SEVRIC ( 1936 à 1939)

sevric

SEVRIC 8182 à douze godrons platine                                                                                                                                                             SEVRIC , horloge murale , mouvement mécanique à clé pour remontage en façade , calibre 1G , autonomie 8 jours . Corps en céramique , aiguilles buildings . Format 28 x 23 x 5 cm , poids 1,775 gr .terre de fer Sur le couvercle en métal apparaissent les lettres RUB pour Rubis par opposition aux modèles à pointes d’acier – voir plus loin- et la mention TERRE  DE FER est gravée en relief dans le corps en céramique . C’est une appellation commerciale désignant une céramique en faïence fine, proche de la porcelaine, à laquelle est mêlé du feldspath et du kaolin, pour la rendre plus blanche et plus résistante. Elle apparaît en France vers 1770, se répand vraiment à l’époque de la céramique, pour atteindre son apogée vers 1900 . Les principales manufactures ayant eu une production de Terre de fer se sont situées dans le Nord comme les faïences du Moulin des Loups , de Saint-Amand , Orchies , Hamage  ou en région parisienne avec les faïenceries de Creil , Montereau , Choisy-le-Roi et dans l’Est avec celles de Sarreguemine .

 En 1936 les  variantes de la SEVRIC ne se distinguaient apparemment que par la couleur des quatre blocs de godrons qui pouvaient être soit platine , réf .8182 ; soit gris , réf.8086 ou ivoire , réf .8180 mais dans ce cas toute la pendule était de cette couleur unie . Ces trois modèles étaient dotés du calibre G  à échappement sur rubis . sevric stéphaneSEVRIC 8084  à pointes d’acier                                                                                                                                                      Toutefois Jaz proposait également deux variantes , un peu moins chères , dont le calibre employait encore des pointes acier , soit en décor gris réf. 8082 , soit en décor ocre 8084 . En 1937 , exit les pointes acier , les trois modèles au catalogue sont dotés de rubis à l’échappement et ils se distinguent surtout des précédentes par des couleurs plus vives qui gagnent du terrain puisque seul le cadran reste blanc : bleu n°8184 , brun 8188 ou orange n°8186 avec godrons assortis . En tarif F 178 du 15 Avril 1939 , seulement deux versions sont disponibles :  décor gris  réf. 8086 et décor platine réf. 8182 .

sevric bleu
sevric 1 godron
sevric dorée
sevric bleue

SEVRIC n°8086 gris à rubis sevricsevric-rubis-dosAfin de distinguer les modèles à pointes d’acier , le couvercle arrière du mouvement précisait la nature des pivots d’échappements : ici la mention RUBIS gravé en creux . SEVRIC à quatre godrons platine sevric dorée 2SEVRIC à quatre godrons dorés centraux , notez la mention Made in FranceSEVRIC bleue à godrons noirs

La mention POINTES sur le couvercle au dos indique une version antérieure à 1937 sevric gb (3)Décor non répertorié découvert en Angleterrehorloge-ceramique La particularité des horloges en céramique Jaz est l’absence totale de vis de fixation dans le cadran grâce à un système exclusif de maintien par un œillet autour de l’orifice d’entrée de la clé . La concurrence affichait  au moins deux  , trois voire quatre têtes de vis pour le moins voyantes et disgracieuses sur ses cadrans .

JOLIC 1936 à 1954

jolic.JPGJOLIC , petit réveil , gamme des Stylites , mouvement mécanique , aiguilles glaives , calibre 1J . Format 8 x 7 cm, poids 360 gr . Présent aux catalogues de 1936 à 1954 le JOLIC fait l’objet de nombreuses variantes qui peuvent ou non arborer le jaseur boréal au cadran en fonction de leurs dates de production .Jolic cuir (22) Voir notre article sur la version  cuir de 1939jolic-jaune-et-chrome-1949JOLIC 425-33 Lx de 1948jolic-jaune-et-chrome-dosjolic-cuivre-1949JOLIC 425-22 nl de 1949                                                                                             Au dos , le bouton d’arrêt de sonnerie est en haut , des ouïes ont été ménagées dans la plaque pour laisser passer le son de la sonnerie . Le JOLIC a fait l’objet de nombreuses variantes de couleurs pour le boîtier ou le cadran et de matières pour le socle – comme le cuivre ou le Pollopas – avec toujours la possibilité d’acquérir une version à aiguilles et points lumineux ou non , symbolisée dans les tarifs ci -dessous par la mention LX ou NL .jolic bleu

Ecrin chapelle imitation tressage

jolic-ecrin-chapelleL’écrin chapelle restait optionnel , il a perdu son socle en double terrasse d’avant guerre pour une base plus sobre .

Boîte de JOLIC n°2010 Blanc , circa 1937 , blanc signifie cadran  non-lumineux

Jolic 425-23 de 1949Boîte de JOLIC réf. 425-23 de 1949 , chromé à intersocle cuivre et cadran à zone cuivrée

Jolic n° 2004 et  Jolic n° 2000

Jolic 1939 Nl

Jolic 1939 dos

JOLIC n°2.008 de 1937                                                                                                                  Le JOLIC fait son apparition en 1936. On en compte quatre modèles en 1936 et 1937:

Cadran courant à chiffres n°2000 Nl et n°2001 Lx

Cadran luxe, chiffres et index rapportés n°2004 et 2005

Cadran argenté, zone cuivre n°2008 et 2009

Cadran luxe, boîtier doré n°2010 et 2011

Le catalogue de 1942 présente deux variantes , disponibles en version lumineuse ou non , avec ou sans écrin : boîtier chromé à cadran noir ou boîtier émaillé ivoire, embase dorée et cadran métal soleillé. (réf. de base: 425)

Le JOLIC disparaît de la collection en 1943 et ne réapparaît qu’en 1947.

tarifs-jolic

En 1953, seuls les modèles 425-29 et 425-69 sont disponibles , avec écrin chapelle , puis le 425-29 uniquement en 1954 , sa dernière année de mise en vente .jolic anatomie.JPGanatomie d’un JOLIC

Vu sur le marché anglais , cette étonnante version non référencée sur les catalogues français,  avec un dos spécifique qui s’explique par l’absence de fonction réveil , donc nul besoin d’orifices pour la clef ou le bouton du réveil . Au cadran , l’absence logique d’aiguille de réveil et la mention 8 jours , nous oriente vers une pendulette dotée du calibre K . La dédicace nous permet , sans véritable surprise d’ailleurs , une datation à 1935 quand la distribution du Jolic ne commence en France qu’à partir de 1936 puisqu’on sait que Jaz testait ces produits à l’étranger , en Belgique souvent après guerre , en Italie plus tardivement et en Grande Bretagne avant guerre .Plaisir de FrancePublicité ,  pleine page 30 x 22 sur papier glacé , revue Plaisir de France 1937jolic bleujolic bleu 5

Calibre H 1934 à 1956

 

Calibre H en durilium , version période de l’occupation allemande 

La particularité du calibre H est d’être considéré comme un calibre silencieux . Les calibres E , G , J, 4J et K pulsaient à 14.400 oscillations par heure et le calibre D à 12.600/ heure . Ces oscillations correspondent à autant de tic -tac bruyants . La singularité du calibre H s’explique par deux améliorations successives  : avant guerre ce calibre , par ailleurs similaire au calibre D , voit le nombre de ses oscillations abaissé à 9.000/heure . Cette baisse du nombre de pulsations le rendent donc plus « silencieux ». Après la guerre, on isole le calibre H de l’emboîtage par une boîte intérieure à l’aide de supports en caoutchouc, ce qui limite encore les résonances .

Nécessitant moins de puissance , le ressort du calibre H est plus fin – 0,25 contre 0,37- et moins long que celui du calibre D – 1050 contre 1090 – , il prend donc beaucoup moins de place dans son logement sur son axe : la différence est très visible à l’oeil ; voyez ci-dessous que la différence se remarque également à l’oreille .

Calibre D à gauche -en durilium gris – et calibre H à droite -en laiton doré – . Ce dernier est d’évidence plus lent à l’œil mais , en montant le son de cette animation vidéo ,  vous constaterez que cela s’entend aussi très nettement à l’oreille .calibre H faceCalibre H de dos / côté clefs ; avant / après guerre les platines et rouages sont en laiton calibre H dosCalibre H de face / côté cadran ; avant /après guerre les platines et rouages sont en laiton

Ci-dessus , un calibre H de 1942 , aux platines et rouages en DURALUMIN qui remplaça le laiton durant toute la Seconde Guerre Mondiale . Cet alliage fut longtemps sujet à controverse auprès des horlogers affiliés . On remarque les trous de pivotement qui sont malgré tout en laiton .

 

MODIC (1925 à 1939)

Le MODIC est l’un des quatre premiers réveils « JAZ » de la CIMH avec le REPLIC , le CLASSIC et le CLUB . Initialement équipé du  calibre 1D , il évolue dans les années 30 en acquérant le calibre H sans oublier quelques changements esthétiques . Vitre légèrement bombée . Les pieds qui se terminent par une boule des premiers modèles sont spécifiques au MODIC . Diamètre 9,5 cm , poids 420 gr .modic Mars 1926 à répétition (14)voir l’article que nous consacrons à ce MODIC à répétition de 1926 .

MODIC , gros réveil « modèle courant », mouvement mécanique , calibre D dit à l’époque « grand calibre réveil ». Référencé dans le tarif F129 de 1936 .

MODIC 113

Numéros 112 et 113  pour le modèle émail uni rouge, cadran blanc ou lumineux . Numéros 114 et 115 pour le modèle émail uni bleu, cadran blanc ou lumineux . Numéros 110 et 111 pour le modèle nickel , cadran blanc ou lumineux . Diamètre 9 cm . Le nom de MODIC sera réattribué en 1978 à un petit réveil .

Se voulant à la mode  mais surtout  accessible pour une somme modique comme l’indique les publicités de son lancement  , son nom était tout trouvé . En 1937 , il est toujours dans la collection avec de nouvelles variantes qui sont présentées  aux pages 16, 18 et 19 du catalogue . Le n°158 est équipé du calibre H et perd la bélière au profit d’un petit carénage autour du bouton d’arrêt de sonnerie : voir l’article consacré aux MODIC n°158 et 159 .

Catalogue Jaz 1937 page 18.jpgclassic-replic-modic CLASSIC , REPLIC et MODIC .classic replic modic batic (4)CLASSIC , REPLIC , MODIC et BATIC

jaz_pu16.jpgPetit prospectus non daté mais les prix correspondent à un tarif de 1936 , fragment d’un billet de loterie publicitaire .Jaz Modic aiguilles

Boîte de 1939 pour MODIC Nickelé n°111 à cadran  lumineux

Sur cette face de boîte spécifique au MODIC , à gauche la version lumineuse  , sur l’autre la version NL dite à cadran blanc ;

Boîte pour MODIC  à cadran « blanc » , c’est à dire non-lumineux . Format de la boîte 11 x 10 x 6,8 cm . Le tarif de 33 Francs , imprimé au tampon encreur dans l’espace prévu , permet de le dater de 1935 et de l’attribuer à un MODIC n°110 à boîtier nickelé et cadran non- lumineux .Modic 39 fr cadran blanc (3)1934 Modic nl 45 Francs1934 Modic Nl 45 FrLe prix indiqué de 45 Francs pour MODIC à « cadran blanc » peut correspondre selon le tarif rose n°F97 de 1934  à un réveil non lumineux nickel ou en peinture émaillée unie . Modic 42 Fr cadran blanc (2)Le même MODIC à « cadran blanc » avec un prix de 42 Fr peut être un MODIC n°110 nickel ,d’après le tarif d’août 1936 ;  les prix étaient donc en baisse par rapport à 1934 .

APPLIC 1936 à (1941)

applic-1936APPLIC , horloge murale , mouvement mécanique , calibre 3G à clé en façade , d’une autonomie de 8 jours . Corps en Bakélite dite Jazolite couleur noyer , cadran blanc sous verre plat , lunette chromée ouvrante à droite pour le changement d’heure et le remontage  , aiguilles buildings , petite fenêtre triangulaire de témoin de charge passant au rouge quand l’horloge doit être remontée . Présentée à la page 3 du tarif Août 1936 et à la page 11 du catalogue de 1937 , référencé n°8034  . Format 23 x 23 cm . Poids 1,160 kgapplic-1936-dosCette APPLIC 1936/37 succède à l’APPLIC 1934/35 en forme de pyramide tronquée . Pendant la guerre , en raison des pénuries et des restrictions imposées par l’occupant , les pendules en bakélite ne sont plus produites . En 1942 ,  il n’y a plus que deux pendules en céramique disponibles qui sont à leur tour interdites si bien qu’en 1943 il n’y a plus aucune horloge murale en vente .applic-1948 Dès 1945 une horloge en bakélite réapparaît provisoirement , c’est l’APPLIC1945/48 qui conserve la silhouette de cette deuxième version de l’APPLIC mais troque son cadran blanc et sa lunette ronde vitrée  contre un centre granité et une élégante garniture de chiffres chromés qui lui donne paradoxalement un aspect beaucoup plus Art Déco que le modèle d’avant guerre .Elle disparaît des tarifs  1946 et 1947 pour réapparaître de nouveau à la page 3 du tarif illustré de  1948 équipée du calibre 3G mais cette fois le cadran et les aiguilles sont de couleur ivoire pour contraster avec la bakélite laquelle peut être soit brune marbrée soit rouge marbrée , référencées 654-24 et 654-34 . En 1949 et 1950 seule cette version rouge subsiste aux catalogues faisant d’elle l’ultime pendule murale en bakélite produite par Jaz .

CALIBRE E 1928 à 1944

Entre 1919 et 1924 , la toute nouvelle C.I.M.H. a breveté trois calibres: le A , le B et le D. Cependant , ces calibres ne pouvaient servir qu’à équiper de gros modèles . En 1928 l’ingénieur Maurice Georges met au point  calibre E , 30 heures d’autonomie à fonction réveil . Par sa petite dimension , il va permettre à la marque de se lancer dans la production de petits modèles . Après 1944 , lui succédera le calibre 2E aux caractéristiques presque identiques et dont la plupart des pièces pouvaient servir à la réparation du calibre E.

calibre-e-1937-1981à gauche , le calibre E  reproduit à la page 9 du catalogue de 1937 aux côtés des CUBIC , JANIC ou BATIC qu’il animait et à droite , en 1981 , dans « le Guide Jaz Gros Volume » destiné aux horlogers pour le service après vente , 37 ans après son abandon .

BATIC marteau sur cloche                                 CUBIC marteau sur gong

Il existe deux types de marteau pour le calibre E  soit en acier bleui à gauche du calibre , soit à droite sur tige avec battant venant frapper un gong sous forme d’un cercle non fermé .                                                                                                                                                                 Le calibre E est monté dans les CUBIC , LUCIC , JANIC , VERDIC et BATIC .

CALIBRE D 1921 à 1954

calibre-dDepuis sa création, JAZ n’a cessé d’innover en matière de technologie pour proposer des réveils et pendules adaptés au plus grand nombre . Le calibre D apparu en 1921 , fut sans nul doute le plus grand succès de la marque et sera employé dans la plus grande partie des modèles pendant une trentaine d’années . Comme sa nomenclature l’indique , le D n’est pas le premier calibre créé par Jaz . A partir de 1924  il équipe le CLASSIC , le premier réveil Jaz  jusqu’alors doté du calibre B . Le calibre A n’était qu’un prototype jamais diffusé et remplacé par le B lors des premières commercialisations en 1921 . Le calibre C n’existe pas . Son successeur est le calibre U et ses dérivés en usages de 1955 à 1967 .trottic (6)La version 11D est doté de trois rouages supplémentaires – encadrés en rouge – pour arborer une trotteuse sur le TROTTIC .Les_livres_jaunes page 29 réveilsEn 1951 , le calibre D sert à illustrer le chapitre réveil du célèbre Livre Jaune de l’Horlogerie , voir l’article que nous lui avons consacré .Les_livres_jaunes page 30 calibre DLes_livres_jaunes page 31 calibre D

cal d.jpg

Il fait partie de la catégories des gros calibres, 30 heures voire 45 heures d’après certains documents des années 30 . On le voit apparaître également sous la dénomination de calibre 1D ou  de Grand Calibre Courant à ses débuts  . Il est la base d’autres calibres adaptés selon le type de modèle à réaliser.

Catalogue Jaz 1937 page 17.jpg

En observant la platine, on voit apparaître différents marquages. Le premier: « Mod.D » ou « cal.D ». Sur le marteau dit « battant » , la date de fabrication: trimestre et année (ex. 3 – 49) calibre D blancPendant la guerre le laiton des platines et rouages est remplacé par des alliages dit  » blancs » comme pour ce CARRIC de 1945 . Un exemplaire de calibre est le porte -bonheur de Jean-Luc Mélenchon , voir notre article .

sans-titre-1Le calibre D est composé d’un peu plus de 50 pièces.                                                                                  Il a fait l’objet de nombreuses variantes :

  • 3 D: répétition, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm  exemple TRIPLIC
  • 10 D: sujet animé, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm  exemple BABIC 1946
  • 11 D: trotteuse centrale, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm exemple CROISIC
  • 12 D: sans trotteuse, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm  exemple POTIC
  • 13 D: avec trotteuse centrale, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm  exemple JAZIC
  • 14 D: sujet animé, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm  exemple FABLIC
  • 18 D: sonnerie sur clochette, exemple DUPLIC
  • 20 D: sonnerie à musique deux exemples CAMIC et MUSIC
  • 22 D: mouvement en Durilium exemples KINIC et  MINIC
  • 24 D: sonnerie sur clochette, exemples FURIC , DELTIC , BARIC

LORRIC 1937 à 1943

lorricLORRIC n°462 daté 8.37 sur le marteau                                                                                                                                                      LORRIC , grand réveil , gamme des Pendulites , mouvement mécanique ,  calibre 1D  et calibre 3D répétition . Nouveauté du catalogue de l’été 1937 à la page 13 . Boîtier tout en Jazolite , lunette chromée , arrêt de sonnerie au sommet , cadran blanc avec les 4 chiffres 12/3/6/9 sur cartouches verts .Variante de couleur référencée n°460 pour le noyer frisé deux tons et n°462 pour le thuya ci-dessus . Format 22,5 x 14 cm , poids 680 gr .lorric-dosAu dos , on reconnaît aisément la cloche en creux typique du premier réveil Jaz , le CLASSIC de 1921 . Rien de plus normal puisque les grands Pendulites d’avant guerre , comme les PERSIC , LORRIC et LOTIC , sont des réveils de base dont Jaz a judicieusement remplacé les boîtiers ronds en métal par des cages en bakélite de style Art Déco

Comme le démontrent cette publicité de 1937 ainsi que les illustrations des catalogues 1937 et 1942 , il semble que les boîtiers en Jazolite des LORRIC aient toujours été agrémentés de rehauts de peinture blanche . En 1937 même la partie centrale des cartouches paraît avoir été peinte . lorric 1940 & 1941 (3)LORRIC noyer frisé 1940 (devant) et 1941 (derrière)                                                                                                                                                               Ces deux LORRIC achetés récemment neufs de stock avec leurs boîtes d’origine , arborent eux aussi ces rehauts plus ou moins étendus , gagnant même la lunette en 1941 qui était encore chromée en 1940 . Toutefois il fort rare d’en trouver dans cet état remarquable  puisque la plupart des LORRIC que trouvons sur le marché n’ont plus ces bandes blanches qui n’adhéraient pas bien sur ce support , même si l’on trouve parfois encore dans les angles des traces de cet ancien décor .

lorric 1940 & 1941 repetitionlorric 1940 & 1941 (7)Les LORRIC et les autres grands Pendulites vont donc suivre naturellement l’évolution mécanique des réveils ronds avec la dotation en 1943 du calibre 3D à répétition de sonnerie issue du REPLIC . Dans ce cas , ils sont dotés d’une tirette au dos permettant d’obtenir une sonnerie continue ou qui s’interrompt et se répète . lorric 1940 & 1941 (8)lorric 1940 & 1941 (12)Le REPLIC étant plus petit que le CLASSIC , le boîtier en bakélite est légèrement diminué de 5 mm pour passer à 22 x 13,5 cm . lorric cadranlorric cadran marteau dateLe cadran , qui était en papier , est désormais en métal « soleillé » ; il subit au passage une modification esthétique avec la suppression des cartouches et se voit ajouter la mention « Répétition » ; dans ce cas précis elle est manquante , probablement en raison des pénuries de guerre : le marteau est daté en creux de 1941 . Evidemment les références changent , elles aussi : 243-10 pour le lumineux et 243- 11 pour le non lumineux .lorric boiteLORRIC 1940 dans sa boîte d’origineJaz Facture 5 Mai 1941 PRATIC et LORRICFacture du 5 Mai 1941 à Monsieur Albert horloger , bijoutier à Epinal ( actuel bijouterie Zimmerman ) . Papier filigrané The Royal Whitest Paper 27 x21 cm à en tête de la CIMH , la Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère étant la première raison sociale de Jaz . Le commerçant achète douze LORRIC , lot moitié lumineux moitié non lumineux , à 118 Fr pour les premiers et 105 Fr pour les autres qu’il devra revendre à 178 Fr et 158 Fr car les prix ne sont pas conseillés mais imposés : ils étaient les mêmes sur tout le territoire français .

« Le réveil de la Terre » pub cinéma par Robert Lortac circa 1939

hreeh.jpg

film-lortac-identifiesL’identification des modèles , par ordre d’apparition à l’écran , et la comparaison des prix  annoncés avec les tarifs connus d’avant guerre , nous permettent de dater ce film entre 1938 et 1941 .GAMIC , LEGIC et SOFIC n’existent pas encore en 1938 et en 1942 cette dernière vaut 221,50 €. Les dates avancées – le plus souvent 1920 –  par différents médias et même dans les biographies de Robert Lortac sont donc largement fantaisistes . Consultez l’article que nous avons consacrés à LORTAC .angelus-de-la-mer-goublier-texte-jase                                                                                                                                                                                           Il était d’usage alors d’illustrer les « réclames »par un texte chanté sur un air connu . Rien n’était plus célèbre alors que les chansons du compositeur à succès  Gustave Goublier ( 1856+1926) comme « La voix des chênes » ou « Le credo du Paysan » mais c’est le non moins fameux « Angélus de la Mer » qui s’imposa puisque le texte original comprenait déjà le mot « jase » , la rime s’avéra donc  facile . Les paroles sont adaptées à la version commerciale puisque « les flots joyeux que la lumière embrase » deviennent « le son cristallin de tous les réveils Jaz « tombe gustave_et_henri_goublier.jpgTombe d’Henri et Gustave GOUBLIER au cimetière du Père La Chaise 

GENIC (1939/42) et 1947 à 1954

genic-1

1953 page 12

GENIC , grand réveil de la gamme des Pendulites , mouvement  mécanique dit silencieux , calibre H . Boîtier en Jazolite , garnitures dorées ou de couleurs , chemin de fer rectangulaire à l’intérieur de la zone des heures , cadran métal satiné , lunette en polopaze . Format 19 x 13,5 cm , poids environ 900 gr.  .                                                                                                L’histoire du GENIC est emblématique des difficultés rencontrées par les industries pendant la Seconde Guerre et particulièrement l’industrie horlogère en raison du contingentement des matières premières . Ainsi le GENIC , ci dessus , avec sa lunette verte en Polopaze et sa cage en Jazolite date de 1939 , mais la guerre interrompant  peu à peu totalement la production de la bakélite et autres plastiques , il disparaît des catalogues en 1943 pour ne réapparaître qu’en 1947 avec le modèle ci dessous  qui voit le jaseur boréal remplacer le logo Jaz d’avant guerre que l’on voit en tête d’article , ci-dessus .                                                                                                                                Le GENIC apparaît pour la dernière fois au catalogue en 1954 , aux côtés de sa variante non silencieuse le DEGIC qui est presque totalement identique d’aspect .genic GENIC présenté dans la brochure tarifaire F.F.47 de Décembre 1947 , référencé  235-11 . Boîte en Jazolite couleur noyer , aiguilles et chiffres  lumineux , lunette en Polopaze blanc . Existe en non lumineux . En 1950 et 1951 ,  la sombre couleur noyer cède sa place à la couleur thuya , plus claire .genic baguettes de couleurs (1)La mention silencieux du modèle d’avant guerre cède la place à Silentic , une nouvelle gamme Jaz . Au catalogue Jaz de 1953 , DEGIC et GENIC sont exposés séparément , en observant attentivement on distingue une seule différence entre eux : sous le logo du GENIC on devine la mention SILENCIEUX qui n’est logiquement pas sous celui du DEGIC .

En revanche au catalogue 1954 , le dernier où le GENIC apparaît , il n’est plus reproduit à côté de son jumeau le DEGIC  comme en 1953 , mais une seule reproduction suffit pour les deux . En général , il ne faut attribuer aux catalogues une trop grande fiabilité , des images anciennes pouvant être utilisées sur des catalogues plus récents ; néanmoins il semble , pour avoir vu des exemplaires sans mention SILENTIC ou SILENCIEUX au cadran , que son caractère discret n’était parfois indiqué que par une étiquette amovible , comme l’exemplaire ci-dessus , issu de la collection de Monsieur Véga .

Calibre D à gauche au rythme rapide et calibre H à droite beaucoup plus lent

Pour ceux qui ne veulent pas ou ne sentent pas capables d’ouvrir leur réveil pour savoir s’il s’agit d’un calibre D et donc d’un DEGIC ou du calibre H du GENIC : il suffit de les écouter et comparer avec l’animation ci-dessus , la différence est évidente .genic baguettes de couleurs (3)On notera que pour éviter de payer une redevance  à Bakeland GmbH pour l’emploi de la marque déposée Bakélite ou à F.Pollak pour le Pollopas , Jaz comme d’autres fabricants avaient déposé ses propres brevets  sur des matières similaires et « jazifié » leurs dénominations devenues Jazolite et Polopaze . Le GENIC apparaît pour la dernière fois au catalogue en 1954 , aux côtés de sa variante non silencieuse le DEGIC qui est presque identique d’aspect .

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On trouve des lunettes de couleur brune blanche , verte , rose et même totalement rouge incluant les baguettes de côté qui sont en générales dorées mais peuvent être de couleur blanche .

Publicité Octobre 1952 si l’on songe que Jaz fabrique aussi des réveils dont le tic-tac ne s’entend pour ainsi dire pas le GENIC