Serge LIFAR chez lui au lit , le 28 Novembre 1940 . Sur sa table de nuit , derrière son paquet de cigarettes , un réveil de voyage Jaz : le MUTIC de 1938 . Photo par Roger PARRY ( 1904+1977) Donation Roger Parry , Ministère de la Culture , conservée à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine dite MAP. Epreuves pour un reportage dans la revue collaborationniste , La Semaine , revue hebdomadaire de spectacles qui paraît entre 1940 et 1944 . Consultez notre article sur Roger PARRY .
Serge LIFAR en train de se raser lors de la même séance de prise de vues , à l’extrême droite en bas , le MUTIC est tellement reconnaissable que l’on peut identifier le modèle exact en sa possession .
extrait de LA SEMAINE Novembre 1940 , sous une horloge murale , son téléphone à deux cloches , et son MUTIC sur la table de nuit .
Serge LIFAR chez lui triant les dessins préparatoires des costumes du ballet Le Chevalier Errant ( et non Les Chevaliers Errants comme indiqué sur le site du Ministère de la Culture ) .
Serge LIFAR (1905+1986) ukrainien d’origine , était un célèbre danseur étoile , influent chorégraphe et maître de ballet de l’Opéra de Paris, pendant l’Occupation allemande de Paris de 1940 à 1944 .
Après la mort de Diaghilev en 1929, dont il sera l’un des deux légataires universels , Serge Lifar entre à l’Opéra de Paris . Il sera nommé en 1935 le premier danseur étoile masculin de l’Opéra de Paris , avec son grand succès, le ballet Icare . En 1956, à l’âge de 51 ans, il dansera son dernier ballet.
Après avoir quitté l’Opéra de Paris en 1956 , Lifar poursuit sa carrière internationale en tant que chorégraphe , monte des ballets en Argentine , en Australie , en Italie et en Suède .
Durant les dernières années de sa vie, il vivait à Lausanne, auprès de la comtesse Ahlefeldt . Elle est inhumée à ses côtés au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois .
Dans la vie de Serge LIFAR , il y a deux épisodes bien connus des amateurs d’anecdotes : en 1958 , son duel avec le marquis de Cuevas dont le témoin , avec son bandeau sur l’œil droit , est bien le jeune Jean Marie Le Pen …
.. et il aurait été le guide lors la visite éclair d’Hitler à l’Opéra de Paris en Juin 1940
La visite éclair et matinale du dictateur nazi , en juin 1940 dans un Paris fraîchement vaincu , a été immortalisée par quelques rares photos et les caméras de la propagande allemande , mais diffusée très tardivement en Allemagne uniquement , si bien que la date précise n’est pas certaine .
Hitler, ce matin-là , s’est posé à l’aéroport du Bourget à 5 h 30 avec son avion personnel , un Condor quadrimoteur beige et est resté en tout et pour tout deux heures et quart dans Paris , il ne reviendra jamais à Paris . Le croyez vous ? on a l’heure , la durée précise mais pas la date exacte !
A noter que le mystère concernant la date de cette visite pourtant illustre , nous a tourné la tête lors de nos recherches pour cet article . Dans ses souvenirs, Pierre Mendès France la place au 15 juin : connaissant sa probité : on serait tenté de le croire . Le Cardinal Alfred Baudrillart dans ses fameux Carnets , en 9 volumes et 10.000 pages , affirme que c’était le 16 , s’agissant d’un journal fait au jour le jour : on serait tenté de le croire . Le sculpteur Arno Breker , qui a accompagné Hitler , affirme que cela s’est passé le 23 , en tant que témoin direct : on serait tenté de le croire . Mais le ministre / architecte , Albert Speer , présent lui aussi sur la photo ce jour là , assure que la visite a eu lieu le 28 , sachant combien les historiens ont apporté de crédit au seul ami d’Hitler : on serait tenté de le croire . Enfin il y a l’avis des grands historiens : on serait , eux aussi , tenté de les croire , mais ils hésitent : Herbert Lottman évoque le 23 Juin dans La Chute de Paris . Tandis que le biographe d’Hitler , Ian Kershaw , avance la date du 28 pour sa part . Jean-Pierre Azéma dans 1940 l’année terrible , au Seuil en 1990 , situe la visite le 23 , mais dans sa récente réédition chez Fayard re-titrée 1940 l’année noire , il porte la date au 28… Nous n’avons aucune information inédite sur la date , même si le 28 Juin a notre préférence en raison de l’appétence du Führer pour les vengeances symboliques , comme le wagon de l’Armistice. de Rethondes . Le 28 juin est la date anniversaire du Traité de Versailles , diktat selon lui , signé en 1919 .
Serge Lifar en 1940 avec les clefs de l’Opéra de Paris , photo 13 x 18 cm vendue le Lundi 22 Avril 2013 à Bruxelles ,elle a relancé la polémique sur la visite d’Hitler à l’Opéra.
Serge Lifar se targua d’avoir fait visiter l’Opéra à Hitler dès le matin du 23 juin 1940 , ce qu’il nia ensuite. Ce fait fut largement diffusé dans la presse d’après-guerre et eut une immense portée symbolique pour ses défenseurs comme pour ses détracteurs lors de son procès pour collaboration après guerre.
Dussurget avec Theresa Berganza et Maria Callas en 1964 Néanmoins il se trouve que , par un hasard extraordinaire , votre humble serviteur , co-rédacteur de Jazlebontemps a été dans sa lointaine jeunesse , les années 1985 à 1992 , ami intime et secrétaire de Gabriel Dussurget , fondateur du Festival d’Aix en Provence et conseil artistique de l’Opéra de Paris nommé par Malraux sous la direction de Georges Auric . Cette situation m’a permis d’assister , pendant ces belles années , à toutes les représentations de l’Opéra Garnier . D’ailleurs la première fois , j’étais assis entre Dussurget et Kochno , l’autre exécuteur testamentaire avec Lifar , du fondateur des mythiques Ballets Russes , Serge de Diaghilev . Toujours au premier rang à gauche du parterre , ce qui est loin d’être la meilleure place , mais permettait d’accéder en urgence à la scène aux coulisses , aux loges d’artistes et à la loge du concierge , centre névralgique des petits secrets locaux . Celle-ci n’était pas tenue par Adolfo Ramirez /Gérard Jugnot comme dans Papy fait de la Résistance mais par le charmant Gino Dittaro , sa femme et sa fille , qui avaient succédé à Carla et Tonio Dittaro , lesquels tenaient leur place de Lucien Ferrari , concierge pendant l’occupation , depuis 1928 . C’est tout simplement lui qui , très prosaïquement , à ouvert les portes aux sbires d’un Hitler pressé mais qui avait une connaissance très précise des lieux et aucun besoin du moindre guide , ce qui a beaucoup étonné ces vassaux , tous allemands , qui en témoigneront sans jamais citer ni Lifar , ni Ferrari non plus . Le brave concierge ne tenait aucune gloire de cette minuscule intervention , à raison : il n’a même pas vu le dictateur .
En revanche ce qui est avéré , c’est que Lifar accueillit Goebbels à l’Opéra le 1er juillet 1940 , comme il le reconnut lors de son procès , en omettant de mentionner la lettre qu’il lui envoya ensuite à propos de l’avenir de la danse allemande . Les comités d’épuration , dont Dussurget était membre, et les tribunaux ont chassé Jacques Rouché , directeur de l’Opéra de Paris , et Lifar pour s’être compromis avec l’occupant . Il fonde alors et dirige les Nouveaux Ballets de Monte-Carlo . L’éclat de ces créations , la demande insistante du public et des danseurs entraînent le retour de Lifar au poste de maître de ballet de l’Opéra de Paris en 1947. Il lui faudra néanmoins attendre 1949 pour qu’il puisse revenir sur scène en tant que danseur.









![IMG_3392[1]](https://jazlebontemps.com/wp-content/uploads/2019/08/img_33921.jpg)
Nous remercions chaleureusement le grand collectionneur Marc Barat pour ces photos .
![IMG_3394[1]](https://jazlebontemps.com/wp-content/uploads/2019/08/img_33941.jpg)

D’autres militants qui travaillaient dans la ville notamment chez les camions
POZZI pendant la guerre d’Espagne en 1938
La maisonnette du couple Hébert en 2019 . Un cycliste , Paul Lescop , est repéré et suivi car il se rend très souvent en fin de journée au 26 rue de Suresnes chez le couple Hébert .
Le 8 septembre 1941 , Lucienne Hébert est interpellée par un inspecteur de Puteaux sur son lieu de travail : l’usine des réveils Jaz avenue du président Wilson à Puteaux . Son mari est interpellé à son domicile . Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissent : une machine à ronéotyper à main , cinquante mille tracts ronéotypés et imprimés , deux cents kilos de papier et trois obus de 75 mm , ainsi qu’un pistolet automatique . Lucienne Hébert est interrogée au commissariat de Nanterre .
Dès le lendemain , elle est transférée à la prison de la Roquette à Paris , puis le 10 septembre à la prison de la Santé . La quasi-totalité des militants est repérée, quinze arrestations s’échelonnent entre le 2 et le 16 septembre 1941 .
Monument rue Félix et Roger Pozzi à Sannois Fusillé également René Muller, mécanicien chez l’avionneur Régy avec le plus important d’entre eux , le fameux Félix Pozzi , monteur-électricien de Sannois dont une rue porte son nom et celui de son fils , mort en 1942 des suites d’une autre arrestation musclée .
Ravensbrück , camp de concentration pour femmes. Elle passe à Cottbus le 5 avril 1944 , avant d’être envoyée à Ravensbrück le 20 décembre 1944 où elle porte le matricule 94115. Le 4 mars 1945
Cité Mag , revue municipale de Nanterre ,Février 2017 ,n°50 Lucienne Hébert a été homologuée au titre de la résistance intérieure française et en tant que déportée internée résistante et veuve de résistant , fusillé Mort pour la France . Avoir été la seule survivante de ce groupe de résistants , l’a longtemps tenu à l’écart des honneurs dont ses camarades ont été comblés avec , pour la majorité d’entre eux , des rues portant leurs noms . Mais notre ex-cartonnière chez Jaz n’est pas oubliée à Nanterre : elle a donné son nom à une résidence, en novembre 2019 (
Jazette n°6 de Janvier 1946 page 4 . Etrangement la déportée résistante , à laquelle nous avons consacré un article , 





La mention blanc signifie cadran blanc , comprendre
comparaison de taille avec un réveil classique .









autres exemplaires connus



















































encart publicitaire des années 20
Marcel GAILLARD 1911 médaillé de
Boutique à la Médaille d’Argent en 1940 , 95 rue de la Chapelle . Vitrine de droite on devine malgré le reflet une pancarte Jaz derrière la vitre et à l’extérieur une
intérieur de la boutique en 1947 : on notera la présence d’un éphéméride mural Jaz , hélas , un peu caché par le thermomètre -baromètre en marbre .
Louis GAILLARD 1950 diplômé Ecole de Cluses promotion 1924/1927 Les années 50 marque l’apogée de Jaz , comme en témoignent les nombreuses publicités qui ornent la boutique de la deuxième génération des GAILLARD . En 1945 , la rue de la Chapelle fut scindée en deux , sa partie sud prenant le nom rue Marx Dormoy : la numérotation s’en trouva modifiée et la boutique qui était au 95 se voit attribuée le numéro 21 que l’on devine derrière la première vitre tout en haut ; en revanche le voisin a gardé le numéro 95 en façade .
La boutique au 21 rue de la Chapelle en 1954 et ses magnifiques panneaux Jaz
en 1957 la diversification s’étend au briquet Flaminaire
Cette carte publicitaire postérieure montre que , si la plaque émaillée Jaz est toujours présente , les six panneaux de bas de caisse ont été remplacés par d’opportunes vitrines permettant de présenter plus de produits en vente . On notera l’amusant texte conçu par Louis Gaillard , à la première personne , à propos de sa pendule électrique qui « donnait » l’heure au quartier , ce qui n’est pas exagéré . Effectivement la boutique se trouvant au point culminant de la très longue rue de la Chapelle , cette horloge pouvait être vue depuis l’avenue Max Dormoy ; subsiste d’ailleurs , en place actuellement , un panneau lumineux Citizen qui permet de s’en rendre compte . En général ce sont les beffrois des mairies , des hôpitaux ou les clochers des églises qui rythment les heures d’un quartier , or de l’autre côté de la rue , presque en face l’établissement des GAILLARD , se trouve la
Monsieur Gaillard devant sa boutique en 1968 et sa petite famille à la fenêtre à l’étage
Olivier (à gauche) et son père Jean Claude GAILLARD diplômé de l’ENHC – Ecole Nationale Horlogère de Cluses , promotion 1952/1956 – dans sa boutique atelier du passage de Choiseul . Rares sont les familles d’horlogers qui ont survécu à l’invasion dévastatrice du quartz nippon , aussi ce type de magasin fait notre bonheur . On n’est pas reçu par de simples changeurs de piles – même s’ils assurent ce service évidemment- mais de vrais horlogers qui peuvent légitimement exposer les superbes outils des générations précédentes et vendre pendulettes d’officier , goussets , etc . Leur sellier maroquinier pourra réaliser un bracelet de montre entièrement sur mesure et selon votre choix le plus particulier . Spécialisés dans la réparation de montres mécaniques, anciennes ou récentes quelque soit leur marque , ainsi que de pendules , ils sont également distributeurs de nombreuses marques suisses , allemandes ou françaises telles que Junghans , Junkers , Zeppelin , Claude Bernard ,Timberland , etc . Nous adressons nos remerciements les plus chaleureux à Olivier et au regretté Jean-Claude Gaillard ( + 2018) qui ont bien voulu nous confier les documents ci-dessus et pris le temps de nous guider comme ils le feront pour achats et réparations dans leur boutique .
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