Accusé Mendès-France par Laurent Heynemann 2011

Accusé Mendès-France est un téléfilm français retraçant le procès de Pierre Mendès-France dans les années en 1940.

L’une des scènes nous présente Pierre Mendès-France dit PMF , incarné par Bruno Solo, en bien charmante compagnie. Nous ne faisons pas allusion à sa première épouse, Lily Cicurel , sœur de l’étonnant musicien et philosophe Raymond Cicurel, fameux trompettiste de Jazz par ailleurs . Effectivement, nous buvons du petit lait en découvrant sur la table de chevet un GOTIC marbré jaune.

Pierre Mendès-France en 1948

 Bien qu’il n’ait dirigé le gouvernement de la France que pendant un peu plus de sept mois, il constitue une importante figure morale pour une partie de la gauche en France. Au-delà, il demeure une référence pour la classe politique française, incarnant le symbole d’une conception exigeante de la politique.

Lorsque PMF succombe à un infarctus foudroyant le , l’annonce en est faite par l’AFP alors que le journal télévisé est déjà commencé. Sur TF1 mon vieil ami Yves Mourousi est aux commandes de la grande messe du 13 heures, qu’il a totalement dynamité avec ses audaces et ses innovations. Jean Pierre Pernaut qui ose se présenter comme son héritier n’est que son successeur, voire son fossoyeur. Alors que les oreillettes ne régnaient encore pas sur les plateaux de télévision, il reçoit un appel sur le téléphone de plateau lui annonçant la mort de l’ancien président du conseil. Totalement opposé aux prompteurs et avant qu’on ne lui sorte la nécrographie toujours prête dans les archives d’une chaîne nationale, dite le « frigo », cet homme de grande culture entame la biographie de Mendès -France de mémoire. Pour avoir passé des dizaines d’heures avec lui à discuter histoires et arts, au pied de son immense bibliothèque du 31 rue Pierre I° de Serbie, à l’écouter réciter par cœur et intégralement le discours d’entrée au Panthéon de Jean Moulin, imitant sans difficulté de sa voix éraillée celle de Malraux , je n’ai guère été étonné de cette prouesse.

« Pierre Poujade, organisateur des révoltes anti-fisc des artisans, en avait commenté ceci: «Si vous aviez une goutte de sang gaulois dans les veines, vous n’auriez jamais osé, vous, représentant de notre France, producteur mondial de vin et de champagne, vous faire servir un verre de lait dans une réception internationale! C’est une gifle, monsieur Mendès, que tout Français a reçue ce jour-là, même s’il n’est pas un ivrogne».

« Chacun comprenait, alors, que Mendès France, pour Poujade, était un juif qui niait la France en refusant le picrate. C’était idiot comme l’antisémitisme, quand le vin faisait partie des rituels mosaïques, mais cette négation prenait. D’autres soupçonnaient Mendès, élu de l’Eure, de favoriser le lait contre le vin, par tropisme normand! En tous les cas, c’était un sacrilège! De quel droit ce politique voulait-il sauver les enfants de France, en substituant du lait concentré sucré au vin coupé d’eau de la cantine -car il y avait encore, dans notre France des années cinquante, de l’alcool à l’école, de l’alcool en famille  et de l’alcool en politique, et un lobby qui aurait la peau de l’éphémère Mendès. Il tomberait à l’Assemblée en février 1955, quelques jours après que des bouilleurs de crus soient venus assiéger sa ville de Louviers, emmenés par le  paysan fasciste Henri Dorgère inculpé par la justice française 69 fois en tout et condamné à dix ans d’indignité nationale, finalement amnistié pour services rendus à la Résistance.

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