Marcel CARPANO directeur Usine JAZ de Wintzenheim

Monsieur Marcel CARPANO – tout à droite – directeur de l’usine alsacienne Jaz à Wintzenheim, appartient à la branche savoisienne de « l’aristocratie » de l’horlogerie française. En ce sens, qu’il est le descendant d’une dynastie de grands fournisseurs de l’horlogerie européenne, et membre d’une famille qui a fondé deux autres entreprises à la renommée universelle. Nous verrons dans l’article sur Jaz et l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses, que Marcel CARPANO y a été élève de 1926 à 1929, et qu’à l’issue cette formation, il lui a été décerné une flatteuse médaille d’Argent en 1929 . Consultez également notre article sur Cluses et la Vallée de l’Arve.                                                                                                                  L._Carpano_Cluses_Inserate Même si vous êtes un bon collectionneur de montres, il est fort peu probable que ce patronyme de CARPANO , vous soit aussi familier qu’il l’est pour un horloger réparateur. En revanche, aucun savoyard de la vallée des horlogers ne l’ignore et vous connaissez inévitablement les deux grandes diversifications des CARPANO: SOMFY ou MITCHELL.

Trois articles en construction compléteront,  très prochainement, cette parution: Jaz et l’Ecole Nationale d’Horlogerie; Les implantations géographiques de Jaz et de l’horlogerie en Europe de l’ouest; Le Décolletage 

1carpano21fi03Louis Carpano (1823 + 1919) est un industriel, qui a développé à Cluses l’industrie de l’horlogerie, de l’hydroélectricité et du décolletage dans la vallée de l’Arve. Originaire du Piémont Sardois, il est né à Val di Mosso, près de Biella et décède à Turin à 95 ans en 1919, année de fondation de Jaz.

Ecole Nationale d'horlogerieLouis a effectué ses études à l’Ecole d’horlogerie de Cluses, dès l’âge de 19 ans, sous la direction du fondateur Achille Benoit. PATEK-PHILIPPE-Cie-watch-ancienneAprès avoir travaillé à Cluses, il va se former chez l’horloger Patek, en Suisse vers 1854.

En 1860, il perfectionne la machine à tailler les fraises et met au point la fraise à arrondir. C‘est sa première invention. En 1860, la Savoie est annexée par la France de Napoléon III par référendum, mais Louis préfère conserver sa nationalité piémontaise. Son savoir-faire fut rapidement remarqué à son retour à Cluses, en 1868.Diplome impérial En bas de ce diplôme de l’Ecole Impériale d’Horlogerie en trouve sa signature barrage et usine carpanoL’ex-usine Rossel , ex-usine Jaccottet , devenue Carpano au bord de l’Arve

À partir de 1869, il s’associe à Henri Jaccottet, qui dirige une usine d’étirement de l’acier à pignons et produit des dents d’engrenage, sur le site de l’ancienne Manufacture Rossel de Cluses, implantée au bord de l’Arve, cette rivière qui vient du Mont Blanc, traverse toute la vallée et se jette dans le Léman. Ce puissant torrent est une belle source d’énergie à disposition. Opportunité dont ne bénéficiera pas l’usine Jaz implantée à Puteaux. Louis Carpano décide d’agrandir l’usine de l’Arve en 1873.

En 1876, son atelier est le seul à être mécanisé, alors que partout ailleurs on travaille à la main. En 1893, il installe une turbine de 500 chevaux et obtient pour toute la vallée, une concession électrique de 1893 à 1938, ainsi qu’une concession pour la fourniture d’eau, si bien que Cluses est parmi les premiers bourgs français à être éclairé à l’électricité et alimenté en eau courante. Le cours de l’Arve n’est pas totalement fermé pour permettre la flottaison des bois exploités dans les montagnes: pas d’écluse à Cluses.carpano château Carpano, à la tête d’une impressionnante fortune, se construit une luxuriante villa sur les hauteurs, au dessus des citernes d’eaux, s’attirant des critiques xénophobes contre ce riche « étranger ». Et pourtant, avant 1860, tout ce petit monde des savoisiens étaient des sujets piémontais. Après l’annexion ils deviennent des savoyards,  mais ce sont les mêmes! catalogue Fisseau et CochotCalviniste neuchâtelois, son associé Jaccottet, après s’être converti au catholicisme et avoir épousé une fille du cru, devient maire de Cluses. Il propose à Carpano un autre partenariat et ils fondent ensemble une manufacture pour produire et vendre des pièces d’horlogerie, des fraiseuses et des outils d’horlogers.atelier Carpano À la mort de Jacottet, Louis Carpano devient le propriétaire de cette  affaire qui prospère  à fournir des grands fabricants de montres et horloges. A noter qu’aucune entreprise de la Vallée de l’Arve ne produira de produits finis: ni montres, ni réveils, ni horloges. Exceptés les Dépery, sous la marque DEP, qui distribueront leurs propres réveils.carpano usinePapier à en tête de Louis Carpano en 1893, prouvant encore une fois, combien les industriels exagéraient l’ampleur et la modernité de leurs manufactures comme nous l’avons démontrés dans notre article: Jaz et les autres usines horlogères dans les publicités.                                                         constant carpanoCourrier période Constant CARPANO 1914 carpano 4 (2)                                                                                                                                                                                                                           Constant Carpano Constant CARPANO en 1910 sur la nouvelle roue de la centrale électrique.

Louis Carpano, le fondateur, n’a pas eu d’enfants, mais son neveu, né en 1869, Jean Constantin dit Constant, rejoint l’entreprise familiale en 1896, où son oncle le forme pendant six ans. carpano 1892En 1902, Louis prend sa retraite à l’âge de 75 après avoir passé plus de 40 ans dans l’industrie et le commerce. Logiquement, il  passe le relais à son neveu Constant.Carpano-1915-Pendant la Grande Guerre, l’une des usines Carpano qui se consacre à l’armement compte 72 ouvriers, dont 22 militaires. Dès Octobre 1914 des fusées complètes y sont fabriquées: quasiment le premier produit fini fourni par une entreprise de Cluses. On verra  dans d’autres articles à venir, qu’à chaque conflit, les usines d’horlogeries sont sollicitées pour des mécanismes de fusées d’obus;  Japy pendant la première guerre, Lip pendant la Seconde Guerre. Pour la guerre de Corée, ce sont Lip et Jaz qui se partagent des contrats colossaux, pour  fournir les armées françaises et américaines.  carpano 23 aout 1925En Août 1925 , un drame de la route entache l’image de la famille .

Charles Pons & Léon Carpano  et documents Carpano & Pons 1939 et 1954.

Constant Carpano a trois enfants: une fille mariée à Charles Pons, et deux garçons: Léon et Henri. En 1927, à la mort de Constant Carpano, Léon Carpano  et son beau-frère Charles Pons fondèrent la société « Carpano & Pons », une manufacture de mécanique, micro-mécanique et décolletage de précision qui produira les moulinets de pêche Mitchell et le premier lève volet Somfy.carpanon -pons-Carpano & Pons  le dernier site , avant sa transformation en pépinière d’entreprises .

Créé en 1969, leur filiale Somfy est leader mondial en motorisation et automatisation des ouvertures. SOMFY est l’acronyme de Société d’Outillage et de Mécanique de FaucignY, le Faucigny étant l’une des six provinces historiques de la Savoie, celle où se trouve Cluses. Vous avez probablement, chez vous un portail, une alarme, une télécommande, un interphone de marque SOMFY. Entreprise d’ampleur mondiale, implantée dans 60 pays, aux 7.800 employés, pour un chiffres d’affaires dépassant le milliard d’euros, mais dont le siège social reste à Cluses! C’est la vengeance des sous-traitants toujours dans l’ombre des grandes marques, satellite laborieux de la Suisse triomphante. C’est bien tard, qu’enfin, les clusiens ont produits des rasoirs électriques, des compteurs, des instruments de mesure, des relais, etc, pour eux  mêmes.

les-moulinets-de-peche-de-la-vallee-de-larve cutLes moulinets de pêche sont une des diversifications les plus répandues dans la vallée de L’Arve dite Technicvallée, pour des fournisseurs qui rêvent tous d’atteindre le statut de producteurs et plus simplement celui de fournisseurs.

Sur cette page: quelques-uns des producteurs locaux, parmi lesquels, il faut mettre en évidence SAP, qui est le nom que se choisit DEP pour ses propres moulinets. Jaz n’a pas eu vraiment ce genre de diversification, à part un clignotant automobile et un tournebroche, mais le succès de la marque au jaseur la tenait à l’abri de ce genre de velléité. Pour DEP, cette polyvalence n’aura pas de suite favorable, sur le long terme  contrairement à Mitchell.mitchell logoMitchell ClusesEffectivement, en 1948, Carpano & Pons Cie sort un moulinet d’un type si moderne et abouti qu’il est encore très proche de ceux d’aujourd’hui. Mr Pons, en hommage à son frère Michel qui venait de mourir, appela son moulinet le Mitchell 300. Avec cette consonance américaine et un succès fulgurant en France, il s’exporte très rapidement aux USA, atteignant des volumes de production faramineux, allant jusqu’à 100 000 unités par mois; avant l’essor du géant Somfy, Mitchell tenait déjà le haut du pavé et  les ventes de ses moulinets représentaient 50 % des exports de toute la Savoie: vertigineux ! fin_activite_mitchell-00_00_04_08-3278819La crise pétrolière marque le début du déclin jusqu’au dépôt de bilan en 1981, la reprise en 1982, la renaissance progressive sous pavillon américain puis, finalement et malheureusement, une fermeture en 2017 sous la pression de financiers lointains. Triste chanson, maintes fois entendue, dans l’industrie horlogère européenne, entre autres.usine carpano et ponsSi Mitchell ne communique pas sur son grand site moderne de la zone industrielle de Cluses, vu plus haut, c’est d’évidence parce que son ancienne usine est au bord d’une rivière qui ne peut qu’inspirer sa clientèle de pêcheurs.

Mitchell montresVers 1970, juste retour des choses pour une entreprise horlogère, à l’origine, Mitchell proposait à sa clientèle de pêcheurs, des montres forcément étanches, dans la presse halieutique.

Toutefois Carpano & Pons avait déjà amorcé sa conversion et n’avait jamais distribué de montres complètes. La production de ses montres est donc confiée à LORSA, pour Ste HORLOGERIE DE SAVOIE d’Annemasse. Merci au site Chronographes qui présente de nombreuses infos et dix Mitchell.carapano & pons De nos jours l’ESPACE CARPANO & PONS accueille, depuis 1993, le musée de l’horlogerie et du décolletage qui retrace l’histoire de l’horlogerie et du décolletage. Il est situé dans l’ancienne usine Carpano, au 100  place du 11-Novembre, au bord de l’Arve, à Cluses. Il comprend de précieuses collections liées à l’horlogerie depuis ses origines il y a trois siècles. Le musée propose deux thématiques au cours de la visite. Le premier thème aborde la mesure du temps ainsi que la recherche de la précision à travers l’histoire, le second permet la présentation des techniques horlogères, une évolution de l’artisanat à la mécatronique.espace carpanocluses HorlogesUne salle d’exposition, où apparaît une rangée de sept VIRIC, estampillés non pas Jaz sur le cadran mais ENH dans un grand C, pour Ecole Nationale d’Horlogerie à Cluses. Dep vitrine vue largeLa vitrine des réveils locaux DEP Dep vitrineVitrine DEP, détail déperyRares pièces de François Dépery, fondateur de la dynastie DEP, à Scionzier, juste à côté de Cluses. Les Dépery seront à six reprises maires de cette commune; La dynastie Dépery dirigera DEP avec François-Auguste, François, César, Narcisse et Christian jusqu’à la reprise par Seiko, évidemment! expo de moulinetsExposition temporaire de moulinets en fants au musée ponsSous cloches, des spiraux géants font le bonheur des petits et des grands

 

Jaz et l’Ecole Nationale d’Horlogerie de CLUSES

Consultez d’abord notre article sur l’histoire de l’implantation de l’horlogerie dans la Vallée de l’Arve , pour mieux appréhender cet  article.

 

HISTOIRE ILLUSTRÉE de l’ENH de CLUSES

Ecole Nationale d'horlogerieLe 31 mars 1848, un décret du gouvernement Sarde crée l’Ecole Royale d’Horlogerie à Cluses. L’école est installée dans l’ancien couvent des Cordeliers, à l’emplacement de l’actuelle mairie de Cluses. Surnommée familièrement L’Horlo, l’Ecole Royale puis Ecole Impériale et enfin la très réputée Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses ou E. N. H. C. , devenue Lycée Charles Poncet, a fêté en 2018 ses 170 ans d’existence.

Son premier directeur sera Achille BENOIT, qui en 1835 avait fondé la Manufacture Royale d’Horlogerie de Versailles. Très naturellement l’implantation d’une école horlogère devait se faire dans cette vallée.  En 1863, Napoléon III reconnaît l’existence de l’école qui devient impériale, sous la responsabilité de l’État. L’enseignement y devient gratuit, le recrutement devient possible dans l’ensemble du territoire national, ce qui s’inscrit dans la réforme général de son ministre Victor Duruy: développer une instruction primaire gratuite laïque et obligatoire.

enh De 1880 à 1886, c’est la construction de la nouvelle école.a-l-ecole-d-horlogerie-de-cluses-en-1911-avec-au-premier-plan-un-tour-manuel-tandis-que-les-eleves-travaillent-sur-un-tour-electrique-de-decolletage-1538384351ENH en 1911 : élève travaillant au premier plan sur un tour manuel , les autres sur des tours électriques

1886-1914 : Période forte de l’Ecole Nationale d’Horlogerie, marquée par sa participation à de nombreuses expositions internationales de Londres, Paris, Chicago, Bruxelles, Anvers, Milan et Turin où elle est récompensée par de nombreux prix. Sa renommée s’étend à la France entière et au delà avec un recrutement international sur concours d’entrée.

1905-1934 : Charles PONCET, originaire d’Arâches juste à côté de Cluses, dirige l’Ecole dont il a été l’élève . Homme aux qualités et dynamisme exceptionnels, il laissera son nom au lycée et à la rue qui passe devant l’école.

Pour le cinquantenaire de l’annexion de la Savoie, le Président de la République est en visite en Savoie, comme Napoléon III en 1860.

fallières sort de l'école1910 le président Fallières sort de L’ENH de Cluses

1918-1940: Les besoins de l’armement, lors de la Première Guerre Mondiale, amènent la naissance d’une industrie nouvelle dans la vallée: le décolletage. C’est ainsi que l’Ecole s’adapte et développe une section de mécanique de précision créée en 1892, qu’elle met en place une section d’appareillage en 1937, puis une section technique qui permet l’admission à l’institut de chronométrie de Besançon en 1940. Pour accueillir tout ce monde, il faut des bâtiments.

infirmes à Cluses

En 1920-23 est construit « la Chapelle », en réalité un atelier pour les handicapés de guerre. L’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses accueille ses premiers mutilés de guerre, dès 1915, pour l’apprentissage d’un nouveau métier. Ils seront plus de 350 à se former au métier d’horloger-réparateur ou de mécanicien de 1915 à 1929.

EPSON MFP image En 1928 s’ouvre l’internat,  à droite en fin de construction.

1937 CLUSES école1937 l’Ecole s’agrandit encoreinternat L’internat comprend 270 internes en 1939.        Cluses terrain desport et montagnesEtablissement moderne, doté de terrains de sport dans un cadre idyllique.

1940-1945 : Les premières années de guerre se passent tant bien que mal pour et l’Ecole, malgré la mobilisation de certains professeurs et l’afflux d’élèves de Morez et de Besançon qui se trouvait alors en zone occupée, parce que ce sont d’abord les italiens qui occupent la Savoie, enfin ils essayent.

cluz41944 Soldats allemands aux jumelles depuis les fenêtres de l’ENH   19444 cluses école1944 Troupes d’occupation dans la cour de l’ENH

Mais en 1943, la Wehrmacht remplace les italiens et réquisitionne une partie des locaux,  jusqu’en mai 1944 date à laquelle la réquisition devient totale et arrive la Gestapo. Le directeur, doit renvoyer les élèves dans leurs foyers.

cluses libération Le 18 août, l’Ecole est libérée par les résistants cluses promotionPromo 1947, la plupart des élèves sont de moins en moins là pour l’horlogerie mais de plus en plus sur le décolletage.

1948 1952 promo Promo 1948/1952 qui comprend trois femmes, enfin! l_ecol121948 la façade de l’Ecole ornée d’une grande horloge provisoire.Marc diplomé ENHC

ENH montre de finMontres de fin d’études, entièrement réalisées par des élèves en quatre ans             CLUSES1953-1991 : L’année 1953 voit la construction des ateliers, dernier agrandissement de ce qui est dorénavant un grand complexe.

Peu à peu la centenaire E. N. H. C. devient un lycée polyvalent. La dernière promotion d’horlogers formés à Cluses quittera l’école en 1988, il ne restait que cinq élèves… signe des temps et de l’évolution des techniques! En revanche, le lycée voit ses effectifs exploser, avec plus de 1200 élèves. L’horlogerie n’est plus son domaine de prédilection, l’établissement est désormais un lycée technique. Mais longtemps être diplômé de l’ENHC restera un honneur convoité et une garantie d’excellence connue de tous.

 

l’ENH de CLUSES et JAZ

ClusiensBulletin des Anciens de Cluses Octobre 1950

Comme toutes les écoles professionnelles de haut niveau, l’Ecole Horlogère de Cluses, éditait un bulletin où cette liste de 21 Clusiens a été publiée: cette abondance d’élèves valut à Jaz le surnom, aujourd’hui politiquement incorrect, de Cluses-Cluses Clan.

promotion 1934La promotion 1934 de l’Ecole de Cluses, dont faisait partie Monsieur P. DELCASSAN, préparateur fabrication chez Jaz en 1950. 1937 les premières annéesPromotion 1937 les premières années. Bien que l’ENH soit mixte, on identifie qu’ une seule élève sur la photo, en raison de son genre, jouit d’une position centrale sur la photo. O. Maillard, chef d’atelier montage pour Jaz, est dans ces rangs. 

1937 atelierUn Atelier d’Horlogerie en 1937 . Toujours au centre , on identifie une élève à sa longue chevelure. D’autres photos nous montrent, hélas, un maximum de deux filles par année.

Planches d’élèves

 

 ÉLÈVE CARPANO

 1: M.VOIRIN        2: M.SATO de Tokyo-Clock     3: M.CARPANO

Le principal centre horloger Jaz, de Wintzenheim en Alsace, était dirigé depuis 1952 par Marcel Carpano, qui a étudié à Cluses de 1926 à 1929, cycle couronné par une Médaille d’Argent en 1929. Un centre rend hommage à Cluses aux CARPANO, importantes figures de l’horlogerie. Consultez l’article que nous avons consacré aux CARPANO et CLUSES.

 

ÉLÈVE GAILLARD

gaillard 1957_(3)[1]Avoir été un élève de l’Ecole de Cluses, en être diplômé, et beaucoup mieux, avoir été Médaille d’Argent de sa Promo, comme Monsieur Gaillard  et Monsieur Carpano, est un honneur et une garantie pour la clientèle que l’on affiche sur sa boutique, de générations en générations, pour cette dynastie d’horlogers.

 

ÉLÈVE  LAVIGNE

Lavigne ClusesEn-tête d’un horloger ancien de l’ENH, Médaille d’Argent lui aussi, installé à Cannes, mais attention il existait plusieurs Ecoles Nationales D’horlogerie en France: à Cluses, Anet, Mortaux, Lyon.

ÉLÈVE GALOU
galou élève de Cluses
 ÉLÈVE DÉPÉRY

Dep Savoy chrome Durée Elégance Précision, tel était le slogan publicitaire de la société DEP, seul  fabricant clusien de réveils et pendulettes, entre 1918 et 1953. François Dépéry, à la sortie de l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses, reprend l’entreprise familiale qu’il fait prospérer avec son frère Narcisse, dont une gamme portait le nom de SAVOY.

CLS20Grand défilé de la Libération d’Annecy rue Royale, le dimanche 20 août 1944, outre les trois résistants à son bord, c’est la Delahaye 135 qui suscite notre intérêt: achetée en 1937 par Cyriel Dépéry, jeune membre de la famille des industriels de Scionzier et résistant dans l’Armée Secrète. Cette voiture exceptionnelle a été la vedette de la vente Artcurial à Rétromobile 2014, revendue un demi million d’euros, elle était déjà à l’époque un véhicule de grand luxe, preuve de la réussite industrielle de DEP.

Jean Edmond DeperyNotre dépouillement des dossiers militaires de Haute Savoie, fait apparaître la famille Dépéry comme une impressionnante lignée d’horlogers avec plus de trente appelés – tous frères pères cousins et neveux – qui se déclarent comme tels aux conseils de révisions. Même Claude, né en 1886 de père inconnu et portant le nom de sa mère, est horloger à Genève. Une analyse plus fine de la manière dont ils se déclarent aux autorités reflètent l’évolution de l’industrie dans toute la vallée. Ci -dessus, Jean Edmond est d’abord déclaré comme horloger-cultivateur, synonyme de paysan horloger. Ce couplage professionnel pourrait sembler aussi incongru que celui de chirurgien-danseur, si l’on ne connait pas l’histoire de l’horlogerie en Franche Comté ou en Savoie. Pour avoir une activité hivernale, les paysans se faisaient horlogers. Jean Edmond est le dernier des paysans-horlogers de la famille, tous les autres se voient comme des horlogers puis, à partir des années 20, certains se présentent comme décolleteurs ou mécanicien de précision.

depery 1887 pierre lon crtinDeux exceptions toutefois: Marie Emile Dépéry, né en 1891, qui se déclare facteur des PTT en 1937, mais l’honneur est sauf, puisqu’il avait été initialement enregistré comme horloger. Pour Pierre Léon, l’exemption allait de soi puisqu’il est signalé sourd muet, ce qui n’aurait pas forcément dû l’écarter de l’horlogerie, sauf qu’on diagnostique aussi: idiotie, quand il est question de crétinisme. N’y voyez rien de péjoratif, il s’agit d’une infirmité.

Crétin des Alpes n’est pas qu’une des insultes fleuries du Capitaine Haddock, c’est une terrible maladie: le crétinisme, ensemble de troubles physiques et de retard mental provoqué par une grave insuffisance thyroïdienne non traitée. L’absence d’iode dans  l’alimentation alpine faisait, qu’en 1850, cette région recense environ 20 000 crétins et 100 000 goitreux, sans compter ceux du Valais Suisse. L’histoire du crétinisme et de son éradication est celle d’un épouvantable retard qui devrait nous interpeller de nos jours. Celui d’une recherche médicale qui, par ses hésitations, ses disputes, ses certitudes aveugles et ses susceptibilités mal placées, a sacrifié à sa prudence et à ses dissensions, trois générations de crétins alors que l’on se doutait que la solution était d’ajouter de l’iode au sel, comme c’est le cas dans votre paquet de sel: vous pouvez vérifier. D’ailleurs la consommation de sel diminuant, la dose d’iode va être augmenté dans votre salière, comme en Suisse récemment.

Si DEP n’existe plus, la famille reste avec Jean Dépéry à la pointe de l’horlogerie européenne. En 1997, il fonde une très prestigieuse marque de montres qu’il nomme modestement du nom d’un des clients historiques de sa famille: Emile CHOURIET. Né en 1949, il ne pouvait bénéficier comme ses ancêtres d’une formation à l’ENH de Cluses qui ferme ses portes en 1989, il étudie donc la micro-technique à l’université de Neuchâtel et devient un ingénieur de génie en mouvements d’horlogerie.

 

ÉLÈVE DANCET

 

FERDAX, le célèbre déclencheur automatique pour appareil photo, est fabriqué au sein du triangle du décolletage formé par les communes de Cluses, Scionzier et Marnaz, par la famille DANCET. FERDAX est la contraction de François FERnand DAncet.Marnaz_(François_Dancet)L’usine a été fondée en 1872 par François Dancet (1860-1926). Après sa mort, son  fils François Fernand Dancet (1892-1967) qui a été formé à l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses – promotion 1912 – reprend l’entreprise et ne  produit plus uniquement des pièces d’horlogerie, mais aussi des pièces détachées pour l’industrie automobile, les bicyclettes, l’aviation, les appareils d’électrotechniques, l’optique de précision, la téléphonie, la télégraphie, les appareils de mesure , etc. Le déclencheur FERDAX est le seul produit fini qu’il distribue directement, à partir des années 40.

 

ÉLÈVE VAILLANT

 

Le pneu clou a été inventé à Cluses par un ancien élève de l’ENH, issu d’une famille de quincaillier. Après sa sortie de l’Ecole Nationale d’Horlogerie de Cluses, Joseph Vaillant s’engage dans l’aviation en 1917. En 1920, il installe un garage automobile à Cluses, qui se voit adjoindre progressivement un atelier de décolletage, comme ses anciens camarades de promotion.

Si ses copains fabriqueront des moulinets de pêche, des réveils et des appareillages, Joseph Vaillant lui se lance, dès 1937, dans les crampons pour chevaux les MORDAX. Il rend les ferrures antidérapantes, été comme hiver, sur le bitume comme sur le verglas, pour le confort et la sécurité des Vercors de Barraquand, race alpine de cheval.

Joseph Vaillant eût deux autres initiatives d’inégales valeurs: prénommer son fils Michel quand on se nomme Vaillant, et sécuriser sa propre voiture, comme il en avait eu l’idée pour son équidé. L’adaptation sur pneus de ses crampons pour fers à chevaux nécessita de longues mises au point et le brevet fût déposée au début de l’année 1952. La voiture remplaçant le cheval partout dans le monde, le succès sera immense.

De part leur conception, les clous Vaillant sont inarrachables. L’efficacité du système a été mise en évidence dès la première année par de remarquables résultats obtenus dans les rallyes hivernaux: Argentero sur Peugeot 203 – 10ème au Mont-Carlo 1952 .
téléchargement (1)Les clous pour pneus constitueront l’essentiel des préoccupations des Ets Vaillant pendant près de 50 ans.
Les années 1990 à 2000: les crampons Vaillant sont toujours fabriqués… pour les chevaux de loisir et de concours hippiques: les Mordax reviennent en force!

Les Clous Vaillant sont à la base de tous les procédés de cramponnage des pneus qui sont encore utilisés actuellement dans le monde.

 

ÉLÈVE Paul JACOB

petite-velo-mhd-clusesCe vélo miniature, inscrit au Livre Mondial des Record, est une des attractions de l’Espace Carpano ou Musée de l’horlogerie du décolletage à Cluses. Photo ©Frédéric Boiteux Cluses Images Numériques

Paul Jacob étiquetteL’étiquette relative à ce vélo est entachée d’erreur: si ce vélo a bien été réalisé par un élève de Cluses, nommé Paul JACOB, ce dernier n’a rien à voir avec les fondateurs de Jacob-Delafon. L’étude de l’arbre généalogique de cette célèbre famille de céramistes, le dossier de Légion d’honneur d’Emile JACOB et les ouvrages spécialisés sur la céramique ne laissent aucun doute à ce sujet. Les seuls membres de la famille prénommé Paul et correspondants aux dates données pour ce réveil sont: Paul Emile Auguste JACOB 1878+1959 agent commercial pour Jacob-Delafon à Marseille et René Paul Emile JACOB  1893+1941 pilote et directeur du laboratoire Jacob Delafon de Belvoye, dont les carrières sont bien connues au sein des entreprises familiales, qui ne sont d’ailleurs pas co-fondateurs de Jacob-Delafon puisque ce rôle échoit à Emile. Logiquement, il n’y a aucun horloger dans cette dynastie d’industriels céramistes dont les différentes usines absorbaient, dans différentes fonctions, tous les rejetons mâles sur plusieurs générations.                                                                                                                                          Dans le même ordre d’idée, contrairement aux affirmations de journaux et sites savoyards, jamais Achille Benoît directeur de l’Ecole de Cluses, n’a été ni Sénateur ni même pressenti comme Ministre de L’Instruction.

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Louis-Gustave BRANDT co-fondateur de Jaz directeur Tissot et Oméga

Brandt Louis GustavePhoto par le célèbre Studio Harcourt , le portraitiste d’exception  des personnalités Jazette déc 1947 page 2Texte extrait de la Jazette n°16 de Décembre 1947 . Cette petite publication de quatre pages était adressée aux horlogers affiliés à Jaz , créée et rédigée par Paul Nicolas à gauche sur la photo , elle est d’ordinaire consacrée à la vie de l’entreprise . Ce numéro spécial est entièrement consacré au décès de l’un des fondateurs de la marque .Jazette déc 1947 page 3fondateurs-et-dirigeants_previewPhoto par Willy Ronis (voir notre article sur ce photographe )                                                     Des fondateurs de Jaz , L-G. Brandt était le seul  » horloger » mais lequel ! Il est issu de la famille fondatrice d’Oméga qui est encore de nos jours la première marque du groupe Swatch  et réalise un chiffre d’affaires d’environ deux milliards d’euros , ce qui en fait la seconde au niveau mondial derrière Rolex  . Pour expliquer la présence de Monsieur Brandt à la tête de Tissot également , il faut savoir que les deux entreprises étaient unies depuis 1930 au sein de La Société Suisse pour l’Industrie Horlogère ou SSIH , véritable holding qui leur permettra de traverser sans trop de dommage la grande dépression de 1930 qui frappe durement toute l’industrie horlogère .                                                                                                                                                                                  Pour Jaz , ce qui est important  de savoir , c’est que dès 1879 , les deux fils de Louis Brandt fondateur de la dynastie , Louis-Paul et César Brandt , décident de se lancer dans la fabrication industrielle dite « à l’américaine ». En raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée , de surfaces disponibles et de l’opposition de leurs concurrents , tous installés à La Chaux-de-Fonds , cette ville ne leur paraît pas convenir . Ils s’installent définitivement à Bienne , mieux située sur le plan logistique : transports, main-d’œuvre, fourniture d’énergie , etc . Dès janvier 1880, ils lancent leur premier calibre fabriqué par des procédés mécaniques                                                                                                                                                                                                                                                            Ces points essentiels , nous les retrouvons à la création de la première usine Jaz implantée à Puteaux pour les qualités logistiques de cette commune parisienne bien desservie en énergie avec la Centrale Electrique Ouest Lumière , en voies routières et navigables d’acheminements pour les fournitures , en transports en commun pour le personnel et en main d’oeuvre certes peu qualifiée mais censée être plus « gérable »que celle de la banlieue est -parisienne , qualifiée de très rouge . Enfin le plus important est que Jaz applique aussi pour la fabrication de ses réveils des procédés industriels mécaniques à l’américaine : rationalisation , standardisation et taylorisation permettent une fabrication à la chaîne en grande quantité d’un produit de qualité constante à prix compétitif produit par des ouvriers moins qualifiés donc moins chers .                                                                                                                                                                                                 L’originalité de Jaz par rapport à Oméga sera une publicité hors normes , particulièrement au cinéma , initiée par Georges Scemama et magnifiée par Paul Nicolas . 10 millionLouis- Gustave Brandt décroche le dix millionième Jaz , en Juillet 1943 , à l’usine de Puteaux .

Jazette déc 1947 page 4 BrandtEloge funèbre par Paul Nicolas , qui nous apprend autant sur les talents oratoires de celui qui va lui succéder , que sur Louis Gustave Brandt inhumé au cimetière de Saint Germain en Laye .                                                                                                                                                                                         LA DYNASTIE BRANDT louis brandt

  • Né en 1825, Louis Brandt est le fils de Frédéric-Louis Brandt , horloger à La Brévine. Il a travaillé durant quelques années dans l’entreprise paternelle à la production d’échappements ancre et duplex . Ceux-ci ne sont alors utilisés que dans l’horlogerie de précision . Le jeune Louis Brandt vient de fêter ses 23 ans lorsqu’il se marie et quitte sa Brévine natale pour aller s’établir à la Chaux-de-Fonds .
  • En juin 1848 , il se met à son compte avec son comptoir d’établissage , ce qui consistait à assembler des pièces d’horlogeries fabriquées par de petits ateliers , souvent familiaux . Pour une bonne partie des horlogers jurassiens, l’horlogerie était ainsi une activité à temps partiel qui se substituait au travail principal , l’élevage bovin fréquemment , durant les rudes hivers . C’est donc tout naturellement dans ce domaine de l’horlogerie de précision , avec lequel il est familiarisé , qu’il se spécialise , fabriquant surtout des montres goussets à clef , avec boîtiers en argent . Naissance de quatre enfants , dont les deux derniers : Louis-Paul né en 1854 et César né en 1858 , père de Louis -Gustave fondateur de Jaz , s’impliqueront dans la société familiale . A 19 ans , Louis-Paul Brandt passe une année en Allemagne , puis deux ans en école d’horlogerie . En 1876 , les deux frères partent en stage en Angleterre .

louis paul

  • Deux ans plus tard , César rentre à son tour d’Angleterre pour s’occuper des ventes , Louis-Paul se consacrant essentiellement à la technique . Leur père décède en 1879 à l’âge de 54 ans ! Les deux frères s’associent à leur tour  formant entre eux une nouvelle société en nom collectif qui conserve cependant la raison sociale Louis Brandt et Fils . A peine devenus leurs propres maîtres , ils décident d’abandonner le système de l’établissage pour transformer leur maison en manufacture travaillant par procédés mécaniques .                                                Comme La Chaux-de-Fonds ne leur semble pas être le milieu le plus favorable à l’épanouissement d’une nouvelle manufacture, en raison de la pénurie de main d’œuvre, de surfaces disponibles , d’approvisionnement énergétique et de l’opposition que les concurrents et même la population y manifeste  contre ce genre d’entreprise , ils s’installent à Bienne .1885 -louis-brandt-fils
  • Les frères Louis-Paul et César Brandt lancent en janvier 1880 leur premier calibre réalisé par procédés mécaniques dans leur toute nouvelle manufacture biennoise : un remontoir bon marché à échappement cylindre, vendu en boîte argent ou métal . Les résultats sont très concluants. Cette innovation réussie donnera peu après naissance aux premières marques de la maison : Jura , Patria , Helvetia , Décimal et tout spécialement Gurzelen , qui connaît immédiatement un grand succès. 1880 : Naissance de Paul-Emile Brandt, fils aîné de Louis-Paul . Il étudiera à Bienne , à l’École polytechnique fédérale de Zürich et à l’Université Cornell aux Etats-Unis. A fin 1881, l’usine compte déjà 250 personnes.

En octobre 1882, naissance d’Adrien Brandt, deuxième fils de Louis-Paul et frère de Paul-Emile . Il est grand temps de voler à votre aide , par un schéma , pour mettre de l’ordre dans la compréhension de cette grande famille d’horlogers qui n’a rien fait pour nous faciliter la vie , allant même jusqu’à donner à tous ces descendants mâles des prénoms comprenant toujours celui de leur ancêtre Louis, certains ne figurant qu’au niveau de l’État Civil !

Brandt arbre généalogiqueArbre généalogique simplifié de la dynastie Brandt ne mentionnant que les descendants de Louis Brandt ayant joué un rôle actif au sein d’Omega et du groupe SSIH.

On y voit également les deux  fils de César : Ernest (1885+1958) et notre Louis-Gustave  simplifié en Gustave .

famille-brandtEn début des années 1920 , le Conseil d’Administration d’Omega était présidé par Adrien Brandt et comptait Paul-Émile Brandt et les deux frères Gustave Brandt et Ernest Brandt en tant qu’administrateurs .  RESEAU-OMEGA-1939Réseau de la famille Brandt en 1939 : on notera que l’ histoire de la famille Brandt étant axée par les collectionneurs et les industriels autour d’Oméga , marque suisse de montres , le volet Jaz est généralement éludé s’agissant pourtant d’une des premières marques mondiales d’horlogerie fondé par un des membres imminents de cette lignée . Toutefois Jaz présente , à leurs yeux , deux tares rédhibitoires : ce sont des réveils qui plus est , français …et pas des montres forcément et obligatoirement suisses . C’est oublier que Jaz a longtemps dépassé Oméga en production , en chiffres d’affaires et en renommée mondiale .Musée-Omega-hSource de ce petit historique de la dynastie Brandt : la Société des Amis du Musée Oméga et le discours de son président , Jacques-Alain Voirol , ex-cadre Finances d’Omega et du Swatch Group ,  pour le 25° anniversaire de la SAMO  en 2019 . Inauguré en 1983, le Musée Omega, est le pre­mier mu­sée horlo­ger de marque du monde . Créé à l’initiative de la Fondation Adrien Brandt en faveur du patrimoine Omega , fondé l’année précédente par Char­les L. Brandt , dernier descendant de la dynastie fondatrice à avoir exercé une ac­ti­vi­té au sein d’Omega . watch oméga museumDepuis 2019 , il est intégré dans l’extraordinaire bâtiment de la Cité du Temps .

 

                    Temple Grec , montre de JFK , Speedmaster lunaire et Dali                                                                                                                                                                           Le musée est en outre d’une richesse exceptionnelle :  on citera la pre­mière mon­­­tre-bracelet à répétition mi­­nutes du monde datant de 1892 , la pre­mière montre de poche por­tant la mar­que Ome­ga en 1894 , la montre de poche « Temple grec » lau­ré­­a­­te du Grand Prix de l’Expo­si­­tion uni­ver­sel­le de Paris en 1900 , le chro­­no­graphe-bra­celet de Law­­rence d’Ara­bie (1915), la montre de po­che joaillerie à répétition mi­nu­tes du Né­gus d’Abys­­si­niede 1929 , la première mon­­tre de plongée du mon­de de 1932 , le chro­­no­graphe de po­che des pre­­miers JO chronométrés of­fi­ciel­le­ment par une seule et même mar­que en 1932 , le chro­no­mè­tre de bord dé­tenteur des records du monde de précision 1933 et 1936 records res­­tés à jamais inégalés , la Cente­na­ry du roi Frederick IX du Da­ne­mark en 1948 , la pre­miè­­re ca­mé­ra pho­to­­fi­nish mo­derne de 1949 , la mon­tre-bracelet de l’ex-impératrice Soraya (1950), la Croix du Mérite Olym­pi­que honorant l’in­tro­duc­tion du quartz dans le chronométrage des JO (1952), la mon­tre-bracelet or de John F. Kennedy (1960), la première Speed­master por­tée en orbite par l’astro­nau­­te Walter Schirra en 1962 , le Silver Snoopy Award dé­cer­né par la NASA en 1970 pour rendre hommage au rôle ca­pital joué par ce chronographe dans le sauvetage de la mission Apollo 13 , la statuette-pendulette La Prémonition des Ti­roirs de Sal­va­dor Dalí de 1973 , la Ma­ri­ne Chronometer de 1974  montre-bracelet à quartz la plus pré­ci­se du mon­de ou l’Omega Constellation platine jo­ail­lerie d’Elvis Presley  1958,  re­cord du monde des ventes aux en­chè­res dans sa ca­té­go­rie en 2007 à 1,8 million de dollars .

Jean SEHET DE POUZARGUES 1918+1945

sehet Jazette n° 8 Octobre 1945 page 4extrait Jazette n°8 d’Octobre 1945 , page 4 . On notera que Jaz fait abstraction de sa particule nobiliaire…    71etang-sur-arroux

Monument aux morts ÉTANG-SUR-ARROUX en Saône et Loire

Vous noterez que , dans la notice reproduite ci-dessous extraite du  Mémorial Gen Web Relevés de monuments aux morts , soldats et victimes civiles , français et étrangers , tués ou disparus par faits de guerre , morts en déportation , Morts pour la France ,  Jazlebontemps a contribué en complétant la fiche par la communication de  la photo reproduite dans la Jazette de 1945 et en donnant les informations sur sa carrière professionnelle chez Jaz comme représentant  .photo bp/bp-5506650.jpg

Denis RAQUIN CHENILLET . Cette photographie est sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0.
Identification
Nom : SEHET DE POUZARGUES Prénoms : Albert Jean
Informations militaires et Résistance
Conflit : 1939-1945
Grade, unité : Lieutenant – [Résistance] – Résistance – Unités – C.F.P. Corps Franc Pommiès
Constitué comme grande unité irrégulière de la Résistance et formé le 17 novembr … ‘Lire la suite…’ 
Complément : Demi-Brigade MILER – Bataillon BARTHE Autres informations militaires : Légion d’Honneur – Croix de guerre – Ancien élève de l’école de cavalerie de Saumur, en 1940 à Saumur avait pris part à la défense de la Loire et abattu 23 allemands à la grenade, sous-lieutenant du 2e Régiment de Dragons basé à Auch d’où il provenait après la dissolution de l’armée d’armistice, passé au maquis de l’O.R.A. – Inhumé avec ses compagnons de combat, le chef d’escadron Robert de Neuchèze, le sergent-chef Edmond-Pallarès, et 4 résistants russes (les frères Grégoire et Nicolas Stykow, Victor Swonow, un inconnu)

Naissance
Date : 18/08/1918
Département : 38 – Isère
Commune : Claix
Décès
Date : 09/09/1944  (26 ans)
Département : 71 – Saône-et-Loire
Commune : Laizy
Lieu, complément : Fontaine-la-Mère
Genre de mort : Tué à l’ennemi
Mention Mort pour la France : Oui, cote AC 21 P 154673
Jugement
Transcription
Inhumation
Département : 71 – Saône-et-Loire
Commune : Étang-sur-Arroux
Lieu : Cimetière communal
Carré, rang, tombe :
Autres informations
Avant guerre représentant de la marque JAZ auprès des horlogers de Paris et sa banlieue, Gironde, Basses Pyrénées, Charentes et Landes, cette compagnie lui a rendu hommage dans sa « Jazette » revue interne d’Octobre 1945 – Pseudo « CALBIOT » anagramme de TOLBIAC –

Cyrla Szulewicz 1922+1943 mère de Georges PEREC

 

Portrait de Cyrla Szulewicz en 1938 et certificat du 8 janvier 1959 attestant que Cyrla Perec fut employée par la société Jaz du 11 décembre 1941 au 8 décembre 1942 .acte_disparition-mere_perecacte de disparition, en date du 19 août 1947, de la mère de Georges Perec, Cyrla Szulewicz © fonds Georges Perec, bibliothèque de l’Arsenal .                                                                                                                                                                                  C’est évident , le titre du roman le plus célèbre de Georges Pérec , La Disparition , prend tout son sens à la lecture de ce document et si le nom Jaz est cité dès la première ligne de son livre c’est parce qu’il évoque en fait sa mère . La perte de son père , soldat mortellement blessé par un obus le 16 juin 1940 , se manifeste dans un semblant de matérialité – une tombe avec un nom lisible sur laquelle il se rendra en 1956 – celle de sa mère est en revanche une véritable disparition . Après le 11 février 1943 ,  il n’existe plus aucune trace d’elle , pas même une sépulture . Perec est hanté par la perte de ses souvenirs : envoyé loin du danger et du drame , il a été exclu à la fois de l’Histoire et de son histoire personnelle .

Famille-devant-le-mur-des-noms-Mémorial-de-la-Shoah-Paris

Le nom de Cyrla Pérec au mur du mémorial de la Shoha à Paris 

 

Georges à cinq ans ( à gauche ) et dans sa classe à l’école maternelle de la rue des Couronnes en 1939 . Il est au troisième rang , à droite .

Georges Perec est né à Belleville, 19 rue de l’Atlas, dans le XIX° , le 7 mars 1936, d’Icek Judko Perec , devenu Isie ou André pour ses proches et de Cyrla Szulewicz , dite Cécile, le père venu de Lubartów, dans le sud est de la Pologne , la mère de Varsovie . Ils vivent alors rue Vilin , à Ménilmontant, dans cette pauvreté que partagent beaucoup d’immigrés juifs d’Europe de l’Est .                                                                                                          pèrec branche paternelleLes grands-parents paternels habitent 24 rue Vilin , la grand-mère Rojza Walersztejn-Peretz y tenant un magasin d’alimentation . Le grand-père maternel, Aron Szulewicz, resté veuf , est marchand de quatre-saisons , lui aussi rue Vilin , au numéro 1 . Le père aurait exercé divers métiers (livreur, tourneur, mouleur, fondeur, coiffeur…). La mère a tenu une boutique de coiffure, puis a été, entre 1941 et 1942, ouvrière dans l’usine d’horlogerie Jaz à Puteaux . C’est une petite enfance prolétaire qu’a connue Georges Perec. Ses grands-parents parlaient le yiddish et l’un des grands-pères , David Peretz , est réputé avoir été très pieux ; Mais la volonté de faire de cet enfant un petit Français est évidente : il a été doté d’un seul prénom , Georges , sans référence à la tradition juive .                                                                                                                                                   Une bonne part de la famille maternelle a péri en déportation : le père de Cyrla , un de ses trois frères et sa jeune sœur , Soura dite Fanny , âgée alors de seize ans . Les deux autres frères purent se cacher , mais perdirent contact avec la famille de Georges . Le grand-père paternel , David Peretz , fut raflé en janvier 1943 et mourut étouffé dans le train parti de Drancy ,   son nom précède celui de Cyrla sur le mur du Mémorial de la Shoha . La grand-mère , Rojza ou Rose , put rejoindre sa fille Esther dans le Vercors . Elle vécut après la guerre en Israël avec son autre fils , Lejzor dit Léon .pérec coiffureL’entrée du salon de coiffure pris en gérance par Cyrla Perec , au 24 rue Vilin , tout de suite avant son entrée chez Jaz . En 1976 , l’inscription au-dessus de la porte était encore lisible .entreprise juiveSuite à l’adoption du premier « Statut des Juifs » par l’État français , le 27 septembre 1940 tout commerçant juif se voyait contraint de disposer cette affiche à l’entrée de son magasin . Cyrla Pérec a donc été obligé de l’apposer sur la devanture de sa petite boutique . Cette première ordonnance interdisait déjà aux Juifs français d’exercer un certain nombre de professions tels que fonctionnaires , enseignants , journalistes ou dirigeants de certaines entreprises sensibles . D’ailleurs l’un des co-fondateur de Jaz , Ivan Benel qui était aussi de confession juive , avait cédé sa place à Paul Nicolas en 1940 , pour se réfugier en Lozère . Mais le deuxième « Statut des Juifs » , promulgué le 2 Juin 1941 et un décret passé en Juillet 1941 durcit encore les conditions professionnelles des israélites et les excluent quasiment totalement des professions commerciales ou industrielles . La mère de Georges ne peut plus gérer un établissement commercial et elle devient salariée chez Jaz , cinq mois plus tard .

L’épisode de l’affichette « Entreprise juive » n’a été que de courte durée et l’étape suivante consiste à « liquider » les commerces et entreprises juives . Nous ne savons pourquoi Cyrla quitte Jaz en Décembre 1942 mais il est certain que depuis Juin  , elle devait porter l’étoile jaune à son revers . Conséquence étonnante , cette visibilité soudaine permet l’application d’une interdiction plus ancienne qui frappait déjà les « nègres » aisément repérables mais également  les juifs qui pouvaient y échapper jusque là : l’obligation de ne prendre que la dernière voiture dans le métro parisien .                  Ce marquage infâme permet l’application de cette ségrégation supplémentaire et la mère de Georges a forcément subi cette longue humiliation pour se rendre à l’usine Jaz qui se trouvait à l’opposé de son domicile , à l’autre bout de Paris qu’elle devait traverser d’Est en Ouest et retour . On sait par son fils qu’elle a été victime d’un accident du travail chez Jaz : sa main a été percée , lui évoquant les stigmates du Christ  .

Georges Pérec en pélerinage rue Vilin en 1974 et l’escalier de la rue en 1971 . Spirale du vide autour du passé de Georges Pérec puisque même la rue Vilin disparaît à son tour dans les années 1980 , remplacée par le parc de Belleville .

 

 

Marcel Herscovic 1925+1944 et Julia Dzenziolsky 1913+1943

nos déportés Jazette n°9 Janvier 1946 page 4Jazette n°6 de Janvier 1946 page 4 . Etrangement la déportée résistante arrêté sur son lieu de travail à l’usine Jaz de Puteaux , à laquelle nous avons consacré un article , Lucienne Hébert , n’est pas au nombre des déportés mentionnés dans cette Jazette , pas plus que Cyrla Szulewicz , mère de Georges Pérec employée chez Jaz de 1941 à 1942 .                                                                                                                                                                                                                                                                                      Hélas , le jeune horloger de vingt ans , Marcel Herscovic , né le 2 février 1925 à Paris XVIII°, effectivement arrêté peu de temps avant la Libération de Paris – la Jazette se trompe de quelques jours – a aussitôt été déporté au camp polonais d’Auschwitz où il sera immédiatement exterminé , le 5 juillet 1944 .                                                                                                                                                                                                          Destin tout aussi tragique pour Julia Mauricette Dzenziolsky , native de Puteaux le 23 sept 1913 , ouvrière chez Jaz à Puteaux , domiciliée au 39 rue Jean Jaurès de sa ville natale . Matricule 3352 , déportée par le convoi n°58 de Drancy du 31 juillet 1943 , vers Auschwitz Birkenau . Elle est exterminée moins d’une semaine après son arrivée , le 5 Août 1943 à l’âge de 29 ans . Lire la suite

HÉBERT Lucienne 1911+2001 déportée résistante

Née le 29 ou 30 mai 1911 à Paris XIVe arr. et décédée le 29 décembre 2001 à Nanterre  ; ouvrière cartonnière chez Jaz à Puteaux ; membre du Parti Communiste ; Fille de Albert Descottes , teinturier et de Henriette Friès , blanchisseuse , Lucienne Descottes épousa Célestin Hébert , le 28 février 1931 en Mairie de Puteaux .
Dès la fin de l’année 1940, quelques militants communistes de Nanterre dirigés par son époux Célestin Hébert distribuent des tracts du parti communiste clandestin nuitamment à la volée dans les rues de la ville et dans boîtes aux lettres . Willeme_camion_7_tonnesD’autres militants qui travaillaient dans la ville notamment chez les camions Willème étaient fournis en tracts.
                                                                                                                                                               En septembre 1941, à la suite de filatures, surveillances et enquêtes, les services de la préfecture de police mettent fin aux activités d’un important centre clandestin de propagande communiste qui s’exercent plus particulièrement dans la banlieue ouest de Paris et dans certaines localités de Seine-et-Oise. Ce centre clandestin constitue le quatrième secteur de l’appareil illégal et comprend les 41e, 41e bis, 41e ter, 42e, 42e bis, 43e et 43e bis sections , les groupes des usines Bastard , automobiles Simca , Solex , camions Willème ou Saurer , le camp d’aviation La Folie , les fonderies Montupet , Bloch , LMT ,l’avionneur SNCAC , Lobstein , diverses autres usines de Courbevoie ainsi que les groupes de base de Bezons, Carrières-sur-Seine, Houilles, Cormeilles-en-Parisis, Nanterre, Suresnes, Boulogne et Saint-Cloud . Les usines Jaz ne semblent pas comprendre de section clandestine de ce type .                                                                                                                                                     Espagne_1938_Savenaud_et_PozziPOZZI pendant la guerre d’Espagne en 1938

Le principal dirigeant de l’organisation clandestine se nomme Félix Pozzi , ancien syndicaliste CGT des pneus Goodrich à Colombes, l’un des dirigeants des grèves de 1936 et 1937 au moment du Front populaire. Il combattit en Espagne républicaine de mars 1938 jusqu’à la fin octobre ou début novembre 1938.
Une dénonciation est à l’origine d’une quinzaine d’arrestations dans le secteur de Nanterre . Vers le 15 août 1941 , un habitant de Nanterre, se présente au poste de police de la ville . Il vient se plaindre du fait que des tracts communistes sont déposés dans sa boîte aux lettres . Ce délateur est un voisin du militant communiste Célestin Hébert . Le commissaire de Puteaux , Lucien Bizoire demande aux policiers de la Brigade spéciale d’intervention du commissariat de mener une enquête . Les militants qui viennent se ravitailler en tracts , souvent à bicyclette  , chez le couple Hébert sont alors filés .
26 rue de suresnes NanterreLa maisonnette du couple Hébert en 2019 .                                                                                                                                                                  Un cycliste , Paul Lescop , est repéré et suivi car il se rend très souvent en fin de journée au 26 rue de Suresnes chez le couple Hébert .Prospectus 1923 page 2 Le 8 septembre 1941 , Lucienne Hébert est interpellée par un inspecteur de Puteaux sur son lieu de travail  : l’usine des réveils Jaz avenue du président Wilson à Puteaux . Son mari est interpellé à son domicile . Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissent : une machine à ronéotyper à main , cinquante mille tracts ronéotypés et imprimés , deux cents kilos de papier et trois obus de 75 mm , ainsi qu’un pistolet automatique . Lucienne Hébert est interrogée au commissariat de Nanterre . roquetteDès le lendemain , elle est transférée à la prison de la Roquette à Paris , puis le 10 septembre à la prison de la Santé . La quasi-totalité des militants est repérée, quinze arrestations s’échelonnent entre le 2 et le 16 septembre 1941 .
Le 24 mars 1942 ,  tous comparaissent devant le Tribunal militaire allemand du Gross Paris
Le commissaire de Puteaux témoigne à charge . Quinze condamnations à morts sont prononcées , dont celles de Florentine Berson et Lucienne Hébert pour « intelligence avec l’ennemi ».

Le 10 avril 1942 , les treize hommes sont passés par les armes au Mont-Valérien à Suresnes : le mari de Lucienne Célestin Hébert avec Jean Lebon , Georges Hany , Daniel Becker , tous trois ajusteurs et le cycliste Paul Lescop , employé de bureau tout comme Edmond Dubuis, chaudronnier aux Usines Breguet et le plombier André Chabenet qui ont tous donné leur nom à une rue de Nanterre . Sont fusillés avec eux , ces quatre employés de chez Willème : Roger Bouchacour , ajusteur d’Argenteuil , Georges Lacaud, tourneur de Courbevoie ,  Daniel Baron tôlier et Charles Wagner ajusteur , ces deux deniers ont donné leurs noms à une rue de Bezons où ils habitaient . monument Pozzi à SannoisMonument rue Félix et Roger Pozzi à Sannois                                                                         Fusillé également René Muller, mécanicien chez l’avionneur Régy avec le plus important d’entre eux , le fameux  Félix Pozzi , monteur-électricien de Sannois dont une rue porte son nom et celui de son fils , mort en 1942 des suites d’une autre arrestation musclée .
Les Allemands ne fusillaient pas les femmes en France, ils firent un sursis à exécution puis commuèrent la peine en travaux forcés à perpétuité. Le 20 avril 1942 Lucienne Hébert et Florentine Berson quittent la Santé pour la gare de l’Est où elles prennent la direction de l’Allemagne. Lucienne Hébert affronte successivement les prisons de Karlsruhe où elle séjourne une semaine, celles de Anrath et Lübeck-Lauerhot , réservées aux femmes classées “NN” Nacht und Nebel –Nuit et Brouillard–  du 17 décembre 1942 au 4 avril 1944 .ravensbrück Ravensbrück , camp de concentration pour femmes.                                                                                                                                                                   Elle passe à Cottbus le 5 avril 1944 , avant d’être envoyée à Ravensbrück le 20 décembre 1944 où elle porte le matricule 94115. Le 4 mars 1945 elle est transférée à Mauthausen (Autriche), elle y arrive trois jours plus tard . Le 22 avril 1945 elle est enfin libérée par la Croix-Rouge . Florentine Berson n’a pas eu cette chance et sera gazée au camp de  Ravensbrück en 1945 , une résidence porte son nom à Nanterre .
                                                                                                                                                                    Le 12 mars 1945 un juge d’instruction inculpa le délateur de Célestin Hébert « d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État ». Clément , le dénonciateur était marié à Stéphanie , une allemande des Sudètes en Tchécoslovaquie . Le couple habitait le pavillon voisin du frère de Célestin Hébert . Membre du Mouvement Social Révolutionnaire , parti collaborationniste d’Eugène Deloncle , Clément assistait aussi aux réunions du Parti Populaire Français de Doriot. Il est donc farouchement anticommuniste . Après l’exécution de Célestin Hébert et de ses compagnons , il vend précipitamment son pavillon et déménage . Après la Libération , il est retrouvé par la police dans la Sarthe , arrêté, jugé, il est condamné le 19 octobre 1945 à vingt ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour au delà de cette peine .
Lucienne Hébert est auditionnée en 1945 par un juge d’instruction dans le cadre d’une commission rogatoire . Elle déclare qu’un inspecteur du commissariat de Puteaux s’était « présenté seul pour procéder à son arrestation à l’Usine Jaz où elle travaillait comme cartonnière. Après avoir exhibé sa plaque de police , il m’a prié de bien vouloir le suivre sans toutefois m’indiquer le motif de cette arrestation ».
« Conduite au commissariat de Puteaux, j’ai été interrogé par [lui], puis par le commissaire [Lucien] Bizoire et plusieurs autres inspecteurs. Je n’ai subi aucun sévices ni aucune menace de la part de Bizoire. Toutefois, ce dernier m’a fait remarquer que si je ne voulais pas parler, je n’aurais aucune chance de revoir ma fille ».
Cité Mag Février 2017 n°50Cité Mag , revue municipale de Nanterre ,Février 2017 ,n°50                                                                                                                                                        Lucienne Hébert a été homologuée au titre de la résistance intérieure française et en tant que déportée internée résistante  et veuve de résistant , fusillé Mort pour la France . Avoir été la seule survivante de ce groupe de résistants , l’a longtemps tenu à l’écart des honneurs dont ses camarades ont été comblés avec , pour la majorité d’entre eux , des rues portant leurs noms . Mais notre ex-cartonnière chez Jaz n’est pas oubliée à Nanterre : elle a donné son nom à une résidence, en novembre 2019 (voir le fascicule distribué le jour de l’inauguration, et au nouveaux locataires) .nos déportés Jazette n°9 Janvier 1946 page 4Jazette n°6 de Janvier 1946 page 4 . Etrangement la déportée résistante , à laquelle nous avons consacré un article ,  Lucienne Hébert n’est pas au nombre des déportés mentionnés dans cette Jazette pas plus que Cyrla Szulewicz , mère de Georges Pérec employée chez Jaz de 1941 à 1942 . Voyez notre article consacré à Marcel Herscovic et Julia Dzenziolsky , tous deux employés chez Jaz et victimes de la barbarie nazie .

GREINER Electronics 1974

La France Horlogère n°345  juillet 1974 une.jpgEn 1974 Jaz et Greiner Electronics affichent , fièrement et en couleurs , leur collaboration à la une de LA FRANCE HORLOGERE ,  la plus importante revue professionnelle de l’époque . On notera que Jaz occupe vingt îlots à Bijorhca , ce qui est énorme . Voyez notre article sur la collaboration GREINER et JAZ .La France Horlogère n°345  juillet 1974  .jpgCollaboration détaillée dans cette même revue n°345 Juillet 1974 ; suivie d’une visite des usines suisses de Greiner en présence de Monsieur André FROMENT , directeur commercial de Jaz.La France Horlogère page 41La France Horlogère page 42La France Horlogère page 43La France Horlogère page 44La France Horlogère page 45à l’extrême gauche sur la photo André FROMENT , dir. com de Jaz . Ci dessous quelques productions GREINER diffusées par Jaz :La France Horlogère n°375 Février 1977 GrenierLa France Horlogère °389 Mai 1978la france horlogère n°341 Mars 1974 grenierLa France Horlogère n°345 juillet 1974 aLa France Horlogère n°345 juillet 1974 bLa France Horlogère n°345 juillet 1974 cLa France Horlogère n°380 Juillet Août 1977