Les GAILLARD une dynastie d’horlogers bijoutiers

Le passage Choiseul , avec ses 190 mètres de long et ses 3,9 mètres de large , est le plus long de Paris . Edifié en 1825/27 , il était dans un tel état de décrépitude en 1936 que Louis – Ferdinand Céline , qui y vécut son enfance , l’immortalise sous le nom de Passage des Bérésinas dans Mort à crédit . Heureusement une restauration importante et réussie du Passage Choiseul a eu lieu de 2013 à 2017 . Meilleure allure , meilleure fréquentation , meilleure visibilité à l’extérieur , superbe luminosité à l’intérieur , sont autant d’atouts qui marquent la renaissance du Passage Choiseul , lequel abrite au numéro 57 la bijouterie horlogerie Choiseul . Bel écrin pour abriter la dernière adresse d’une dynastie d’horlogers : sur quatre générations : les GAILLARD dont les cousins LECLOU étaient également horlogers .95 rue de la Chapelleencart publicitaire des années 20gaillard (4) Marcel GAILLARD 1911 médaillé de l’Ecole d’horlogerie de Cluses promotion 1897/1900                                                                                                                            Boutique de la première génération , sise 95 ( actuel 21)  rue de La Chapelle dans le XVIII°à Paris , avec appartement à l’étage . La conformation de ses vitrines est typique de son époque : lettres bombées en émail collées à l’extérieur sur les vitres , pas de publicités mais un maximum d’objets présentés , au point de ne plus voir l’intérieur du magasin ;  dans la vitrine de gauche en haut : les médailles et bijoux ; en bas : les montres à gousset ; dans la vitrine de droite : les réveils à cloche et pendules de cheminée . Pas de Jaz puisque la firme est fondée en 1921 , donc postérieurement .gaillard 1940_(2)[1]Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une plaque émaillée Jaz première génération – tout à gauche – répond à une plaque Oméga tout à droite gaillard 1947_(2)[1]intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .gaillard (1)Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927                                Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .

En haut à gauche : une plaque émaillée si délavée que ses inscriptions sont à peine visibles : elle prouve toutefois une affiliation à Jaz qui remonte au moins aux années 35/37 . En haut à droite trône au contraire , entre deux carillons Vedette , la toute récente enseigne lumineuse de 44 cm de diamètre qui arbore le jaseur boréal de René RAVO devenu pendant la guerre le logo de Jaz . Très courante à l’époque , puisque Jaz ne produisait pas ce type d’horloges qui connaissaient un grand succès à l’époque , la proximité avec les carillons Vedette s’explique aisément par l’accord conclu entre Jaz et Vedette en 1949 . En revanche les six belles plaques qui ornent les bas de caisse ont été fabriquées sur mesures pour cette boutique qui est , à notre connaissance , celle qui affiche le plus de publicités pour Jaz .gaillard 1954_(1)[1]La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz gaillard 1957_(3)[1]en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire Louis Gaillard (1)Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait  » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la Basilique Sainte Jeanne d’Arc qui aurait dû tenir ce rôle sauf qu’elle restera inachevée de 1930 à 1964 et que son absence de clocher traditionnel et d’horloge laissait place « à la médaille d’argent » pour assurer ce service .

Le nom de la boutique est extrêmement bien choisi puisqu’il semble faire allusion à l’activité de bijoutiers qui vendaient beaucoup de médailles en or et argent , souvent religieuses , mais les initiés savaient qu’il s’agissait de la médaille d’argent obtenue en fin de cycle d’études à Cluses par Marcel puis Louis Gaillard qui , par extraordinaire , ont été successivement deuxièmes de promotion de cette école à la réputation internationale .gaillard 1968-23_Boutique_21[1]Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
choiseul gaillardgaillard (3)Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs  de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .

Bijouterie Horlogerie CHOISEUL 57 passage Choiseul 75002 Paris  01.42.96.07.50                  site de la bijouterie http://www.bijouteriechoiseul.com/

du lundi au vendredi de 10H30 à 18h   contact@bijouteriechoiseul.com

 

 

Calibre G 1934 à 1959

calibre GCalibre G ou 1G : Mouvement mécanique à clef amovible , format 6 x 8 cm. Mouvement d’une autonomie de 8 jours sans fonction réveil , platines pleines ( non-ajourées) , hauteur sur platines : 23,5 mm , pont de barillet , arrêtage à croix de Malte , pignons à fuseaux , porte échappement Roskof indépendant à 3 pierres , balancier à pivots , spiral auto-compensateurs ( 14.400 oscillations /heure)  .                                                                                                                                                                                                                 Quatre variantes existantes :                                                                                                  Calibre G ou 1G : il dote 12 horloges murales  SARRIC , BOISIC , SOFIC , BERTIC , SEVRIC , SORIC , VISIC , MASSIC , TERRIC , MASSIC , FROMIC  , PRINTIC et une horloge à poser POSIC                                                                                                                                                                                                                        Calibre 3G identique à 1G mais avec voyant indicateur d’armage et remontage démultiplié ,  pour emboîtage moulé qui équipe trois murales  APPLIC 1934  ,  APPLIC 1945 , QUADRIC et trois horloges à poser CADIC  , FANTIC , HOTIC                                                                                                                                                                           Calibre 4G identique à 3G mais pour emboîtage métallique pour deux murales en métal  LENTIC , VISIC                                                                                                                                                                                                                                                Calibre 5G identique à 1G mais avec porte -échappements à 6 pierres ( à partir du 1° mars 1951 c’est lui qui est monté dans les horloges murales Jaz soit 21 au total ) VISIC après 1951 , NEPTIC , PRINTIC après 1951 ,  SPIRIC  , BRETIC , FORMIC ,  RHONIC ,  MURIC , Nafra-Don pub , GRANIC Le Progrès Pub ,  Cognac Pub , ZODIC , CUIDIC , MITRIC ,  CAMPIC ,  LUMIC ,  LIVIC , REXIC , DELFIC LIGNIC  . Ce calibre ne possède plus le témoin de charge des 3G et 4G .cadran cadiccadran de CADIC                                                                                                        Particularité des calibres 3G et 4G  : la petite fenêtre de témoin de réserve de charge ou voyant indicateur d’armage au milieu du 2 de XII heures : lorsque le triangle est rouge il faut remonter le mécanisme . Le 8 au dessus de l’axe central rappelle l’autonomie de 8 jours du calibre G qui n’a pas de fonction réveil .lentic calibre GLes calibres G ne sont pas toujours datés mais lorsque c’est le cas , ce sont les deux derniers chiffres qui indiquent la date , en l’occurrence 37 pour 1937 .

La gamme des PENDULITES 1931 à 1952

pendulites Jazextrait catalogue 1942 page 5                                                                                                                                                                                                                                              Le terme PENDULITE est un néologisme , créé par Jaz  avant guerre , pour distinguer ses réveils aux boîtiers en bakélite , ou comprenant au moins un socle dans cette matière , de ses gros réveils ronds , dit classiques . Deux réveils en zamak , les CARRIC et PENTIC les rejoindront . Cette gamme comporte  31 réveils et apparaît aux catalogues de 1931 à 1952 ; ils étaient dotés pour la plupart de calibres D ou calibres H : BERRIC cal.1D , CAMIC  cal.20D , CARRIC   cal.3D puis 1D , CROISIC cal.11D , DEGIC cal.1D , FACIC  cal.H , FONIC ,  cal.1D , GALLIC cal.1D , GENIC cal.H , GILIC  cal.1D , GOTIC  cal.1D , LOGIC cal.H , LORRIC cal.1D puis 3D , MUSIC cal.20D ,  NOVIC cal.3D puis 1D ,  OBLIC cal.H , PENTIC cal.H , PERSIC cal.D , ROMIC  cal.1D , SYLVIC cal.H , TOURIC cal.1D , VOLTIC cal.3D .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Avant guerre les références des Jaz ne comportent que trois chiffres , à partir de 1942 elles comportent cinq chiffres qui se décomposent ainsi : les trois premiers chiffres correspondent au modèle , les deux derniers à sa finition ( cadran nickelé , couleur , etc ) ; Le dernier chiffre s’il est est pair ou zéro , indique un modèle  non lumineux ; impair il désigne un modèle  lumineux .  Le premier chiffre indique la catégorie de l’article :  1 pour les Gros Réveils 3 et 4 pour les Stylites 30 heures ;  5 pour les Stylites à l’autonomie de 8 jours ; 6 pour les horloges murales ; 7 pour les modèles de  de Luxe ( Jaz de Luxe et Tirage Limité )30 heures et 8 pour les modèles de Luxe 8 jours . Le chiffre 2 est donc attribué aux PENDULITES .pendulites tableauParallèlement aux PENDULITES , Jaz invente le terme de STYLITES pour désigner ses petits réveils « de style ».

 PANORAMA  des PENDULITES , cliquez sur l’image pour accéder à l’article correspondant

         

         

         

         

         

         

      

 Le dernier Pendulite produit  , le CROISIC , était défini en 1951 comme un PENDULITE  mais devient un Gros Jaz en 1953 ,                                                        sans que celui ci ne subisse le moindre changement ; pour la simple raison qu’il était inutile de maintenir                                                                                                           une catégorie pour un seul réveil .

 

CUBIC n°336 et n°337 ( 1934) à 1935

cubic n°337 (5)CUBIC n° 336 non-lumineux de 1934                                                                                                                                                                    CUBIC n°336 et n°337 , petit réveil , mouvement mécanique ,  calibre E  . Corps en métal chromé à effet miroir et décor géométrique émaillé , cadran  en métal , arrêt de sonnerie au sommet sur base en bakélite  , sans bélière , socle en bakélite . Disponible en lumineux  référencé 337 ou  non-lumineux référencé 336 . Format 58 x 58 mm . cubic n°337 (6)Ce CUBIC est très certainement le réveil plus authentiquement et typiquement de style Art Déco de tous les JAZ . En opposition totale avec les formes organiques et féminines de l’Art Nouveau , il est de ce style dans lequel les lignes droites , les cercles ou les triangles ont été arrangés dynamiquement et des formes réelles ont été remplacées par des formes géométriques pour créer de nouvelles expressions plus techniques et viriles .

Notre CUBIC est à la fois héritier du Cubisme , sans doute à l’origine de sa dénomination , mais aussi du dazzle painting du camouflage des bateaux de la Grande Guerre .

CUBIC n°337catalogue 1934-35 page 4CUBIC n°337 lumineux  extrait du catalogue 1934/35 page 5

CUBIC n°337 lumineux ( en version lumineuse il est doté d’aiguilles « building » )                                                                                                                                                 Réveil de Luxe mais n’appartenant pas à la catégorie « Jaz de Luxe « qui n’apparaîtra qu’en 1951 . En 1936 ces CUBIC n°336 et n°337 ne sont plus aux catalogues . Voyez les autres versions : CUBIC cubiste ,  CUBIC n°302CUBIC peintures craqueléesCUBIC n°308 , CUBIC n°309 et CUBIC n°312

Horlogerie Bijouterie AUBRUN à Chauvigny 1920 à 2000

Nous devons l’essentiel de cet article à Max AUBRUN  ex-conservateur des musées de Chauvigny et co-auteur du remarquable ouvrage de 460 pages : CHAUVIGNY 1851- 1970 120 ans de photographies . Nul n’était mieux placé que lui pour retracer l’histoire de la bijouterie AUBRUN fondée par son grand père Maxime AUBRUN , par ailleurs maire de cette petite ville de la vallée de la Vienne et successeur de Henri BOZIER l’horloger bijoutier de la rue du Marché . Son fils Pierre AUBRUN reprendra le flambeau qui le transmettra à son tour à son propre enfant Max AUBRUN qui – par chance pour tous –  a fait œuvre d’historien pour sa ville et sa famille : qu’il en soit remercié !Chauvigny 0 Chauvigny 1Chauvigny page 298Chauvigny 2

Chauvigny page 300.jpgL’identification des pendules , aux styles les plus caractéristiques , apparaissant dans cette vitrine permet de dater cette photo un peu au delà de l’estimation de l’auteur puisqu’elles sont toutes extraites du catalogue 1964/65 .

 

Chauvigny page 407 600ppLes réveils , à cloche surmontés d’un anneau , qui sont bradés ne sont pas des Jaz , en revanche le réveil géant est bien un Jaz de vitrine , du même  modèle que celui du Raja de Nanpara ; à n’en pas douter il n’est pas bradé mais fait la promotion des Jaz que les AUBRUN  distribuait dès avant -guerre .Chauvigny page 406 600ppMax sera , plus tard , le troisième AUBRUN  à la tête de l’horlogerie bijouterie  jusqu’à sa fermeture .Chauvigny Foire 600ppil n’est pas bien difficile d’identifier une LUMIC à son néon annulaire allumésachets AUBRUN 1938Trois sachets de réparations au nom de Maxime AUBRUN , modèle 1938 , format 11 x 7,5cm

QUADRIC biface 1934/35 tutoriel de démontage

quadric tutoriel (2)Le hublot vitré s’ouvre du côté où le remontage se fait , évidemment . De l’autre côté la vitre est fixe et le cadran n’a ni ouverture de remontage , ni fenêtre triangulaire d’indicateur de réserve . quadric tutoriel (3)Enlevez les aiguilles et les vis qui fixent la plaque de métal du cadran sur le cadre quadric tutoriel (4)Apparaît un cercle de bois percé de deux trous : celui pour la clé de remontage amovible et celui où passent l’axe des aiguilles et le témoin de charge bicolore : blanc/le mouvement est remonté ; rouge/il est temps de réarmer le mécanisme .quadric tutoriel (5)Ces quatre vis libère le hublot fixe de l’autre côté : il s’agit d’un raccourci que nous vous conseillons pour la plupart des opérations courantes ,  le calibre étant fixé sur cette plaque de bois .quadric tutoriel (7)Une tige relie le mécanisme à la vis d’avance / retard quadric tutoriel (11)Le réglage d’avance / retard est reporté sous le cadre . L’horloge étant destinée à être suspendue , son accès est donc aisé .quadric tutoriel (12)Pour sortir le calibre fixé sur sa plaque de bois , il conviendra de faire attention à  ne pas tordre la tige de rappel de l’avance / retardquadric tutoriel (13)Le cadran du côté fixe ne comprend ni fenêtre de réserve , ni trou de remontage . Attention , les aiguilles et leurs rouages sont solidaires de ce cadran .quadric tutoriel (15)Le calibre 3G ne porte aucune mention ; tous les modèles que nous avons eu en mains présentent le même « bricolage  » pour fixer le mécanisme : rustique mais efficace .quadric tutoriel 16En bas la tige de l’avance / retard et en haut le volet bicolore d’indication de réserve .

QUADRIC 1934-1935

quadric  suspendue .jpgQUADRIC , horloge murale en bois , mouvement mécanique à clé amovible , calibre 3G d’une autonomie de 8 jours . Corps en bois , vitre en verre plat , aiguilles type buildings noires , petite fenêtre triangulaire de témoin de charge passant au rouge quand l’horloge doit être remontée , en dessous du XII et au dessus de l’axe central . Format 35 x 32 cm , poids en uniface 3 kg ; poids en biface  5 kg . quadric (8)Recto de la version biface à hublot fixe : ni fenêtre de témoin de charge , ni orifice pour la clef de remontage . quadric dessusVue du dessus : un crochet de chaque côté pour la suspendre

Dans le catalogue de 1934/35 , Jaz affiche clairement la destination de cette horloge proposée en deux versions : uniface ou double face , pour les lieux publics . On peut trouver des QUADRIC arborant le nom d’un horloger sous le XII ou d’un grand magasin comme les Galeries Lafayette  . Elle n’était pas prévue pour être accrochée aux murs mais suspendue par chaîne ( fournie) ou des tiges chromées ce qui , suivant la situation , permettait éventuellement une lecture de l’heure des deux côtés pour la version biface . Voir notre article tutoriel de démontage de la QUADRIC .

PORTIC (1934 à 1935)

portic faceportic dos

PORTIC , petit réveil mouvement mécanique, calibre E . Boîtier en métal avec bandes chromées , arrêt de sonnerie au sommet , vitre en verre plat , sonnerie sur gong fixé sur le dos . Deux versions de cadran avec chiffres ou index seront disponibles , déclinées en lumineux ou non-lumineux  . Les chiffres sont en métal et rapportés sur le cadran . Référencé n°351 en version index lumineux . Format 8 x 6,5 cm pour un poids de 450 gr !!

Ce poids important explique la rareté du PORTIC car il est un indice déterminant sur la composition de son boîtier . Son prix est pourtant sensiblement identique aux CUBIC , ses contemporains que l’on trouve en abondance . Ce n’est donc pas son prix qui justifie que l’on en trouve aussi peu et surtout en bien pitoyable état pour la plupart . Le problème est d’évidence dans l’alliage choisi , lequel n’est pas précisé par Jaz . Les exemplaires que nous possédons présentent  les cassures caractéristiques de l’antimoine , le poids du plomb  , les fissures de la peste du zinc et les cloques de la peste de l’étain : assurément un mauvais alliage et un bien mauvais choix . Après guerre Jaz confiera à la fonderie Thécla Delle , ses boîtiers de ce type pour les réaliser en zamac alliage découvert en 1926 qui ne présentait pas ces défauts si le zinc employé était de grande pureté .

Cadran lumineux à chiffres . Comme pour les CUBIC  n°308 de 1929 à 1936 , le gong de sonnerie est fixé sur le dos .

Le VERDIC reprendra sa silhouette , son format et son calibre en 1942 . La dénomination PORTIC sera réattribuée en 1971 et en 1983

Robert LORTAC 1884 +1973

Lortac RobertRobert Alphonse Collard dit Robert Lortac (Cherbourg 19 XI 1884 + Paris XIV° 10 IV 1973 ) est un écrivain , dessinateur , portraitiste , critique d’art , scénariste , pionnier français du dessin animé, en particulier publicitaire .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Il « inventa » la publicité en dessins animés dont il fit des petites fictions amusantes                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Lortac commence son premier dessin animé en 1914 . Après sa rencontre avec Émile Cohl , il crée sa propre société de production en 1919 et sa maison de Montrouge devint le premier studio de dessins animés en Europe avec entre dix et quinze collaborateurs et cinq  caméras. Il utilise banc-titre, poupées animées, prises de vues réelles pour tourner des documentaires et des films techniques,  éducatifs ou publicitaire . Lortac eut de très nombreux  collaborateurs dont le célèbre Poulbot , l’affichiste Raymond SavignacRaoul Guérin et son fameux Toto , entre mille autres …   Il réalise ainsi plusieurs dessins animés de fiction que la société Pathé intégre plus tard dans la filmathèque 9,5 mm Pathé Baby . Parmi les plus connus , on peut retenir La Cigale et la fourmi , Le Lion et le rat , Toto cuisinier, etc. En 1922, il publie un journal satirique d’actualités en dessins animés Le Canard en ciné , projeté en salle avec les actualités Pathé. Après la Libération Lortac vend sa dernière caméra et abandonne le dessin animé et la publicité. Il écrit des scénarios de bandes dessinées et devint très prolifique pour Les Pieds Nickelés  et Bibi Fricotin . Mais  se consacre aussi à la peinture et publie également des  romans policiers et de science-fiction qu’il illustre parfois Publi-Ciné-copy-605x453Dès 1921 , la publicité filmée est introduite dans les cinémas . La société Publi-Ciné popularise l’image du petit groom noir qui devient un personnage aussi familier que, plus tard , le sympathique mineur avec son piolet de Jean Mineur Publicité. Les publicités sont presque toujours des dessins animés , qui offrent plus de liberté que ne l’aurait fait un film avec décor et acteurs  et sont souvent humoristiques . Cette source de revenus complémentaires incite beaucoup d’exploitants de salles à accepter les publicités d’abord accusées de vider les buvettes à l’entracte . L’atelier Lortac , où œuvrent aussi O’Galop et Émile Cohl , travaille beaucoup pour Publi-Ciné dont les principales firmes annonciatrices sont  Citroën , les vins Nicolas , les parfums Arys , la SEITA …                                                                                                                                                                                                                                           …mais aussi les médicaments Jubol et Urodonal dont la communication était gérée depuis des années par Georges Scemama , cofondateur de la Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère avec Yvan Benel et Louis-Gustave Brandt . C’est Scemama qui trouve à la CIMH son nom commercial : JAZ ! C’est bien logiquement qu’il va choisir LORTAC pour la promotion de sa marque d’horlogerie au cinéma .                                                                                                                                                                                                                                                                              Consultez les articles de VENDRE celui de Mars 1924 et celui d’Octobre 1935 pour mesurer l’importance des petits films de Publi-Ciné dans le succès de Jaz .

Voyez deux des films réalisés par LORTAC en 1938 pour Jaz : Le Réveil de la terre et Les méfaits d’un mauvais réveil 

 

En 1925 LORTAC réalise , pour la Manufacture de montres Zénith de Locle ,   Histoire de l’horlogerie un film d’animation , en N&B muet avec intertitres en français , qui  retrace l’évolution de la mesure du temps à l’aide de dessins animés et de quatre intertitres . On voit ainsi prendre forme sous nos yeux des dessins de la clepsydre des Grecs, du cadran solaire des Romains, de la « grosse montre à clef » du XIXe siècle puis de la montre bracelet moderne : « élégante et d’une exactitude absolue, la montre chic, c’est la montre Zenith» .

On reconnaît immédiatement , dans ce film pour Zénith , le graphisme et le style du film La Mesure du Temps diffusé par l’ODF dans les écoles  mais financé par Jaz en 1948 .

 

 

 

 

Réveil géant Jaz Favre-Leuba offert au Raja de Nanpara en 1935

raja clock indiaRéveil géant de vitrine , estampillé JAZ FAVRE-LEUBA , offert au Raja de Nanpara en 1935 . Diamètre 43 cm , poids 9,250 kg , mouvement mécanique Kienzlé postérieur .

IMG_3326 (Copier)IMG_3325 (Copier)Si le donateur , Hamid Ali Khan de la ville de Malhiabad , reste obscur en raison d’un patronyme trop courant en Inde , le récipiendaire est fort connu puisqu’il s’agit du Raja de Nanpara :  MOHAMMAD SAADAT ALI KHAN souverain de cet état princier du Nord Est de l’Inde .

Stand JAZ Hamelin AngersSur cette rare photo originale du stand de la Maison Hamelin à la foire d’Angers, probablement en 1935 d’après l’analyse précise des modèles et des prix affichés , trône au centre un REPLIC géant pour vitrine du même modèle que notre exemplaire indien

Raja Syed MOHAMMAD SAADAT ALI KHAN, Raja de Nanpara de 1925 à 1975 , est né le 2 Novembre 1904 et décédé en 1975 . Marié deux fois , passionné d’aviation et de chasses aux tigres . La raison du don de ce réveil géant au souverain nous est inconnue . Consultez nos articles consacrés à Jaz en Inde :l’usine Sifco Jaz Favre-Leuba et West End Watch Co importateur Jaz aux Indes .Raja Clock 3 Cette pièce historique nous a été offerte par Julien CLAIRET qui a fait renaître la marque JAZ en 2016 , la dotant d’une large gamme de montres Made in France , mêlant avec brio création et respect du passé https://www.jazwatch.com/ . Qu’il soit remercié pour ce cadeau doublement royal .

Le Raja de Nanpara est encore mondialement connu , un peu à tort , en raison de cette extraordinaire Rolls Royce 1925 Phantom 1 Coupé aérodynamique à portes rondes , à tel point que les recherches sur internet le concernant n’aboutiront qu’à ce seul résultat de prime abord . Afin de survaloriser cette merveille , qui n’en a pourtant pas besoin et comme on ne prête qu’aux riches , il est élevé dans tous les articles la concernant au titre de Maharaja . Cela ne convient pourtant qu’aux rajas suzerains de plusieurs autres monarques , ce qui n’est pas son cas , et on présente cette Rolls comme une de ces folies dont les souverains indiens étaient coutumiers , il est vrai . Et pourtant cette voiture a été commandée en 1925 par la femme de Hugh Dillman un acteur du cinéma muet , mais surtout veuve de H.E. Dodge magnat de l’automobile de Détroit et l’une des femmes les plus riches du monde . Elle a tout d’abord été carrossée en cabriolet par Hooper en 1926 et c’est sous cette forme que le Raja en fait l’acquisition  puis la revend au duc de Windsor qui la confia aux Ets Jonckheere  pour être re-carrossée en ce chef d’œuvre automobile Art Déco que notre roi indien n’a donc jamais connu . Passons la suite rocambolesque de son histoire : maintes fois rachetée , retrouvée dans un terrain vague , restaurée , peinte en blanc puis dorée avec des kilos d’or fin , etc avant de rejoindre le Musée Petersen de Los Angeles après un ultime restauration .Raja_Nanpara_Rolls_RoyceEn revanche , cette autre Rolls Royce nous est parvenue telle que le souverain la connue