En presque cent ans d’existence , JAZ a multiplié les collaborations de tous ordres avec la reprise de CARAT et de la SAP Société Alsacienne de Précision puis l’absorption de JAPY , les accords avec Favre Leuba , la SMI Société Méridionale d’Industrie , Peter Uhren , Lorentz , La Vedette , LIP , ACCTIM clocks , BULOVA , Finhor du groupe Anguenot Frères puis Cupillard Rieme pour les montres , jusqu’à Seiko ou Matra et enfin Yema , Lotus et Pulsar. Toutefois l’accord conclu avec les établissements SARDA , spécialisés dans la vente par correspondance , est d’un type inédit , et qui plus est , très limité dans le temps et dans son ampleur : confier à cette marque la distribution de quelques Jaz .
Effectivement à la page 8 d’un catalogue de cette marque , on trouve trois Jaz en vente dont les noms sont omis mais se voient dotés de références propres à SARDA : 48-81 pour le PERPIC , 48-82 pour le FLEURIC et 48-83 pour le CUIRIC . Ces deux derniers étant des Tirages Limités .
Comme la plupart des catalogues SARDA , il n’est pas daté ; toutefois la conclusion de sa page 2 fait nettement allusion aux affres économiques de l’immédiat après guerre et les dates d’apparition des Jaz présentés permettent de le dater vers 1947 /1948 . Ce sont , sans doute , dans les difficultés qui suivent l’occupation qu’il faut chercher les raisons de cette coopération qui ne connaîtra pas d’équivalent . Jaz a toujours affirmé auprès de ces horlogers affiliés qu’ils étaient leurs seuls vecteurs de vente , rejetant coopératives , grands magasins et vente directe aux clients . Cette offre , somme toute limitée , les revendeurs Jaz n’ont pu l’ignorer mais la consultation des tarifs nous éclaire sur son acceptabilité potentielle : SARDA vendait les Jaz plus chers qu’en boutique . Soit 3.500 Fr pour le PERPIC contre 3.450 Fr en magasin , 8.750 Fr pour le FLEURIC soit 250Fr de plus que chez l’horloger du coin et encore 200 Fr en supplément pour un CUIRIC vendu 9.700 Fr sur catalogue . ( voir la fin de l’article du CUIRIC pour l’étude de l’évolution de son prix de 1946 à 1951 )
Dans ce petit catalogue de seulement 15 pages , plus tardif – probablement de 1950/52 -c’est un seul Jaz qui est proposé .
Au milieu de la page 5 , sous la référence H.36 , c’est une EMPIC cette fois qui est disponible , dans sa version à chiffres arabes .
Pour autant , il ne faut pas voir des Jaz à toutes les pages , même si cette pendule en tôle émaillée , référencée H04 dans ce même catalogue 1950/52 , présente une forte analogie avec la GRANIC , seule horloge en tôle émaillée de la marque au jaseur boréal …
…et pour cause puisque le boîtier est absolument identique : mêmes renflements , strictement le même format et quasiment les mêmes chiffres . La raison est simple : pour un seul modèle d’horloge en tôle émaillée , Jaz n’a pas créé une onéreuse ligne de production spécifique avec four d’émaillage entre 750 et 860 ° . En revanche Jaz s’est fourni à quelques années d’écart auprès du même fabricant que SARDA . Avec toutefois la notable différence que Jaz avait doté sa GRANIC du calibre 5G , qui présente -comme tous les calibres G – l’avantage de se fixer au boîtier uniquement par l’axe central et l’orifice de remontage , contrairement à la version de SARDA dont le calibre nécessite , pour se maintenir , deux vis supplémentaires bien visibles à 3h et 9h .
En 1953 , on retrouve de nouveau quatre Jaz disponibles au page 22 et 23 d’un petit catalogue SARDA de 25 pages . Sous la référence 5383 , c’est un des grands succès de Jaz que l’on retrouve le JAZIC .
à la page 23 ce sont des modèles beaucoup plus exclusifs qui sont proposés sans que leurs dénominations ne soient reprises mais des références propres à SARDA à savoir 5392 pour l’ALSIC , 5395 pour le SAPIC noir et 5396 pour le BUTIC .
PETIT HISTORIQUE de la marque SARDA Besançon 
En 1893 , à Besançon , Hyacinthe SARDA fabricant d’horlogerie comme il y en a tant à l’époque dans la capitale horlogère franc comtoise , installe sa boutique à l’angle du 33 Quai Vieil -Picard et de la rue Marulaz .
Catalogues SARDA 1926 / 1932 et 1934 Lauréat des concours 1913 /1914 /1919 de l’Observatoire National et Chronométrique de Besançon , SARDA se lance rapidement dans la vente par correspondance de montres , réveils , pendules , orfèvrerie , bijouterie comme TRIBAUDEAU autre maison bisontine fondée en 1876 .

Le succès est au rendez-vous , obligeant les établissements SARDA à déménager à un angle du boulevard Carnot dans des locaux beaucoup plus vastes , où la vente au détail est assurée .
Les raisons du succès sont à chercher dans la qualité des produits vendus avec des montres à complications , des chronomètres …
…mais aussi dans l’importance du marketing avec la diffusion de milliers de cartes postales publicitaires permettant d’obtenir les catalogues qui offraient un choix de 500 à 600 montres , soit qualité et quantité . Pour l’orfèvrerie , l’accent était mis sur le suivi des collections sur plusieurs années , permettant à des familles modestes d’acquérir petit à petit une ménagère de couverts , sans recourir au crédit .
Pas de jaseur boréal , comme JAZ , pour le logo de SARDA …
…mais l’aigle et les colonnes des armoiries de Besançon ( à gauche ) , aigle héraldique qui a l’avantage de ressembler fortement à celui des Savoie que l’on retrouve sur les blasons et les pièces sardes sans doute chers à SARDA et à ses origines .
Dans les années 60 , SARDA devient progressivement DIFOR avant de disparaître en 1979 suite à l’accord conclu avec MATY , le dernier bisontin de la vente par catalogue apparu en 1951 , devenu le poids lourd de ce marché avec de nos jours deux millions de clients , 7000 commandes par jour , deux tonnes d’or utilisées chaque année , 650 employés , 17 points de vente et le titre incontestable de leader européen de la vente de bijoux par correspondance , les montres et réveils n’étant dorénavant qu’un faible pourcentage du chiffre d’affaires .














ALSIC , petit réveil ,
L’ALSIC avec le
En 1950 Jaz produit 1.400.000 réveils , son usine de Puteaux a dû chasser ses bureaux vers le Siège Social parisien de la rue de la Boétie , en outre des ateliers ont été ouverts à Annecy et rue Bayen à Paris mais cela ne suffit pas encore . Afin de faire face à son expansion galopante , Jaz prend la majorité du capital de la SAP -Société Alsacienne de Précision- dont l’usine alsacienne fabriquait les productions de « Carat horlogers de précision » et elle absorbe cette dernière marque . Jaz fait ainsi une double bonne affaire : elle s’installe en Alsace à Wintzenheim près de Colmar dans son immense usine et hérite des calibres de précision de Carat dont le « 100 »rebaptisé « AB » à 7 pierres et sonnerie limitable .
ALSIC en version CARAT . Les dénominations 
au dos les versions CARAT sont estampillées , différemment des Jaz évidemment , sur le calibre et le dos-cloche .
L’arrivée de ce calibre AB dans le giron de Jaz induit l’apparition d’une nouvelle gamme de réveils les « Jaz de Luxe » dont ces trois réveils sont les pionniers .


publicité pleine page Réalités , 31,5 x 23,5 cm , photo A. Berguglian . Ces trois réveils de Luxe correspondaient parfaitement au lectorat de Réalités qui était la revue illustrée la plus influente et la plus lue entre les années 1950 et 1970 . Avec son dos carré , son impression en quadrichromie , d’un prix élevé – 590 francs en 1956 – Réalités accordait une large place à la photographie , une grande importance au choix des couvertures et à la qualité de ses encarts publicitaires .










En 1953 l’EMPIC arbore des chiffres romains mais revient aux chiffres arabes en 1954 avant d’être définitivement supprimée des catalogues en 1955 . Dans les catalogues l’EMPIC n’est jamais dans la catégorie Jaz de Luxe mais celle des Tirages Limités uniquement ; d’ailleurs en version à chiffres arabes il n’y a pas pas de mention Jaz de Luxe au cadran toutefois lorsqu’il est en version chiffres romains la mention Jaz de Luxe est indiqué au cadran . La raison est est sans doute qu’il s’agit de la reprise du cadran du VOLIC lequel appartient à ces deux catégories . Nous avons donc fait le choix d’intégrer l’EMPIC à la catégorie des Jaz de Luxe .
On notera que l’EMPIC , première version , fait partie des rares Jaz distribué également par 









Version réduite , format 18 x 13 cm . Si l’on retrouve la signature de Bydo au bout de la traîne , la qualité a baissé autant que le format ; même le sempiternel slogan , bien vieillot et ranci , n’est pas de haut niveau .











Ce 











publicité 1957 format 23,5 x 9 cm
La dénomination 






JAZIC 193-20 avec trotteuse , version promotionnelle . JAZIC , grand réveil , gamme des Gros Jaz , mouvement mécanique ,
JAZIC réf. 193-32 vert
En 1953 s’ajoute la nouvelle référence 193-81 , à boîtier et socle gris clair et cadran ivoire disponible uniquement en lumineux ; cette dernière version n’est déjà plus disponible l’année suivante .
JAZIC 190-75 sans trotteuse mention CIMH au bas du cadran Etrangement cette même année 1954 , qui est pourtant la dernière année de mise en vente du JAZIC , apparaissent trois éphémères versions du JAZIC sans trotteuse donc dotée d’un calibre 12D qui cohabitent avec le JAZIC ivoire à trotteuse
JAZIC 190-97 gris mauve , sans trotteuse , zone des heures bleue , daté 3-54 sur le battant du marteau . Son cadran marque très discrètement une transition , qui est toutefois d’importance , avec l’apparition pour la première fois de la mention JAZ S.A . Effectivement sur le JAZIC 190-75 on pouvait encore lire CIMH , l’acronyme de Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère qui était indiqué in extenso sur tous les Jaz depuis 1921 et sur les premiers JAZIC . Dans les faits Jaz renonce à CIMH , son ancienne raison sociale trop longue et obscure , au profit de son nom publicitaire maintenant mondialement célèbre et devient JAZ Société Anonyme au cours de l’année 1951 .
Affiche publicitaire par
D’autant que le JAZIC fait partie des rares Jaz vendus également en dehors du réseau des horlogers affiliés puisqu’on le retrouve à la page 222 du catalogue de 1953 du leader de la vente par correspondance d’horlogerie
A l’export le JAZIC portait d’autres dénominations comme Girasole – le tournesol – en Italie (
Cette publicité indochinoise de 1951 montre un modèle de JAZIC inconnu dans la mesure où il est doté d’une trotteuse et que nous le possédons mais sans trotteuse: le JAZIC 190-75.
Publicités presse , format 18,5 x 13,5 cm , Reader’s Digest dessinés par BYDO
publicité presse , format 35,5 x 13,5 cm
BUTIC , grand réveil , gamme des Stylites , mouvement mécanique ,






A partir de 1948 une variante en gainé python véritable est ajoutée , référencé 770-50 . En 1951 , soit cinq ans après son arrivée , la version parchemin , qui n’était donc pas d’un tirage si limité , disparaît enfin au seul profit du gainé python qui est subitement référencé 770-52 sans raison apparente n’ayant ni changé d’aspect , ni de calibre . Le CUIRIC n’est plus au catalogue en 1953 . L’emploi de cuirs de haute qualité pour l’habillage a induit son nom de





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