Affiche papier 54 x 41 cm , imprimerie Hénon Paris , parRené RAVO ( 1904 +1998 ) de son vrai nom René RAVAULT , un des plus célèbres affichistes du XX° siècle . Hénon était une imprimerie plutôt spécialisée dans l’affiche de cinéma.Le format de notre affiche , 54 x 41 cm , correspond aux encadrement standardisés des fonds des wagons . Même pour les grands panneaux des stations divisés en huit , cette affiche aurait été trop petite ; il en est de même pour les couloirs de correspondances . Néanmoins il existait des emplacements , par exemple sous le rappel bas du nom de la station , offrant la possibilité de coller deux affiches de ce format (revue Vendre Avril 1935)Revue Vendre avril 1935 , publicité pour l’Office de Publicité . Le métropolitain , en raison de sa fréquentation était un haut lieu de la publicité parisienne , proposant de nombreux supports à exploiter , entre autres , par Jaz : affiche , tickets et plans publicitaires .
En mars 2016 , à la station Trinité-d’Estienne d’Orves , sur la ligne 12, à l’occasion de travaux de rénovation , les cadres métalliques des 4×3 sont décrochés ; Apparaissent alors d’anciennes affiches publicitaires qui se cachaient derrière , dont certaines collées à même le carrelage , permettant l’adoption de format d’affiches moins standardisé.
Affiches qui ont été récupérées et inscrites à l’inventaire des collections historiques et patrimoniales de la RATP .
Présentoir publicitaire en plâtre façon marbre . Dimensions 52 cm par 40 cm par 11 cm de profondeur . Les deux étagères , de chaque côté , devait permettre d’exposer quatre réveils en vitrine sur ce présentoir .
Depuis plusieurs années , Monsieur Véga présentait , sur son site , ce carton en couleurs avec la même photo et le même slogan . On retrouve cette même dormeusepour illustrer l’article de Maurice Jelens dans la Revue Vendre de Avril 1938 sur les étalages ( extrait , page 171 ) ; en rapprochant les dates des réveils présents sur la photo et la date de parution : on pourrait dater ce présentoir dans une fourchette restreinte allant de 1937 à 1938 , toutefois cette dormeuse avait déjà été employée en 1934 .
Avant l’apparition du jaseur boréal , la première image que Jaz a offert dans ses publicités , de 1921 à 1941 soit durant vingt ans , a été celle de la dormeuse , ou plutôt d’une femme qui se réveille , diversement déclinée . Nous l’avons démontré dans notre article sur les boîtes d’origine . Vous le voyez , il s’agit dans ce cas , d’une femme aux yeux fermés , à défaut d’être réellement une dormeuse , en raison d’un sourire esquissé , d’un maquillage que bien peu de femmes conservent pour vraiment dormir , dans une version légèrement érotisée.
La coupe de cheveux , courte et ondulée sur les côtés , les sourcils finement dessinés , les poses alanguies et surtout la blondeur sont ceux de Jean Harlow, qui meurt trop jeune en provoquant un émoi mondial , justement en cette année 1937 .
Jean Harlow est la première blonde platine chimique de l’histoire du cinéma , révélée en 1931 , avec le film « Platinum Blonde » de Franck Capra . Titre hommage à la chevelure irréelle de l’actrice , il lance une véritable mode de la décoloration qui prend son essor dans le monde entier.
À l’époque , l’emploi d’une actrice blonde pour jouer des rôles à connotation sensuelle constitue une rupture radicale avec les habitudes des studios qui confiaient généralement aux brunes le soin de jouer les « bombes sexuelles » à l’écran . Jean Harlow fut la première actrice blonde à jouer les « femmes fatales ». C’est à partir des personnages qu’elle incarna durant sa courte carrière qu’est né le mythe moderne de la femme blonde , atteignant son apogée érotique avec Marlyn Monroe.Au même moment , en Allemagne , la blondeur revêtait une autre valeur symbolique et rétrospectivement ce nom de NUR-BLOND fait froid dans le dos , puisqu’il se traduit ainsi QUE DU BLOND …Publicité , fin d’année 1934 ; l’Illustration , annonces page XV , format 34 x 12 En France , le film la Blonde Platine ne sort qu’en Octobre 1933 , peu de temps avant l’adoption de cette blonde par Jaz pour lui donner une image de modernité .
Prises d’une frénésie de blondeur, des milliers de jeunes américaines commencèrent à se teindre les cheveux comme Harlow . On organisa même dans tout le pays des clubs « Platinum Blonde » où le coiffeur pouvait toucher 10 000 dollars s’ils réussissaient à reproduire la teinte en question . Vraie blonde , Jean Harlow devait pourtant soumettre sa chevelure à un processus douloureux pour obtenir cette teinte si unique . Toutes les semaines, la jeune star devait se faire imprégner ses cheveux d’une mixture composée d’eau de javel , de savon et d’ammoniaque . Au bout de quelques années de ce traitement , Jean commença à perdre ses cheveux , devant souvent s’affubler d’une perruque .
En France , grâce au génie de Eugène Schueller , fondateur de l’Oréal , la décoloration devient accessible et sécurisée Cette mode gagne d’autant plus facilement les françaises . Jaz , entreprise toujours éprise de modernité , ne pouvait manquer ce mouvement pour sa publicité.
En raison d’une certaine concomitance des temps , Jaz aurait pu faire un autre choix : celui de Louise Brooks par exemple , autre star planétaire . Sa coiffure si unique avait déclenché la première mode capillaire inspirée par une actrice . Elle est bientôt imitée par de nombreuses femmes , les « flappers »et les « garçonnes» dans le monde entier .
Je suis une blonde aux cheveux noirs , plaisantait-elle , en rappelant que les taches de rousseur de sa peau étaient recouvertes de poudre de maquillage blanche . Aux cours des années 1930 en Europe , la mode de la « coiffure Louise Brooks » s’étend aux adolescentes et même aux petits enfants des deux sexes des milieux populaires dans les dernières années avant guerre .Visuellement très identifiable , le choix aurait été esthétiquement rentable , capitalisant en outre son fort capital fantasmatique , trop fort sans doute . Puisqu’elle est la star de Loulou , film où apparaît le premier rôle de lesbienne . En 1929 et 1930 , elle tourne dans des sociodrames , largement censurés pour leurs propos , et considérés comme choquants en raison de leur affichage de la sexualité des rôles et de leur critique acerbe de la société . Décidément beaucoup trop sulfureuse pour un annonceur des années trente .
Photos courtoisie de Jean Stéphane Véga , avec toute notre reconnaissance pour son aide déterminante .
Miroir publicitaire rétro-éclairé . Miroir publicitaire , sur socle en plastique crème , rétroéclairé par une lampe sur secteur 110 volts . Le jaseur boréal était , depuis 1941 , le symbole de la marque.Miroir éteint , format du miroir 20 x 26 cm ; Voir la version à suspendre . Les photos sont une courtoisie de Monsieur Jean- Stéphane Véga , créateur du premier site Jaz , que nous remercions chaleureusement pour sa collaboration déterminante .L’étiquette nous indique le fabricant à savoir : Marcel Jost , de Illkirch dans le Bas-Rhin , que nous connaissons déjà pour d’autres miroirs publicitaires . Ce fabricant alsacien du Bas -Rhin se trouvait donc à 75 kms de l’usine Jaz du Haut Rhin à Wintzenheim .
Vignette signée E.L.C , pour Edouard -Louis COUSYN , entête de la revue professionnelle Vendre n°5 de mars 1924 , page 311 article sur les campagnes publicitaires de Jaz .Prospectus illustré par E.L. Cousyn , reproduit en vignette du même article de la revue Vendre à la page 313 .
Edouard- Louis COUSYN , né le 20 mai 1881 à Lorient, mort le 26 décembre 1926 à Paris. Cet affichiste renommé , et artiste peintre , a réalisé les premiers prospectus de Jaz. Hélas sa mort soudaine en 1926 interrompt une carrière remarquable et une collaboration avec Jaz qui s’annonçait fructueuse.
Il a travaillé en particulier pour Michelin , pour Peugeot , réalisé quelques dessins de mode pour des Grands Magasins et a illustré de nombreux livres éducatifs et de nombreux romans .
Il collabore au Journal Amusant avec des dessins humoristiques mais aussi , la même année , à des hommages aux Poilus avec une palette plus sombre .
En Février 1927 , dans la revue Vendre , Paul Nicolas , qui n’est pas encore Directeur de Jaz , fait sa nécrologie : il décrit ainsi ce dessinateur publicitaire au caractère débonnaire: » Naturellement élégant, d’allure un peu nonchalante, son visage si français barré de grandes moustaches rousses à la gauloise, était éclairé de deux yeux clairs et limpides. Sa conversation blagueuse semée d’argot rapin était amusante au possible ». Ce « prodigieux artisan » possédait de multiples talents . « il coupait , taillait et confectionnait lui-même ses pardessus , dessinait des robes et des manteaux » . Il créait également meubles , lampes , abat-jour , paravents , coussins « imprévus de forme et de matière ».
Bien que créé par O’Galop , COUSYN est une des plus grandes signatures à avoir hissé le Bibendum Michelin à la position qu’il occupe aujourd’hui , proclamé Meilleur Logo du Monde par le Financial Times et le magazine Report on Business en 2000 . Salvador Dalí , lui-même auteur du logo de Chupa-Chups , l’a toujours considéré comme un travail commercial presque parfait .
Texte en Espéranto , langue internationale créée par le Docteur Zamenhof , nommé douze fois au Prix Nobel de la Paix , un record !On retrouve beaucoup d’illustrations du Bibendum signées par E.L. Cousyn dès les années 1910 ; on reconnaît ici le style qu’il utilise pour Jaz .
Il participa très largement aux mises en scène du Bibendum dans les tableaux publicitaires proposés en 4ème de couverture du supplément théâtrale de l’illustration . Il signa d’ailleurs les deux couvertures des recueils des dessins proposés par Michelin et intitulés: Théâtre illustré du pneu par Bibendum.
On doit à COUSYN une grande série de vues de Dijon , dont voici un florilège , qui justifie pleinement sur son avis de décès , ci-après , sa qualité d’artiste peintre . Revue VENDRE n°39 Février 1927 page 207
Avis de Décès Décembre 1926
Si sa sœur aînée décède en 1978 , à l’âge de 104 ans et son épouse à 90 ans en 1970 , il quitte ce monde prématurément à 45 ans , en 1926 . Par la même , sa collaboration avec Jaz s’interrompt trop rapidement , au moment où la marque prend son essor .
Carte postale publicitaire Jaz , entier postal émis par la poste belge , timbre imprimé au Lion Héraldique de 65 centimes de Franc Belge . Un entier postal est un support – enveloppe ou carte postale – sur lequel un timbre est imprimé , pour faire simple .
Toutefois la véritable définition , proposée par l’Académie de Philatélie , est celle – ci : « Imprimé émis par l’Administration des Postes , ayant une valeur fiduciaire, et directement utilisable par l’usager »
Les Cartes PUBLIBEL sont des entiers postaux belges sur cartes postales , existant de 1933 à 1984 , avec tirage variant de 500 à 2 000 000 d’exemplaires .
Jaz a utilisé d’autres supports publicitaires à caractère philatélique comme le Timbre Européen et les Flammes Postales . Série de quatre Publibel sur le thème de l’Horlogerie Ces cartes sont éditées avec une publicité imprimée par l’Agence Belge de Publicité Postale , dite PUBLIBEL , concessionnaire exclusif qui se charge d’imprimer le timbre et les autres mentions . L’annonceur décide de la zone de diffusion soit à l’ensemble de la Belgique , soit dans les bureaux de postes régionaux . Les Publibel Jaz étant toutes d’avant 1951 sont du premier type et mesurent donc le format standard suivant 140 mm x 90 mm ; après 1951 le format de référence devient 148 mm x 104 mm . Le papier utilisé est de couleur jaune clair /crème pour la Belgique et bleu ou verte pour l’étranger . Cette norme est en fait internationale puisque les entiers postaux ne sont pas , loin de là , une spécificité belge . Ainsi les cartes françaises sont jaunes pour la France et bleue pour l’international , exactement comme en Belgique ou ailleurs dans l’Union Postale .
On connait 2790 différents numéros de cartes Publibel , sur de nombreuses thématiques très diverses . L’atelier du timbre de Malines fournissait le carton à Publibel qui imprimait la partie publicitaire puis les cartes étaient retournées à Malines où l’imprimerie de la poste belge apposait l’entête et le timbre poste .Chaque Publibel est numéroté , celui de Jaz est 630 , il a été employé de 1946 à 1947.agrandissement PUBLIBEL acronyme de Publicité Belge a été crée en 1932 . L’année suivante , est présentée la première d’une longue série de cartes entiers postaux belges avec la publicité qui ont été vendues dans les bureaux de poste de Belgique tout d’abord au profit des chômeurs pendant la crise des années trente avant d’être attribuée aux services sociaux de la Poste . Puisque la Belgique est bilingue, la plupart des annonces ont été imprimées en versions française et flamande pour la distribution dans les régions appropriées du pays . Comme tout autre objet philatélique , les entiers postaux sont collectionnés . Pour les Publibel vous en trouverez , une moyenne de plus de 15.000 exemplaires , à la vente sur le site belge Delcampe , la cote moyenne semble être de 3 € pour une carte circulée ou non , les oblitérations sont toujours de 1946 ou 1947 . Une association , l’ACEP , fédère les collectionneurs depuis 1922 laquelle édite une revue . QUELQUES PUBLIBEL HORLOGERSCOD n°764FANTOME n°2459FHorlogeriewaarborg n°915 Comité National Belge des Joailliers et Horlogers OLOR n°761OLOR n°763WALTIC n°1173ZONNESTAND horloger à UCCLE n°665
Julien Clairet , propriétaire de la marque Jaz, qui a relancé la marque Jaz de 2016 à 2019 – en association avec l’horloger BPLUS du XV° arrdt. de Paris – avec des montres neovintage s’inspirant fortement de son histoire, nous fait l’honneur de nous confier ce teasing pour une nouvelle renaissance de la marque au jaseur , passant cette fois par les réveils et pendules , si possible . En préambule , précisons qu’il s’agit de projets et de concept clocks avec les mêmes réserves de probabilité de réalisations que pour une concept card’un grand constructeur automobile . Ceci n’est pas un catalogue mais un document donnant une tendance et présentant aux industriels la potentialité de cette marque en se basant sur son ADN . En conséquence , il présente pour nous un grand intérêt car on y remarque la place prise potentiellement par les réveils et les horloges et surtout le dynamisme de Julien Clairet , son investissement humain et financier envers un nouvel envol du jaseur boréal :
Celui-ci nous confie : « l’idée au cœur du projet « Jaz 2020 », c’est la production de belles répliques du patrimoine impressionnant de JAZ, dont l’or a pu être extrait du sol par le travail admirable de la communauté des Collectionneurs, avec une mention particulière pour JAZ LE BON TEMPS, dont le contenu m’impressionne, m’enchante, me stimule et encore mieux, m’inspire… ». nul doute qu’il y parviendra !
Marguerite sonne . Grand minuteur 60 minutes , en tôle lithographiée , diamètre 19 cm , poids 525 gr.Exemplaire sans bouton ; mention Made in France en bas de cadran On notera les trois pattes de fixation qui rappellent celles d’un COMTIC . Il s’agit d’ailleurs d’un de ces minuteurs dont le cadran à été élargi pour des raisons évidentes de visibilité à des fins publicitaires . Ces minuteurs offerts par Produits Marguerite aux boulangers pâtissiers avaient besoin d’être bien fixés dans leurs laboratoires . Au dos , on reconnaît le dos d’un COMTIC avec l’emplacement du rivet de maintien de l’ergot de sonnerie . Sur un COMTIC , comme sur le minuteur Marguerite , ce plot A correspond au rivet visible à l’extérieur , rentre dans l’orifice rond Bménagé dans la platine pour que le battant du marteau C . Ce petit cylindre est donc frappé par le marteau ; comme il est fixé par un rivet au dos/cloche cela fait tinter celui-ci .Produits Marguerite est un important fournisseur des professionnels de la pâtisserie , confiserie , biscuiterie depuis des décennies , implanté dans la banlieue immédiate de Strasbourg à Schlitigheim en Alsace , à 80 km de l’usine Jaz de Wintzenheim .
Schlitigheim est surnommée la cité des Brasseurs , en raison de la présence des bières Fischer , Schutzenberger, Adelshoffen , l’Espérance, Perleet Heineken , de nos jours. Mais n’oublions pas que c’est aussi le berceau de Caddie , antonomase des chariots de supermarchés , comme Jaz a été celui des réveils : la marque remplace le nom du produit . L’autre entreprise d’envergure internationale implantée à Schlitigheim , c’est Produits Marguerite , fondée en 1919 comme Jaz . Facture Marguerite de 1931 . Les Produits Marguerite portent le nom d’une fleur et d’un prénom féminin , qui était celui de la mère de l’un des fondateurs et de la femme du second , messieurs Grussenmeyer et Tony . Prénom très en vogue , au début du siècle dernier , époque romantique où l’on effeuillait cette fleur à pétales pour connaître la force des sentiments : un peu , beaucoup , passionnément , etc . Pour conquérir le marché outre Rhin , Marguerite y est nommée Margot , sa traduction en allemand . L’entreprise est à l’origine spécialisée dans la fabrication de moutarde , d’anchois , de pâte d’amande et de confiture . L’objectif des fondateurs est déjà de proposer des ingrédients nobles et de haute qualité pour les préparations d’avant-produits du laboratoire des pâtissiers et confiseurs .
Du siège historique , au 1 route de Bischwiller à Schiltigheim , juste à l’entrée de la commune limitrophe de Bischeim , il ne reste que cette grande fresque murale . Les brasseurs sont installés à l’opposé de la commune , au bout de la même route , à l’autre entrée de Schiltigheim partagée avec Strasbourg .Reprise en 1998 par la CSM , un conglomérat américain d’origine hollandaise ,Marguerite a réussi à fêter ses 100 ans sur son nouveau site , dite l’usine bleue .Horloge vintage Marguerite , fixée sur une des façades du siège de la CSM , dont on aperçoit la fameuse usine bleue , en arrière plan . Horloge de rue rétro-éclairée Vitrine musée à l’entrée du siège mais pas de minuteur Jaz visible , hélas .
publicités issues de la presse professionnelle des métiers de la pâtisserieSi Marguerite est essentiellement destinée à une clientèle de professionnels , elle a tout de même distribué de la farine aux particuliers dans des boîtes en métal .
Produits Marguerite a offert divers objets publicitaires à sa clientèle de pâtissiers dont le minuteur Jaz qui permettait de mesurer les temps de levée des pâtes ou celui de cuissonsStand Marguerite à la Foire de Lyon , après la seconde guerre mondiale , on y reconnaît le bas en bois des vitrine des stands que nous avons étudiés et décrits dans notre article JAZ carte d’acheteur Foire de Lyon 1924 .PUBLIDEAL est le troisième intervenant pour ce minuteur , mais pas le moindre , puisque clairement crédité de sa création au dos du minuteur .Facture de pailles publicitaires de 1956 . Son siège historique est certes implanté à Bordeaux , mais dans l’entête à droite , on trouve une agence sise à Riquewihr soit moins de quinze kilomètres de l’usine Jaz de Wintzenheim . Dès lors on comprend mieux comment cette société bordelaise à rapproché ces deux sociétés implantées en Alsace
Fondée en 1946 , cette grande entreprise de publicité , ne pouvait pas éviter de célébrer son vingtième anniversaire avec un porte -clefs , comme elle en a tant produit pour ses clients et que l’on trouve à foison sur les sites marchands . Visière casquette du tour de France
Broche du centenaire de la Défense de Belfort 1970buvard publicitaire
Glacoïde pour un cognac
Cendrier publicitaire , signé de l’agence parisienneà part ce camion publicitaire cendrier , les productions publicitaires de Publidéal ne brillent guère par leur originalité , finalement le minuteur Marguerite/Jaz est le plus créatif .
Carte d’acheteur Jaz pour la Foire de Lyon 1924 , recto et verso , format 13,5 x 10,5 cm .
JAZ carte d’acheteur Foire de Lyon 1924 recto
La CIMH ou Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère est la raison sociale de Jaz qui n’est alors que son nom commercial . On le comprend aisément , cette carte est bien éditée par Jaz , mais sur un modèle commun à tous les exposants . Cette carte ne donne pas de privilège apparent au porteur , pas même l’entrée gratuite , sauf qu’un acheteur pouvait avec cette carte profiter de tarifs de transport réduits de 40 % et surtout d’un service d’aide à l’hébergement sur Lyon .Le petit caducée central n’a rien de médical , il est le symbole d’Hermès dieu des voyageurs , des commerçants et des orateurs ; ce qui justifie pleinement sa place pour une foire commerciale , si l’on veut bien oublier que , celui que les Romains nomment Mercure , était aussi la déité des voleurs . Ce que tout le monde désigne comme caducée pour les médecins est en fait le bâton d’Esculape et ce n’est que par analogie tardive qu’on évoque le caducée d’Asclépios pour les docteurs , à tort donc . Même erreur pour la coupe d’Hygie des pharmaciens qui comprend aussi un serpent .Papier à en tête du comité de la Foire de Lyon en 1924
Le producteur de cette belle affiche et de la vignette est le même imprimeur lyonnais que pour la carte d’acheteur : les établissements typographiques et lithographiques des Frères Cohendet , rue du Commandant Fuzier .
Sur cette carte postale , au bout de la flèche rouge , on entrevoit l’entrée du groupe 50 , qui est donc celui des horlogers bijoutiers et orfèvres : ainsi , Jaz se trouvait dans ce groupe 50 , au stand 48 , comme indiqué sur la carte d’acheteur . Cet agrandissement nous permet d’identifier les publicités pour les carillon GIROD de Morbier , deux publicités pour le célèbre orfèvre Apollo , dont on aperçoit la boutique , et les bijoux Fix , inventeur du plaqué or laminé , une des rares entreprises qui est encore existante de nos jours . Ce sont les câbles qui soutiennent les pancartes qui font cette sorte de quadrillage .
Ces trois marques sont complémentaires de l’offre de celle de Jaz proposait à un « horbijo« , si bien qu’on retrouve fréquemment leurs plaques émaillées ou logos côtoyant les publicités Jaz aux façades des horlogers , bijoutiers , joailliers .JAZ carte d’acheteur Foire de Lyon 1924 verso La typographie , employée au dos de cette carte pour le Mot JAZ , est très surprenante car elle ne correspond pas du tout à celle employée par Jaz de manière constante , dite à tête d’os , avant guerre .
PETITE HISTOIRE DES FOIRES et EXPOSITIONS DE LYON
Les foires avaient existé à Lyon dès le Moyen Age . En pleine guerre de Cent Ans , on intervint auprès du dauphin Charles , celui de Jeanne d’Arc , qui était encore Régent . Celui qui deviendra le roi Charles VII , accorde à l’ancienne capitale des Trois Gaules l’autorisation de tenir chaque année deux foires franches , c’est-à-dire exemptes d’impôts , ouvertes aux marchands de toutes nationalités , admettant les monnaies de tous les pays , forains et marchandises bénéficiant de la protection des soldats du roi , un concept très moderne pour en faire l’égale de celles de Genève , Francfort et Leipzig , avant d’être étouffée au XVI° siècle par la suppression de la franchise de taxes .
Nicolas Tamagno (né en 1862). Affiche publicitaire pour Exposition de Lyon internat[iona]le, universelle, coloniale d’avril à novembre 1894. Lithographie, 1894. Paris, Bibliothèque Forney.
Le XIX° siècle n’est plus celui des foires , mais celui des Expositions Universelles , partout dans le monde . En 1894 , Lyon , dotée d’une ambition internationale , organise une Exposition Universelle et Coloniale , avec l’exhibition de 160 indigènes . L’Exposition ayant lieu sur le site du fameux Parc de la Tête d’Or et de son jardin zoologique , on peut vraiment parler de zoo humain .
Hélas , on s’en souvient essentiellement pour une tragique raison : le premier assassinat d’un Président de la République Française , à savoir Sadi Carnot venu pour l’inaugurer . En 1914 , l’Exposition Internationale de Lyon semble encore frappée par une malédiction puisque une énorme tempête affecte le 22 février toute la vallée du Rhône tandis qu’ une inondation emporte ses bâtiments avec que l’exposition ne commence ; elle sera en outre handicapée par les grèves puis l’état de guerre . Néanmoins cette exposition de 1914 est un succès et l’emploi de l’immense Halle Tony-Garnier , conçue pour devenir ensuite des abattoirs , a marqué les esprits par son ampleur et son audace architecturale : l’équivalant de deux terrains de football et pas un seul pilier soit 210 m de long , 80 m de large pour une surface de 16 800 m² et une hauteur de 21 mètres Pendant la Grande Guerre , l’oeuvre de Tony Garnier est transformée en arsenal militaire , puis devient l’immense abattoir prévu jusqu’en 1967 , avant une désaffectation et un abandon de vingt ans , pour finalement devenir une salle de concert modulable jusqu’à 17.000 places quand Bercy en reçoit 20.300 .Bien d’autres bâtiments composaient cette immense exposition dont celui du Progrès de Lyon , pour qui Jaz réalisera en 1953 une horloge publicitaire aux couleurs du journal . Avec cette Première Guerre Mondiale , le temps n’est plus aux Expositions Universelles . Étonnamment parce qu’en plein conflit , l’idée folle de créer une foire commerciale à Lyon en 1916 , aboutit . On couvre plusieurs quais du Rhône de petites baraques en bois , bien modestes , où les produits seront présentés et groupés par sections , sur une longueur frôlant les 2,5 kilomètres . Malgré les difficultés liées à la guerre , les industriels français et étrangers – alliés ou neutres uniquement – sont largement présents et la manifestation peut s’ouvrir à la date prévue. Ils sont 1 342 exposants, dont 143 étrangers parmi lesquels 77 Suisses, 43 Italiens et 14 Britanniques . « un lieu où l’on peut faire le maximum d’affaires , sur le minimum d’espace, dans le minimum de temps ». En 1916 , Japy est encore la troisième entreprise de France : une entité qui fabrique les casques Adrian des Poilus , de l’outillage , des moteurs , des pièces de bicyclette , des luminaires , des meubles de jardin , des pompes , des moulins à café , des machines à écrire mais aussi des réveils et des horloges , évidemment s’agissant de son coeur de métier . Toutefois la séparation par sections professionnelles contraint Japy à occuper plusieurs stands , symbole prémonitoire de la dislocation de l’empire Japy après guerre dont Jaz reprendra la partie horlogère en 1954 . Mars 1917, Raymond Poincaré – notez l’orthographe fautif ci-dessus – chapeau levé , visite la Foire devant les mêmes petites stands en bois qu’en 1916 , qui font face à un bel arc de bâtiments bas en pierre . Derrière lui , on reconnaît Edouard Herriot , tête nue et moustache , figure incontournable de Lyon et personnage central de la III° République qui sera , au total , maire de Lyon pendant 45 ans , ministre au sein de nombreux gouvernements , préside la Chambre des députés , puis de l’Assemblée nationale sous la IVe République et Président du Conseil des ministres à trois reprises , l’équivalant de notre Premier Ministre actuel . à gauche les baraques en bois et à droite une enfilade bien plus noble , avec colonnes de pierre , derrière quelques soldats en permission . On s’agglutine devant les baies vitrées mais les portes restent fermées aux badauds ,
En 1917 Herriot approuve le projet de construction d’un « Grand Palais » destiné à accueillir les foires . Il voit les choses en grand et en dur : il jette son dévolu sur un vaste espace de dix hectares disponibles entre le Parc de la Tête d’Or et le Rhône furent dévolus à la construction du Palais de la Foire .
Pour la Foire de Lyon 1919 , les affiches sont dans l’esprit du temps revanchardes et violemment et clairement anti-allemandes , particulièrement ciblée contre la Foire de Leipzig , la concurrente depuis 1420 ! Les exposants germains n’étant toujours pas admis à la Foire après guerre , on peut s’étonner de la présence des Émailleries de la Sarre . Mais Sarrelouis est occupée par le vainqueur français , sous mandat de la Société des Nations, et la région de la Sarre est détachée de l’Allemagne et devient une région autonome, la Saargebiet de 1919 à 1935 . Voyez notre article sur le Musée des Horloges du Länder de la Sarre .Pour comparaison , rappelons que Jaz – fondée cette même année 1919 – a bien failli s’appeler OZARM, nom déposé par la direction le 25 Juillet 1919 , qu’il faut bien entendre ainsi : aux armes ! Et pas seulement comme allusion au début de la Marseillaise . Toutefois Jaz n’est pas à cette foire de 1919 , n’ayant commencé à produire des réveils qu’en 1921 .Les acheteurs étrangers ont leur entrée ; le tramway traverse les 2,5 km de la Foire Le palais et ses pavillons se construisent sur plusieurs années au bord du Rhône , adossé au Parc de la Tête d’Or . La petite colonnade de pierre , en arc de cercle , se trouve cachée de l’autre côté des bâtiments qui ont remplacés les méchantes baraques de bois . Vue aérienne en 1931 Les grands pavillons ont des allées centrales qui donnent sur des galeries de tous côtés Escaliers et ascenseurs permettent une circulation croisée en cas d’affluence Les galeries sont constituées de stands relativement petits mais entièrement vitrés .on pouvait ajouter des petits étals dans les couloirs Visiblement , certains exposants manquaient encore de créativité pour la présentation ; Dans cet exemple , le stand est double , numéroté 20 et 21 . Nous savons par notre carte d’acheteur que Jaz ne disposait que d’un stand , numéroté 48 . Mais cela devait être largement suffisant pour une gamme encore bien restreinte en 1924 . En 1937 , le choix proposé par Jaz à la Foire de Lyon est bien plus étoffé . Toujours au groupe 50 mais au stand 86 . Jaz ne ratera plus aucune édition de la Foire de Lyon , de Paris , ni la foire horlogère de Bâle lorsqu’elle s’ouvre aux entreprises étrangères devenue Baselworld en 2003 .Mais aussi , en 1958 , l’Exposition Universelle de Bruxelles arrachant la médaille d’or dans sa catégorie .Après soixante-dix ans de bons et loyaux services, la Foire internationale de Lyon émigre hors les murs devient Eurexpo et s’établit sur la commune de Chassieu depuis 1985 . Jaz n’y expose plus évidemment mais c’est un amusant réveil qui est la mascotte de l’édition 1996 .
LES DIFFÉRENTS MODÈLES DE CARTES
Carte d’acheteur 1917Carte d’acheteur 1919 Carte acheteur 1920 Carte d’acheteur 1922 Carte d’acheteur 1924Carte d’acheteur 1931
PÉTOLAT ANGENOT & JAZ
Cette carte postale , présentant un calicot Pétolat à la Foire de Lyon , est pour nous l’occasion d’évoquer les liens entre cette famille d’industriels et Jaz . Cette entreprise familiale , à laquelle est affilié un des rédacteurs de ce site , était la locomotive de l’industrie mécanique à Dijon , petit jeu de mot facile lié à l’activité de cette branche des Pétolat . Fondée en 1884 par Alfred Pétolat , l’entreprise était spécialisée dans la fabrication de matériel de chemins de fer et tramways ou en voie étroite pour les mines . C’est essentiellement en wagons qu’elle équipait de nombreuses compagnies de chemin de fer en métropole et dans l’Empire français .La branche bisontine de cette famille était alliée aux Anguenot , qui ont assemblé dans leurs ateliers de Villers- le-Lac , les premières montres Jaz .Cimetière des Chaprais Besançon , tombe André Anguenot 1885 +1936. Au moment où Jaz voit le jour , en 1919 , Ulysse Anguenot 1849 +1947 , fabricant de montres à Villers Le Lac , cède son affaire à quatre de ses fils ; notons qu’il y avait eu quinze enfants . L’un d’eux Marius crée seul une entreprise à son propre nom , tandis que André ( 1885 +1936) s’associe avec ses beaux-frères Georges et Henri Pétolat dans l’entreprise d’horlogerie Pétolat Frères & Anguenot , à Besançon . Enfin Alfred et Gaston fondent Anguenot Frères devenue Herma et au fil des associations , assemblera les montres distribuées sous la marque Jaz .
Plan Métro rectoPlan Métro /Autobus verso Plan publicitaire pour JAZ du métropolitain parisien en 1950 , fermé et ouvert . D’autres marques , comme Perrier , la Reine des Crèmes ou la RATP elle même , ont offert ce même plan commémoratif à leurs clients . Format 19 x 15 cm . Nous avions décrypté les tickets de métro publicitaires Jaz dans un article complet . On constate que le plan de 1950 reprend , assez logiquement , le slogan des tickets de 1949 : Ne ratez pas votre Métro Réveillez -vous au Jaz avec toutefois un petit rajout : le Réveil de Paris alors que Jaz a très peu revendiqué son origine parisienne hormis avec une Tour Eiffel couronnant le mot PARIS sur la boîte du DRILIC et autres Jazistor de 1964 à 1972 . On retrouve un autre slogan Jaz à l’intérieur du plan : Il y a un JAZ pour chaque pièce de votre appartement JAZ PENDULETTES et REVEILS .
Le plan du Cinquantenaire utilisé par Jaz , entre plat de spaghetti et chevelure de Méduse et autres Gorgones , est le premier plan officiel de la RATP . Nous allons donc dans cet article décrire le contexte dans lequel il s’inscrit : ceux qui veulent approfondir le sujet se procureront l’ouvrage suivant :
l’Histoire du Métro parisien racontée par ses plans , ou sa version anglaise Paris Underground , du même Marc Ovenden aidé de Julian Pepinster & Pascal Pontremoli pour celle éditée par La Vie du Rail en français . On y trouve notre plan , évidemment , parmi ses 176 pages .
Plan de 1901 : une seule ligne verticale . Plan par Cartes Tartide en 1905 , offert par Alhambra : la carte s’est bien étoffée en peu de temps .
La CMP , ou Compagnie du Métropolitain de Paris , juge superflu un plan officiel pour le métro à ses origines ; à sa décharge , reconnaissons qu’il n’y a d’abord qu’une seule ligne , si bien que les plans seront longtemps d’initiatives privés , supports de publicités qu’il faut confier à des cartographes plus ou moins doués , mais tous les plans ne sont pas offerts : un marché se créé .Ce plan était vendu en 1913 . Les huit lignes sont reprises sur les côtés , présentées en thermomètres comme dans les rames ou les autocars .« thermomètre » apposé dans une rame , avant guerre . Cartes Taride , un des plus célèbres éditeurs géographes français , publie ce plan en 1930 .Ce grand spécialiste sera choisi pour le plan officiel lorsqu’il voit enfin jour .
Couvertures du plan offert à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1937 Plan de 1936 actualisé de la nouvelle ligne 11 A partir du moment où l’on commence à penser à un plan officiel pour faciliter la vie des utilisateurs du Métro , au fur et à mesure que le réseau s’agrandit , se complexifie , il faut actualiser les plans officiels , mais aussi les autres qui continuent leur vie indépendante . Bien évidemment , il en va de même quand des stations changent de nom , afin que les voyageurs puissent s’y retrouver. Ci-dessus , la station Allemagne devenue Jaurès , juste après l’entrée en guerre en 1914 : il en fut de même pour la rue éponyme . La station Berlin est rebaptisée Liège pour les mêmes raisons . Après la seconde guerre , quelques stations prennent le nom de résistants , mais la raison du changement de la station Obligadoest moins connue . Il ne s’agit évidemment pas de la formule de politesse espagnole Obrigado , mais d’une bataille navale remportée en 1845 contre l’Argentine . En 1947 , la charismatique Eva Peron visite Paris avec une aide alimentaire généreuse pour la reconstruction française , dans son sillage : Obligado devient donc Argentine en 1948 , pour cesser de froisser la fierté de Buenos Aires .
Puis viennent la guerre et ses restrictions de papier , l’uniformisation des teints grisâtres , mais surtout un fonctionnement du métro au ralenti : d’où de nouveaux plans aussi allégés que les rations alimentaires , et même rédigés en allemand pour le tourisme de ces “messieurs un peu trop envahissants” ou en uniformes qui ont un accès gratuit à la Première Classe .London Underground Map par F.H. Stingemore en 1927 : style plat de spaghetti coloré comme les plans parisiens . À partir des années 1920, le réseau du métro de Londres devient lui aussi très complexe . Le célèbre designer industriel Harry Beck va s’y atteler avec succès . Il était spécialisé dans les schémas électriques qui vont visiblement l’inspirer . Son plan est extrêmement simplifié , comprenant seulement les stations avec leurs noms et des segments de droites les reliant ; même le tracé de la Tamise ondule verticalement , horizontalement ou à 45 degrés , loin du véritable lit sinueux et ondulant du fleuve londonien . En conséquence le terme de carte souterraine , ou Undeground Map , n’est pas approprié puisqu’il ne s’agit pas d’une carte mais d’un schéma et qu’elle pas vraiment souterraine dans la mesure où 55% des 270 stations du réseau et 402 km de voies étant en surface , ce que l’on nomme à Paris : le métro aérien .
Amsterdam à gauche et Stockholm à droite , un plan de New York ne serait pas un exemple valide , les rues y sont effectivement à angles droits et le Subway également . On le voit avec ces exemples , le plan du métro de Londres de Beck influença grandement le graphisme des cartes de réseaux de transport du monde entier qui reprennent tous ses principes .Projet de plan du métro parisien par Beck lui -même en 1951 : on notera la Seine en trombone bleu , qui fait une seule petite bosse pour les îles de la Cité et Saint Louis , à juste titre d’ailleurs : il n’y a qu’une seule station pour les deux . Plan rejeté par Paris … La raison du refus de ce « schématisme » par les parisiens est assez rationnel toutefois : les piétons utilisent également les plans du métropolitain en surface pour trouver les rues . Ce paysan avec sa vache ne va pas prendre le métro : il cherche l’adresse de livraison de son bovin . Le plan se doit donc d’être géographique , quitte à être plus difficilement lisible pour la partie métropolitain .
Fulgence Bienvenüe devant un de ces plans Taride à l’entrée d’une station de style Art Nouveau par Hector Guimard : suite d’un accident de chantier , on constate que le fondateur du métro est amputé du bras gauche . En 1942 , la station Montparnasse est renommée Montparnasse- Bienvenüe en sa mémoire . Le choix porte sur cette station pour sa grande taille , mais aussi parce que Bienvenüe était d’origine bretonne et que depuis l’arrivée du train en Bretagne , le quartier Montparnasse est celui des bretons de Paris . Il pose – ci- dessus -devant un plan extérieur de style deux fois Nouille : plat de nouilles pour la cartographie et de style Nouille pour son entourage en fonte , puisque c’est ainsi que se voit nommer le style Art Nouveau par ses détracteurs trouvaient les lignes trop molles . Mais il faut savoir qu’il s’agit d’une de ses dernières photos de Bienvenüe qui meurt en 1936 .à l’origine Hector Guimard avait livré ses stations , comme celle-ci de la rue de Rome , sans plan … et pour cause , on vient d’expliquer qu’il n’y avait pas de plan du tout au début et ensuite pas de plan officiel avant bien longtemps .
ACCES GUIMARD, RUE DE LOBAU : PROTOTYPE DE PORTE PLAN LUMINEUX
En 1934 , on ajoute un premier plan rétro-éclairé -d’où son épaisseur et adjoint d’une horloge Brillié – de style Art Déco , bien massif et carré , se mariant fort mal avec le style Art Nouveau de Guimard , pas plus qu’avec la boîte aux lettres victorienne d’ailleurs ou même l’Hôtel de Ville néo-renaissance , à l’arrière plan . Ce prototype des années trente n’a pas été retenu , bien heureusement , et on a eu l’idée de compléter l’oeuvre de Guimard par un plan de même style devant lequel pose donc Bienvenüe plus haut .Le sculpteur Joachim Costa semble faire sortir une rame comme un glaive tranchant de la manche gauche de Bienvenüe , pour sa médaille du Cinquantenaire du Métro en 1950 . En arrière fond , un plan de métro plutôt organique et une inquiétante Seine serpentine , spectaculaire et efficace sur une si petite surface , à savoir 50 mm pour 50 ans , où cette fois l’île Saint Louis apparaît . Notons bien : ce que célèbrent , cette médaille et le plan commémoratif de Jaz , ce sont les cinquante ans du métro pas ceux de la RATP , laquelle était encore bien jeune en 1950 puisqu’elle voit le jour l’année précédente comme la Régie Renault et la SNCF . On évite souvent de le rappeler , mais le métro parisien est d’origine belge ! Si les tunnels, viaducs et stations sont confiés à la Ville , en revanche ceux des accès , des voies et l’exploitation le sont à un concessionnaire , à savoir la Compagnie générale de traction , propriété du baron belge Édouard Louis Joseph Empain .
Ce sont dans les bureaux d’études que sont mises au point les techniques de construction du métro de Paris , financées par un emprunt lancé et souscrit en Belgique , sous la direction du Baron Empain , premier du nom , ancien aide de camp du Roi des Belges qui l’anoblit en 1907 . Paris avait été la première métropole à envisager un chemin de fer urbain en 1845 , elle sera quasiment la dernière à s’en doter pour l’Exposition Universelle de 1900 , afin de ne pas renouveler les embouteillages de l’Expo 1889 . L’attente aura du bon puisqu’il sera électrique et souterrain , l’entrepreneur ayant acquis en outre une belle expérience sur d’autres chantiers . Toutefois en 1901 le marché de la ligne Nord-Sud lui échappe , confié à J-B Berlier qui lui doit tout construire , même les infrastructures . Celui-ci fait moins chiche qu’Empain , qui ayant tout misé sur ses belles entrées par Guimard , rognait sur le reste . La ligne Nord -Sud qui se développe de 1910 à 1916 est mieux décorée de riches mosaïques , de beaux éclairages et belles rames aux couleurs claires . La CPM du Baron Empain va même devoir , comme le faisait déjà Nord-Sud de Berlier , offrir des plans de poches officiels . Le Baron Empain qui avait été général , se consacre effectivement aux transports en commun avec des réseaux de tramways en Belgique et dans divers pays ainsi qu’au métro de Paris que sa société , la CMP ou Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris construit et exploite jusqu’en 1949 . A sa mort son patrimoine comporte 12 sociétés de traction dont le métro parisien , 16 sociétés de fourniture de gaz et électricité , 10 sociétés de portefeuille Electrorail , 4 banques , 6 sociétés immobilières , 3 sociétés hôtelières , 6 sociétés de commerce , 7 sociétés chimiques , 14 sociétés de verrerie , 17 sociétés de construction électrique, mécanique et travaux publics et 3 charbonnages . Si on le voit enturbanné c’est que , distingué égyptologue , il fonde la ville idéale d’Héliopolis , aujourd’hui quartier du Caire , où il est enterré . Pour la plupart des français , le nom de baron Empain est lié à son petit fils , Edouard -Jean Empain , tristement célèbre pour son enlèvement suivi de séquestration et d’une horrible mutilation en 1978 . Il sera libéré , avec de quoi s’acheter un ticket , près d’une station de métro qu’il n’avait jamais pris mais que sa famille avait construit . Son groupe , Empain-Schneider , pèse alors des milliards avec plus de 150.000 employés et 300 sociétés dont Framatome et les centrales nucléaires , Creusot-Loire ou encore Spie Batignolles le numéro un français des travaux publics qui aménage des ports , fore des tunnels et installe des oléoducs . Ce sont également les chantiers navals de Dunkerque premiers producteurs mondiaux de méthaniers , la Société métallurgique de Normandie , les fabrications d’armes du Creusot , les machines-outils d’Ernault-Somuss , Creusot – Loire Entreprise qui vend des usines clés en main dans le monde entier mais encore Merlin-Gerin dans le matériel électrique , Jeumont-Schneider dans l’électromécanique et enfin Jaz dans l’horlogerie qu’il avait racheté à la demande de l’Etat Français pour sauver le jaseur en perdition et qu’il revendra à Matra en 1979 . Il faudra attendre 1999 pour que la RATP adopte un plan à la Beck . Les plans continuent de se développer , s’améliorer , d’autant plus que le réseau n’a jamais été figé . Même de nos jours il continue à progresser avec la station de RER nommée Rosa Parks , en hommage à la femme afro-américaine surnommée « mère du mouvement des droits civiques » par le Congrès des USA , judicieusement choisie puisque devenue célèbre en , en Alabama pour avoir refusé de céder sa place à un passager blanc dans l’autobus . Douloureuse situation qui n’est pas sans rappeler celle de Cyrla Szulewicz , employée chez Jaz et mère de Georges Perec qui devait , comme les autres juifs et les « nègres » , ne prendre que la dernière voiture dans le métro parisien pour se rendre à l’usine de Puteaux , avec terminus à la Porte Maillot ou Pont de Neuilly ce qui laisse encore quatre kilomètres à parcourir dans les deux cas .
Jazette Avril 1946 . Les ouvriers se rendaient donc en autobus à l’usine ou grâce au tramway inter-communes de l’avenue Wilson . Il faudra attendre les années 60 pour que métro et RER gagnent la banlieue Ouest , mais Jaz s’était vue expropriée entre temps . Voir notre article ( à venir) sur l’usine de Puteaux . Jaz avait donc fait éditer des tickets et des plans de métro en 1949 et 1950 , c’est dans le cadre de cette offensive publicitaire vers le métropolitain et ses usagers que Jaz lancera une campagne publicitaire dans les couloirs de métro avec ces affiches de René RAVO.
ADDENDA pour approfondir le sujet
Les plus curieux iront consulter les deux documents suivants : cet article Better than Beck sur les tentatives d’améliorer le schéma de Beck pour le métro londonien où Jug Cerovic , un designer parisien excelle : beau retour des choses . Comment parcourir les rues de l’ancienne Königsberg en ne passant qu’une seule fois sur chacun des sept ponts qui enjambent la rivière Pregolia ? Combien de couleurs faut-il pour colorier une carte géographique sans que deux pays limitrophes arborent la même teinte ? Toutes ces énigmes qui réjouissent les amateurs de jeux mathématiques , ont un point commun : elles peuvent être résolues grâce à la théorie des graphes . Malgré son caractère ludique apparent , la théorie des graphes est une des plus ingénieuses et des plus utiles qui soient . Pensez que , grâce à elle , on peut résoudre des problèmes aussi complexes que la planification des circuits de ramassage d’ordures, l’optimisation des process de fabrication industrielle , la conception des circuits électroniques , rendre un plan de métro lisible , la modélisation de structures moléculaires ou la distribution des pièces dans un bâtiment public . Cet ouvrage présenté par Cédric Villani , décoré de la Médaille Fields l’équivalent du Prix Nobel , entré récemment en politique , explique tout cela sans formule mathématique absconse, mais avec de simples dessins composés de points et de traits .
Plaque de verre publicitaire au jaseur boréal , circa 1942 , format 11 x 10 cm, poids 70 et 75 gr ( support non d’origine) . Nous possédons deux exemplaires de ce petit objet publicitaire qui , à notre connaissance , n’est pas présent dans d’autres collections . Nous manquons de documents les concernant , nous sommes donc soumis aux conjectures . Toutefois nous supposons qu’il s’agit -des oiseaux Jaseurs à coller sur vos glaces évoquées dans cette Jazette d’Août 1943 qui essaye de palier les pénuries induites par l’occupation par divers artifices . N’imaginez pas des auto-collants publicitaires comme de nos jours en 1943 . Les stickers n’apparaissent qu’à partir des années 60 .
Nos plaques en verre pourraient correspondre à cette description , d’autant que stylistiquement leur jaseur est très proche d’autres jaseurs des tout débuts de son apparition , à savoir 1942/1943 , comme ce présentoir de vitrine en métal .plaque sur socle ( ce support n’est pas d’origine) les parties indiquées par les flèches sont réfléchissantes comme un miroir .on notera une différence de ton pour le plumage du jaseur boréal .Plaques de dos
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