32.000 mètres record d’altitude par Jaz en 1956

record altitude Jazette 38 Juin 1957 page 4.jpgExtrait de la Jazette n°38 de Juin 1957. Aujourd’hui le laboratoire de l’Institut Polytechnique de Paris (IPP) à Palaiseau, évoqué dans l’article porte son nom.

 

Le Professeur Louis LEPRINCE-RINGUET, 1901+2000, qui réalise cette expérience avec un mécanisme Jaz, était plus qu’un célèbre physicien, il était une personnalité française majeure des années d’après-guerre et à vrai dire un homme absolument complet: physicien nucléaire, découvreur du méson K, membre de l’Académie Française, professeur au Collège de France, historien des sciences, essayiste à succès, peintre reconnu, tennisman de haut niveau, animateur d’une émission de télévision de vulgarisation scientifique de 1967 à 1969, directeur des Jeunesses Musicales de France. On cherche le domaine où il n’a pas excellé. Fumeur de pipe, il attribuait sa longévité exceptionnelle de 99 ans, à la consommation régulière de pommes. En traversant le siècle, il a embrassé toute l’épopée de la physique nucléaire et travaillé avec les grands précurseurs: Marie Curie, Paul Langevin, Louis et Maurice de Broglie.

 

Quelques ouvrages extraits de sa longue bibliographie comprenant autant d’ouvrages savants que de livres ou de collections de vulgarisation scientifique.ballon sondeDans ce graphique la courbe importante pour nous est celle des températures qui n’est pas linéaire contrairement à ce que l’on imagine d’ordinaire. Pour atteindre la hauteur record de 32 kms, aux deux tiers de la stratosphère, où elle remonte vers le zéro, elle passe par la tropopause et des zones à moins 50° Celsius, températures incompatibles avec le bon fonctionnement des mécanismes horlogers et photographiques, auxquelles le mécanisme Jaz a résisté.

 

Records concernent la profondeur ou l’altitude. Les années 50 voient le retour à la normale pour les recherches scientifiques, libérés des commandes militaires et les records s’accumulent. Le 16 février 1954, le Bathyscaphe conçu le professeur suisse Auguste Piccard (1884+1962) à droite sur la photo avec son casque en osier, modèle de Tryphon Tournesol, bat dans l’Atlantique le record de profondeur avec 4 050 m. Le 6 juin 1955 l’hélicoptère Alouette II bat le record du monde d’altitude en dépassant 8.209 mètres, il faut attendre 1972 pour que le même pilote atteigne 12.442 mètres avec un SA 315 Lama.aiguille-midi-4 Toujours lors de cette année 1955: un peu plus de deux mois plus tard, le 24 juin 1955 est inauguré le deuxième tronçon du téléphérique de l’Aiguille du Midi, le plus haut du monde à 3.777 mètres.BB_9004_PlaketteLa SNCF n’est pas en reste avec ses locomotives électriques qui battent CC 7121 avait atteint le record de 243 km/h sur le tronçon Dijon et Beaune. L’année suivante c’est presque 90 km de plus, avec 331 km/h au prix de la déformation des rails sur plusieurs centaines de mètres et la fonte des pantographes. Il faudra attendre 1981 et le TGV pour un nouveau record à 380 km/h.

 

Un tout petit moins glorieux, le , Lionel Durel bat, entre autres, le record de l’heure sur un Scoutex, cyclomoteur français fabriqué à Rouen, parcourant plus de 91 km. On ne se moquera pas outre mesure de l’aérodynamisme impressionnant de l’ensemble pilote et monture, mais au même moment le Néo-Zélandais Wright dépassait les 300 km/h sur une moto.

Jean SEHET DE POUZARGUES 1918+1945

sehet Jazette n° 8 Octobre 1945 page 4extrait Jazette n°8 d’Octobre 1945 , page 4 . On notera que Jaz fait abstraction de sa particule nobiliaire…    71etang-sur-arroux

Monument aux morts ÉTANG-SUR-ARROUX en Saône et Loire

Vous noterez que , dans la notice reproduite ci-dessous extraite du  Mémorial Gen Web Relevés de monuments aux morts , soldats et victimes civiles , français et étrangers , tués ou disparus par faits de guerre , morts en déportation , Morts pour la France ,  Jazlebontemps a contribué en complétant la fiche par la communication de  la photo reproduite dans la Jazette de 1945 et en donnant les informations sur sa carrière professionnelle chez Jaz comme représentant  .photo bp/bp-5506650.jpg

Denis RAQUIN CHENILLET . Cette photographie est sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0.
Identification
Nom : SEHET DE POUZARGUES Prénoms : Albert Jean
Informations militaires et Résistance
Conflit : 1939-1945
Grade, unité : Lieutenant – [Résistance] – Résistance – Unités – C.F.P. Corps Franc Pommiès
Constitué comme grande unité irrégulière de la Résistance et formé le 17 novembr … ‘Lire la suite…’ 
Complément : Demi-Brigade MILER – Bataillon BARTHE Autres informations militaires : Légion d’Honneur – Croix de guerre – Ancien élève de l’école de cavalerie de Saumur, en 1940 à Saumur avait pris part à la défense de la Loire et abattu 23 allemands à la grenade, sous-lieutenant du 2e Régiment de Dragons basé à Auch d’où il provenait après la dissolution de l’armée d’armistice, passé au maquis de l’O.R.A. – Inhumé avec ses compagnons de combat, le chef d’escadron Robert de Neuchèze, le sergent-chef Edmond-Pallarès, et 4 résistants russes (les frères Grégoire et Nicolas Stykow, Victor Swonow, un inconnu)

Naissance
Date : 18/08/1918
Département : 38 – Isère
Commune : Claix
Décès
Date : 09/09/1944  (26 ans)
Département : 71 – Saône-et-Loire
Commune : Laizy
Lieu, complément : Fontaine-la-Mère
Genre de mort : Tué à l’ennemi
Mention Mort pour la France : Oui, cote AC 21 P 154673
Jugement
Transcription
Inhumation
Département : 71 – Saône-et-Loire
Commune : Étang-sur-Arroux
Lieu : Cimetière communal
Carré, rang, tombe :
Autres informations
Avant guerre représentant de la marque JAZ auprès des horlogers de Paris et sa banlieue, Gironde, Basses Pyrénées, Charentes et Landes, cette compagnie lui a rendu hommage dans sa « Jazette » revue interne d’Octobre 1945 – Pseudo « CALBIOT » anagramme de TOLBIAC –

Cyrla Szulewicz 1922+1943 mère de Georges PEREC

 

Portrait de Cyrla Szulewicz en 1938 et certificat du 8 janvier 1959 attestant que Cyrla Perec fut employée par la société Jaz du 11 décembre 1941 au 8 décembre 1942 .acte_disparition-mere_perecacte de disparition, en date du 19 août 1947, de la mère de Georges Perec, Cyrla Szulewicz © fonds Georges Perec, bibliothèque de l’Arsenal .                                                                                                                                                                                  C’est évident , le titre du roman le plus célèbre de Georges Pérec , La Disparition , prend tout son sens à la lecture de ce document et si le nom Jaz est cité dès la première ligne de son livre c’est parce qu’il évoque en fait sa mère . La perte de son père , soldat mortellement blessé par un obus le 16 juin 1940 , se manifeste dans un semblant de matérialité – une tombe avec un nom lisible sur laquelle il se rendra en 1956 – celle de sa mère est en revanche une véritable disparition . Après le 11 février 1943 ,  il n’existe plus aucune trace d’elle , pas même une sépulture . Perec est hanté par la perte de ses souvenirs : envoyé loin du danger et du drame , il a été exclu à la fois de l’Histoire et de son histoire personnelle .

Famille-devant-le-mur-des-noms-Mémorial-de-la-Shoah-Paris

Le nom de Cyrla Pérec au mur du mémorial de la Shoha à Paris 

 

Georges à cinq ans ( à gauche ) et dans sa classe à l’école maternelle de la rue des Couronnes en 1939 . Il est au troisième rang , à droite .

Georges Perec est né à Belleville, 19 rue de l’Atlas, dans le XIX° , le 7 mars 1936, d’Icek Judko Perec , devenu Isie ou André pour ses proches et de Cyrla Szulewicz , dite Cécile, le père venu de Lubartów, dans le sud est de la Pologne , la mère de Varsovie . Ils vivent alors rue Vilin , à Ménilmontant, dans cette pauvreté que partagent beaucoup d’immigrés juifs d’Europe de l’Est .                                                                                                          pèrec branche paternelleLes grands-parents paternels habitent 24 rue Vilin , la grand-mère Rojza Walersztejn-Peretz y tenant un magasin d’alimentation . Le grand-père maternel, Aron Szulewicz, resté veuf , est marchand de quatre-saisons , lui aussi rue Vilin , au numéro 1 . Le père aurait exercé divers métiers (livreur, tourneur, mouleur, fondeur, coiffeur…). La mère a tenu une boutique de coiffure, puis a été, entre 1941 et 1942, ouvrière dans l’usine d’horlogerie Jaz à Puteaux . C’est une petite enfance prolétaire qu’a connue Georges Perec. Ses grands-parents parlaient le yiddish et l’un des grands-pères , David Peretz , est réputé avoir été très pieux ; Mais la volonté de faire de cet enfant un petit Français est évidente : il a été doté d’un seul prénom , Georges , sans référence à la tradition juive .                                                                                                                                                   Une bonne part de la famille maternelle a péri en déportation : le père de Cyrla , un de ses trois frères et sa jeune sœur , Soura dite Fanny , âgée alors de seize ans . Les deux autres frères purent se cacher , mais perdirent contact avec la famille de Georges . Le grand-père paternel , David Peretz , fut raflé en janvier 1943 et mourut étouffé dans le train parti de Drancy ,   son nom précède celui de Cyrla sur le mur du Mémorial de la Shoha . La grand-mère , Rojza ou Rose , put rejoindre sa fille Esther dans le Vercors . Elle vécut après la guerre en Israël avec son autre fils , Lejzor dit Léon .pérec coiffureL’entrée du salon de coiffure pris en gérance par Cyrla Perec , au 24 rue Vilin , tout de suite avant son entrée chez Jaz . En 1976 , l’inscription au-dessus de la porte était encore lisible .entreprise juiveSuite à l’adoption du premier « Statut des Juifs » par l’État français , le 27 septembre 1940 tout commerçant juif se voyait contraint de disposer cette affiche à l’entrée de son magasin . Cyrla Pérec a donc été obligé de l’apposer sur la devanture de sa petite boutique . Cette première ordonnance interdisait déjà aux Juifs français d’exercer un certain nombre de professions tels que fonctionnaires , enseignants , journalistes ou dirigeants de certaines entreprises sensibles . D’ailleurs l’un des co-fondateur de Jaz , Ivan Benel qui était aussi de confession juive , avait cédé sa place à Paul Nicolas en 1940 , pour se réfugier en Lozère . Mais le deuxième « Statut des Juifs » , promulgué le 2 Juin 1941 et un décret passé en Juillet 1941 durcit encore les conditions professionnelles des israélites et les excluent quasiment totalement des professions commerciales ou industrielles . La mère de Georges ne peut plus gérer un établissement commercial et elle devient salariée chez Jaz , cinq mois plus tard .

L’épisode de l’affichette « Entreprise juive » n’a été que de courte durée et l’étape suivante consiste à « liquider » les commerces et entreprises juives . Nous ne savons pourquoi Cyrla quitte Jaz en Décembre 1942 mais il est certain que depuis Juin  , elle devait porter l’étoile jaune à son revers . Conséquence étonnante , cette visibilité soudaine permet l’application d’une interdiction plus ancienne qui frappait déjà les « nègres » aisément repérables mais également  les juifs qui pouvaient y échapper jusque là : l’obligation de ne prendre que la dernière voiture dans le métro parisien .                  Ce marquage infâme permet l’application de cette ségrégation supplémentaire et la mère de Georges a forcément subi cette longue humiliation pour se rendre à l’usine Jaz qui se trouvait à l’opposé de son domicile , à l’autre bout de Paris qu’elle devait traverser d’Est en Ouest et retour . On sait par son fils qu’elle a été victime d’un accident du travail chez Jaz : sa main a été percée , lui évoquant les stigmates du Christ  .

Georges Pérec en pélerinage rue Vilin en 1974 et l’escalier de la rue en 1971 . Spirale du vide autour du passé de Georges Pérec puisque même la rue Vilin disparaît à son tour dans les années 1980 , remplacée par le parc de Belleville .

 

 

Marcel Herscovic 1925+1944 et Julia Dzenziolsky 1913+1943

nos déportés Jazette n°9 Janvier 1946 page 4Jazette n°6 de Janvier 1946 page 4 . Etrangement la déportée résistante arrêté sur son lieu de travail à l’usine Jaz de Puteaux , à laquelle nous avons consacré un article , Lucienne Hébert , n’est pas au nombre des déportés mentionnés dans cette Jazette , pas plus que Cyrla Szulewicz , mère de Georges Pérec employée chez Jaz de 1941 à 1942 .                                                                                                                                                                                                                                                                                      Hélas , le jeune horloger de vingt ans , Marcel Herscovic , né le 2 février 1925 à Paris XVIII°, effectivement arrêté peu de temps avant la Libération de Paris – la Jazette se trompe de quelques jours – a aussitôt été déporté au camp polonais d’Auschwitz où il sera immédiatement exterminé , le 5 juillet 1944 .                                                                                                                                                                                                          Destin tout aussi tragique pour Julia Mauricette Dzenziolsky , native de Puteaux le 23 sept 1913 , ouvrière chez Jaz à Puteaux , domiciliée au 39 rue Jean Jaurès de sa ville natale . Matricule 3352 , déportée par le convoi n°58 de Drancy du 31 juillet 1943 , vers Auschwitz Birkenau . Elle est exterminée moins d’une semaine après son arrivée , le 5 Août 1943 à l’âge de 29 ans . Lire la suite « Marcel Herscovic 1925+1944 et Julia Dzenziolsky 1913+1943 »

HÉBERT Lucienne 1911+2001 déportée résistante

Née le 29 ou 30 mai 1911 à Paris XIVe arr. et décédée le 29 décembre 2001 à Nanterre  ; ouvrière cartonnière chez Jaz à Puteaux ; membre du Parti Communiste ; Fille de Albert Descottes , teinturier et de Henriette Friès , blanchisseuse , Lucienne Descottes épousa Célestin Hébert , le 28 février 1931 en Mairie de Puteaux .
Dès la fin de l’année 1940, quelques militants communistes de Nanterre dirigés par son époux Célestin Hébert distribuent des tracts du parti communiste clandestin nuitamment à la volée dans les rues de la ville et dans boîtes aux lettres . Willeme_camion_7_tonnesD’autres militants qui travaillaient dans la ville notamment chez les camions Willème étaient fournis en tracts.
                                                                                                                                                               En septembre 1941, à la suite de filatures, surveillances et enquêtes, les services de la préfecture de police mettent fin aux activités d’un important centre clandestin de propagande communiste qui s’exercent plus particulièrement dans la banlieue ouest de Paris et dans certaines localités de Seine-et-Oise. Ce centre clandestin constitue le quatrième secteur de l’appareil illégal et comprend les 41e, 41e bis, 41e ter, 42e, 42e bis, 43e et 43e bis sections , les groupes des usines Bastard , automobiles Simca , Solex , camions Willème ou Saurer , le camp d’aviation La Folie , les fonderies Montupet , Bloch , LMT ,l’avionneur SNCAC , Lobstein , diverses autres usines de Courbevoie ainsi que les groupes de base de Bezons, Carrières-sur-Seine, Houilles, Cormeilles-en-Parisis, Nanterre, Suresnes, Boulogne et Saint-Cloud . Les usines Jaz ne semblent pas comprendre de section clandestine de ce type .                                                                                                                                                     Espagne_1938_Savenaud_et_PozziPOZZI pendant la guerre d’Espagne en 1938

Le principal dirigeant de l’organisation clandestine se nomme Félix Pozzi , ancien syndicaliste CGT des pneus Goodrich à Colombes, l’un des dirigeants des grèves de 1936 et 1937 au moment du Front populaire. Il combattit en Espagne républicaine de mars 1938 jusqu’à la fin octobre ou début novembre 1938.
Une dénonciation est à l’origine d’une quinzaine d’arrestations dans le secteur de Nanterre . Vers le 15 août 1941 , un habitant de Nanterre, se présente au poste de police de la ville . Il vient se plaindre du fait que des tracts communistes sont déposés dans sa boîte aux lettres . Ce délateur est un voisin du militant communiste Célestin Hébert . Le commissaire de Puteaux , Lucien Bizoire demande aux policiers de la Brigade spéciale d’intervention du commissariat de mener une enquête . Les militants qui viennent se ravitailler en tracts , souvent à bicyclette  , chez le couple Hébert sont alors filés .
26 rue de suresnes NanterreLa maisonnette du couple Hébert en 2019 .                                                                                                                                                                  Un cycliste , Paul Lescop , est repéré et suivi car il se rend très souvent en fin de journée au 26 rue de Suresnes chez le couple Hébert .Prospectus 1923 page 2 Le 8 septembre 1941 , Lucienne Hébert est interpellée par un inspecteur de Puteaux sur son lieu de travail  : l’usine des réveils Jaz avenue du président Wilson à Puteaux . Son mari est interpellé à son domicile . Lors de la perquisition domiciliaire les policiers saisissent : une machine à ronéotyper à main , cinquante mille tracts ronéotypés et imprimés , deux cents kilos de papier et trois obus de 75 mm , ainsi qu’un pistolet automatique . Lucienne Hébert est interrogée au commissariat de Nanterre . roquetteDès le lendemain , elle est transférée à la prison de la Roquette à Paris , puis le 10 septembre à la prison de la Santé . La quasi-totalité des militants est repérée, quinze arrestations s’échelonnent entre le 2 et le 16 septembre 1941 .
Le 24 mars 1942 ,  tous comparaissent devant le Tribunal militaire allemand du Gross Paris
Le commissaire de Puteaux témoigne à charge . Quinze condamnations à morts sont prononcées , dont celles de Florentine Berson et Lucienne Hébert pour « intelligence avec l’ennemi ».

Le 10 avril 1942 , les treize hommes sont passés par les armes au Mont-Valérien à Suresnes : le mari de Lucienne Célestin Hébert avec Jean Lebon , Georges Hany , Daniel Becker , tous trois ajusteurs et le cycliste Paul Lescop , employé de bureau tout comme Edmond Dubuis, chaudronnier aux Usines Breguet et le plombier André Chabenet qui ont tous donné leur nom à une rue de Nanterre . Sont fusillés avec eux , ces quatre employés de chez Willème : Roger Bouchacour , ajusteur d’Argenteuil , Georges Lacaud, tourneur de Courbevoie ,  Daniel Baron tôlier et Charles Wagner ajusteur , ces deux deniers ont donné leurs noms à une rue de Bezons où ils habitaient . monument Pozzi à SannoisMonument rue Félix et Roger Pozzi à Sannois                                                                         Fusillé également René Muller, mécanicien chez l’avionneur Régy avec le plus important d’entre eux , le fameux  Félix Pozzi , monteur-électricien de Sannois dont une rue porte son nom et celui de son fils , mort en 1942 des suites d’une autre arrestation musclée .
Les Allemands ne fusillaient pas les femmes en France, ils firent un sursis à exécution puis commuèrent la peine en travaux forcés à perpétuité. Le 20 avril 1942 Lucienne Hébert et Florentine Berson quittent la Santé pour la gare de l’Est où elles prennent la direction de l’Allemagne. Lucienne Hébert affronte successivement les prisons de Karlsruhe où elle séjourne une semaine, celles de Anrath et Lübeck-Lauerhot , réservées aux femmes classées “NN” Nacht und Nebel –Nuit et Brouillard–  du 17 décembre 1942 au 4 avril 1944 .ravensbrück Ravensbrück , camp de concentration pour femmes.                                                                                                                                                                   Elle passe à Cottbus le 5 avril 1944 , avant d’être envoyée à Ravensbrück le 20 décembre 1944 où elle porte le matricule 94115. Le 4 mars 1945 elle est transférée à Mauthausen (Autriche), elle y arrive trois jours plus tard . Le 22 avril 1945 elle est enfin libérée par la Croix-Rouge . Florentine Berson n’a pas eu cette chance et sera gazée au camp de  Ravensbrück en 1945 , une résidence porte son nom à Nanterre .
                                                                                                                                                                    Le 12 mars 1945 un juge d’instruction inculpa le délateur de Célestin Hébert « d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État ». Clément , le dénonciateur était marié à Stéphanie , une allemande des Sudètes en Tchécoslovaquie . Le couple habitait le pavillon voisin du frère de Célestin Hébert . Membre du Mouvement Social Révolutionnaire , parti collaborationniste d’Eugène Deloncle , Clément assistait aussi aux réunions du Parti Populaire Français de Doriot. Il est donc farouchement anticommuniste . Après l’exécution de Célestin Hébert et de ses compagnons , il vend précipitamment son pavillon et déménage . Après la Libération , il est retrouvé par la police dans la Sarthe , arrêté, jugé, il est condamné le 19 octobre 1945 à vingt ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour au delà de cette peine .
Lucienne Hébert est auditionnée en 1945 par un juge d’instruction dans le cadre d’une commission rogatoire . Elle déclare qu’un inspecteur du commissariat de Puteaux s’était « présenté seul pour procéder à son arrestation à l’Usine Jaz où elle travaillait comme cartonnière. Après avoir exhibé sa plaque de police , il m’a prié de bien vouloir le suivre sans toutefois m’indiquer le motif de cette arrestation ».
« Conduite au commissariat de Puteaux, j’ai été interrogé par [lui], puis par le commissaire [Lucien] Bizoire et plusieurs autres inspecteurs. Je n’ai subi aucun sévices ni aucune menace de la part de Bizoire. Toutefois, ce dernier m’a fait remarquer que si je ne voulais pas parler, je n’aurais aucune chance de revoir ma fille ».
Cité Mag Février 2017 n°50Cité Mag , revue municipale de Nanterre ,Février 2017 ,n°50                                                                                                                                                        Lucienne Hébert a été homologuée au titre de la résistance intérieure française et en tant que déportée internée résistante  et veuve de résistant , fusillé Mort pour la France . Avoir été la seule survivante de ce groupe de résistants , l’a longtemps tenu à l’écart des honneurs dont ses camarades ont été comblés avec , pour la majorité d’entre eux , des rues portant leurs noms . Mais notre ex-cartonnière chez Jaz n’est pas oubliée à Nanterre : elle a donné son nom à une résidence, en novembre 2019 (voir le fascicule distribué le jour de l’inauguration, et au nouveaux locataires) .nos déportés Jazette n°9 Janvier 1946 page 4Jazette n°6 de Janvier 1946 page 4 . Etrangement la déportée résistante , à laquelle nous avons consacré un article ,  Lucienne Hébert n’est pas au nombre des déportés mentionnés dans cette Jazette pas plus que Cyrla Szulewicz , mère de Georges Pérec employée chez Jaz de 1941 à 1942 . Voyez notre article consacré à Marcel Herscovic et Julia Dzenziolsky , tous deux employés chez Jaz et victimes de la barbarie nazie .

Chronologie de la marque JAZ

1919

puteaux aerienJAZ a été créé aussitôt après la première guerre mondiale ; la société initiale portait le nom de « Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère » ou CIMH . Une usine est construite dans le quartier de la Défense à Puteaux , considérablement agrandie par la suite, puis expropriée , elle finira sous la pioche des démolisseurs en 1964 dans la cadre  de la rénovation du quartier autour du CNIT .

1921

jaz-classicNaissance du premier JAZ: c’est le CLASSIC, équipé du calibre B, puis du calibre D, révolutionnaire par sa sonnerie « cristalline » sur la cloche arrière et son arrêt sonnerie sur le dessus. Vendu à 10 000 exemplaires dans l’année.

1925

500 000 pièces JAZ vendues dans l’année.

1928

OLYMPUS DIGITAL CAMERAApparition du calibre E

1929

786 000 pièces JAZ vendues dans l’année.

1935

calibre J (2)Création du calibre J.

 
1941

logo jaseur queue basseLa marque JAZ est désormais surmontée de la silhouette du jaseur boréal, devenu l’oiseau-fétiche de la société.

 
1943

10-million1 chronoA Puteaux , le Directeur Général Louis-Gustave Brandt , entouré de ses collaborateurs, célèbre la sortie du dix millionième JAZ .

 
1947

Installation d’une seconde usine JAZ à Annecy avenue des Romains , transférée à Colmar en 1952 .

 
1948

boetieJAZ installe ses services commerciaux dans le VIII° arrondissement de Paris, au 64 bis de la rue La Boétie. L’action JAZ est introduite à la Bourse de Paris.

 
1949

Création d’un atelier dans le XVII° arrondissement de Paris, rue Bayen , transféré à Colmar en 1952. Installation de la première chaîne de montage à Puteaux.

 
1950

983 000 pièces JAZ vendues dans l’année.

 
1951

usines jaz colmarJaz prend le contrôle de la marque CARAT et de l’usine de la Société Alsacienne de Précision dite S.A.P. , à Colmar , l’une et l’autre créées en 1948 . Création du calibre électrique R. Le cap du million de pièces dans l’année est franchi!

 
1954

wintzL’horlogerie Japy, créée en 1767, s’intègre dans le groupe JAZ. La fabrication de la marque Japy est transférée de Beaucourt ,où elle était implantée depuis 187 ans , à l’usine JAZ de Puteaux. Les marques Japy , JAZ et Carat sont désormais vendues par une nouvelle société, filiale de JAZ : « La Générale Horlogère » dite Génhor qui a son siège rue La Boétie à Paris . Installation d’une usine moderne à Wintzenheim, près de Colmar, sur un terrain de 39 000 m².

 
1955

OLYMPUS DIGITAL CAMERACréation du calibre U (qui remplace le D)

 
1957

Sortie du vingt-millionième JAZ.

 
1958

JAZ, devenu licenciée d’Ato pour la France, lance trois calibres électriques à pile, dont un à transistor.

 
1960

Accord de rationalisation technique et commerciale avec la Smi  , Société Méridionale d’Industrie de Marseille.

 
1961

calibre AN (6)Sortie de deux nouveaux calibres électriques JAZ à balancier moteur : AN et BN  . Première extension de l’usine de Wintzenheim . La Génhor assure désormais la vente en France des réveils S.M.I.

 
1962

Sortie du calibre AX, à transistor et trotteuse centrale. Deuxième extension de l’usine de Wintzenheim.

 
1963

USINE JAZ INDE détail 2Naissance du DRILIC, le premier réveil à transistor 100% électrique. Nouveau record mondial : de tous les fabricants de la planète, c’est JAZ qui a la plus forte production de pendules à transistor. En Inde, sortie des premiers JAZ fabriqués dans la nouvelle usine SIFCO de Haïderabad . L’usine-mère de Puteaux est expropriée. Une nouvelle usine JAZ est construite à Nanterre, chef-lieu du nouveau département des Hauts-de-Seine. Troisième extension de l’usine de Wintzenheim.

 
1964

nanterre 2Quatrième extension de l’usine de Wintzenheim. Édification d’une seconde usine à Nanterre. Agrandissement des bureaux de la rue La Boétie à Paris.

 
1965

35% de réveils électriques de plus que l’année précédente.

 
1966

etiquette heure et radio transistorNaissance du Jour et Date mural, ou Jaz Dator, comportant à la fois le jour de la semaine en entier  et le jour du mois. Lancement du radio JAZ.

 
1967

peter-uhren-fabrikDans le cadre du marché commun, JAZ signe, avec la société Peter, de Rottweil en Forêt Noire, un accord de collaboration à la fois technique, industriel et commercial . Naissance du calibre CR, le plus petit réveil à transistor du monde.

 
1968

cal DVNaissance des calibres 6AR (Jazistor Jour et Date), DV , plus le BK pour Japy .

 
1969

La famille DV s’agrandit d’un « jour et date« , d’un « répétition » et d’un « tic-tac discret« .

 
1970

A Nanterre comme à Wintzenheim, pour essayer de faire face à une demande toujours croissante, on continue à construire… En février sont lancées 40 modèles de montres JAZ . En décembre, on déplore la disparition de Paul Nicolas , remplacé par Marcel Hoyaux.

1973

Le taux de notoriété de la marque JAZ atteint 87%. Ce sont quasiment 9 français sur 10 qui connaissent JAZ qui exporte alors dans 74 pays.

1979

En Juin, MATRA prend le contrôle de la société JAZ.

1984

Fermeture de l’usine de Nanterre.

1986

MATRA revend JAZ au japonais HATTORI , fabricant de SEIKO

1987

Création de la Compagnie Générale Horlogère dite CGH , fédérant les marques JAZ et Yema, ainsi que les marques japonaises SEIKO, LORUS et PULSAR.

1990

Fermeture du site de Wintzenheim.

1995

La CGH stoppe l’activité de JAZ.

1997

La société EFA, créée par Marc Augier depuis 1988 choisit JAZ pour diversifier son activité dans le domaine de l’horlogerie. 280 nouvelles références sont lancées.

2016

Après 15 ans de silence, Jaz revient avec une collection de montres mécaniques et à quartz… »

logo jaz en 2022
                         JAZ en 2022

les publicités Jaz dans la presse française et étrangère

La CIMH , Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère , est co-fondée en 1921 par Yvan Benel , Louis-Gustave Brandt et Georges Scemama , un grand publicitaire des années folles , déjà connu par ses publicités pléthoriques pour Jubol et Urodonal dans la presse nationale et qui lui trouve son nom commercial : JAZ .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Mais ce n’est pas la publicité sur papier qui fera de Jaz une marque qui réussit aussi rapidement à entrer dans l’imaginaire populaire . Effectivement , elle sera la première entreprise française à se faire connaître grâce à la publicité au cinéma comme l’expliquera en 1935 , dans un grand article de la revue VENDRE , le rédacteur en chef et célèbre théoricien de la publicité française Paul NICOLAS qui deviendra d’ailleurs pendant la guerre vice-président de JAZ . Si les campagnes de publicité de Jaz au cinéma par Robert LORTAC sont capitales pour la notoriété de la marque , les joyeuses affiches de René RAVO  , qui envahirent colonnes Morris et couloirs de métro , ne sont pas plus à négliger que ses milliers de publications publicitaires dans les journaux français et étrangers créées par Ray , Bydo , Jean Chesnot  , les photographes Burguglian Scaïoni , René-Jacques et autres créateurs  , sans oublier ses gigantesques campagnes radio publicité Jaz actualités n°18 1958.jpgextrait de Jaz Actualités n°18 , Septembre 1958 , journal de communication interne avec les horlogers affiliés Jazjaz 1990Ci-dessus : cette page , destinée aux horlogers affiliés en 1990 , donne une idée de l’effort consenti envers la publicité dans la presse par JAZ  .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Ci-dessous : un grand pêle-mêle des publicités destinées au grand public de  1923 à 1984 ( cliquez sur la photo d’une de nos 231 réclames pour l’agrandir) Chaque document à été dépouillé et renvoyé à l’article des Jaz reproduits en dessins ou photographies . jaz-pub-lillustration

Origine du nom JAZ

 

Spécialement avec les plaques de rue , le choix de la Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère  « C.I.M.H. » de choisir JAZ comme nom commercial apparaît comme extrêmement judicieux . Sa brièveté , une seule syllabe de trois lettres , se voit de très loin . Le nom  JAZ étant vite devenu synonyme de réveil , outre la publicité faite à la marque , elle permettait d’identifier de loin la boutique d’un horloger . On ne peut s’empêcher de penser que la CIMH s’est inspiré de LIP qui l’avait précédé de 20 ans dans le monde de l’horlogerie . En  1924 Ivan Benel co-fondateur de la marque accorde une interview à la revue « Vendre »où il évoque l’importance du mot Jaz dans le succès de son entreprise « Et tout d’abord , baptiser notre enfant, lui donner un nom , une marque ; pour prendre mon expression de tout à l’heure : un état civil […] Etait-ce le nom si particulier , était-ce l’évident avantage d’un réveil de marque qui emporta le premier succès ? Il est difficile de le dire : je me borne à le constater , mais je tiens à en souligner l’importance […] Cette marque , ce fut « Jaz » ; je ne revendique pas le mérite d’avoir trouvé ce mot ; M .Georges Scemama qui est à la fois un de nos administrateurs et dirige notre publicité vous dira , si vous allez le voir, les raisons qui ont guidé son choix . Le mot est bref, sonore, facile à retenir, sympathique ». Interrogé le publicitaire répond « Comment j’ai trouvé le nom? Evidemment, vous l’avez deviné: par une corrélation d’idée avec jazz-band. Il fallait quelque chose qui évoque un bruit joyeux…le mot s’est présenté à mon esprit, il avait toutes les qualités requises , je l’ai adopté » .Est ce bien la véritable raison du choix de la dénomination JAZ  ou une légende que le communiquant veut répandre ?  en étudiant son étymologie on pourrait en  douter …

Les recherches de Gerald Cohen indiquent que le mot Jazz apparaît pour la première fois sous la plume de E. T. « Scoop » Gleeson dans le San Francisco bulletin en mars 1913. La plupart des historiens penchent cependant sur le fait que ce mot est apparu pour la première fois dans le Chigago Herald du 1er Mai 1916 . Il appartient au jargon du basball pour désigner l’énergie d’un joueur. Le mot aurait été employé pour qualifier la musique du groupe d’Art Hickman qui jouait dans le camp d’entraînement des San Francisco Seal . Le groupe endossa l’adjectif lors de ses engagements à New York en 1914 et le terme se répandit progressivement jusqu’à Chicago avant de revenir à La Nouvelle-Orléans sous la forme d’une lettre de Freddie Keppard à King Oliver qui le popularisera dès 1917 avec son protégé Louis Amstrong . Toutefois les prostituées de la Nouvelle -Orléans étaient appelées « jazz-belles » en argot cajun , en référence soit à la Jézabel biblique, soit au jasmin dont elles se parfumaient et ceux qui les fréquentaient étaient appelés « jazzmen ». En raison de ses connotations scabreuses , le terme était diversement apprécié des musiciens , Duke Ellington en particulier préférait l’appellation « Negro music ». La diffusion du mot « jazz », bien que sous sa forme Jass , est largement associée à son apparition sur le premier enregistrement sonore du style , en mars 1917 par l’Original Dixieland Jass Band . La légende selon laquelle Jaz tirerait son nom de ce style musical importé par les soldats américains paraît au prime abord peu crédible puisqu’il était très généralement encore nommé « rag », qu’en 1919 – date de la fondation  de la marque JAZ – il était totalement « underground » en France et qu’il restera longtemps très mal vu dans certains milieux peu « négrophiles » . Il faudra attendre « la Revue Nègre » en 1925 au Théatre des Champs Elysées avec Joséphine Baker en vedette pour que le Jazz connaisse un réel retentissement auprès des français et encore il est essentiellement question de Charleston . Les origines de l’entrée du jazz dans l’ère de la massification se situent dans les années 1930 , lorsqu’une petite avant-garde d’amateurs se donne pour objectif de contribuer à la diffusion et à la reconnaissance esthétique de cette musique encore très mal connue dans l’Hexagone . Cette origine affirmée pour un choix aussi capital que son nom commercial semble chronologiquement fort improbable et donc plus qu’osée de la part de la toute nouvelle CIMH pour une marque de grande diffusion . Et pourtant c’est ainsi que Georges Scemama le publicitaire présente la chose quelques années plus tard dans une version que l’on pourrait croire enjolivée pour la postérité puisque l’on remarquera que le fondateur Ivan Benel ne se prononce pas , laissant son communiquant en assumer paternité et étymologie                                                                                                                                                                       D’ailleurs certains prétendent que JAZ serait l’acronyme des initiales des trois ingénieurs qui conçurent les premiers modèles , s’appuyant sur l’existence réelle d’un technicien nommé Zedler . Pourtant à la lecture des noms  déposés par la CIMH le 25 Juillet 1919 au Greffe du Tribunal de Commerce de Paris pour son nom commercial , le doute n’est plus guère permis . Selon l’usage de l’époque pour les marques populaires , la plupart sont des homophonies qu’il faut décrypter en les lisant à haute voix : un amusant DORTU qu’il faut entendre « dors tu ? » ou  un OZARM assurément offensif et d’actualité pour  cette référence à « la Marseillaise » à l’issue de la Grande Guerre . CLERSON avait déjà une connotation américaine et ce  » clair sonne » aurait fort bien convenu à la sonnerie cristalline tant vantée des Jaz . MARTEX semble moins explicable et OBA sonnant pour le coup très mal en « au bas »,  il faut peut être y chercher un acronyme dont le B correspondrait à Benel et le O à celui d’Oméga , que présidait Brandt l’autre fondateur , mais rien n’est moins sûr . En revanche OBA apporte la preuve de la recherche d’un nom très court à l’image de LIP comme expliqué plus haut . Si avec DORTU , OZARM , CLERSON , MARTEX et OBA nous avons échappé au moyen et au pire , JAZ déposé le même jour est assurément un coup de génie . Le fondateur Ivan Benel l’affirme lui même  » La marque sur notre réveil fut notre première innovation «  .Toutefois il y a un septième nom , non retenu , mais bien déposé le même jour qui éclaire tout : JAZBAND … Ce style musical pourtant confidentiel et tendancieux pour l’époque a donc bien inspiré l’audacieux Scemama qui l’a judicieusement raccourci pour sa brièveté et son efficacité visuelle , sans doute , mais surtout parce que JAZ était aisé à mémoriser et prononçable sur tous les continents : le succès mondial de la marque doit beaucoup au choix de ce nom qui claque : JAZ                                                                                                                                                                                                                                                                                        Il a si bien réussi son pari que le mot Jaz et réveil sont devenus  absolument synonymes par antonomase au même titre que Frigidaire , Velux , Opinel , Scotch , etc . Voir notre article sur Jaz et les autres antonomases . Voyez , dans notre rubrique Jaz et la Littérature , les romans où l’on emploie le mot Jaz à la place de réveil . Il devient inutile de préciser qu’il est question d’un réveil-matin . Scemama l’avait théorisé et prévu dans un article de la revue Vendre en 1934 : Notons ceci : Jaz ! jamais réveil Jaz ; c’est inutile  c’est même nuisible . On ne parle plus de réveil ; il n’existe plus ce mot , il est remplacé par un synonyme : un Jaz .