Yves SPORER collectionneur

Yves Sporer

Avec près de 700 réveils à la maison , le passage à l’heure d’hiver prend une toute autre dimension . Et chez Yves Sporer à Sigolsheim , on s’intéresse surtout aux objets issus de feue l’usine Jaz de Wintzenheim … Tic-tac, mais aussi coucou. Toutes les heures. Dans chaque pièce. « Une maison sans tic-tac, je trouve cela triste », glisse Béatrice, la compagne de Yves. « Quand une pendule s’arrête, le silence me pèse », dit encore celle qui avoue s’être laissée « contaminer » par son collectionneur de compagnon.

« 95 % de mes réveils fonctionnent »Car entre les voitures, les bouteilles de bières, les pots ou les figurines, le coeur de Yves bat d’abord pour les réveils de chez Jaz. Mais pas seulement : les radios-réveils, les minuteurs, les pointeuses, les montres de gare ou d’usine et toutes sortes d’objets dérivés trouvent grâce à ses yeux passionnés.

Cependant, avant de devenir celui qu’on connaît sur les marchés aux puces comme « Monsieur Jaz », il y eut un déclic : « C’était il y a quinze ans. J’étais dans le bureau de mon patron, et il avait un réveil, posé là. Un Jaz. Je l’ai trouvé beau, puis j’ai commencé à en chercher aux puces ». 700 réveils plus tard, Yves a appris « sur le tas » à les remettre en marche, attiré par une mécanique « vivante ». Aujourd’hui, « 95 % de mes réveils fonctionnent » Ouvrir, dégripper… « Il faut qu’ils tournent ! » Il garde néanmoins quelques chantiers « pour la retraite ».

Dévorante, sa passion n’est pas ruineuse pour autant : si un jour il a déboursé 80 EUR pour une « belle pièce », la majorité des transactions oscillent entre 20 EUR et 30 EUR.

« Quand je rentre bredouille, je prendssur moi. Des fois,ça me tourmente »« Les réveils à 5 EUR, c’est fini. Aujourd’hui ce n’est plus comme il y a quinze ans. Les gens savent que c’est rare. Je marchande beaucoup ». Béatrice acquiesce : « Il est tenace !» Pourtant, par « orgueil », Yves refuse de payer le prix fort : « Quand je rentre bredouille, je prends sur moi. Des fois, ça me tourmente ». Alors pour oublier, « j’en remonte un des miens ». Un tic-tac de plus.

Alignés au sous-sol, les réveils de Yves racontent presque tous une histoire, une époque, une esthétique, une innovation. En céramique, en bakélite, en laiton, en bois « avec de la marqueterie », en tôle, cerclés de chrome ou animés, ils traversent le siècle, des aiguilles ciselées à celles, phosphorescentes « et radioactives » des années trente, jusqu’aux premiers chiffres à cristaux liquides des années soixante-dix en passant par des mariages plus hasardeux, telle la lampe de chevet dont le pied est un réveil, ou la montre de voyage qui s’ouvre comme une petite armoire. Et toujours du Jaz. « Si c’est pas du Jaz, il n’a pas sa place ici ! »

Yves sait exactement ce qu’il possède. Parfois, il achète des doubles dans des lots, et les revend pour financer sa passion, « sans bénéfice ». Difficile d’en trouver des inédits après quinze ans de collection.

Sa priorité, c’est de « les remettre en marche ». C’est même « beaucoup plus important que l’exactitude de l’heure qu’ils indiquent ». Heure d’hiver ou pas…

Nicolas Pinot ( article DNA 28 Octobre 2012 ) 

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