QUASAR et EMMANUELLE KHANH
Quasar, de son vrai nom Nguyen Manh Khanh, est né à Hanoï au Vietnam. Il prend son pseudonyme, Quasar, le jour où il donne son nom à la célèbre styliste Emmanuelle Khanh, son épouse. Un surnom dans l’air du temps, celui où l’homme rêve de marcher sur la Lune, « Quasar », la plus puissante source lumineuse de l’Univers, judicieusement choisi pour ce créateur polymorphe.
Ils ont une fille, Atlantique chanteuse de la fin des années 80, et un fils Othello. Ils forment un couple avant-gardiste, hyper créatif et médiatique, qui se mettent en scène et n’ont pas peur de l’auto-dérision.
« Derrière chaque grand homme se cache une femme ». Emmanuelle ne se cachait pas, mais elle était bien derrière Quasar pour le soutenir et même faire bouillir la marmite.
Quand Emmanuelle, alors mannequin-cabine chez Balenciaga, rencontre l’étudiant vietnamien, il a une brosse à dents dans une poche, un réveil Jaz chromé dans l’autre. « Il m’a étonnée dès notre première rencontre: un jeudi après-midi de 1955… », raconte-t-elle dans son auto-biographie. « Sa désinvolture, sa façon de faire, jusqu’à sa manière de s’habiller me fascinaient. »
Elle l’épouse en 1957 lui ouvrant en grand les portes du monde de la mode et du design.
BIOGRAPHIE ILLUSTRÉE
Arrivé à Paris, en 1949 avec sa mère, car il est très tôt orphelin de père, Quasar vécut son adolescence à Sceaux.
Étudiant, il sera hébergé à la Cité universitaire, pavillon du Vietnam. Puis il louera une chambre meublée boulevard Raspail. Marié, père de famille, il habitera longtemps rue Le Verrier dans le XXe arrondissement. Il obtient en 1959 le titre d’ingénieur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées. Des entreprises de renom lui ouvrent alors leurs portes. Après avoir fait ses premières armes à la Société Générale d’Entreprises, plus grande société française de travaux publics, il intègre le prestigieux bureau d’Ingénieurs-conseils en grands barrages hydrauliques Coyne et Bellier.
Il se voit confier pour première mission la réalisation des tests en laboratoire pour ce qui sera le plus grand barrage à voûtes multiples au monde , édifié au Canada
Central 5 de Manicouagan, ou barrage Daniel Johnson, est un ouvrage et une œuvre d’art
Mais sa réputation au niveau mondial, il la doit au mobilier gonflable, dont il est le pionnier
Emmanuelle ayant entamé une collaboration comme styliste pour Missoni, la maison de couture milanaise se sert d’une de ses maisons gonflables pour le défilé 1967 dans la célèbre Piscina Solari.
Khahn met au point des éléments en plastique qui, juxtaposés ou superposés, deviennent berceau, lit d’enfant, chauffeuse, étagère ou maquette d’un vaisseau mi-avion, mi-bateau volant au-dessus de l’eau: « Le temps de l’opacité où l’on mettait une vie à ne pas se connaître est révolu. Le meuble traditionnel est un signe de cette époque à façades. Aujourd’hui, de la politique à la minijupe, tout concourt à la transparence », argumentait Quasar Khanh dans Le Figaro en 1967.
Il y opère en autodidacte, avec une créativité débridée et des « visions » avant-gardistes. Il rencontre un succès critique et commercial avec ses premiers mobiliers gonflables, des structures circulaires en plastique souple coloré, conçues pour une jeunesse en quête d’identité et vivant à ras du sol par anticonformisme.
Cette collection Aerospace – en hommage à la conquête spatiale –, sortie en 1968, démontre que du pétrole, nouveau matériau de l’époque, on peut tirer des objets résistants, bon marché.
Et même flottants, comme en joue Gérard Oury en les utilisant dans la scène culte de la piscine pour son film Le Cerveau en 1969.
Il se consacre également à la mode comme Emmanuelle
Posant avec les célèbres lunettes de son épouse ou sur un lit de sa conception , il sait se mettre en scène avec humour, presque toujours avec un cigare au bec, le pire ennemi de ses structures gonflables.
On lui doit aussi la fameuse Quasar-Unipower , à tirage très limitée , seule voiture carré de l’histoire de l’automobile, motorisée par un bloc 1.1 l positionné en position centrale arrière et monté sous la banquette passager. Mais ce n’est pas la motorisation de la Quasar Unipower et sa boîte de vitesses automatique qui sont ses spécificités les plus intéressantes: elle peut accueillir cinq occupants et possède six portes coulissantes pour un encombrement très réduit 1,8 x 1,7 m. Décidément, ses créations spectaculaires ne peuvent échapper au cinéma.
Elle sera donc rendue célèbre, auprès du grand public, par la présence à son bord de Bernard Blier et Mireille Darc dans le film Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! de Michel Audiard.
En 1975, il achètera, au 5 rue du 19 Janvier à Garches, la célèbre maison Arakel Nubar Bey, construite en 1931 par les frères Auguste et Gustave Perret. Là, ayant laisse tombé la mode et le design, Quasar écrit des chansons, des pièces de théâtre.
Jamais à cours d’imagination, il invente la Bambouclette en 1985, vélo écologique en bambou conçu avec 40 ans d’avance sur son temps. Il repart vivre au Vietnam, en 1995, s’installant à Ho-Chi-Minh Ville où il décédera en 2016; l’année suivante Emmanuelle Khahn nous quitte à son tour.
Sollicité par le ministère de la Défense vietnamien, il travaillera sur plusieurs projets dont celui d’un pont en spirale reliant la vieille ville de Hanoï à l’autre rive du fleuve. Quasar s’ingéniera aussi à créer un design made-in-Vietnam basé sur le travail du bambou.
Il s’essaiera aussi à la technique ancestrale de la fonte d’aluminium dans le sable, ouvrage délicat débouchant sur la production de pièces originales, dont ce fauteuil « Nervure »disponible à la vente.
Visant le design et le luxe, Quasar fonde sur place la société Quasar Khanh Ltd.
«Notre génération imaginait réinventer le monde et notre maître à tous était Quasar Khanh » Jacques Séguéla publicitaire. «Si j’ai eu un Maître c’est lui» Philippe Stark qui ajoute dans la préface « Quasar est la première personne, et peut-être la dernière, que j’ai rencontrée dans ce domaine de création dit du design. Il était plus haut, moi j’étais très jeune. J’étais ébahi, fasciné. Il n’avait pas d’idée, il avait des fulgurances. J’étais soufflé. »
Logo de QUASAR KHAHN .
Quasar Khanh est une étoile de la galaxie design des années 60 que l’on est en train de redécouvrir, faisant l’objet d’expositions comme celle -ci nommée Popville composées de pièces originales de 1968 faisant partie du stock de la célèbre Galerie Velvet , réalisée pour le lancement du livre ci-dessus aux éditions Albin Michel en 2017. Nous remercions chaleureusement Benoit Ramognino, expert pop- culture et responsable de la VELVET Galerie pour nous avoir éclairé sur ce designer et ses productions; par ailleurs il convient de créditer cette galerie, représentante de Quasar Khanh, de la plupart des photos reproduites ci-dessus sans en avoir exigé les droits relatifs,: que cette rare générosité soit louée. Galerie Velvet, Marche Dauphine, 132-140 rue des Rosiers, Stand 27 à Saint Ouen



Serge LIFAR en train de se raser lors de
extrait de LA SEMAINE Novembre 1940 , sous une horloge murale , son téléphone à deux cloches , et son MUTIC sur la table de nuit .
Serge LIFAR chez lui triant les dessins préparatoires des costumes du ballet Le Chevalier Errant ( et non Les Chevaliers Errants comme indiqué sur le site du Ministère de la Culture ) .
Dans la vie de Serge LIFAR , il y a deux épisodes bien connus des amateurs d’anecdotes : en 1958 , son duel avec le marquis de Cuevas dont le témoin , avec son bandeau sur l’œil droit , est bien le jeune Jean Marie Le Pen …
.. et il aurait été le guide lors la visite éclair d’Hitler à l’Opéra de Paris en Juin 1940
La visite éclair et matinale du dictateur nazi , en juin 1940 dans un Paris fraîchement vaincu , a été immortalisée par quelques rares photos et les caméras de la propagande allemande , mais diffusée très tardivement en Allemagne uniquement , si bien que la date précise n’est pas certaine .
Hitler, ce matin-là , s’est posé à l’aéroport du Bourget à 5 h 30 avec son avion personnel , un Condor quadrimoteur beige et est resté en tout et pour tout deux heures et quart dans Paris , il ne reviendra jamais à Paris . Le croyez vous ? on a l’heure , la durée précise mais pas la date exacte !
Serge Lifar en 1940 avec les clefs de l’Opéra de Paris , photo 13 x 18 cm vendue le Lundi 22 Avril 2013 à Bruxelles ,elle a relancé la polémique sur la visite d’Hitler à l’Opéra.







Jacques CHIRAC dans son bureau de l’Hôtel de Ville de Paris en Mars 1977 , derrière son bras gauche , on reconnaît un grand réveil Jaz modèle
M. Maigrat, le collaborateur mulhousien du ministre Stoleru, devant le poste d’une travailleuse manuelle. Au centre,
Stoléru debout , le soir de la visite , lors du dîner-débat avec les directeurs de l’entreprise et une quinzaine de couples de travailleurs de l’usine Jaz . Ce genre de visites s’accompagne de cadeaux protocolaires pour chaque visiteur et leurs supérieurs . Stoléru et Raffarin ont probablement rapporté à leur ami et encore Premier Ministre pour quelques jours , un Jaz offert à cette occasion .
Le choix aurait porté sur un LODRIC qui a visiblement convenu puisqu’il le conserve dans sa nouvelle fonction de Maire de Paris .
Jacques CHIRAC tend le bras droit vers son terminal téléphonique . On aperçoit encore le LODRIC derrière lui dont on reconnaît la silhouette si particulière, l’épaisseur et la taille importante , son cadran noir et on devine même l’espace que provoque le socle par rapport au bureau . Si le cheminement jusqu’au bureau du futur Président de la République n’est pas avéré totalement , en revanche l’identification est certaine .
Horloge Lepaute sur le bureau présidentiel à l’Elysée
Cette horloge est définie à tort , par quasiment tous les médias , comme étant une pendulette d’officier en raison d’une certaine ressemblance avec celles-ci , ce qui est une double erreur . D’abord , elle n’en a pas du tout ni le format , ni le poids , puisqu’elle fait 21 cm de haut bélière baissée : voir
Mais surtout cette création de
« Elle passe d’une pièce à l’autre et le suit dans tous ses rendez-vous ». Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron ne quitte pas son objet fétiche qui lui permet d’imposer son rythme.
Elle n’apparaît sur aucune des photos du bureau du Président Sarkozy durant son quinquennat . En revanche on aperçoit plusieurs fois , derrière lui sur la cheminée , une sorte de trophée composé d’un pilote et son cycle dont la roue avant est un réveil .
Elle réapparaît avec le Président Hollande . Ce sont donc au moins trois Présidents qui se sont transmis cette pendulette et les photos se sont multiplié , sans qu’il soit possible de l’identifier puisque , logiquement , toutes les prises de vues avaient été faites depuis l’envers du bureau . Jusqu’à un tournage en 2017 par un artiste .
Dans les nombreuses analyses plus ou moins fantaisistes , voire conspirationnistes de la photo officielle du Président Macron , les mêmes sans doute , qui ont vu moult symboles maçonniques dans la cérémonie du Louvre avec la pyramide et les bras en compas , ont interprété l’heure qu’affiche la pendule de Lepaute à savoir 20h20 comme un autre compas sauf qu’un petit
Autre théorie , et surtout autre légende que vous trouverez à foison -entre autres- sur les sites horlogers , ce serait l’heure exacte de la signature de l’accord de
Mais surtout nous avons l’heure de fin de cette journée : half past three assurément pas 10h10 . Enfin , at last but not least , l’accord officiel intervient le 1° novembre 1884 et là encore nous avons l’heure précise et réelle :
L’heure indiquée est 1 o’clock p.m. toujours pas 10h10 . Les raisons réelles du choix de 10h10 sont tout simplement une question d’harmonie . En indiquant 10h10 , les aiguilles forment un V assez ouvert qui représente un équilibre agréable à l’oeil . Le choix aurait pu porter , comme pour l’horloge présidentiel , sur 8h20 formant -on l’a vu- un V inversé , triste et bancal . Dans ce cas de 8h 20 , les aiguilles peuvent en outre cacher les compteurs des montres chronographes ou les entrées de clefs des carillons . Le choix de 12h30 cacherait le logo de la marque qui est en général sous le XII , tandis que 9h15 donnerait une impression de rigueur , de rigidité . Vous aurez noté que les perfectionnistes les plus pointilleux placent l’aiguille des secondes sur le chiffre 6 afin de former une étoile .
Extrait Jazette Juin 1948 page 21 . Ce petit encart dans une Jazette , l’organe de communication de Jaz avec ses horlogers affiliés , mérite quelques explications pour les plus jeunes d’entre nous qui ignorent certainement qui est Bao Daï , le flamboyant Empereur du Vietnam , décédé en 1997 à Paris dans un oubli quasi total .
S.A.I. l’Empereur Bảo Đại , « Gardien de la Grandeur » , en 1948 à Paris .
Son tombeau au cimetière de Passy
Accoudé sur le manteau d’une cheminée où trône une horloge Art Déco , probablement en bakélite sur trois boules blanches . Dans ce contexte le choix d’un Jaz , un NORIC , bien qu’il soit un Tirage Limité , entièrement fait à la main , pourrait sembler dérisoire . Ce cadeau s’inscrit pourtant dans une tradition diplomatique que l’épouse du Haut Commissaire connait visiblement bien , qui consiste , au-delà de la fonction pacificatrice , à promouvoir un savoir-faire : ainsi les ambassadeurs de Louis XIII ou Louis XIV emportent en Chine une foule de présents , de l’horlogerie particulièrement .
En outre , ce
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