Entre 1919 et 1924 , la toute nouvelle C.I.M.H. a breveté trois calibres: le A , le B et le D. Cependant , ces calibres ne pouvaient servir qu’à équiper de gros modèles . En 1928 l’ingénieur Maurice Georges met au point calibre E , 30 heures d’autonomie à fonction réveil . Par sa petite dimension , il va permettre à la marque de se lancer dans la production de petits modèles . Après 1944 , lui succédera le calibre 2E aux caractéristiques presque identiques et dont la plupart des pièces pouvaient servir à la réparation du calibre E.
à gauche , le calibre E reproduit à la page 9 du catalogue de 1937 aux côtés des CUBIC , JANIC ou BATIC qu’il animait et à droite , en 1981 , dans « le Guide Jaz Gros Volume » destiné aux horlogers pour le service après vente , 37 ans après son abandon .
BATIC marteau sur cloche CUBIC marteau sur gong
Il existe deux types de marteau pour le calibre E soit en acier bleui à gauche du calibre , soit à droite sur tige avec battant venant frapper un gong sous forme d’un cercle non fermé . Le calibre E est monté dans les CUBIC , LUCIC , JANIC , VERDIC et BATIC .
Depuis sa création, JAZ n’a cessé d’innover en matière de technologie pour proposer des réveils et pendules adaptés au plus grand nombre . Le calibre D apparu en 1921 , fut sans nul doute le plus grand succès de la marque et sera employé dans la plus grande partie des modèles pendant une trentaine d’années . Comme sa nomenclature l’indique , le D n’est pas le premier calibre créé par Jaz . A partir de 1924 il équipe le CLASSIC , le premier réveil Jaz jusqu’alors doté du calibre B . Le calibre A n’était qu’un prototype jamais diffusé et remplacé par le B lors des premières commercialisations en 1921 . Le calibre C n’existe pas . Son successeur est le calibre U et ses dérivés en usages de 1955 à 1967 .La version 11D est doté de trois rouages supplémentaires – encadrés en rouge – pour arborer une trotteuse sur le TROTTIC .En 1951 , le calibre D sert à illustrer le chapitre réveil du célèbre Livre Jaune de l’Horlogerie , voir l’article que nous lui avons consacré .
Il fait partie de la catégories des gros calibres, 30 heures voire 45 heures d’après certains documents des années 30 . On le voit apparaître également sous la dénomination de calibre 1D ou de Grand Calibre Courant à ses débuts . Il est la base d’autres calibres adaptés selon le type de modèle à réaliser.
En observant la platine, on voit apparaître différents marquages. Le premier: « Mod.D » ou « cal.D ». Sur le marteau dit « battant » , la date de fabrication: trimestre et année (ex. 3 – 49) Pendant la guerre le laiton des platines et rouages est remplacé par des alliages dit » blancs » comme pour ce CARRIC de 1945 . Un exemplaire de calibre est le porte -bonheur de Jean-Luc Mélenchon , voir notre article .
Le calibre D est composé d’un peu plus de 50 pièces. Il a fait l’objet de nombreuses variantes :
3 D: répétition, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm exemple TRIPLIC
10 D: sujet animé, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm exemple BABIC 1946
11 D: trotteuse centrale, sonnerie sur cloche ø 9,5 cm exemple CROISIC
12 D: sans trotteuse, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm exemple POTIC
13 D: avec trotteuse centrale, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm exemple JAZIC
14 D: sujet animé, sonnerie sur cloche ø 13,5 cm exemple FABLIC
CLARIC , petit réveil , gamme des Stylites , mouvement mécanique , calibre J , 30 heures d’autonomie . Chevalet incliné , corps en métal chromé ou peint , socle en alu poli estampillé JAZ en dessous , chemin de fer rectangulaire à l’extérieur de la zone des heures , aiguilles glaives .
Le tarif de Novembre 1945 proposait pas moins de huit versions du Claric : corps chromé ou peint , lumineux ou non-lumineux , avec ou sans écrin , cadran blanc ou soleillé , etc . Cela peut surprendre au sortir de la guerre d’autant que dans les Jazettes de la même époque , la direction explique ses grandes difficultés d’approvisionnements en matières premières , les coupures de courant de plusieurs jours , le manque de papier et de cartons , l’incertitude du Franc , les sautes de températures , les transports ferroviaires interrompus , etc . Les restrictions ayant été totales , à partir de 1942 , sur les produits de base pour produire bakélite et faïence , Jaz avait dû , pour continuer à exister , produire de petits réveils en métal comme le CLARIC déclinés sous différentes présentations pour donner l’apparence du choix .
En 1942 il était référencé 421-10 en non-lumineux et sans écrin , 0421-10 avec écrin . La version lumineuse était référencée 421-11 sans écrin et 0421-11 avec l’écrin à deux portes , visible sur cette photo , qui permettait de le transformer en réveil de voyage . Format 65 x 90 mm , poids 175 gr . Voir sa variante de circonstance le SAMIC à cadran photo représentant la Tour Eiffel pour honorer les libérateurs de l’Oncle Sam . Ils ne sont plus au catalogue en 1946 . Son nom sera repris en 1974 pour un réveil sur secteur sans aucune ressemblance .
Si l’option écrin chapelle n’était pas choisie , le CLARIC était livré dans cette boîte comme l’atteste la référence 421-10 correspondante à une version non -lumineuse .Ce CLARIC 421-10 , devant sa boîte d’origine , acquis récemment et pourtant neuf de stock , arbore sa rare étiquette autocollante d’origine .
Claric de 1942 sans jaseur courtoisie du collectionneur Roland Lamette
Notre correspondant belge Roland Lamette possède un rare Claric de 1942 qui n’arbore pas encore le jaseur boréal au cadran. Sur cette période charnière il est possible de trouver les deux versions sur d’autres réveils : avec et sans.
ASIC , réveil , gamme Luxe , mouvement mécanique , calibre JL .Référence 494.20 du tarif Jaz de 1945 . Corps en bois laqué blanc crème, non lumineux . Cet ASIC est la version non sculptée du ASIC sculpté et laqué acajou , référencé 494.40. Format 20 x 13,5 cm . Avant guerre les collections Jaz ne sont constituées que de réveils et pendules en métal et bakélite , la matière à la mode . Les restrictions et exigences de l’occupant auront quasiment raison de ces deux matières mais JAZ réussit , malgré tout , à créer en 1942 des modèles luxueux en bois exotiques . Dès 1943 les bois employés sont moins rares et d’origine locale : frêne et charme . En 1944 et 1945 , les conditions se sont encore durcies et le bois employé est désormais bien ordinaire , pour maintenir une gamme se voulant « de Luxe » il doit être peint et sculpté.
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