Pierre JUILLAC horloger à Tassin-La Demi-Lune

juillac 2Pierre JUILLAC, horloger, s’installe au 80 avenue du Général de Gaulle à Tassin-La-Demi-Lune, avec son logement juste au-dessus de la boutique, selon l’usage de l’époque. Il s’abritait sous un rare store banne publicitaire Jaz …

horlogerie belge large… nous n’en connaissions, jusqu’à celui-ci, qu’un seul autre, d’avant guerre et en Belgique

juillac agrandissementSa petite boutique arbore, derrière la porte vitrée, l’affiche Jaz de Ravo l’heure à transistor et le blason de l’Elite, Institut National d’Etudes Commerciales et Professionnelles des Horlogers Bijoutiers Joailliers , fondé en 1955 par Paul Nicolas.

80 avenue Gal de GaulleLa boutique a fermé, comme tant d’autres horlogeries en France, malgré la réputation de son propriétaire et sa position centrale à Tassin-La-Demi-Lune. Effectivement, on constate, sur cette photo, que la grande horloge, symbole de la ville était à portée de vue.

vue aerienne (fleche)L’horlogerie Juillac était au bout de la flèche, un peu plus loin, hors champ.

juillacPierre JUILLAC était diplômé de L’Ecole Nationale d’Horlogerie de la Martinière de Lyon .ENH lyon 2En 1933, l’Ecole Nationale Professionnelle de Lyon se voit adjoindre à ses divisions préparatoires, industrielles et  commerciales, une division horlogère.ENH lyonSi l’Ecole de la Martinière n’a pas la réputation des écoles de Cluses, Anet, Besançon ou Morteau, elle a néanmoins formé de nombreux et excellents horlogers français et on doit à Maurice Vial d’en maintenir l’enseignement, lui qui diffuse les cours qui y étaient dispensés : accessibles à tous, nous vous les recommandons.

JUILLACLa boutique de Pierre Juillac dans les années 70 : nous remercions son fils Michel pour les documents communiqués, par l’intermédiaire de notre ami Serge Benatti , grand collectionneur de Jaz et lui-même habitant de Tassin -La Demi-Lune.

 

TASSIN-LA-DEMI-LUNE et CHARVET HORLOGERIE

Il y a peu de villes en France qui affiche une horloge dans ses armes et en tête de sa communication. Pour être franc, c’est que cette bourgade n’offre pas tellement d’autres éléments remarquables et emblématiques. Mais pour un passionné d’horlogerie, elle est loin d’être sans intérêt. Ne serait ce que par cette fameuse horloge de style néo-Louis XVI, qui occupe une place centrale à Tassin-La-Demi-Lune demi-LuneCette place se trouve à l’intersection des routes de Bordeaux et de Paris pour la fameuse Route Nationale 7, parfois également appelée la « route Bleue » ou encore la « route des vacances ». horloge tassin Demi LuneSi bien que cette horloge a été vue par des millions de vacanciers qui sont passés à ses pieds pendant les congés payés. tassin demi lune horloge carrfourUn des bouchons, dont étaient coutumiers ces ronds points sur la RN7, a même certainement laissé le loisir à beaucoup d’entre eux d’en profiter longuement .

Elle a récemment été restaurée, de nouveau inaugurée et inscrite à l’inventaire supplémentaire des  Monuments Historiques. Administrativement, elle se trouve place Pierre Vaubouin mais elle très généralement et populairement appelée place de l’Horloge ou rond-point de l’Horloge

inauguration horlogeEn 1908 , cette horloge de 13,50 mètres est inaugurée par Edouard Herriot, maire de Lyon et figure centrale de la III° République; au centre du principal carrefour de cette petite agglomération dans la banlieue Ouest de Lyon ou pour schématiser: derrière la Basilique Notre Dame de Fourvière.

charvet delormeSi les tassilunois se choisissent une horloge comme emblème, c’est que la commune abritait une célèbre manufacture d’horlogerie, sise avenue du Nord,  le long du chemin de fer, la maison CHARVET-DELORME.charvet Lyon (2)Fondée en 1852, la maison Charvet est connue de tous les visiteurs qui parcourent les petites rue de Lyon pour son célèbre carillon aux Guignols.

rue de la poulaillerieElle mesure sept mètres de haut et plus de deux mètres de large.

Charvet à Lyon comptoirElle a été placée à son emplacement actuel en 1864, Charvet étant devenu propriétaire d’un magasin situé à côté , dans la rue de La Poulaillerie ,où se concentraient alors les horlogers : vous remarquerez les enseignes des comptoirs Batailler et savoisien .charvet horlogecharvet Lyon (1) Depuis plus de 15 ans, l’horlogerie qui la jouxtait et l’entretenait a disparu, si bien qu’elle ne fonctionnait plus. La rumeur fondée, d’un rachat par des asiatiques, a enfin motivé le l’acquisition par la Ville de Lyon, pour 100.000€ tout de même , qui a l’intention de lui faire traverser la Saône pour aller embellir un mur pignon des Musées Gadagne.charvet lyon industrielleEn 1966, la société Charvet Delorme, encore localisée à Tassin-la-Demi-Lune en région lyonnaise, où elle employait 90 personnes, entre dans la Compagnie des Compteurs en raison du caractère complémentaire de ses fabrications avec celles de l’usine de Besançon de ce groupe. La modernité de ses ensembles d’horlogerie technique permettait à Charvet-Delorme de s’honorer, entre autres, de l’équipement des centrales de Pierrelatte et du Commissariat à l’Energie Atomique de Cadarache .

charvetCharvet-Digital-Media-iGirouette-1Rachetée en 1976, l’entreprise poursuit pendant deux ans ses activités dans l’horlogerie avant de changer de nom et d’adresse: elle devient alors Charvet Industrie et se spécialise dans l’affichage digital avec un produit phare, les croix de pharmacies à diodes. L’entreprise peut se targuer d’avoir équipé pas moins de 750 officines sur le territoire français.

 

Robert Bousquet l’Horloger de Roubaix

Cet article est basé sur les travaux des Ateliers Mémoire de Roubaix et la plupart des documents sont issus des archives de Madame Edyth Bousquet , fille de cet horloger-bijoutier hors normes  : nous les en remercions . Ces ateliers sont remarquables par leur qualités documentaires et pionniers par l’intérêt qu’ils portent aux commerces , les grands oubliés des monographies communales . Nous essayons pour notre part de contribuer à cette branche de l’Histoire avec notre rubrique des horlogers affiliés à Jaz . On y verra aussi un exemple remarquable et détaillé de l’évolution d’un commerce de détail en horlogerie- bijouterie , des origines jusqu’au delà de sa fermeture , comme il y en a tant eu en France au XX° siècle . Enfin , vous le verrez en fin d’article , il nous permet d’éclairer toute une page d’une Jazette de 1946 .

Robert Bousquet voit le jour à Paris en 1909 . Devenu apprenti en horlogerie bijouterie , après ses études il épouse Ludivine Nys , elle même  secrétaire sténo dactylo dans un restaurant parisien , en 1930.

Bousquet première boutique Son épouse étant originaire de la rue du Collège à Roubaix , il décide d’ouvrir sa propre bijouterie horlogerie en Février 1932 , au 42 rue de la Vigne , dans un petit commerce qui était auparavant un petit magasin de meubles. Le couple Bousquet – Nys choisit son enseigne  en raison de la toponymie de leur rue : Au Carillon de la Vigne .bousquet café et voitureIls ont le sens de la communication et offrent le café à tous les visiteurs , en n’omettant pas de bien l’afficher en façade de la boutique . Ils vont jusqu’à fixer un carillon factice géant sur la galerie de sa voiture . foire de Lille 1946En 1946 , sur leur stand à la Foire Commerciale Internationale de Lille , le couple Bousquet pose  sous une rangée de murales électriques , derrière un long carillon en bois . Ils organiseront leur propre Salon du Bijou à Roubaix , cette même année , comme Jaz s’en fera l’écho dans la Jazette n°10 .

Grâce à notre importante banque de données sur l’horlogerie française de gros , réveils et pendules , nous avons réussi à identifier les grande garnitures à droite de leur stand .mequinionNous les attribuons par analogie de style , que confirme des aiguilles et index identiques , à des créations du célèbre artiste Art Déco Roger Mequinion , nouvelle valeur montante des salles des ventes , en revanche l’horloger- fabricant  reste encore inconnu .Foire Lille 1946

Le savoir faire professionnel de Robert est reconnu de sa clientèle. Les affaires fonctionnent de façon très satisfaisante, si bien que son jeune frère Henri est appelé en renfort ; il vient l’aider au SAV horlogerie dans la boutique et emménage dans une maison voisine.

Edyth , la fille de Ludivine et de Robert naît en 1952 .bousquet boutiqueD’évidence sa petite boutique n’est plus adaptée à son activité sans cesse croissante . Le café de l’Univers , célèbre à Roubaix , qui se libère sur la Grande Place est une opportunité qu’il ne laisse pas échapper et qu’il investit en 1953 .

SONY DSCLe magasin est installé au rez de chaussée ; au 1° étage sont aménagés bureaux et archives comptables ; au 2° étage se trouve l’atelier d’horlogerie , heureusement desservi par un monte charge .

Le couple conserve son appartement rue de la Vigne , le temps d’aménager le 1° étage du bâtiment de la Grand Place . Ludivine et Robert n’y emménageront que bien plus tard , en 1957 .vitrines BousquetD’une surface de vente de 95 m2 , la vaste boutique lui permet d’étendre sa gamme d’orfèvrerie , de joaillerie , de cadeaux et d’y joindre les trophées sportifs . Il développe également ses sélections en proposant des montres de marques prestigieuses , comme Lip , Tissot , Seiko , Breitling , Omega , ainsi que des réveils et horloges Jaz .SONY DSCDépositaire exclusif des produits Jaeger-LeCoultre , il présente un choix énorme avec 1000 montres exposées dans ses quinze vitrines ! Robert Bousquet reçoit la croix de chevalier de l’Ordre du Mérite Commercial en 1954 .RB BRLe titre de Bijoutier de Roubaix pourrait paraître prétentieux , en fait cela permet juste un petit ambigramme à symétrie axiale ou effet miroir , accentué par une couronne , entre les propres initiales de Robert Bousquet et celles de Bijoutier de Roubaix . bousquet voiture On voit son véhicule stationné devant son magasin et en vignette . Mais il reste modeste dans ses choix puisqu’il choisit une Henry J. par Kaiser qui est une des rares américaines bon marché .club du commerce Il crée le « Club du Haut Commerce de Roubaix » qui regroupe les principaux commerçants du centre ville et en devient le président.exactitude bousquetImaginatif , Robert Bousquet créé le concours de l’exactitude , à la fin des années 50 soit 40 ans avant celui de Vedette . Ce concours, réservé aux écoliers de Roubaix, consiste en une rédaction de textes sur l’exactitude . Très populaire auprès des roubaisiens , il est reconduit d’année en année , de 1956 à 1963 . Il distribue lui même des bulletins de participation aux élèves enthousiastes et décore une de ses vitrines aux couleurs de LIP , de son  concours et des ses cadeaux comme  l’hélicoptère de la Sabena au dessus de l’Atomium du  prospectus de l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles où Jaz sera récompensé de la médaille d’Or ..sabena bousquetLes lots sont nombreux : une montre en or , un livret de Caisse d’Epargne de 10.000 anciens francs , un voyage pour visiter l’usine Lip à Besançon et y rencontrer M. Fred Lip en personne , un déplacement en hélicoptère de la compagnie Sabena à l’Exposition Universelle de Bruxelles de 1958 et de nombreux autres cadeaux de valeur pour les gagnants suivants.bousquet 1 Bousquet est vice président de la chambre de commerce de Roubaix et membre agréé du Haut Commerce de France; il fait partie de l’Elite des horlogers bijoutiers de France , une création de Paul Nicolas , par ailleurs directeur de Jaz .bousquet sportif En haut : Monsieur Bousquet avec d’autres dirigeants de club sportifs: il était lui même président du lutteur club de Roubaix. En bas : Robert Bousquet à gauche avec des lutteurs sur fond d’horloges murales dans sa boutiqueSONY DSC Robert Bousquet avait une qualité rare dans son métier : l’humour , si bien qu’il n’hésite pas un seul instant , lorsque le journal régional , Nord Eclair , lui propose de rédiger un article « Poisson d’Avril » pour les lecteurs du quotidien en avril 1965 .

Le scénario est celui-ci : un bus effectue des manœuvres en marche arrière pour éviter un chantier de travaux mais le moteur s’emballe ; le bus recule très brutalement et vient fracasser la vitrine de la bijouterie , par chance à un endroit qui permet tout de même de bien voir la boutique et ses publicités  .SONY DSCLe 1er Avril 1966 , nouveau scénario : quelques mois avant la coupe du monde de football , qui a lieu à Londres cette année là , le trophée Jules-Rimet est dérobé lors d’une exposition à Westminster . Scotland Yard retrouve le précieux objet convoité et décide de l’exposer à la bijouterie R. Bousquet sous haute surveillance policière britannique . La base de l’histoire est vraie mettant toute l’Angleterre est en émoi et Scotland Yard chargé de l’affaire. La chute de l’histoire est plus  rocambolesque que le poisson d’Avril de Bousquet : Le 20 mars 1966 , un petit chien nommé Pickles  retrouve le précieux objet lors de sa balade nocturne dans un cottage de South Norwood , quartier au sud-est de Londres.

Le petit bâtard noir et blanc est fêté comme un héros et son propriétaire , David Corbett , se voit offrir un billet pour la finale et un an de croquettes ; à droite devant la tombe de Pickles , de nos jours .  Voyez cet article du Parisien : l’histoire finit mal pour le chien et la Coupe et ses 3,8 kg d’or , encore volée en 1983 au Brésil , puis jamais retrouvée.

En 1967, toujours dynamique et en avance sur son temps , il prolonge l’ouverture de son magasin en nocturne jusqu’à 21h30 le mercredi , comme la plupart des commerçants du centre ville .René BousquetRobert est un homme de communication . Lors du salon des arts ménagers , à la foire de Lille, il présente son stand à la célèbre Jacqueline Joubert , speakerine de l’ORTF et mère de Antoine de Caunes . Sur la photo de droite , il fait admirer un de ses bijoux à la chanteuse Jacqueline Boyer , fille des chanteurs Jacques Pills et Lucienne Boyer  , qui  remporte le Concours Eurovision de la chanson pour la France,  avec la chanson Tom Pillibi en 1960 . SONY DSCDocuments archives municipales de Roubaix

En 1971, Robert Bousquet tombe malade , est hospitalisé à la clinique St Jean de Roubaix et part ensuite en convalescence dans le sud de la France . A la fin des années 70 , Max Revel est nommé président du conseil d’administration de la S.A. Bousquet , qui en 1981 dépose une demande de permis de construire pour la transformation du magasin.bousquet 1981Les façades vont être rénovées avec des huisseries neuves et des rideaux de fer anti effraction . On notera l’emploi de matériaux luxueux comme la pierre de la carrière de Corton en Côte d’Or , une miroiterie fumée bronze , des peintures laquées noires et des vitrines en acajou verni . Le résultat est magnifique mais a coûté 210.000 francs . Est ce dû à cet investissement de rénovation trop important ou au début d’une situation économique locale difficile ? Toujours est il que le magasin cesse son activité au début des années 90 . la griffe d'orLa Griffe d’Or reprend le magasin au milieu des années 90 , altérant l’aspect chic du magasin mais il vrai qu’ il s’agit d’une simple boutique de cadeaux , petits bijoux , montres bas de gamme et listes de mariage . Le succès n’est pas au rendez-vous et le commerce ferme , très peu de temps après son ouverture. karitéEn revanche l’enseigne «  Karité » institut de beauté spécialisé en centre de minceur , d’esthétique, de bien-être, de relaxation , qui a repris les lieux en 1998 est toujours en activité de nos jours .Jazette n°10 Avril 1946 page 4Jazette n°10 Avril 1946 page 4

Ce long préambule nous permet d’éclairer cette dernière page de la Jazette d’Avril 1946 . Nous savons dorénavant qui est cet horloger haut en couleurs qu’est Robert Bousquet , signataire de cette lettre à Paul Nicolas ; La silhouette est donc celle de Yvonne Dys , comédienne, qui aura également une petite carrière télévisuelle et cinématographique , dont on comprend mieux la présence quand on se rend compte qu’elle porte le nom de jeune fille de Madame Bousquet et l’on voit déjà apparaître le frère en gardien de nuit . Ce petit Salon du Bijou à Roubaix , en 1946 , n’a pas marqué les mémoires , pas même  l’histoire locale puisque les Ateliers de Mémoire n’en parlent pas . Mais il montre le dynamisme de ce commerçant hors normes qui réussit à faire venir Victor Provo , maire de Roubaix de 1942 à 1977 et futur Sénateur du Nord . Dès son retour de camp de prisonniers en 1940 , il  rejoint la Fédération socialiste clandestine du Nord . La Résistance, à laquelle il a immédiatement adhéré,  lui demande d’accepter le poste de Maire dont il fait un foyer actif de la clandestinité . Reconduit à ce poste par les instances de la Résistance à son poste de maire en 1945 , il se présentait donc le lendemain de l’inauguration du salon pour la première fois devant les électeurs : preuve que rien ne résistait à ce Bousquet , même pas les grands résistants .

 

Billet de Loterie Nationale publicitaire Jaz 1937

loterie nationale JazLe document n’est pas daté mais la seule date commune aux modèles de Jaz reproduits est 1936/1937 , confirmé par les tarifs de cette même année 1936 .

billet de loterieLe billet est inclus dans un petit dépliant publicitaire billet loterie On notera que pour la SEVRIC, il est précisé que les mouvements sont à rubis , ils étaient tout d’abord à pointes métal . L’autre précision d’importance est la fixation brevetée du mouvement sans vis apparente sur le cadran : consultez notre article pour constater à quel point cela représentait une différence esthétique importante par rapport à la concurrence qui pouvait afficher jusqu’à quatre vis en façade  . Il s’agit d’un authentique billet de la Loterie Nationale offert par un horloger bijoutier , Albert Banholzer , qui incarnait la troisième génération dans sa grande boutique à Châlons sur Marne , devenue Châlons en Champagne en 1995 .

La maison Banholzer qui a édité ce billet , a disparue de nos jours , mais l’immense limousine Peugeot 601 d’avant guerre du patron est resté dans la mémoire des vieux chalonnais qui achetaient montres , réveils , bijoux et orfèvrerie auprès de cette enseigne emblématique de la ville champenoise .

La première petite boutique Banholzer en 1904 place de la République à Châlons , celle du 43 rue de la Marne était cinq fois plus grande .

Annotation 2020-01-20 233911 Son grand père Rodolphe , dont on voit ci-dessus le décret présidentiel qui l’autorise en 1872 à résider en France , était le fondateur de cette dynastie originaire du Grand Duché de Bade , ce qui correspond à cette région frontalière avec la France qui comprend la Forêt Noire . Vous noterez qu’un autre badois se voit accorder le même privilège , le même jour . En fait ce n’est guère étonnant quand on connaît l’importance de l’immigration vers la France des habitants de cet état signataire du Traité de Paris en 1806  initié par Napoléon I° , qui en fait un Grand Duché au sein de la Confédération du Rhin contre un contingent de 8.000 soldats badois au service de l’Empire Français . Eugène Spüller , fidèle compagnon de Gambetta , deviendra , peu après ce décret , ministre de l’Instruction Publique , des Beaux Arts , des Cultes et des Affaires Etrangères : il était lui même descendant d’un boucher né à Forcheim en Bade , pour choisir un exemple célèbre.                                                                                                        Historiquement c’est la région horlogère d’Allemagne , où sont nés les coucous et s’établiront des entreprises telles que Kaiser , Emes , Staiger , Kundo ou Kienzle , Mauthe et Bürk à Villingen – Schwenningen ou encore le partenaire de Jaz , Peter Uhren à Rottweill  .                                                                                                                                                      billet de loterie ColmarCe deuxième billet absolument identique au nom d’un autre horloger , Locherer 15 rue des serruriers à Colmar , prouve qu’il s’agissait d’une campagne publicitaire organisée par la maison mère . Jaz était plus habilitée que de simples horlogers à négocier un contrat avec la Loterie Nationale .                                                                                                                                                                                                                                                    Une petite histoire de la Loterie Nationale Française s’impose pour comprendre dans quel contexte ces billets publicitaires s’inscrivent et pourquoi ils ont été autorisés .                                                                                             congrèsAlbert JUGON , deuxième en partant de la droite  sur une carte représentant les cinq délégués des mutilés français                                                                                                                                                                                                                                       L’actuelle campagne publicitaire télévisée pour la privatisation de la Française des Jeux  l’apprend aux jeunes générations et le rappellent aux anciens : la loterie est née sur une initiative des Gueules Cassées , plus exactement celle d’un héros : Albert JUGON . Le petit aide -comptable de Bretagne monté à Paris avec sa femme et ses deux filles , est mobilisé en 1914 . Son unité part au sud de la Belgique pour la bataille de Rossignol, le 22 août . Le breton figure parmi les 400 survivants de la première brigade , qui comptait encore 6.800 hommes le matin même . Suite à cette défaite , les armées françaises lancent une contre-offensive sur la Marne , début  septembre . Son régiment est redéployé en Argonne où il est pris sous un violent bombardement allemand . Jugon est touché par des éclats d’obus qui lui emportent la moitié de la figure et de la gorge ; une partie de sa langue est arrachée , son œil droit crevé… il est laissé pour mort plusieurs jours au bord d’une tranchée .                                                                                                La Grande Guerre frappe par sa démesure . En France , plus d’un quart des hommes de 18 à 27 ans ont perdu la vie au combat . S’y ajoutent 300.000 civils et autant de disparus . On se souvient moins des blessés , qui dépassent les 4 millions , soit plus de la moitié des mobilisés . Au sortir du conflit , les amputés se comptent par centaines de milliers , les aveugles sont plus de 40.000 . Mais de tous les mutilés , ceux dont le visage a été ravagé par les balles , les obus , les grenades , qui génèrent des blessures inédites , sont les plus dépourvus au sortir du conflit . Ils sont près de 15.000 à avoir été défigurés mais étonnement cela n’ouvre pas droit à une pension puisque ce n’est pas une infirmité fonctionnelle .traité de versailles Les Gueules Cassées choisis par Georges Clémenceau avec le moustachu Colonel Picot , député lui même mutilé .                                                                                                                                                                                                                                            Certes cinq d’entre eux , dont Albert Jugon  à l’extrême droite de cette photo , sont invités par le Tigre , lors de la signature du Traité de Versailles , pour assister à l’humiliation du II° Reich . Pour autant leur quotidien dans l’après-guerre est rien moins qu’assuré : ils peinent à retrouver un emploi dans la vie civile , sont rejetés par leurs compagnes et leurs familles , inspirent la peur ou la pitié des passants .picot-colonelLe Colonel Picot                                                                                                                       Refusant le statut de victimes, trois d’entre eux fondent en 1921 l’Union des blessés de la face : Albert Jugon ,  Bienaimé Jourdain et le Colonel Picot qui surnomme alors ces hommes les « gueules cassées ». Non sans humour , ils prennent pour devise « sourire quand même ». Si le nom initial , « Les Gueules cassées », a été refusé par la préfecture de Paris, cela n’empêche pas ses membres de se faire appeler ainsi pour marquer les esprits albert-jugon-pere-des-gueules-casseesAlbert JUGON , à gauche sur la photo montrant un billet de loterie                             Pourtant, dès son origine, l’association refuse de demander des subventions publiques, préférant subvenir aux besoins de l’association et de ses membres par ses propres moyens . Malheureusement , la générosité du public ne suffit pas à suffisamment soutenir financièrement le dispositif de prise en charge des mutilés de la face . carte-la-dette_tbnEn 1927 , Albert Jugon et ses amis lancent l’idée d’une grande souscription nationale, assortie d’une tombola aux lots fabuleux  et pléthoriques . la-dette-page-pub-dans-bulletin-gc-juin-1932-001_tbnOn peut même y gagner des avions de tourisme ! Appelée « la dette » , elle se développe avec d’autres associations de victimes de guerre dès 1931 .paiement-gros-lot-par-eugene-fournier-vice-president-gc-001_tbn paiement-gros-lot-albert-jugon-et-bienaime-jourdain-001Ce gros paquet dans les bras de JUGON ce sont des billets de banque ! Les fameux billets bleus et roses de 1000 Francs , en cours de 1890 à 1933 , mesurait 235 mm par 130 mm                                                                                                                                                                                                                                                                            Le premier billet de loterie est remis solennellement à Gaston Doumergue, Président de la République , lors de sa visite au domaine de Moussy-le-Vieux , en Seine-et-Marne qui recueillait des Gueules Cassées , dit le château sans miroirs : on comprend aisément pourquoi…                                                                                                                        Hasard extraordinaire ce même Président Doumergue prend sa retraite à Tournefeuille dans la maison qu’il avait gagnée à la loterie grâce à un billet acheté avec un voisin . Heureusement pour lui , car rappelons qu’à l’époque les Présidents de la République n’avaient pas de retraite . Jusqu’alors issus de la grande bourgeoisie ou assassinés en cours de mandats , comme Doumer ou Sadi -Carnot , ils n’en avaient guère besoin .                                                                                                                                                                                                                                                                                                        Séduit par ce succès l’Etat s’en arroge le monopole en créant la Loterie Nationale qui voit le jour en 1933 , au profit toujours des mutilés mais y ajoute les anciens combattants et les victimes de calamités agricoles . Aujourd’hui encore , elle est actionnaire de la Française des Jeux , dont elle détient 9,23 % du capital .860_bonhoure_coffeur_loterie Paul Bonhoure descendant les Champs Elysées  après avoir touché ses gains .            Le premier tirage de la Loterie Nationale rend millionnaire un coiffeur de 50 ans , à Tarascon , marié , deux enfants,qui est happé par une célébrité foudroyante. 870x489_tirage_loterie_8_novembre Premier tirage de la loterie nationale 5 M. de Francs correspondent à 3 M d’€uros Généreux et élégant , il offre son salon à son assistant , s’achète une grosse voiture et une propriété de plus de cinquante hectares près de Beaucaire où s’écoule tranquillement le reste de son existence , excepté le harcèlement de solliciteurs qui rendra les gagnants suivants plus discrets sur leurs adresses .                                                                                kiosque-loterie-sur-la-canebiereKiosque des Gueules Cassées à Marseille sur la Canebière au 43 , devant les ateliers des Ouvriers Horlogers Réunis (anciennement au 2)                                                                                                                                                                                        Mais les billets sont à 100 Francs , équivalent à 80 € , et donc inaccessibles au plus grand nombre . Le Colonel Picot a donc l’idée d’acheter les billets à l’État , de les fractionner en « dixièmes » qui seront ensuite revendus au public à un prix abordable . Une nouvelle fois , c’est un succès .. Voilà pourquoi sur cette photo marseillaise , les Gueules Cassées annonce avoir gagné pour la 7° fois le gros lot : en fait ayant acheté à l’Etat des billets pleins , ils les ont revendus à acheteurs dont certains sont devenus des gros gagnants .dixieme-gueules-cassees-1935-001_tbn En 1935, l’État réglemente le fractionnement des billets entiers en dixièmes , officialisant ainsi la profession d’émetteurs de Loteries . A la fin des années trente sont autorisés le sur-fractionnement des billets pour des besoin de publicité , jusqu’à 1/5000° comme notre billet émis par Albert Banholzer , horloger à Châlons en Champagne , de fait devenu lui- même émetteur de loteries .

Un Noric pour l’Empereur Bao Daï

 

Portrait de l’Empereur par Harcourt et un Noric par Jaz noric Jazette_1948_Juin_page_02[1]Extrait Jazette Juin 1948 page 21 .                                                                                                                                                                     Ce petit encart  dans une Jazette , l’organe de communication de Jaz avec ses horlogers affiliés , mérite quelques explications pour les plus jeunes d’entre nous qui ignorent certainement qui est Bao Daï , le flamboyant Empereur du Vietnam , décédé en 1997 à Paris dans un oubli quasi total . bao dai 1948S.A.I. l’Empereur Bảo Đại ,  « Gardien de la Grandeur » , en 1948  à Paris .BaoDaiSon tombeau au cimetière de Passy 

La caricature ne voudrait retenir de lui que l’image d’un souverain fantoche , volage , décadent et dispendieux , allant jusqu’à faire graver ses paquets de cigarettes à son nom

C’est oublier que son destin ressemble étrangement à celui de son homologue chinois Puyi , magnifiquement mis en scène par Bertolucci dans le Dernier Empereur , avec une chute  moins douloureuse , heureusement .  Élevé dans une solitude extrême , soumis à une sinistre routine , n’ayant jamais eu ni jouet , ni compagnon de jeu , mal nourri : il pesait 20 kilos à neuf ans . Empereur à douze ans , il sera privé de son pouvoir par la France Coloniale , puis l’envahisseur japonais et enfin la Chine avec le Viet Minh . Faute de pouvoir réformer son pays , il passe de plus en plus de temps aux loisirs : chasse , yachting , bateau , cheval , golf , tennis

Certes son goût du luxe était sans limite . Par exemple , les collectionneurs de Rolex savent que la montre du souverain vietnamien s’inscrit dans le Top 10 des plus onéreuses au monde . Surnommée «Bao Dai» , vendue cinq millions de CHF en 2017, elle est fabriquée en 1952 . Déjà à l’époque , ce modèle automatique en or , dont le cadran noir est serti de cinq diamants , était le plus cher de la marque à la couronne . Il l’aurait acquise au printemps 1954 alors qu’il séjournait à Genève lors les pourparlers de paix concernant la guerre d’Indochine . En visite chez Philippe Beguin, un célèbre détaillant de la marque , le 13ème et dernier Empereur du Vietnam aurait demandé la Rolex la plus chère , comme à son habitude , et se serait offert cette référence 6062 unique .

Toute aussi célèbre et prévisible dans l’univers du grand luxe , La Ferrari Bao Daï .

En étudiant parisien et en costume traditionnel , celui qui n’est encore que le Prince Héritier Vinh Thuy pose devant une spectaculaire horloge , en 1926 dans son propre hôtel particulier , avenue Lamballe à Paris XVI°.bao dai horlogeAccoudé sur le manteau d’une cheminée où trône une horloge Art Déco , probablement en bakélite sur trois boules blanches . Dans ce contexte le choix d’un Jaz , un NORIC , bien qu’il soit un Tirage Limité , entièrement fait à la main , pourrait sembler dérisoire . Ce cadeau s’inscrit pourtant dans une tradition diplomatique que l’épouse du Haut Commissaire connait visiblement bien , qui consiste , au-delà de la fonction pacificatrice , à promouvoir un savoir-faire : ainsi les ambassadeurs de Louis XIII ou Louis XIV emportent en Chine une foule de présents , de l’horlogerie particulièrement .

Toutefois il ne s’agit pas d’un cadeau réellement diplomatique, qui échoit de droit aux services du protocole de l’Elysée pour un chef d’Etat , mais d’un cadeau personnel et amical , proportionné aux moyens d’un couple aisé de hauts fonctionnaires après guerre  dalat villa (3)En outre , ce NORIC est parfaitement adapté au style et au standing du Palais d’été de Dalat qui est en fait une grande villa Art Déco .

Ce réveil n’aurait pas détonné dans ces chambres , assez sobrement décorées.

D’ailleurs un carillon Vedette , sans aucune ostentation, trône encore au mur du salon

Dans son pays ou en France , le Roi des Rois pratiquait la chasse à outrance . Après guerre ,  il va donc chasser en Alsace dont le gibier a été totalement préservé par le rattachement au Reich . Evidemment , il se rendait à la fameuse chasse de Jean Bonin de la Bonninière , Comte de Beaumont , dont le territoire cynégétique couvrait douze communes alsaciennes . En 1954  avec dix amis , ils abattent en un seul week-end : 829 faisans , 360 lièvres , 138 perdreaux , 88 canards , 27 chevreuils et un seul sanglier . Or ce domaine de Diebolsheim  qui reste légendaire pour les chasseurs , est situé à 30 kms à peine de l’usine Jaz de Wintzenheim . L’Empereur d’Annam et du Tonkin a t il entendu parler de cette fabrique ? Est il passé devant ?  Cela a t il joué dans le choix de l’épouse du Haut Commissaire ? En tant que prince héritier,  il fait ses études en France , fréquentant le Cours Hattemer où il est scout , le lycée Condorcet, le lycée Lakanal puis l’École libre des sciences politiques n’ignorant donc rien de la culture et du commerce français ,  il ne pouvait guère avoir ignoré les publicités pléthoriques de Jaz .

 

 

 

 

 

 

Waites & Son horloger à Cheltenham

1950 jan 23 Gloucestershire EchoPublicité par WAITES  dans le Gloucester Echo du 23 Janvier 1950 . Il est étonnant que la maison Waites , qui avait également l’activité de joaillier , cible cette publicité uniquement sur les , famous Jaz Alarm , célèbres réveils Jaz.Gloucester Business Magazine été 2017Gloucestershire Business Magazine été 2017                                                                                  La maison Waite & Son est visiblement toujours florissante en 2017

Productions anciennes de la maison Waites & Son

William LISLE horloger à EXETER

 

 

William  LISLE  , horloger depuis 1845 , 179 Fore Street à EXETER  , comté de Devon .WR LISLE à EXETERCarte de visite de W. R. LISLE

1931 mars 20 the Devon and Exeter Gazette                                 1931 The Devon & Exeter Gazette 20 Mars ;1931 mars 13 western times                           1931 Western Times 13 Mars1931 mars 6 the Devon and Exeter Gazette                                       1931 The Devon & Exeter Gazette 6 Mars

John BULL horloger à Bedford

John bull bedfordEnseigne de la première boutique de John Bull ( taureau en anglais )

John Bull & Co. est considéré comme une institution dans le comté du Bedfordshire et compte parmi les bijoutiers indépendants les plus anciens du pays. Cet horloger a une histoire qui remonte à plus de 200 ans . L’entreprise a été créée en 1817, deux ans après la bataille de Waterloo, et continue d’être à ce jour un symbole d’excellence et le symbole du commerce de détail traditionnel britannique .

John Bull ancienne boutiqueLa pendule « Bull »et son taureau doré  toujours suspendus au-dessus du magasin d’origine , au 49 High Street , est un repère sur la rue principale de Bedford  .

 

En 1825, un petit homme trapu nommé John Bull (1802-1870), fils de boucher , fonda une petite entreprise de bijoutier-orfèvre à Bedford , après avoir effectué un apprentissage à partir de 1817. Il déménagea plus tard au 49 High Street , Bedford, dans des locaux qui étaient auparavant des boucheries , justifiant triplement le choix de cette enseigne  bovine . Les inscriptions au répertoire commercial des années suivantes indiquent que son entreprise a également adopté la fabrication d’armes à feu, la fabrication de montres et d’horloges et la vente d’instruments optiques , comme de nombreux horlogers français                                                                                                                                                                                                                                                                                                        John Bull a épousé Miss Priestman qui lui a donné quatre fils et deux filles. John était un humanitaire, comme il ressort de sa réaction lorsque deux cambrioleurs ont été pris en flagrant délit dans son magasin. Le cambriolage étant alors une infraction capitale, les deux hommes ont été condamnés à mort . Mais John a plaidé pour l’indulgence et leur peine a été commuée en emprisonnement prolongé en Australie. Des années plus tard, John a reçu une lettre de l’un des hommes, qui s’était depuis réhabilité  et voulait le remercier pour son aide pendant le procès.

John Bull a finalement déménagé dans la maison familiale de Kimbolton Road. On pouvait le voir tous les matins, conduisant son cabriolet à poney en direction de High Street jusqu’à son magasin.

Bull-GraveTombeaux de John BULL et de sa famille                                                                                                                                                                                                                          À sa mort en 1870, ses deux fils, Richard et Thomas, ont repris l’affaire. Ils ont décidé de démolir les lieux, maintenant délabrés, envahis de rats depuis les salons jusqu’au sous-sol . A sa place, ils ont érigé le bâtiment actuel avec sa façade en brique , avec une grande horloge en saillie et le fameux taureau doré , faisant jeu de mots avec leur nom de famille, qui est de ce fait l’un des monuments les plus connus de Bedford . john-Bull-shop.jpgEn outre, il y avait un poteau vertical en retrait derrière l’horloge , qui portait une bille dorée qui pouvait monter et descendre, mais était normalement placée près du sommet . À dix heures du matin , la bille tombait et frappait une grosse cloche . C’était le signal que les gens du haut de la rue devaient régler leurs montres de poche , puisque l’appareil était déclenché par un signal électrique venant directement du méridien de Greenwich.

Richard est également devenu maire de Bedford en 1870 et a fait don à la ville de la chaîne d’or protocolaire que porte encore l’actuel maire . Après la mort subite de Richards en 1880 , son frère Thomas devint le seul propriétaire et habita au-dessus du magasin . C’est lui qui a financé l’installation des cloches du carillon de la mairie qui jouait des airs toutes les heures .

Il y a une anecdote amusante à propos du fait qu’un soir Thomas a été réveillé par un bruit dans son arrière cour . Dans la faible lumière , il vit une silhouette qui essayait apparemment d’entrer par la porte latérale . Levant la fenêtre, Thomas cria à l’intrus de s’en aller ou sinon de se faire tirer dessus . L’homme n’a pas tenté de partir et ne semblait pas avoir entendu , alors Thomas a tiré sur le mur opposé. Cela semblait avoir un effet finalement , car l’homme avait disparu . Le lendemain matin, un collier portant le nom de la personne responsable a été découvert dans la cour . À la grande joie des nombreux commerçants de High Street, on s’aperçut vite que l’un d’entre eux était tellement saoul  la nuit précédente qu’il était incapable de reconnaître sa propre maison.

Thomas Bull prend sa retraite en 1899. En 1904 , son gendre W.E.  ISON a pris le contrôle de l’entreprise , achète le magasin d’à côté et agrandit les locaux pour les inclure aux n° 47 et 49 de High Street.

Au cours de la Première Guerre Mondiale, la société devint un contractant du gouvernement britannique en tant que fabricant de tendeurs pour resserrer les câbles des premiers biplans . Environ 100 personnes, principalement des filles et des soldats démobilisés, étaient employées dans les différents étages supérieurs des locaux agrandis .

Leur personnel était largement reconnu pour son expertise. Après 1918, l’entreprise comptait trois orfèvres et trois horlogers , en plus du personnel de l’atelier . Parmi les commandes mémorables figuraient une plaque de présentation gravée du célèbre dirigeable R101, qui s’était écrasé en France faisant 48 morts en 1930 et une broche en platine et diamant offerte à la reine mère par Bedforshire and Hertfordshire Regiment .

Dans le Bedforshire Times , du 29 Février 1926 et du 4 octobre 1929 , John Bull Co Ltd fit paraître des encarts publicitaires vantant les mérites des réveils Jaz .Jaz Anglic                                                                                                                                             The Watch and Clock Maker du 15 mars 1933 ; Revue de la corporation des horlogers britanniques . Cette publicité , réservée aux professionnels , donne une idée de la célébrité de John Bull dont il n’est nul besoin de faire la présentation . Il aurait donc participer à la conception de ce modèle , nommé ANGLIC pour des raisons évidentes d’origine .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Dans ces mêmes années 1920 , il y avait encore des superstitieux qui venaient à la boutique avec un petit flacon et demandaient de l’eau d’or , l’eau dans laquelle l’or était lavé . Certaines personnes pensaient qu’il avait des propriétés magiques , un prolongement de la croyance médiévale en l’alchimie .john bull pancarte

Finalement, lorsque les ouvriers se sont retirés ou sont morts , les travaux de réparation ont commencé à être envoyé hors du magasin. Les types de montres ont évolué au fil du temps, des traditionnelles aux modèles à remontage automatique puis aux montres à quartz et aux numériques comme partout dans le monde . Les 49 locaux de High Street ont été vendus aux enchères le 19 février 1964 et en septembre de la même année , ils ont été transférés au 21 St Peters Street à Bedford, où se trouve donc toujours l’une des plus anciennes entreprises de Bedford , plus de 209 ans après son lancement .

Les publicités Jaz dans la Presse Professionnelle

Jaz a mené d’importantes campagnes de publicité dans la presse grand public mais aussi dans la presse spécialisée , réservée aux professionnelles de l’horlogerie , comme La Vie des Métiers  édition horlogerie bijouterie ,  HBJO Horlogers Bijoutiers Joailliers et Orfèvres ou La France Horlogère avec , en général , la reprise de ses campagnes de publicité destinées à la clientèle particulière mais parfois avec des publicités spécifiques . Classement chronologique .Jaz La France Horlogère 1°Oct 1927 26°année n°19.jpgLa France Horlogère 1° Octobre 1927 , 26° année , n°19 , publication professionnelle bi-mensuelle , pleine page 38 x 27 cm . Jaz n’évoque que ses réveils ronds alors qu’en 1927 , ARTIST , NORMAL et BUREAU étaient au catalogue .bulletin fédéral 1929Bulletin Fédéral , organe officiel des Chambres syndicales des horlogers bijoutiers joailliers et orfèvres , mensuel 21° année Mars 1929 , n°133 , page 38  . Encart publicitaire , demie page , format 20 x 13 cm ; Tout au long de l’année 1929 Jaz a réédité la même publicité dans ce bulletin officiel publicité Jaz actualités n°18 1958Couverture de Jaz Actualités n°18 , Septembre 1958 . La une de ce  journal de communication interne avec les horlogers affiliés Jaz comptabilisent de tous les manières possibles l’importance des campagnes de presse de la marque au jaseur boréal .1968 HBJO de France Avril 1968HBJO de France Avril 1968 . En 1967 , c’est une PREMIERE MONDIALE pour Jaz : le calibre CF , qui équipe ses premières horloges à dateur , est le premier mouvement au monde à pile indiquant heure , seconde , jour et date .1969 la Vie des Métiers Oct 1969 23° année n°276la Vie des Métiers Octobre 1969 23° année n°276 . En 1969 , c’est une autre Première Mondiale pour Jaz avec le GENDIC à calendrier automatique , premières pendulettes à transistor au monde à indiquer le jour et la date .1970 la Vie des Métiers mars 1970 24° année n°281la Vie des Métiers Mars 1970 24° année n°281 . La page destinée au grand public est reproduite en avant première ; elle cible la période des communions pour laquelle Jaz avait l’habitude de cibler sa clientèle catholique , puisque l’usage était d’offir un cadeau aux communiants à cette occasion , comme le raconte Christophe GIRARD dans la défaillance des pudeurs .1972 La vie des métiers n°305 Mai 1972 page 10 et 11La Vie des Métiers , n°305 , Mai 1972 , pages 10 et 11 . Le succès de Jaz , de l’aveu même de ses fondateurs , est en grande partie à mettre au crédit de ses campagnes publicitaires au cinéma avant guerre . Mais les années de Gaulle sont marquées par un essor sans précédent de la télévision , qui voit le nombre de postes augmenter de près d’un million par an . Mais surtout la publicité de marque est autorisée à la télévision française , à partir d’octobre 1968 , sur la première chaîne de l’Ortf et apparaît en 1971 sur la deuxième chaîne , sonnant à terme le glas des régies publicitaires cinématographiques dont cette double page est un des derniers témoignages . Elle est pourtant bien talentueuse , cette publicité de l’agence Lafon & Associés , avec cette pellicule en forme de ressort pour réveil mécanique .1973 La France Horlogère n°337 novembre 1973 page 18 et 19La France Horlogère n°337 Novembre 1973 , pages 18 et 19 .  Abandonnant le cinéma ,  Jaz se lance dans campagnes publicitaires  Jaz télévisées faisant appel au très populaire marchand de sable de Bonne Nuit les Petits . 1973La France Horlogère n°332 Juin 1973 . L’horloge murale GRANDIC à transistor sert d’arrière plan aux petits réveils tel les CARDIC ,  DACRIC à mouvements mécaniques et un Jazistor à pile l’ANDRIC .
1974 la france horlogère n°341 Mars 1974 page 44 et 45La France Horlogère n°341 Mars 1974 page 44 et 45 . Seule la partie de droite est spécifique à la presse horlogère , les quatre publicités de gauche axées sur les montres Jaz reproduisent des pages que l’on retrouve dans Jours de France , Paris Match , Télé 7 Jours et Sélection du Reader’s Digest . On notera en bas de page , les références du stand Jaz à la foire de Bâle , Salon Mondial de l’Horlogerie , nommé Baselworld de nos jours . 1977 La France Horlogère N°378 Mai 1977 ala France Horlogère n°378 Mai 1977 . Cette publicité ne cible que les interventions radiophoniques de Jaz . L’année précédente c’est par un média plus original  , le Flexidisc , adressé directement aux horlogers affiliés qu’ ils étaient tenus informé de l’ampleur des campagnes publicitaires à la radio  de leur fournisseur .1977 La France Horlogère n°380 Juillet Août 1977 une couvertureUne du numéro 380 de la France Horlogère de Juillet Août 1977 , couverture plastifiée . En 1976, Jaz investit 10 millions de francs dans la recherche des réveils électroniques, qui représentent alors 83 % de la production contre environ 60 % en 1972 ;1978 La France Horlogère juin 1978 extraitla France Horlogère Juin 1978 . Publicité pleine page en noir et blanc , ciblée sur le seul MARTIC .1978 La France Horlogère n°387 mars 78 page 49La France Horlogère n° 387 page 49 Mars 1978 ; publicité en noir et blanc , ciblée sur le seul PRECIC .1978 La France Horlogère n°392 sept 78 réveils radio page 32 et 33la France Horlogère n°392 Sept 1978 . Ce ne sont pas moins de huit modèles différents  de radio-réveils qui sont présentés : de haut en bas et de gauche à droite  NATIC , FRECIC , MOFIC , LECIC , DELTIC , MUSIC , et deux variantes d’AUDIC . Etrangement , afin de faire volume , un MUSIC 2403-11 est ajouté dans cette publicité alors qu’il n’est plus en vente depuis deux ans !1978 La France Horlogère n°393 oct 78 Jaz Quartz présentoirla France Horlogère n°392 Sept 1978 . Sur ce superbe présentoir , ce ne sont que des réveils à quartz dont il est important de préciser qu’ils sont conçus et fabriqués en France à une période où le Japon domine ce qui est encore une nouveauté . Le quartz suscite une défiance certaine de la part d’une partie de la clientèle et surtout des horlogers qui tardent , pour certains , à s’adapter à cette nouvelle technologie venue d’ailleurs  .1982 hbjoLa France Horlogère 1981 . CERNIC , VILSIC MULIC , cette dernière horloge murale est une exception dans la gamme Jaz en raison de ses aiguilles et chiffres lumineux ce qui n’avait jamais été le cas depuis les origines de la marque  . Etrangement le nom de l’éphémère ARDIC à cadran blanc a été oublié . 1981 HBJO n°1 Sep Oct 1981HBJO de FRANCE n°1 Sept Oct 1981 ; En 1981, un accord est signé entre Hattori, le fabricant de  SEIKO et MATRA , nouveau propriétaire de Jaz . Une des conséquences résultant de cet accord est l’abandon par Jaz d’une partie de la fabrication des calibres mécaniques pour ses réveils et pendules à quartz au profit de mouvements japonais dont cette publicité fait la promotion car il fallait convaincre les horlogers affiliés Jaz souvent réticents face à l’invasion du Quartz . 1982 HBJO de France n°3 Janvier Février 1982HBJO de France n°3 Janvier Février 1982FUSIC , VALICTIGIC  et PARIC .1982 HBJO de France n°7 Sept Oct 1982 pendulettesHBJO de France n°7 Sept Oct 1982 ; revue professionnelle oblige on notera en bas de page les références du stand Jaz au 74° salon biannuel  BIJORHCA . L’année suivante , en  1983, malgré un contexte économique de plus en plus difficile en France, Jaz devient la première marque française d’horlogerie aux États-Unis avec plus de 200 000 montres et 100 000 réveils et pendules vendus . Apparaît alors le slogan Jaz le bon temps que nous avons repris pour nommer notre site 1982 HBJO n°5 Avril Mai 1982 a et bHBJO n°5 Avril Mai 1982 double page . L’allusion au célèbre western de 1952 avec Gary Cooper et Grace Kelly est évident ; à noter que Le Train Sifflera Trois Fois est certainement le film où les horloges ont le plus d’importance . Elles sont de plus en plus grosses à l’image et de plus en plus souvent montrées au fur et à mesure que la menace se rapproche.  L’action se déroule approximativement en temps réel , comme l’illustrent les plans récurrents montrant le cadran de l’horloge du bureau du shérif . Est cette abondance d’horloges qui a guidé Jaz dans ce choix  ? Ou la sortie , l’année précédente en 1981 , d’Outland reprise version S.F. spatiale avec Sean Connery de ce western mythique ? Certainement pas ! En revanche , lorsque paraît cette publicité  le film Le Facteur sonne toujours deux fois avec Nicholson et Jessica Lange  , gros succès de 1981 , est encore dans tous les esprits .1982 La France Horlogère n°437 novemb 1982 page 24 et 25La France Horlogère n° 437 , novembre 1982 ,  pages 24 et 25 . Plus aucunes allusions aux médias radiophoniques , ni au cinéma : dorénavant c’est sur la télévision et la presse que Jaz axe ses campagnes publicitairesjaz 1990Cette page , destinée aux horlogers affiliés en 1990 , donne une idée de l’effort consenti envers la publicité dans la presse par JAZ  .

LECOT horlogers à GRAY

chapellerie à GrayGrande Rue à GRAY , chef de lieu de Canton de Haute Saône . Photo de la fin XIX° .                                                                                                                                                  Le facteur distribue le courrier à côté de la chapellerie , sise au 81 Grande Rue , qui va devenir horlogerie bijouterie . La pharmacie est « centrale », la chapellerie est elle « parisienne » quand la teinturerie n’est que  » lyonnaise ».Lecot Gray et PharmacieAvant la Grande Guerre , trône en façade de l’horlogerie Lécot fils , une grande horloge suspendue en guise d’enseigne qui a remplacé le gibus en tôle ; une plus modeste paire de bésicle à droite du 81 indique que l’on exerce également en tant qu’opticien ; entre le premier et le deuxième étage une immense plaque CHRONOMETRE court sur toute la largeur de la façade ; on reconnaît deux publicités pour les montres Zénith : en lettres blanches collées sur la vitrine et une plaque émaillée sous le 81 . pharmacie et lecotCe contre angle depuis la pharmacie doit être quasiment contemporain de la précédente vue car on ne ne remarque aucunes différences notables .parade à GrayCette photographie de la parade de pêcheurs prise en hauteur nous permet de lire en entier la grande pancarte qui est en fait le nom de la boutique :  AU CHRONOMETRE . La paire de bésicle est passée à gauche de la façade .émile lécotEmile Lécot , né en 1884 à Gray , s’affichait en façade de son commerce comme Lécot fils , indiquant donc une filiation professionnelle avec son père . Grâce à son carnet militaire conservé aux archives de Haute Saône , nous savons que ce père c’est Eugène Lécot . Serait ce sa mobilisation du 1°Août 1914  au 16 mars 1919 qui en est la cause ? Toujours est il que l’on retrouve le nom d’Emile Lécot horloger dans les archives du Tribunal de Commerce de Gray en 1914 pour faillite .grande rue à grayUne petite pancarte suspendue Jaz réveil de précision indique que l’on est après 1921 , date du début de la commercialisation des premiers Jaz ; sans doute peu après d’ailleurs car cette petite plaque n’est pas distribuée par la marque qui n’a encore pas développé son matériel publicitaire à l’usage des commerçants . Ceux-ci faisaient encore concevoir ce type de produits localement .  Emile Lécot hors jeu , c’est A. Lécot qui s’affiche sur la porte d’entrée . lecot carnet militaire.JPGDécidément , les archives militaires sont des sources bien utiles puisqu’on y apprend que cet A.Lécot qui reprend la boutique AU CHRONOMETRE c’est Auguste Lécot , né en 1874 , non pas fils mais frère aîné du précédent et des six autres enfants du couple Eugène Lécot et Catherine Pigny .LECOT Grande rue à GrayAuguste Lécot est donc tout aussi légitime que son frère cadet à se déclarer Lécot fils , même sur l’enseigne/horloge de façade . Il fait grimper le nom de la boutique d’un étage , en ajoute une autre à la place :  Horlogerie Bijouterie ; ainsi que deux grandes plaques émaillées pour Zénith et les bijoux Fix .turlin gray.jpg La pharmacie voisine est remplacée par un assureur qui a certainement signé un contrat pour couvrir la belle fourgonette Fiat 505F que Lécot gare fièrement devant sa boutique . En haut à gauche , on ne peut lire que les deux dernières lettres d’une plaque émaillée  mais elles sont suffisement caractéristiques pour reconnaître celles de la marque de montres Oméga .Lecot à GrayRetour sur la photo à la Fiat 505F modèle 1923/25 : si la paire de bésicle est retournée à droite , près de l’assureur , c’est qu’elle a fait place à une plaque émaillée Jaz , première génération .A Lecot défiléCette plaque émaillée Jaz n’y était pas encore lors de ce corso fleuri de 1922 . Cette valse des plaques n’est pas spécifique à la Maison Lécot , au contraire , puisque les autres articles que nous avons consacrés à l’évolution des façades d’horlogers affiliés Jaz démontrent quasiment toujours la même évolution . Tout d’abord ce sont les plaques pour les montres ou chronomètres , en général , Lip , Zénith et bien sûr Oméga qui fleurissent , cohabitant en général avec les bijoux Fix ou Murat avant que n’apparaissent les plaques Jaz de différentes générations que rejoignent celles des carillons Vedette .

L’horlogerie Lécot n’échappe à la règle de la désertification des commerces dans les centres-villes de province ; actuellement les locaux sont vides et le resteront certainement après avoir accueillis d’éphèmères et improbables commerces , comme un Kebab et cette agence matrimoniale Love club Select qui a défrayé la chronique judiciaire locale il y a quelques années .

Fommerand horloger à Saulieu Côte d’Or

Fommerand saulieuHorlogerie Bijouterie Georges FOMMERAND 28 rue du Marché à Saulieu , Côte d’Or . On note la présence -en haut à gauche- près du numéro de rue n°30 du voisin – d’une plaque émaillée Jaz de première génération surmontée , comme souvent , d’une autre plaque pour les carillons Vedette tandis que trône au centre une plaque pour les montres LIP sans doute antérieure même si la photo date des années 20 .                                                                                                                                                                                                 C’est à cette période que Georges Jacques Fommerand épouse Anne Jeanne Henriette Fontaine . Ils ont eu au moins un fils : Jean François Fommerand né en 1926 à Saulieu qui prendra la voie tracée par son père puisqu’on le retrouve membre de la Société Chronométrique de France , en tant qu’ouvrier pratiquant , à cette même adresse en 1947 et en 1948 où on le qualifie cette fois d’horloger .rue du marché saulieuUne trentaine d’année plus tard la plaque Jaz a été changée pour une plus récente ; exit LIP et Vedette au profit des bijoux Murat