ramadan.

«Nous sommes une même famille. Il n’y a qu’un seul Dieu et il n’y a pas de différence entre les chrétiens et les musulmans», dit ce descendant de Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948. Aujourd’hui, ces chrétiens et musulmans qui sont citoyens israéliens mais se présentent généralement comme Palestiniens, sont 1,4 million et représentent 17,5% de la population d’Israël.

 

Sabra Aker a «grandi avec les réveils de Michel Ayoub pendant le ramadan». «Si un jour il ne vient plus, on est perdu», avoue cette jeune fille de 19 ans depuis la fenêtre de sa maison.

Au beau milieu de la nuit, Safia Sawaïd, 36 ans, sort pour se prendre en photo avec ses fillettes et Michel Ayoub dans son costume. «C’est impressionant de voir quelqu’un d’aussi attaché à notre culture et à nos traditions, j’espère qu’il continuera à venir tous les ans», dit-elle.

Pour perpétuer la coutume, Michel Ayoub a pris sous son aile Ahmed al-Rihaoui, 12 ans, qui l’accompagne dans ses tournées nocturnes, seroual et gilet noirs sur une chemise d’un blanc éclatant assorti à son turban. «C’est un messaharati prometteur, il est très doué», assure Michel Ayoub.

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