TAMBRIC 1958 à 1963

tambricTAMBRIC 1° version                                                                                                       TAMBRIC , pendule à poser puis réveil , gamme Jaz de Luxe et  gamme Jaz à Tirage Limité , mouvement mécanique , calibre K puis AF dans sa version 1AF , 11 jewels , autonomie 8 jours . Nouveauté du catalogue 1958/59 à la page 3 , référencée 858-10 . Boîtier en métal argenté fin et finement striés ; arêtes avant et arrière, oreilles et socle façon or brillant , pas de chiffres mais des index sous forme de barrettes et quatre plots en relief , verre biseauté serti sur le cadre , non-lumineux , aiguille des minutes glaive . Diamètre 14,5 cm , poids 620 gr .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             tambric dosLe nom de TAMBRIC  trouve son origine dans sa forme de tambourin                                                                                                                                                                                Lors de sa première apparition en 1957 , elle appartenait à la catégorie des Tirages Limités , toutefois le succès a sans doute modifié l’intention originelle puisqu’il sera disponible jusqu’au catalogue 1962/63 ; en fait cette catégorie des Tirages Limités apparue en 1946 est supprimée à partir du catalogue 1959/60 même si certains modèles qui lui appartenaient sont maintenus à la vente au delà de cette date comme le TAMBRIC .tambric trancheLa tranche est en métal strié sur lequel sont vissés huit oreilles reproduisant les cymbalettes d’un véritable tambourin

En 1961/62 il est doté du calibre AF qui possède une autonomie de 8 jours comme le K mais dispose de la fonction réveil . En conséquence le TAMBRIC , qui était une pendulette , devient un réveil avec une troisième aiguille au cadran et l’aiguille des heures flèche qui change pour un type Breguet , rendant aisé la différenciation des deux variantes . Cette deuxième version est référencée 814-10

tambric pub

Publicité pour la première version du TAMBRIC , Paris Match n°662 , Déc.1961 , demi-page . La mention 8 jours-réveil (11 rubis) correspond effectivement au calibre 4AF .

l’idée du tambour sera reprise par d’autres marques

HOMIC 1957 à 1963

homic (4)HOMIC , pendule à poser puis réveil , gamme Jaz de Luxe et gamme Jaz à Tirage Limité , mouvement mécanique , calibre K puis AF dans sa version 1AF  , 11 jewels , 8 jours d’autonomie . Nouveauté du catalogue 1957 à la page 4 , référencée V872-10 . Format 16,5 x 14,5 cm , poids 880 gr .homic (11)homic (8)Boîtier en métal doré ; cadran argenté mat , fond noir décoré de rayons dorés ; quatre chiffres et huit index de métal doré en fort relief , aiguilles alphas , aiguilles façon or , non lumineux , vitre en verre plat .            homic 2En 1961/62 la HOMIC , qui était dotée depuis 1957 du calibre K , hérite du calibre AF . Ce changement n’est pas sans conséquence puisque , si l’autonomie reste de 8 jours , le nouveau calibre AF est doté de la fonction réveil que n’avait pas l’ancien K . Ainsi équipée , de pendulette à poser , la HOMIC devient un réveil qu’il est aisé de distinguer de la version précédente ,  puisqu’elle affiche évidemment une troisième aiguille au cadran , mais surtout parce que le décor est inversé en façade : la partie noire est désormais en bas et la partie dorée gagne le haut . En conséquence ses références sont modifiées et deviennent 813-10 .                                                                                                                                                                                                                                                             Lors de sa première apparition en 1957 , elle appartenait à la catégorie des Tirages Limités , toutefois le succès a sans doute modifié l’intention originelle puisqu’elle sera disponible jusqu’au catalogue 1962/63 . Sa silhouette de maison , avec son petit toit à deux pans , est à l’origine de son nom anglicisé de HOMIC .homic (9)homic (10)homic (2)homic (12)

Calibre AB 1951 à 1964

En 1950  Jaz produit 1.400.000 réveils , son usine de Puteaux a dû chasser ses bureaux vers le Siège Social parisien de la rue de la Boétie  , en outre des ateliers ont été ouverts à Annecy et rue Bayen à Paris mais cela ne suffit pas encore . Afin de faire face à son expansion galopante , Jaz prend  la majorité du capital de la SAP -Société Alsacienne de Précision- dont l’usine alsacienne fabriquait les productions de « Carat horlogers de précision » et elle absorbe cette dernière marque  . Jaz fait ainsi une double bonne affaire : elle s’installe en Alsace à Wintzenheim près de Colmar dans son immense usine et hérite des calibres de précision de Carat dont le « 100 »rebaptisé par Jaz « AB »  à 7 pierres et sonnerie limitable .

calibre-abcolmic-dosCe calibre AB  représente une telle innovation avec sa sonnerie limitable – toujours transcrite sous cette forme insistante li-mi-ta-ble – que Jaz fait sa publicité en représentant avec audace et pédagogie le dos , et lui seul , de leurs nouveaux réveils , originalité sans doute unique dans le monde de l’horlogerie !

L’arrivée de ce calibre AB dans le giron de Jaz induit l’apparition d’une nouvelle gamme de réveils les « Jaz de Luxe » dont trois réveils sont les pionniers : ALSIC , COLMIC et SAPIC mais bien d’autres suivront dont l’emblématique RIDIC , appartenant tous à la catégorie des Jaz de Luxe : LISIC , CYCLIC , LANDIC , COTIC , MORIC , MARGIC , NATIC , CURVIC , etc .Alsic version CARAT (11)Alsic version CARAT numéroLes mouvements d’origine , le calibre 100 de Carat , sont numérotés mais pas datés …calibre AB daté… contrairement aux calibres AB qui sont datés en creux sur la platine , à gauche .calibre AB pubdessin de Bydo

Publicité d’Octobre 1952 : Jaz réunit dans cette publicité l’ensemble de ses dispositifs de sonnerie augmentée , diminuée ou améliorée dont le contacteur et la clef de limitation de sonnerie.

Notre correspondant en Alsace, le collectionneur Mariano MACOR, possède la matrice de découpage des cloches des calibres AB

RIDIC 1955 à 1964

1955-ridic-769-112RIDIC , petit réveil de la gamme des Jaz de Luxe , mouvement mécanique à sonnerie limitable , calibre AB ,7 pierres , échappement à ancre . Nouveauté du  catalogue 1955 à la page 2 . Boîtier laqué écaille acajou réf. 769-11 ou écaille verte réf. 769-21 . Socle , quatre pieds miches , quatre colonnettes , lunette et joncs sont en métal façon or , cadran façon argent satiné , zone quadrillée façon or relief , aiguilles façon or , quatre chiffres cardinaux et points d’heures façon or en relief , glace biseautée , portes escamotables , aiguilles et points lumineux . Format 7,5 x 9 cm , poids 540 gr.

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Si Jaz a commercialisé dès avant guerre des pendulettes et réveils luxueux , la catégorie Jaz de Luxe à laquelle appartient ce RIDIC , n’est apparue qu’en 1951 lorsque le calibre AB est mis en service . Ce mouvement mécanique offrait en  Exclusivité Mondiale la possibilité de faire varier le temps de sonnerie en trois positions : stop permanent , sonnerie courte 5s’ ou sonnerie longue 20s’. Le calibre AB dispose d’une seule clé pour remonter mouvement et sonnerie puisqu’un unique ressort anime les deux fonctions , induisant des conséquences sur l’autonomie du réveil en fonction du temps de sonnerie choisi grâce au petit bouton muni d’une aiguille indicatrice : 60 heure en STOP permanent , 58 heures en courte sonnerie ou 40 heures en longue sonnerie .ridic 769-53RIDIC 769-53

ridic-ouvert

RIDIC 769-43 .diric blancRIDIC 769-43 .                                                                                                                                              En 1956 deux nouvelles variantes supplémentaires apparaissent : laqué noir , réf. 769-33 ou  façon argent  réf. 769-43 avec des scènes de vies au Japon  polychromes sur les portes avant et un décor japonisant stylisé sur le cadran façon or sur argent .

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ridic-58-59

En 1957 apparaît son cousin  le DIRIC et , s’il ne dispose pas de la sonnerie  limitable qui est une Exclusivité Mondiale propre au calibre AB , il ne s’agit pourtant pas d’un parent pauvre , bien au contraire puisqu’il est peu plus onéreux . Effectivement le DIRIC est doté du calibre AF qui lui offre une autonomie de 8 jours contre 60 heures maximum pour le RIDIC . Outre un choix riche de variantes pour les décors , Jaz propose donc deux options de mécanismes bien différentes et selon son habitude , quand l’habillage est similaire , les noms des modèles sont déclinés sous forme d’anagrammes . Jaz consacre les premières pages de ses catalogues 1957 et 1958/59 à ces réveils , de la gamme Jaz de Luxe , hors normes tant par leurs formes de cabinets à portes escamotables , leurs décors raffinés et leurs mécanismes sophistiqués qui sont la véritable différence qui les distingue . Le succès sera au rendez-vous même si le choix se resserre jusqu’à la dernière apparition au catalogue 1963/64 .

persiana

En 1951 les Jaz se vendaient déjà dans 61 pays ; à l’export leurs productions étaient parfois rebaptisées : ainsi les DIRIC et RIDIC s’appelaient La Persiana  en Italie , dénomination qui leur va très bien puisque cela signifie persienne ou volet ce qui caractérise parfaitement ces cabinets à deux volets .

ridic noctic tarvic
ridic tarvic
ridic diric
ridic diric par chesnot
tarvic ridic pharic pub Octobre 1956++
tarvic tagic ridic pub 1956
ridic 1956

publicités presse Reader’s Digest 1956 /1958 , format 18 x 13 cm .publicité pleine page Paris Match n°400 , Déc 1956 , 35 x 26 cm .ridic tarvic tagicpublicité  ELLE magazine 1956 , format 31 x 24 cm .publicité presse hebdomadaire , 1956 , format 34,5 x 13 cm (dessin non signé mais à attribuer à CHESNOT )publicité Paris Match 1956 , format 35 x 12,5 cm ridic pincic 1960 pubpublicité 1960 format 35 x 13 cm notice BProspectus 1960 à 1962 .

CALIBRE Z pour minuteries 1951-1961

calibre-z-face

Le Calibre Z pour compte-minutes apparaît en 1951 avec le COMTIC.Sans titre 53.jpgIl en existe alors 3 variantes de durée , munies d’une sonnerie. calibre-zComme tous les calibres mécaniques Jaz , le Z et ses variantes sont datés sur le marteau . Toutefois cette date étant inscrite côté face avant , vers le cadran , elle n’est pas aisée à lire si l’on se contente d’ouvrir l’arrière du réveil ou du minuteur .

On le trouve également démuni de sa fonction sonnerie sur le TELIC , compte minutes spécialisé pour calculer le coût d’une communication téléphonique . Il disparaît en 1961 au profit du calibre AZ qui équipe le TEMPIC remplaçant du COMTIC .

SECTIC (1953) à 1962

secticSECTIC , pendule à poser , gamme Jaz Electric , mouvement électrique sur secteur  , calibre 5R en 110 volts et 6R en 220 volts . Boîte polystyrène ivoire , cadran « argent » soleillé , aiguilles métal façon or ; vitre en verre bombé  , aiguilles et points lumineux . Format 14,5 x 12 cm . deltic-sultic-secticLe nom de la  SECTIC fait référence à son alimentation par le secteur soit en 110 volts réf. 919-11 , soit en 220 volts réf.  919-21 , mais sa dénomination est aussi très proche de celle du SULTIC auquel elle ressemble parfaitement hormis sa trotteuse rouge et l’absence de petit cadran sous le XII puisqu’il s’agit d’une horloge équipée de calibres électriques sans fonction de réveil .sectic-dosIl s’agit d’un rare cas de boîtiers identiques équipés de mécanismes radicalement différents  : voir les cas similaires des horloges SOLMIC et SMOLIC ou des réveils BARIC devenus RABIC . La SECTIC disparaît des catalogues en 1963 , elle sera la dernière la horloge Jaz sur secteur cédant la place aux modèles à piles .sectic champic viric

LISIC 1958 à 1962

LISIC , réveil de la gamme des Jaz de Luxe, mouvement mécanique, calibre AB , échappement à ancre , 7 pierres ,  un seul remontoir pour le mouvement et la sonnerie , sonnerie limitable , échappement à ancre et barillet indépendants. Nouveauté du catalogue de 1958-1959 à la page 1 , référencé 738-11 .

lisic

LISIC (1)Boîtier argenté fin , socle , arêtes et rayures façon or ,  cadran zone centrale argentée mat , zone des heures argentée soleillée (  elle est souvent plus ou moins dorée parce que le vernis qui la protège a jauni au soleil, mais en fait à l’origine elle doit être argentée mais elle existe également en blanc – voir ci-dessus quand le boîtier est noir ) , chiffres et index/barrettes en relief  , verre biseauté , aiguilles dorées , aiguilles et points lumineux . Diamètre 10 cm, poids 415 gr . Il apparaît pour la dernière fois au catalogue 1961/62 . La dénomination LISIC sera réattribuée en 1979 à un petit réveil LCD .LISIC (2)Romain Gallardo , collectionneur ,horloger et conseiller technique de ce site, possède cet exemplaire non répertorié avec sa zone des heures blanches alors qu’elle est censée être argentée .lisic dos

cet exemplaire , propriété du collectionneur Marc Barat , confirme la validité de l’exemplaire de Romain Gallardo , présenté plus haut puisqu’il est en tous points identique y compris la tranche qui est noire .

LICENCE ATO

La plupart des pendules électriques Jaz portent la mystérieuse mention Lic. ATO ou licence ATO . La raison en est l’acquisition , en 1958 , de l’autorisation pour la France  d’exploiter les brevets de la maison ATO créée par Léon Hatot , pionnier de l’utilisation de l’électricité dans l’horlogerie . Tout d’abord exclusive , on verra plus tard des horloges Trophy ou Vedette  l’utilisant , cette licence ATO permet à Jaz de devenir leader en matière de calibres à piles et transistor pour ces horloges murales , réveils et pendulettes avec 245 Jaz dotés de calibre AL , AN , AR , AT , AV , AX , CF , CR , FC , MP , TC , TJ , TM , TP , TR  , TMK , TRK et leurs nombreux dérivés .                                                                                                                                                                               Ci dessous une biographie complète de ce génie multiforme qu’était Léon HATOT

Léon Hatot et les horloges électriques ATO  par Michel Viredaz

 article  publié dans le bulletin Chronométrophilia No 56 (été 2004).

Le chapitre « Historique » du présent article est constitué de larges extraits du site Internet Worldtempus, grâce à l’aimable autorisation du CIDH (Centre International de Documentation sur l’Horlogerie).

Historique

Né le 22 avril 1883 à Châtillon Sur Seine ( Côte d’Or) , décédé le 11 septembre 1953, Léon Hatot fut élève de l’École d’Horlogerie de Besançon entre les années 1895 et 1898, puis élève de l’École des Beaux-Arts de Besançon. Il s’installa, très jeune, à son propre compte en 1905, en se spécialisant dans la gravure en boîtiers de montres, et développa très rapidement un atelier artisanal d’une douzaine de compagnons fabriquant des montres de haute qualité en métaux précieux et en joaillerie. Il s’établit ensuite à Paris, où il reprit en 1911 la suite de la Maison « Bredillard», tout en conservant son atelier de Besançon. Il fut alors à cette époque et par la suite, l’un des quelques créateurs de montres artistiques et de joaillerie, et fournisseur des principales Maisons de la rue de la Paix. Remarqué par La France Horlogère, celle-ci l’incorpore, en 1920, dans son Conseil de rédacteurs spéciaux avec la mention «Hatot Industriel et Artiste Bijoutier».

D’esprit curieux et visionnaire, Léon Hatot s’intéresse très tôt aux perspectives ouvertes à l’horlogerie par l’énergie électrique et décide en 1920 de fonder une filiale spécialisée dans la recherche et de développement des montres et pendules électriques à piles. L’ensemble de ses entreprises, de Paris comme de Besançon, sont la même année regroupées sous une raison sociale identique: Société des Etablissements Léon Hatot. Pour l’assister dans ses recherches sur le développement de l’horlogerie électrique, il s’assure en 1923 la collaboration de Marius Lavet, ingénieur des Arts et Métiers et de l’Ecole Supérieure d’Electricité, passionné comme lui par les applications de l’électricité à l’horlogerie.

Commercialisées sous la marque « ATO » depuis 1923, les pendules électriques sont produites à Besançon dans une usine partiellement reconstruite au 13 de la rue de la Rotonde. Elles connaissent un succès sans précédent dès leur apparition sur le marché. A l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925, Léon Hatot remporte un Grand Prix avec une gamme complète de pendules électriques, habillées de marbre ou de métal chromé, logées dans des cabinets en marqueterie de bois précieux et même pour certaines dans des cadres de verre moulé, créés dans les ateliers de Lalique . Léon Hatot est décoré de la Légion d’Honneur, nommé juge au tribunal de commerce de la Seine et conseiller du commerce extérieur.

En 1929, Léon Hatot réalise une invention significative avec la montre « Rolls » à remontage automatique. Ce dispositif, dans lequel le mouvement se remonte au moindre mouvement du bras en coulissant à l’intérieur du boîtier, guidé par des billes entre deux glissières (Brevet principal No. 704.910 du 11 janvier 1930, 1ère addition No. 38.984, 2ème addition No. 39.523, complétées le 30 novembre 1931 par une 3ème addition No. 39.581), est décrit en janvier 1932 par son ami Marius Lavet dans le Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale. Ce mécanisme présente l’avantage de fonctionner avec un minimum de frottements et de pouvoir être exécuté pour des mouvements de dimensions extrêmement réduites, parfaitement adaptés aux montres rectangulaires qui étaient à la mode à cette époque, les montres de femmes en particulier. Par un contrat du 23 septembre 1930, la Société Hatot concède à Monsieur Blancpain le monopole exclusif de la fabrication des montres « ROLLS » à remontage automatique, ainsi que de leur diffusion pour la France et la Belgique. Cependant, cette invention, couronnée par une Médaille d’Honneur de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, n’a pas connu le succès qu’elle méritait, son exploitation commerciale ayant été entravée par les séquelles de la crise mondiale de 1929.

Pendant ce temps, Léon Hatot n’abandonne pas son atelier parisien de joaillerie et de montage de montres de haute joaillerie, dont il confie la direction en 1926 à Edouard Dietsch, qui vient d’épouser sa fille.

L’atelier connaît alors un nouvel essor, ce qui permet avec la vente des pendules ATO de financer les recherches ruineuses sur l’horlogerie électrique qu’il poursuit avec son ami Marius Lavet, recherches néanmoins couronnées de succès par une invention spectaculaire: la pendule électrique « ATO-RADIOLA » à remise à l’heure automatique par les ondes radio. Décrite pour la première fois en mai 1928 dans le bulletin No. 2 de Radiola, organe de la Société Française Radioélectrique, la remise à l’heure était télécommandée dans un rayon de 250 kilomètres par un signal radio régulièrement diffusé par la Tour Eifel ou par le poste Radio-Paris au cours de l’un de ses concerts. Il suffisait alors que le possesseur d’une telle pendule soit à l’écoute de ces concerts au moins une fois par semaine pour qu’elle soit continuellement à l’heure exacte. Il est intéressant de remarquer que ce dispositif de mise à l’heure des montres et des pendules a été « réinventé » et lancé à grand renfort de publicité par Junghans à la fin des années 1980. L’innovation la plus notoire de ce dernier procédé réside dans la portée de l’émetteur, relié à l’Observatoire de Brunswick, qui diffuse son signal dans un rayon de près de deux mille kilomètres.

En 1928, la Maison Hatot est expropriée de l’immeuble du 23 de la rue de la Michodière promis à la démolition. Les différents services de la société sont transférés dans de luxueux locaux situés 12 Faubourg Saint Honoré, qui ne tardent pas à être fréquentés par une clientèle particulière riche et exigeante, attirée par les montres de haut de gamme et la haute joaillerie dont Edouard Dietsch avait fait sa spécialité. La prospérité de la maison, cependant, est de courte durée. Comme toutes les industries de luxe, elle est frappée de plein fouet par la crise économique résultant du krach boursier américain de 1929.

En étendant ses activités à l’exportation vers l’Italie, la Belgique et l’Allemagne, où il conclut des accords avec les sociétés Haller & Benzing et HAU (reprises ensuite par Junghans)  pour la fabrication et la diffusion des pendules ATO, Léon Hatot non seulement réussit à sauver son entreprise, mais parvient même à la développer.

Ne pouvant par ailleurs se résoudre à quitter complètement sa Franche-Comté, Léon Hatot conserve à Besançon un petit atelier de montage. Ses grandes qualités artistiques le firent désigner à différentes reprises pour l’exécution de pièces spéciales. C’est ainsi que tout au début de sa carrière, il eut à concevoir et à réaliser de ses propres mains, pour le compte de la Ville de Besançon, une très belle montre savonnette qui fut offerte au Président de la République Armand Fallières, lors d’une de ses visites dans le Doubs. Plus tard, il créa et modela la coupe chronométrique en cristal attribuée chaque année aux fabricants d’Horlogerie ayant obtenu les meilleurs résultats aux Concours de Chronométrie. Il fut également membre fondateur de la Société chronométrique de France.

A l’Exposition Coloniale de 1931, Léon Hatot présente des pendules électriques de dimensions réduites qui furent à l’origine de toute une nouvelle génération de pendules décoratives. Il crée en particulier un nouveau modèle, de conception et de présentation révolutionnaires, en supprimant les habillages traditionnels, le mouvement devenant par lui-même le seul élément décoratif . Il ouvre ainsi la voie à une nouvelle mode entraînant à sa suite la plupart des fabricants qui adoptent cette esthétique d’avant garde, mêlant le verre au métal chromé et s’accordant parfaitement avec le mobilier de l’époque. Son esprit fertile l’amène à lancer sur le marché bien d’autres créations originales telles que l’Aquatora dont l’heure est indiquée sur la circonférence d’un aquarium lumineux et la Maplux, marquant l’heure d’un point quelconque du monde sur la ligne d’équateur d’un globe terrestre.

Parallèlement à sa production de pendules électriques, Léon Hatot ouvre en 1933 un nouveau département de distribution de l’heure au moyen d’horloges mères contrôlant plusieurs horloges réceptrices, ce qui le conduit à reprendre la Maison Paul Garnier fondée en 1825 et spécialisée dans la distribution de l’heure dans les gares et sur les édifices publics. Le transfert de l’usine de Besançon est alors décidé et les différents services de la Société sont regroupés dans les locaux de la Maison Paul Garnier, au 9 rue Beudan, à Paris 17ème. En 1939, dès le début de la seconde guerre mondiale, la Société Hatot est réquisitionnée pour la fabrication de conservateurs de cap Sperry et autres instruments pour l’aviation  , ainsi que de différents appareils de mesure et de navigation pour la Marine Nationale. La défaite de 1940 met fin à ces activités, Léon Hatot se refusant à toute collaboration avec l’Allemagne.

Il est bien regrettable qu’il n’ait pas pu voir la révolution technique subie par l’horlogerie à la suite de l’application du transistor à cette industrie, car quelques jours avant sa mort, il eut connaissance des premiers prototypes fonctionnant dans ses laboratoires sans aucun contact électrique, et il en pressentit le succès. La vie entière de Léon Hatot fut consacrée à la recherche du mieux dans tout ce qu’il entreprenait, et son extraordinaire activité, sa volonté farouche, son esprit inventif toujours en éveil, ont permis à son entreprise de prospérer et, malgré sa modeste importance, d’imposer ses systèmes aux plus grandes sociétés horlogères du monde entier.

La Société Hatot a donc été parmi les toutes premières à doter ses instruments de perfectionnements importants rendus possibles par l’application des transistors à l’horlogerie . Ses premiers brevets sont déposés le 16 septembre 1953. La Société Hatot ne disposant pas de capitaux suffisants pour exploiter ses nombreux brevets sur le plan mondial, du se résoudre à céder des licences d’exploitation aux principaux producteurs d’horlogerie des pays industrialisés, si bien qu’il existe de par le monde des millions de mouvements de montres et de pendules signés L. Leroy & Cie., Ebauches S.A., Junghans , Westclox, Smith & Son, Bulova, JAZ  et General Time, portant la mention « Lic. ATO ». Il en est également ainsi des Chronostats I, II et III, chronomètres de marine électroniques qui furent livrés à la Marine Nationale, l’Ecole Normale Supérieure, la Compagnie Générale Transatlantique et l’Institut de Physique du Globe par la Société L. Leroy & Cie. Le Chronostat III en particulier fut utilisé pour les Missions Polaires et équipa les bâtiments de la Marine Nationale les plus prestigieux tels que les porte-avions « Clémenceau » et « Foch », le porte-hélicoptères « Jeanne d’Arc » et différents sous-marins du type « Daphné ». Enfin, par décision du Secrétaire Général de la Marine Marchande en date du 31 juillet 1959, le Chronostat III fut agréé sans restriction et pu être embarqué sur les paquebots et les navires de la Marine Marchande, le prestigieux paquebot « France », mais également les nombreux pétroliers et porte-conteneurs de la Cie Shell et le splendide « Sovereign of the Sea ».

Léon Hatot est mort le 11 septembre 1953 à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie, après une vie débordante d’activités, tant sur le plan artistique où il se distingua dans le domaine de l’horlogerie comme l’un des Maîtres de la période Art-Déco, que scientifique où son esprit créatif et visionnaire a donné naissance à de nombreuses inventions annonçant les développements de l’horlogerie du troisième quart du XXème siècle.

En 1967, c’est la branche d’horlogerie électrique de la Maison Lepaute qui est acquise et exploitée en complément des productions ATO. Un nouveau type d’horloges à lecture directe à chiffres 7 segments est conçu en 1978 et immédiatement adopté par la SNCF. Ces horloges remportent un très vif succès et sont très rapidement copiées à une très grande échelle. Bien que la Société Hatot s’adapte rapidement aux nouvelles techniques nées de l’électronique et de l’utilisation de minuscules cristaux de quartz comme étalon de fréquence, les frais de recherche et de mise au point deviennent trop importants pour être amortis sur des fabrications de séries moyennes. La concurrence des pays du Sud Est Asiatique contraint la Société Hatot à abandonner sa branche industrielle pour ne conserver que la vente des montres de qualité et la production de pendules d’appartement à pile ou sur secteur qui furent encore exploitées quelques temps sous les marques « ATO-LEPAUTE » et « ATO – PAUL GARNIER ».

L’ensemble du stock de montres et de joaillerie, conservé intact dans un coffre de banque depuis la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale, fut dispersé aux enchères publiques par Christie’s à Genève le 1er mai 1989. Les précieuses archives de la Maison Hatot et en particulier près de 5.000 magnifiques dessins gouachés de montres et de superbes pièces de haute joaillerie, contribution inestimable de Léon Hatot à l’épanouissement du style Art-Déco de la grande période 1910-1930, sont aujourd’hui la propriété de la nouvelle société Léon Hatot, membre du Groupe Swatch .

Calibre U 1955 à 1967

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En 1949  JAZ décide de remplacer le calibre D par un mouvement plus robuste , plus précis , bref un meilleur calibre. C’est ainsi qu’est né le calibre U, testé dans un premier temps à l’étranger dès 1953  puis en France à partir de  1955 . Le calibre U dote les gros réveils Jaz de 1953/55 à 1967 , pour être finalement remplacé par le calibre PA .OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ses principales particularités sont les suivantes:

  • Un balancier plus léger (moins d’usure) et plus gros (moins fragile)

  • Ébats du balancier réglable

  • Changements des barillets permettant de diminuer les risques de casse des ressorts

  • Les différentes pièces en acier qui assurent le déclenchement de la sonnerie ne nécessitent plus de réglage après remontage.

Ajourage des rouescache-raquette-calibre-uAjout d’un cache-raquette en plastique que l’on peut tourner avec une pièce de monnaie pour faciliter les retouches du réglage avance /retard et empêche la poussière d’entrer . La cloche et le cache-poussière forment un tout assemblé par un œillet central .

             Les Variantes du calibre U

1 U : mouvement standard souvent nommé simplement calibre U                                                                                                                                                                          2 U: mouvement à tic tac discret ex: DONIC DORMIC                                                                                                                                                                                        3 U: sonnerie à répétition ex: TRUPLIC ,TRIPLIC                                                                                                                                                                                                                                                  4 U: mouvement à trotteuse centrale  BRIDIC STADIC TRINCIC.                                                                                                                                                                         6 U: sonnerie sur clochette arrêt de sonnerie à l’arrière RECLIC LUPIC CAVIC .                                                                                                                                                                           7 U: sonnerie bi-sonic , feutrée unique exemple le VOISIC.                                                                                                                                                                          8 U: sonnerie sur clochette +trotteuse centrale CLERIC .                                                                                                                                                                               9 U: mouvement pour réveil animé  ex : LEVRIC CENDRIC.                                                                                                                                                                         11 U: arrêt de sonnerie au dos ex :INTRIC TROUVIC .                                                                                                                                                                           12 U : comme 6U mais silencieux.                                                                                                                                                                        13 U:  pour réveil  à contacteur.                                                                                                                                                                                14 U: arrêt de sonnerie au dos + cloche et plaque porte-mvt sur platines GYNIC1957 .                                                                                                                                                                    15 U: mouvement à trotteuse centrale pour NITRIC                                                                                                                                                                               16 U: mouvement pour POLSIC GYNIC1959 GONIC1959 .                                                                                                                                                                            17 U: sonnerie à répétition ex RUZIC ORZIC .                                                                                                                                                                          18 U: cloche fixée sur platine  ex DUBIC .                                                                                                                                                                                                                                                                  20U : comme 18 à tic tac discret ex.BUDIC.                                                                                                                                                                          21 U: sonnerie Crescendo progressive + tic tac discret CHANTIC SLAVIC.                                                                                                                                                                              41U: standard + sonnerie sur cloche arrière avec arrêt au sommet FUNIC .                                                                                                                                                                  44U: trotteuse centrale BRIMIC  .                                                                                                                                                                             56 U: mouvement à pignons taillés GYNIC1965  GONIC1965.                                                                                                                                                                              57 U: à répétition de sonnerie RUZIC1965 .                                                                                                                                                                              61 U:sonnerie « Crescendo » et tic-tac discret  CHANTIC1965 .                                                                                                                                                                               68 U : NIPIC1966                                                                                                                                                                                                                                                  69 U  : VITIC qui était d’abord doté du 29 UJazette 36 Juin 1955 page 1Jazette 36 Juin 1955 page 2Jazette 36 Juin 1955 page 3Jazette 36 Juin 1955 page 4Jazette 36 Juin 1955 page 5Jazette n° 36 de JUIN 1955 entièrement consacrée au calibre U calibre 16 uCalibre 16U d’un POLSIC , daté en creux 7/64 pour Juillet 1964

CYCLIC 1957 à 1961

CYCLIC , petit réveil ,  gamme Jaz de Luxe , mouvement mécanique , calibre AB , 7 pierres , échappement à ancre , à sonnerie limitable . Nouveauté du catalogue 1957 à la page 3 . Boîtier et socle en laiton façon or , quatre chiffres cardinaux et huit points d’heures en métal et en relief sur zone argent grainée , vitre plate biseautée et sertie , aiguilles dauphines dorées , aiguilles et points lumineux . Diamètre 7,5 cm , poids 250 gr . Le CYCLIC n’est plus au catalogue 1961/62 .

 Deux versions se succèdent qui ne varient que par la couleur du cadran  : d’abord cadran noir référencé 727-11 puis cadran argenté , référencé 727-21  

cyclic-dos