Geoffrey Bowman Jenkins et Bernard A. Smart s’associent en 1926 pour créer la société Bowman Models de Dereham, comté de Norfolk en Angleterre , qui fabrique des jouets , particulièrement des locomotives . Bowman Jenkins est un homme étonnant et inventif qui avait commencé par vendre des jouets en bois à partir de 1917 , puis commercialise le rasoir de sécurité Domex en 1931 et présente sa célèbre brosse à dents à moteur à eau Kavor en 1932 . Avec sa femme Edith , ils fondent la fameuse société de meubles Jentique qui pour contribuer à l’effort de guerre , se convertira pendant le conflit en fabricant de bombes . Dans les années 1950 avec son fils Max, il retourne aux jouets en bois avec la gamme recherchée des collectionneurs , les yachts Bowman Racing
En 1936 Bowman Jenkins s’était séparé de son associé B. A. Smart qui fonde en 1947 dans la même ville de Dereham une usine d’horlogerie domestique sous le nom «Metamec» , dérivé de «métallurgie et mécanique». Le parcours de Bernard Arthur Smart ( 1891 +1979 ) n’est pas moins atypique que celui de son ex-associé . Effectivement il commence dans l’entreprise de ses parents en 1911 , qui produit des chapeaux de paille . En 1916, à l’âge de 24 ans, il se qualifie pour devenir pilote du Royal Naval Air Service , devient un As de l’air effectuant une des premières attaques aériennes depuis un porte-avions de l’Histoire , abattant des Zeppelins et sera médaillé de la DSO par le Roi Georges V. Après la guerre, en 1919, il prend sa retraite en tant que pilote et devient un homme d’affaires en s’alliant d’abord à Bowman Jenkins .
Usine Metamec à Dereham en 1954 , montage des calibres sur les boîtiers. Ouvrière , dans un atelier Metamec , collant des chiffres sur un cadran en 1954 grâce à un gabarit métallique . Sur la chaîne de production , en blanc , ce sont des horloges électriques surmontées d’une douille pour former une lampe de chevet asservie , un peu comme la LAMPIC de Jaz à la même date dont le mouvement était en revanche mécanique
Dès l’origine , l’essentiel de la production de METAMEC est constituée d’ horloges électriques sur secteur .
Derrière une METAMEC , il y a presque toujours un fil électrique qui pend .
La gamme comprenait tout de même quelques horloges mécaniques mais aucun carillon , ni montres , ni minuteurs .
Ces formes trapézoïdales en éventail sont un peu la signature de cette marque et ce sont celles qui se collectionnent visiblement le plus .
Horloges à quartz avec leur propre mouvement METAMEC Made in England
….mais METAMEC a beaucoup fait appel à Kienzle pour ses mouvements à piles
Même avec l’évolution des techniques , la société reste essentiellement axée sur l’horlogerie alimentée sur secteur ; en conséquence vous trouverez beaucoup de METAMEC proposées sur les sites marchands , toutefois les ventes sont bien rares pour les murales , effectivement qui souhaite voir courir un fil électrique le long de son mur ?
Toutes les horloges produites par Metamec ont été produites en grande série et l’usine a été agrandie avec l’achat de nouvelles machines pour leur permettre de créer leurs propres mouvements , afin de limiter les importations d’autres horlogers . Toutefois il était certainement plus rentable d’acheter des systèmes à dateur auprès de Jaz , plutôt que de concevoir et construire son propre calibre .
L’usine a augmenté de taille dans les années 1960/70 et employait environ 750 personnes, produisant 350 modèles d’horloge à un rythme de 25 000 horloges par semaine.
Metamec était alors le plus grand fabricant d’horloges au Royaume-Uni, se contentant de son marché intérieur et n’exportant quasiment qu’en Australie . Comme tous les horlogers européens , METAMEC a décliné à la fin des années 1980 en raison de la pénétration de l’industrie horlogère d’Extrême-Orient . Metamec a été mise sous séquestre en décembre 1984 et a été achetée en janvier 1985 par FKI de Halifax, West Yorkshire , qui a continué à utiliser le nom jusqu’en 1993 .
Quelques exemples de la production de l’usine METAMEC à Dereham .
Comme Bulova ou Metamec , la célèbre marque américaine Seth Thomas fait appel à Jaz pour ses calibres de murales à dateur , dotées de calibre FC ou calibre JK . Dans cet article nous montrons quelques horloges murales à dateur qui sont dotés de ces calibres, Seth Thomas ayant, de 1978 à 1985, fait appel exclusivement à la marque au jaseur boréal pour ce type d’horloges. Nous mettrons en évidence quelques points communs entre les deux marques concernant les dénominations et feront un petit résumé de l’histoire de cette marque américaine que vous ne connaissez probablement peu, même si nous avons tous en mémoire une de ses horloges publiques, celle de Grand Station Terminal à New York : une des plus célèbres au monde et officiellement une des plus chères.
L’HORLOGE DE GRAND STATION TERMINAL ( NEW -YORK)
Big Ben dans Peter Pan
Vous fréquentez probablement notre rubrique Jaz à l’Écran qui progressivement inventorie les apparitions des Jaz au cinéma et à la télévision; Jaz ne produisant que de l’horlogerie domestique, il ne s’agit forcément que de vues d’intérieurs et ne saurait donc rivaliser avec les horloges publiques comme Big Ben, symbole de la ville de Londres, qui par métonymie donnait populairement son nom à la tour qui l’abrite; Nous employons à dessein l’imparfait puisque la tour a été officiellement rebaptisée, à l’occasion du jubilé de diamant d’Élisabeth II en 2012, en Tour Elisabeth qui restera pour le monde entier Big Ben – Clock Tower sa précédente dénomination officielle n’avait guère plus de succès – bien qu’étonnement la visite intérieure soit depuis toujours exclusivement réservée aux habitants de Grande Bretagne. Elle pointe donc sa silhouette dans des centaines de films et souvent sa sonnerie, universellement connue, retentit.
GRAND STATION TERMINAL NEW YORK
Sa seule vraie concurrente est l’horloge de Grand Station Terminal à New York qui est bien plus que la gare mythique de New York. Par son histoire, par ses dimensions, par les œuvres qu’elle abrite et par les espaces commerciaux qui s’y sont installés, elle est tout simplement considérée comme la plus grande gare du monde ( devant la Gare du Nord cocorico!! , puis Tokyo, Berlin, Nagoya, etc ). Concurrencée par l’avion, délabré et « squatté » par des « dealers », Grand Central faillit disparaître dans les années 1970; c’est le soutien de l’ancienne Première dame Jacqueline Kennedy-Onassis qui lui permet toutefois d’échapper à la destruction et d’être rénovée puis reconvertie en gare desservant les banlieues.
les constellations du plafond
Durant les années 1990, la gare a été entièrement rénovée, travaux qui ont permis l’étonnante redécouverte du plafond du hall principal, orné d’un ciel étoilé parsemé de constellations, œuvre du peintre français Paul-César Helleu, qui était caché sous une couche de saleté et de suie.
Cette horloge à quatre faces de 1913, est le joyau de Grand Central, le symbole du hall principal, l’emblématique point de rendez-vous des new-yorkais : meet me under the clock (rendez-vous sous l’horloge). Dans ce kiosque, on répond à plus de mille questions par jour. L’horloge, comme toutes les autres de la gare, est réglée sur l’horloge atomique de l’observatoire naval des États-Unis à Bethesda dans le Maryland. Elle est précise à une seconde près par 20 milliards d’années. Cette célèbre horloge en opale située au-dessus du kiosque d’information a été estimée à 20 millions de dollars puisqu’aux USA on valorise, même ce qui inestimable et pas disponible à la vente, par un prix qui d’ailleurs varie, du simple au double, suivant les livres et les guides locaux, en raison des rares grandes plaques d’opale qui n’arborent pas l’estampille de son créateur Seth Thomas. Sauf qu’il s’agit d’une légende urbaine, encore répandue par Wikipédia : il s’agit plus prosaïquement de plaques de verre opalescent ou opalines, d’où la confusion probablement volontaire. Le corps en laiton a été conçu par Henry Edward Bedford, sculpteur, peintre et dirigeant de la Self Winding Clock Company qui a construit l’horloge avec l’aide de la Seth Thomas Clock Company, qui s’est chargé des mouvements. Triste ironie du sort Bedford est subitement mort le 29 octobre 1932 lors d’un trajet en train du Maine à New York.
Elle apparaît dans au moins dix huit films importants et des centaines de téléfilms, des dessins animés et même de nos jours dans des jeux vidéos dont voici les principaux : en 1959 le personnage de Cary Grant s’enfuit de New York en y prenant un train de nuit dans le film La Mort aux trousses , apparait dans la version 1978 de Superman . En 1981 la gare sert de repère au « duc de New York » dans le film New York 1997. Vous vous souvenez tous que les personnages joués par Robert De Niro et Meryl Streep s’y croisent et s’y retrouvent à plusieurs reprises dans le film Falling in Love . En 1998 la gare et l’horloge sont détruites dans le film Armageddon. En 2005 ce sont les animaux du film d’animation Madagascar qui essayent d’y prendre un train. En 2012 des combats ont lieu devant la gare et dans son grand hall dans le film Avengers. En 2017 des coïncidences étranges conduisent un personnage tous les jours au hall de la gare de Grand Central dans le film 2:22 de Paul Currie. multipliant les apparitions de l’horloge en 2018 le personnage Michael « Mike » MacCauley, joué par Liam Neeson, traverse le grand hall de la gare dans le film The Passenger( ou the Commuter) .
SETH THOMAS 1785 +1859
Seth Thomas a fondé la marque éponyme qui allait devenir l’une des plus grandes marques d’horlogerie de l’histoire des États-Unis, il était pourtant à l’origine charpentier de métier, simple apprenti auprès d’un maître maçon. Après être devenu lui-même un menuisier qualifié, il se passionne pour l’horlogerie. Puis a commencé à travailler pour le géant de l’horlogerie du Connecticut Eli Terry Senior qui a introduit la production de masse dans le monde de l’horlogerie et a été le premier Américain de l’histoire à fabriquer des pièces interchangeables dans son usine. Seth Thomas a commencé à produire des horloges en 1813, bien modestement avec vingt ouvriers, mais plus d’un siècle avant Jaz. En 1842, Thomas passa aux mouvements en laiton de plus en plus usités pour ses propres horloges. Sa gestion des affaires lui a permis de rester viable dans le monde en constante évolution de l’horlogerie industrielle. En effet : une croissance prudente, une planification minutieuse, un excellent savoir-faire et un volume/distribution importants ont maintenu la stabilité financière de l’entreprise de Thomas tout au long de sa carrière et au-delà. En 1853, il créé la Seth Thomas Clock Company, afin que ses fils puissent prendre la relève après sa mort, qui survient seulement six ans plus tard en 1859. Son fils Aaron, a repris le flambeau et a commencé à ajouter de nouveaux styles d’horloge aux catalogues. Cela incluait le calendrier perpétuel poussé par ressort, des horloges de parquet, des murales ou pendules à poser. Une diversification accrue qui a solidifié la Seth Thomas Clock Company en tant que marque, tour de force, faisant de Seth Thomas la marque d’horloges la plus durable de l’histoire américaine avec 165 ans d’existence. En 1968, General Time Corporation, composée des marques Westclox et Seth Thomas et de l’exploitation Westclox au Canada, a été acquise de Talley Industries. La société a cessé ses activités le 16 janvier 2009 et a été mise sous séquestre, mais a repris ses activités le 4 mai 2009, sous la férule de CST Enterprises . Aucune fabrication n’est en cours, mais de nos jours une gamme complète d’horloges Seth Thomas est tout de même disponible, fabriquée par un autre constructeur d’horloges pour CST sous la marque Seth Thomas.
THOMASON la ville qui porte le nom de Seth THOMAS
horloge publique Seth Thomas à Thomaston
Seth Thomas va bénéficier d’un privilège que seul un pays neuf comme les Etats Unis peut offrir à un homme et une marque, donner son nom à une ville, celle où il implante son usine THOMASTON ( Connecticut). Egalement dans le Connecticut, le village de Terryville, porte le nom de l’horloger Eli Terry Junior, fils du premier associé de Seth Thomas.
PUTEAUX
SAVERNES
Il était totalement inenvisageable, ne serait ce qu’en raison de l’ancienneté de leurs toponymies, que les villes de Puteaux ou même Wintzenheim ne deviennent Jazville; En revanche Jaz a bénéficié, post-mortem, à Puteaux/La Défense d’une voie de l’horlogerie par allusion à la présence de son usine historique , alors que La Vedette a été plus gâté à Savernes se voyant octroyé le long de ses bâtiments une rue de La Vedette. Le cas de Blangy est totalement différent puisque cette marque a pris le nom de la ville où elle était implanté, à savoir Saint-Laurent-Blangy.
LES DÉNOMINATIONS chez SETH THOMAS
Le dépouillement de plus de cent ans de catalogues Seth Thomas, tâche fastidieuse mais instructive, démontre une certaine similarité dans les productions avec Jaz, à périodes égales, qui n’est pas pour étonner. En revanche ce fut une surprise que de constater que tous les modèles ont droit à une dénomination spécifique à partir de 1910 avec, par exemple : les CHATAM, RIO, WORLD et OCTAGON, et en conserveront au moins jusqu’en 1990, soit après Jaz qui cesse étrangement de donner des noms à ses productions de 1984. On se demande encore quel technocrate a eu l’idée farfelue de supprimer les dénominations qui ne coûtaient rien et apportaient une personnalité aux réveils et pendules Jaz.
catalogue 1910
catalogue 1935
catalogue 1962
catalogue 1962
catalogue 1976
catalogue 1990
Les marques d’horlogerie qui donnèrent des noms à toutes leur productions sont rares ; LA VEDETTE ne nommait pas ses réveils, exceptés les murales de sa sous marque Flash nommées : FANNY , FLORENCE , MONIQUE , FABIOLA , etc. Pour SMI, ou Société Méridionale d’Industrie, ce n’est qu’après sa mise sous férule par Jaz, dans les années 60, que certains modèles prennent des noms comme RONDIM , TRARIM , CARIM qui reprennent le principe appliqué par Jaz depuis les années folles sur ses propres produits : un nom en deux syllabes se terminant par -IC mais adapté pour la circonstance en -IM suffixe de son ancien associé marseillais ; néanmoins ce n’est pas systématique puisqu’on trouve des OVAL , MINTER , SOCLER ; La petite production horlogère de BLANGY affiche quelques noms : GOLF , PERFECT , MAJESTIC , etc. Pour FFR de la famille Romanet à Morbier ce ne sont que des références , exceptée une horloge pourtant bien banale la MARCHÉ COMMUN de 1963. Il semble que ce soit BAYARD ( alors Duverdrey & Bloquel ) qui initie le mouvement en nommant en fonction de leur taille ses réveils ronds FOURMI , MOUCHERON , MOUCHE et COLIBRI dès 1889, mais cesse assez rapidement de le faire . Le catalogue BAYARD 1930 voit le retour timide de quelques dénominations comme TAPAGEUR , SONNFOR , LION , NIC , BAYARD-BLOC et BAYARD -BAYARD d’ailleurs affichées au cadran mais qui s’avèrent être plutôt des catégories, comme Jaz inscrivait la catégorie DISCRETO sur les cadrans. C’est particulièrement clair pour les BAYARD VIKING qui revêtent des aspects très disparates. S’agissant de JAPY tous les collectionneurs ont croisé des ZIG , ZON et VAINQUEUR du début du XX° siècle dont le nom est porté soit au cadran soit au dos. Après la reprise par JAZ apparaissent les noms BABY , CADET, FAUVETTE et ALOUETTE sur quelques cadrans de JAPY, mais là encore il s’agit de catégories qui recouvrent des réveils parfois très différents. Aucune dénomination chez UTI , LANCEL , DEP , HOUR LAVIGNE ou ODO ; Pour CARTIER pas de noms pour les réveils de production de série qui affichent leurs gammes : TRINITY , MUST , PASHA ,TANK communes aux briquets ou bijoux . Exceptions faites de modèles de haute horlogerie comme le Flamboyant ou Panthère des glaces , même la plupart des fabuleuses mystérieuses sont anonymes. Seth Thomas avait une autre particularité intéressante consistant à indiquer systématiquement son nom au dos du réveil, qu’il soit gravé en creux ou porté sur une simple étiquette. On déplore que Jaz n’ait pas repris cette heureuse initiative mais ce site aurait perdu une partie de son utilité.
VEGA par rSeth Thomas modèle de prestige 8 jours 15 jewels
la dénomination VEGA se retrouve au dos
Même pour la période moderne Seth Thomas indique le nom au dos
Mod-Cube par Seth Thomas
DOUBLET par Seth Thomas
cadran du réveil horizontal
Le nom est porté sur le dos du calibre pour le DOUBLET qui est doté d’une position très originale du cadran du réveil qui est horizontal
Le modèle Cathay arbore , lui aussi , son nom au dos ; il est inspiré , comme souvent chez Jaz , par son style puisque sa bélière est de style chinois étant connu que Cathay Cathay ou Catai ( 契丹 ) est l’ancien nom donné, en Asie centrale et en Europe, au Nord de la Chine
Enseigne de la première boutique de John Bull ( taureau en anglais )
John Bull & Co. est considéré comme une institution dans le comté du Bedfordshire et compte parmi les bijoutiers indépendants les plus anciens du pays. Cet horloger a une histoire qui remonte à plus de 200 ans . L’entreprise a été créée en 1817, deux ans après la bataille de Waterloo, et continue d’être à ce jour un symbole d’excellence et le symbole du commerce de détail traditionnel britannique .
La pendule « Bull »et son taureau doré toujours suspendus au-dessus du magasin d’origine , au 49 High Street , est un repère sur la rue principale de Bedford .
En 1825, un petit homme trapu nommé John Bull (1802-1870), fils de boucher , fonda une petite entreprise de bijoutier-orfèvre à Bedford , après avoir effectué un apprentissage à partir de 1817. Il déménagea plus tard au 49 High Street , Bedford, dans des locaux qui étaient auparavant des boucheries , justifiant triplement le choix de cette enseigne bovine . Les inscriptions au répertoire commercial des années suivantes indiquent que son entreprise a également adopté la fabrication d’armes à feu, la fabrication de montres et d’horloges et la vente d’instruments optiques , comme de nombreux horlogers français John Bull a épousé Miss Priestman qui lui a donné quatre fils et deux filles. John était un humanitaire, comme il ressort de sa réaction lorsque deux cambrioleurs ont été pris en flagrant délit dans son magasin. Le cambriolage étant alors une infraction capitale, les deux hommes ont été condamnés à mort . Mais John a plaidé pour l’indulgence et leur peine a été commuée en emprisonnement prolongé en Australie. Des années plus tard, John a reçu une lettre de l’un des hommes, qui s’était depuis réhabilité et voulait le remercier pour son aide pendant le procès.
John Bull a finalement déménagé dans la maison familiale de Kimbolton Road. On pouvait le voir tous les matins, conduisant son cabriolet à poney en direction de High Street jusqu’à son magasin.
Tombeaux de John BULL et de sa famille À sa mort en 1870, ses deux fils, Richard et Thomas, ont repris l’affaire. Ils ont décidé de démolir les lieux, maintenant délabrés, envahis de rats depuis les salons jusqu’au sous-sol . A sa place, ils ont érigé le bâtiment actuel avec sa façade en brique , avec une grande horloge en saillie et le fameux taureau doré , faisant jeu de mots avec leur nom de famille, qui est de ce fait l’un des monuments les plus connus de Bedford . En outre, il y avait un poteau vertical en retrait derrière l’horloge , qui portait une bille dorée qui pouvait monter et descendre, mais était normalement placée près du sommet . À dix heures du matin , la bille tombait et frappait une grosse cloche . C’était le signal que les gens du haut de la rue devaient régler leurs montres de poche , puisque l’appareil était déclenché par un signal électrique venant directement du méridien de Greenwich.
Richard est également devenu maire de Bedford en 1870 et a fait don à la ville de la chaîne d’or protocolaire que porte encore l’actuel maire . Après la mort subite de Richards en 1880 , son frère Thomas devint le seul propriétaire et habita au-dessus du magasin . C’est lui qui a financé l’installation des cloches du carillon de la mairie qui jouait des airs toutes les heures .
Il y a une anecdote amusante à propos du fait qu’un soir Thomas a été réveillé par un bruit dans son arrière cour . Dans la faible lumière , il vit une silhouette qui essayait apparemment d’entrer par la porte latérale . Levant la fenêtre, Thomas cria à l’intrus de s’en aller ou sinon de se faire tirer dessus . L’homme n’a pas tenté de partir et ne semblait pas avoir entendu , alors Thomas a tiré sur le mur opposé. Cela semblait avoir un effet finalement , car l’homme avait disparu . Le lendemain matin, un collier portant le nom de la personne responsable a été découvert dans la cour . À la grande joie des nombreux commerçants de High Street, on s’aperçut vite que l’un d’entre eux était tellement saoul la nuit précédente qu’il était incapable de reconnaître sa propre maison.
Thomas Bull prend sa retraite en 1899. En 1904 , son gendre W.E. ISON a pris le contrôle de l’entreprise , achète le magasin d’à côté et agrandit les locaux pour les inclure aux n° 47 et 49 de High Street.
Au cours de la Première Guerre Mondiale, la société devint un contractant du gouvernement britannique en tant que fabricant de tendeurs pour resserrer les câbles des premiers biplans . Environ 100 personnes, principalement des filles et des soldats démobilisés, étaient employées dans les différents étages supérieurs des locaux agrandis .
Leur personnel était largement reconnu pour son expertise. Après 1918, l’entreprise comptait trois orfèvres et trois horlogers , en plus du personnel de l’atelier . Parmi les commandes mémorables figuraient une plaque de présentation gravée du célèbre dirigeable R101, qui s’était écrasé en France faisant 48 morts en 1930 et une broche en platine et diamant offerte à la reine mère par Bedforshire and Hertfordshire Regiment .
Dans le Bedforshire Times , du 29 Février 1926 et du 4 octobre 1929 , John Bull Co Ltd fit paraître des encarts publicitaires vantant les mérites des réveils Jaz .The Watch and Clock Maker du 15 mars 1933 ; Revue de la corporation des horlogers britanniques . Cette publicité , réservée aux professionnels , donne une idée de la célébrité de John Bull dont il n’est nul besoin de faire la présentation . Il aurait donc participer à la conception de ce modèle , nommé ANGLIC pour des raisons évidentes d’origine . Dans ces mêmes années 1920 , il y avait encore des superstitieux qui venaient à la boutique avec un petit flacon et demandaient de l’eau d’or , l’eau dans laquelle l’or était lavé . Certaines personnes pensaient qu’il avait des propriétés magiques , un prolongement de la croyance médiévale en l’alchimie .
Finalement, lorsque les ouvriers se sont retirés ou sont morts , les travaux de réparation ont commencé à être envoyé hors du magasin. Les types de montres ont évolué au fil du temps, des traditionnelles aux modèles à remontage automatique puis aux montres à quartz et aux numériques comme partout dans le monde . Les 49 locaux de High Street ont été vendus aux enchères le 19 février 1964 et en septembre de la même année , ils ont été transférés au 21 St Peters Street à Bedford, où se trouve donc toujours l’une des plus anciennes entreprises de Bedford , plus de 209 ans après son lancement .
Publicités parues dans la presse anglaise présentées sous forme de classement chronologique de 1924 à 1950 avec une parenthèse de dix ans , allant de 1939 à 1949 , correspondant à la période de la guerre où Jaz ne pouvait évidemment pas importer en Grande Bretagne . Elles émanent quasiment toutes d’horlogers détaillants , nous n’en avons trouvé dans cette période que trois qui auraient été publiées par la firme Jaz elle même puisqu’aucun horloger n’y est mentionné . Une constante , à beaucoup de ces publicités , est un petit chef d’orchestre juché sur un réveil qui dirige , de trois quarts , un orchestre imaginaire avec un réveil Jaz accroché à la ceinture . Ce sujet n’apparaît dans aucune publicité française . Comme cet étrange personnage n’est pas explicité dans les publications , il ne peut justifier sa présence que par une autre légitimité qu’il tire probablement des publicités au cinéma diffusés sur les écrans anglais . Effectivement Jaz doit son succès en France à des petits films d’animation , grâce au talent de Lortac . Pour certaines enseignes remarquables , nous avons édité des articles spécifiques auxquels vous avez accès en cliquant sur les liens . Consultez notre article sur les réveils humains anglais ou knockers .
1924 Oct 22 The Courier pour Reich 1925 Nov 25 Yorkshire Evening Post
1925 le 4 Décembre The Yorkshire Evening Post . Pas de mention d’horlogers détaillants , il s’agit donc d’une publicité de Gordon & Gotch l’agence de publicité en charge de Jaz en Grande Bretagne . Le texte est encore didactique car les réveils sont encore de nouveaux produits pour beaucoup : si vous actionnez l’alarme, elle doit sonner . Touchez le bouton elle s’arrêtera immédiatement . Comme en France la diffusion est assuré par les horlogers joailliers : chez les bijoutiers de détail de premier plan . 1925 Janvier West Sussex County Times pour le joaillier TRELFER 9 East Str HORSHAM , fondée en 1881 cette maison existe encore en 2019 ; Cet étrange fer à cheval , assez peu esthétique est propre à Trefler qui ne l’utilisera qu’une fois . La garantie apportée par le vendeur est de trois ans ! En France Jaz n’était pas aussi généreux .1929 Janv 26 The Falkirk Herald pour Morrison , Vicar Street à Falkirk qui n’assure que 12 mois de garantie 1925 sept 26 West Sussex County Times pour Trelfer 9 East Street Bedforshire Times , du 29 Février 1926 , publicité par John BULL Co ; 1926 Fev 5 Yorshire Evening Post , publication de la marque 1926 Février 12 The Yorkshire Evening Post , publication par Jaz directement 1926 Fev 27 The Falkir Herald page 10 pour Morrison 26 Vicar Street Falkirk 1926 samedi 9 Octobre The Falkirk Herald pour Wm. Morrison à Falkirk 1927 Fév. 3 The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream 1927 Fév. 17 The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream 1927 Janv.25 West Sussex County Times pour Trelfer 9 East Street à Morsham . Garantie de deux ans . 1927 Janv.20 The Berwick Advertiser pour John Cameron à Coldstream 1928 nov. 6 The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1929 Janv. The Falkirk Herald pour WM Morrison 1929 Nov .19 The Mid Sussex Times pour Butcher à Haywards Heath 1929 oct. 3 West Sussex County Times pour B.H Trelfer , 9 East Street Bedforshire Times , du 4 octobre 1929 par John Bull Co . 1931 The Devon & Exeter Gazette 20 Mars par l’horloger LISLES 1931 Western Times 13 Mars par l’horloger LISLES 1931 The Devon & Exeter Gazette 6 Mars par l’horloger LISLES en 1931 un groom remplace le mini chef d’orchestre pour BUTCHER 1932 Fév. 6 The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1932 Janv. 5 The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1932 Janvier The Mid Sussex Times pour BUTCHER 1932 Oct 18 The Mid-Sussex Times pour BUTCHER1932 Oct .20 The Mid -Sussex Times pour Butcher 1935 Mars 28 the Forfach Dispatch ? pourquoi Jaz parce qu’ils sont 1936 Oct 27 The Mid-Sussex Times pour Butcher 1936 Sept 2 The Glouceister Echo pour DIMRA avec deux MODIC , silencieux et standard , et un REPLIC . 1938 Oct. 11 pour Brechin Advertiser pour James Duncan 1939 avril 11 in The Brechin Advertiser pour James Duncan 1939 Fev. 24 The Western Gazette pour Sime & Son à Yeovil et Gillingham . Exit les chefs d’orchestre et les grooms , au profit d’une version moderne de la dormeuse , précédemment très employée dans les publicités Jaz . 1949 Sept. 27 The dundee Evening pour LATTO 1950 Janv. 23 The Gloucestershire Echo pour WAITES 349 High Street à Cheltenham
Immeuble Jaz au 6 Holborn Viaduct , London . Par miracle l’immeuble qui abritait le siège de Jaz Clock Co Ltd , dès les années 30 , a survécu à la furie architecturale tant décriée par le Prince Charles . à gauche surmonté d’un drapeau le Palais de Justice Central Criminal Court et à droite cet immeuble de verre abrite City Thameslink , gare ferroviaire souterraine située au centre de Londres . Elle a été construite pour remplacer la gare de Holborn Viaduct, qui a fermé en 1990 . Cette proximité constante près d’une gare a évidemment généré un fort chalandage juste devant le siège de Jaz .L’entrée de l’immeuble conserve une certaine élégance malgré les commerces récents .L’immeuble Jaz se trouve face à l’église St Sepulchre-without-Newgate .
à part la suppression des grandes cheminées l’immeuble n’a pas changéComme l’indique cette marque rouge , il est difficile d’occuper une place plus centrale à Londres . Nous savons qu’en 1982 Jaz comptait encore six filiales dans le Monde : en Suisse , Espagne , Italie , Belgique , Brésil et en Inde mais plus en Angleterre .
page 860 du catalogue Army and Navy Stores Ltd de 1935 , avec trois Jaz en bas de page MODIC , LOTIC et PORTIC . Les autres productions sont britanniques puisque Ferranti , malgré son nom italien , a produit des horloges synchrones de 1932 à 1957 uniquement à Manchester . Les Baby Ben sont une exception puisqu’ils sont d’ordinaire produits par Westclox aux USA à Lasalle en Illinois ; toutefois il est bien précisé que ceux ci sont issus de leur manufacture canadienne , à Peterborough en Ontario . Ce genre de pratique que l’on retrouve avec les usines de Jaz à l’étranger , permet de contourner des droits de douane exorbitants en fabriquant sur place sous licence , en l’occurrence dans un ancien dominion britannique .page 859 du catalogue Army and Navy Stores Ltd de 1935 avec un CUBIC , non nommé contrairement aux autres Jaz , en bas au centre dans son écrin chapelle . Il s’agit des variantes à peintures craquelées , proposées en France les années précédentes , dans les trois mêmes couleurs émaillées red , green or tan soit rouge , vert ou havane . Au moment où paraît ce catalogue à Londres , ces CUBIC ne sont plus disponibles à Paris . Les montres sont toutes des Moeris de F. Moeri à Saint-Imier en Suisse .( page 860 extrait agrandi et numériquement corrigé ) . Outre-Manche le choix de boîtiers pour le MODIC est plus important que sur le continent : nickelé , rouge , bleu , vert et rouge orangé ( tango) , ces deux dernières couleurs nous étant inconnues . Trois couleurs sont disponibles pour le LOTICwalnut , mahogany and dark red soit noyer , acajou et rouge foncé alors que seules les deux premières étaient disponibles en France , l’acajou étant défini chez nous comme thuya . Army & Navy Storesétait un groupe de grands magasins de l’Empire Britannique , né au XIXe siècle en tant que société coopérative d’officiers de l’armée , comme son nom l’indique . La société devient Army & Navy stores Ltd en 1934 juste avant la sortie du catalogue où apparaissent ces Jaz .
Mais comme le démontrent cette illustration de 1890 et cette photo du rayon jouets de 1920 , les produits vendus et la clientèle n’avaient plus rien de militaires depuis fort longtemps .Le magasin amiral se trouvait Victoria Street à Londres , dans des locaux appartenant au célèbre fabricant d’armes Vickers dont le nom apparaît sur la façade . Les succursales étaient très nombreuses en Angleterre mais aussi dans l’Empire Britannique , particulièrement aux Indes et même à l’étranger avec une première implantation à Paris dès 1875 .
Leur catalogue de plusieurs centaines de pages , est aussi célèbre que notre catalogue Manufrance , il fait même l’objet de rééditions pour les nostalgiques , chercheurs et collectionneurs .En 1973, le groupe des magasins Army and Navy Stores fut acquis par le non moins célèbre House of Fraser , déjà à la tête de 60 magasins en Grande Bretagne dont le fameux Harrods ; cette même année le bâtiment victorien commence à être remplacé par les architectes londoniens Elsom Pack & Roberts . Ces grands magasins seront repris en 1985 par le « beau père »de Lady Diana , le milliardaire d’origine égyptienne , Mohamed Al Fayed dans des conditions qui en feront un des plus grands scandales financiers de l’histoire du Royaume Uni On ne les confondra ni avec les très nombreuses boutiques de surplus militaires britanniques , ni avec les magasins canadiens arborant pourtant le même nom de Army and Navy Stores .
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