SCHTROUMPF réveil animé 1986 à 1989

schtroumpf (3)SCHTROUMPF , réveil animé , mouvement mécanique , calibre PA made in Germany par Peter Uhren . Corps en métal couleur  bleu , dos emboîté , diamètre 11 cm , arrêt de sonnerie au sommet , petit cadran du réveil en façade entre l’axe central et le XII , ,aiguilles  lumineuses  mais ni chiffres ni points lumineux , aiguille pontife pour l’heure . De dos , le Grand Schtroumpf se dandine à chaque seconde . Nouveauté du catalogue Jaz 1986 à la page 20 , référencée 2737 sous la marque Japy . Toutefois  à l’export , ils sont vendus avec le logo JAZ car la marque au jaseur n’ exploitait pas le nom de sa filiale à l’étranger  . japy-schtroumpfDe 1986 et jusqu’en 1988/89 , il continue à être présent aux catalogues Jaz et sur le marché français uniquement ,  sous l’estampille de sa filiale Japy schtroumpf (2)Jaz a vendu , à la fin des années 80 , une série de réveils animés assez sommaires – les rouages , et même le marteau au centre , sont majoritairement en Delrin – réalisée par son partenaire allemand Peter Uhren qui comprenait des licences avec tous les grands noms de la BD et même Barbie … Dès 1989 Jaz  diffuse ces produits dérivés sous l’estampille de sa filiale JAPY .schtroumpf (4)schtroumpf (6)Le dos n’est pas vissé – selon l’usage – mais simplement emboîté , il faut donc introduire un tournevis dans cette encoche pour commencer à désolidariser le dos du boîtier lui même . Evidemment il faut d’abord , comme sur cette image , dévisser ou enlever clefs et boutons .schtroumpf (7)Lorsque l’écartement est suffisant , cette deuxième encoche sera ouverte au bord du dos et il sera alors aisé avec le tournevis de l’écarter complètement du boîtier .schtroumpf (1) Le dos étant emboîté aux bords du boîtier , le marteau ne vient pas comme d’habitude frappé le rebord du dos / cloche  appelé aussi  timbre , sinon le son serait très atténué . Le marteau , que nous avons encadré en rouge, est en Delrin et placé au centre du réveil . schtroumpf (5)Il vient frapper un ergot riveté dont on voit la fixation au dos . 

Calibre PA 1967 à 1998

Ce calibre mécanique , très simple , né de la collaboration entre Jaz et Peter Uhren , était fabriqué en Allemagne et dotera 53 sortes de gros réveils Jaz et de nombreux Japy de 1967 à 1992 soit 32 ans et donc des millions de calibres produits  : un record !

Il en existe plusieurs variantes: 2 PA  à Rouages Delrin , 3 PA  à répétition de sonnerie (ex: FURIC) , 33 PA Crescendo ( ex: TROISIC) et 4 PA silencieux (tic-tac discret ou gamme Discreto; ex: NAUFIC) .

Il remplace le calibre U qui dotait les gros réveils de 1955 à 1967 .Jaz PA nylonsJaz Pa eJaz Pa dJaz Pa cJaz Pa bJaz Pa 1Jaz Pa 3Jaz Pa Peter UhrenLa mention GMBH est l’équivalent français de SARL ; GmbH est exactement l’acronyme de Gesellschaft mit beschränkter HaftungJaz PaJaz PA nylons aPour les dernières éditions , des rouages en Delrin remplaçaient les habituels rouages en laiton.massic évolution (3)on aperçoit sous la flèche un rouage blanc en plastique massic évolution (2)modernisation du marteau de sonnerie

AARABE LAKBIR horloger à Ouarzazate Maroc

Certes le vénérable Aarabe Lakbir – encore en activité – n’a certainement jamais été un horloger affilié par Jaz mais nous devions rendre hommage à cet horloger de Ouarzazate , la Porte du Désert , dont la naïve , mais attachante , plaque émaillée est une des plus charmantes preuves de la célébrité de Jaz à travers le monde .

Le texte ci-dessous et les photos sont intégralement repris du remarquable site historique de Mohammed BAYOUSSEF  http://memoire-ouarzazate-photo-documents-souvenirs.over-blog.com/

Cette boutique au-dessous de laquelle est suspendue la plaque de la montre Jaz, qui se trouve sur la ruelle des banques, qui mène vers hôtel Royal et la BMCE d’un côté et vers Kisariat Ahl Sous de L’autre Côté, appartient au deuxième horloger de Ouarzazate qui s’appelle AARABE LAKBIR ou pour les gens du coin LAMAALLAM BENIDAR. C’est le fils ainé d’un mokhazni de 31 Makhzen Mobil AARABE IDAR surnommé IDAR l’éboueur (IDAR ACHATTAB en arabe) à cause de son amour de faire la corvée du quartier toute la journée. Feu monsieur IDAR originaire d’Elklaa Sraghna comme un nombre important des Mokhaznis de Mobil, est venu à Ouarzazate dans les années 50, où il a exercé dans le goum puis à Makhzen mobil. C’était parmi les premiers qui ont eu leur permis de conduire de la première auto-école chez OTHMAN de TASSOMAATE (Othman dont nous avons amplement parlé). Durant les années 60 monsieur Idar avait une voiture parmi les premières d’Ouarzazate, c’était une Citroën noire avec une manivelle de démarrage qu’il actionne tôt chaque matin. A notre bonheur, pour la mettre en marche, il compte sur nous enfants de la caserne pour la pousser au départ. Lakbir AARAB plus connu à Ouarzazate par BEN IDAR l’horloger dont la mère feue Lalla Zahra était la sage-femme du douar avait un frère benjamin Larbi militaire et une sœur Aicha femme de foyer. Il est le seul de sa famille à rester à Ouarzazate à Ait GDIF après le décès de ses parents et son mariage avec une fille de la région. Tout jeune vers 1964, ses études primaires non achevées, son père le confié au seul horloger du centre de Ouarzazate monsieur BELYAZIDE pour apprendre le métier d’horloger qu’il aime tant. Monsieur BENLYAZID l’ex parlementaire au sein du parti de l’Istiqlal l’a pris en charge durant des années en tant qu’apprenti. Fin 1968 et début 1970, Lakbir à commencer à fréquenter les souks hebdomadaires à son propre compte en tant que réparateur de montres et d’horloges qui étaient dans le temps mécaniques Types Jaz, Dogma, Flica ,Lip, Zénith, Omega, Carillon, comtoise etc. montres très prisées par les collectionneurs. Apres des années d’expériences dans le métier, il s’est approprié le magasin sujet du présent article d’un joaillier juif partant vers la Palestine au nom d’Isaac (dont les fils gardent toujours contact avec Ouarzazate ils sont de Telmasla). Dans le temps, après l’abandon de Belyazide du métier d’horloger pour se consacrer à la politique, Ben Idar était le seul artisan horloger connu par sa rigueur, la précision de son travail et son savoir-faire pournettoyer, réviser ou réparer une montre de luxe, une vieille horloge  qui a besoin d’être. Par ses connaissances, il prend le soin même de vous donner les meilleures explications sur ce qu’il entreprend dans son échoppe et travaille sous vos yeux à son établi et répare des mécanismes de montre quelque fois très complexe et anciens.

ouarzazate (2)Mais, vu la lourdeur de l’âge et la baisse de la vue, malgré des lunettes à forte dioptrie (on disait dans le temps lunettes à verres des fonds des bouteilles d’huiles (’قاع الزجاجة), Lakbir à cesser depuis 1974 de se déplacer aux souks et s’est contenter de son magasin jusqu’à aujourd’hui.

Enseigne lumineuse

enseigne-01

Enseigne lumineuse à destination des façades des distributeurs JAZ : horlogers , bijoutiers et joailliers . Format 74 x 54 cm . Sur secteur 220 volts .

Elle date probablement de la fin des années 80 . Le logo , tel qu’il est présenté sur cette enseigne , a perdu la mention « Quartz » en 1987 que l’on retrouve en revanche sur cette autre enseigne , plus ancienne , puisque tous les modèles de la collection étaient équipés alors d’un mécanisme à quartz .

l'angle d'or 3

On la trouve encore sur la façade de la bijouterie »L’angle d’or », rue de la République à Pamiers  en Ariège5 rue de la Chapelle ou 5 rue de la Chapelle à Paris XVIII°.

 

 

 

Vous la retrouverez également sur les vues d’anciennes cartes postales.

Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Horlogerie Bijouterie AUBRUN à Chauvigny 1920 à 2000

Nous devons l’essentiel de cet article à Max AUBRUN  ex-conservateur des musées de Chauvigny et co-auteur du remarquable ouvrage de 460 pages : CHAUVIGNY 1851- 1970 120 ans de photographies . Nul n’était mieux placé que lui pour retracer l’histoire de la bijouterie AUBRUN fondée par son grand père Maxime AUBRUN , par ailleurs maire de cette petite ville de la vallée de la Vienne et successeur de Henri BOZIER l’horloger bijoutier de la rue du Marché . Son fils Pierre AUBRUN reprendra le flambeau qui le transmettra à son tour à son propre enfant Max AUBRUN qui – par chance pour tous –  a fait œuvre d’historien pour sa ville et sa famille : qu’il en soit remercié !Chauvigny 0 Chauvigny 1Chauvigny page 298Chauvigny 2

Chauvigny page 300.jpgL’identification des pendules , aux styles les plus caractéristiques , apparaissant dans cette vitrine permet de dater cette photo un peu au delà de l’estimation de l’auteur puisqu’elles sont toutes extraites du catalogue 1964/65 .

 

Chauvigny page 407 600ppLes réveils , à cloche surmontés d’un anneau , qui sont bradés ne sont pas des Jaz , en revanche le réveil géant est bien un Jaz de vitrine , du même  modèle que celui du Raja de Nanpara ; à n’en pas douter il n’est pas bradé mais fait la promotion des Jaz que les AUBRUN  distribuait dès avant -guerre .Chauvigny page 406 600ppMax sera , plus tard , le troisième AUBRUN  à la tête de l’horlogerie bijouterie  jusqu’à sa fermeture .Chauvigny Foire 600ppil n’est pas bien difficile d’identifier une LUMIC à son néon annulaire allumésachets AUBRUN 1938Trois sachets de réparations au nom de Maxime AUBRUN , modèle 1938 , format 11 x 7,5cm

Romuald et Juliette de Coline Serreau 1989

Après le triomphe de Trois hommes et un couffin en 1985 et ses 12 millions d’entrées,  Coline Serreau orchestre avec ce Romuald et Juliette , un conte de fée moderne et joyeux , doublé d’une jolie leçon de tolérance à la fois sociale et raciale . Romuald un PDG survolté , incarné par Daniel Auteuil , tombe amoureux de Juliette sa femme de ménage Firmine Richard au milieu des mesquineries de leur entourage .

Cet imbroglio nous emmène dans le minuscule appartement de Juliette , élevant seule ses cinq enfants . L’œil avisé remarquera de nombreux réveils mécaniques dans la chambre à coucher. Mais c’est dans la cuisine que l’on identifie un PEINTRIC . Sa présence n’est pas que décorative puisqu’il occupe une position centrale pour nous indiquer l’heure tardive de ce conciliabule .

 

ACCUMULATIONS de Réveils par ARMAN

Arman, Alarm Clocks (Reveils), 1960. Collection Museum of Contemporary Art, Chicago Réveils 1960 par ARMAN au Museum of Contemporary Art of Chicago               Grâce au talent d’un des artistes français les plus connus au monde , de nombreux réveils Jaz ornent les cimaises des plus grands musées et les vitrines des plus grands collectionneurs.                                                                                                                                              Effectivement , il est aisé de reconnaître au moins dix Jaz dans cette œuvre emblématique du plasticien , mondialement célèbre , ARMAN . Son style le plus reconnaissable , ce sont des collections d’objets communs et identiques qu’il a agencé dans de la résine  ou dans du plexiglas . Ses accumulations d’objets effacent leur singularité et renvoient une image de profusion , en même temps qu’elles soulignent le caractère périssable des produits de la société d’abondance . L’artiste offre ainsi une nouvelle perception de la réalité , notamment des objets du quotidien .portrait armanARMAN Armand Fernandez ( 1928 Nice + New York  2005 ) est un artiste franco-américain , peintre, sculpteur et plasticien , renommé pour ses « accumulations ». Il fut l’un des premiers à employer directement , comme matière picturale , les objets manufacturés , qui représentaient pour lui les prolongements multiples et infinis de la main de l’homme qui subissent un cycle continu de production , consommation et destruction . ARMAN réalise d’abord plusieurs œuvres dans lesquelles apparaissent des traces de tampons ; « cachets » à l’aide desquels il applique la peinture sur la toile . Il marque ici une rupture avec l’outil traditionnellement utilisé en peinture qu’est le pinceau . L’objet , après avoir servi à l’artiste à peindre , est peu à peu intégré dans ses toiles en tant que matière . Les objets , qui servaient habituellement de modèles pour la peinture , se retrouvent directement intégrés dans ses œuvres . Ce procédé crée la confusion entre la réalité (l’objet) et sa représentation (la toile) , puisque les deux sont amalgamés.

Diverses accumulations par ARMAN

Lorsque vous regroupez des objets , des morceaux d’objets qui se ressemblent par leur forme ou leur couleur , vous obtenez « naturellement » une construction qui semble organisée , donc éventuellement une œuvre d’art . Les accumulations d’objets représentent d’une certaine façon la consommation de masse qui symbolise une époque . Elles rappellent aussi que l’homme est un consommateur qui existe à travers et par l’objet

Dans certaines de ses œuvres , ARMAN détruit les objets par des colères souvent violentes ou par des découpes au contraire chirurgicales . L’artiste va au delà de l’illusion induite par les objets , qui s’offrent ainsi à nous et nous rappellent que consommer c’est détruire . On peut aussi y voir une allégorie du temps qui passe , aussi les montres et réveils ont été beaucoup employés par ARMAN dans ses accumulations .

Avec à la République , aux drapeaux de marbre , à l’entrée de l’Elysée mais surtout le duo  Consigne à vie  et l’Heure de tous érigés devant la Gare St Lazare , un public plus large découvre l’œuvre de ce membre fondateur des Nouveaux Réalistes .                          En amalgamant voitures , horloges , valises , etc , dans des matières telles que le béton , l’artiste crée une sorte d’allégorie pompéïste . Il vient ainsi sacraliser l’objet et l’immortaliser , évoquant alors un processus de fossilisation .

Les montres , les réveils , les horloges et même les rouages d’horlogerie ont fait l’objet d’accumulations comportant pour certaines des réveils JAZ plus ou moins identifiables .

Pour des œuvres plus tardives et surtout qui font l’objet de tirages multiples , comme ses Réveils en colère ou son Oiseau -réveil , il utilise des JERGER et un JUNGHANS à répétition ,  sans doute , parce qu’ils sont encore commercialisés . minutes armanIl emploie également des réveils neufs d’origine chinoise pour Minutes .

Arman, Alarm Clocks (Reveils), 1960. Collection Museum of Contemporary Art, ChicagoAlarm Clocks ( réveils ) au Museum of Contemporary Art of Chicago . En revanche des JAZ usagés sont à l’honneur dans cette accumulation de 1960 .museum of contemporary artNational Gallery of Art East Buildingchicago museum of contemporary art.jpg détailAlarm Clocks ( réveils ) au Museum of Contemporary Art of Chicago : détails.O'clock 1998 armanDans O’clock de 1998 , malgré la mauvaise qualité de l’image , on reconnaît quelques BAYARD mais évidemment aussi les silhouettes de plusieurs  JAZ , dont un ou deux CINTRIC ou SLAVIC , entre autres .Arman par Fabrizio GarghettiARMAN , en 1989 devant l’objectif de Fabrizio Garghetti , travaille sur des réveils découpés et maculés de peinture .

Ce simple GROLIC , en se faisant détruire et à demi emmurer dans une plaque de béton , est paradoxalement devenu un des Jaz les plus chers au monde, apparaissant comme une trouvaille archéologique .

Compressions de CESAR  lui aussi membre des Nouveaux Réalistes   (à gauche un Jerger Chambord ; à droite un Equity )

Comme ARMAN , les réveils ne pouvaient échapper au vocabulaire de César , son complice et néanmoins frère ennemi , mais dans une moindre proportion . Toutefois la technique offensive des compressions rend l’identification des réveils utilisés plus compliquée qu’avec les accumulations , même si à droite les petits triangles au dessus de III VI IX et XII , les chiffres 6 et 9 très noueux permettent l’identification immédiate d’un Bayard Stentor . En revanche nous n’avons pas reconnu jusqu’à présent de Jaz , de manière certaine , dans son œuvre .